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Gastronomisme

Un jour, on reconnaîtra peut-être le gastronomisme comme une discipline scientifique ou un courant de pensée. Les explorateurs sont bien les praticiens d’une géographie dispensée par des géographes. Les hommes ont bien dessiné l’histoire, que les historiens codifient scientifiquement. Alors le cuisinier, comme le gastronome, sont véritablement les praticiens d’une science qui verra le jour dans les discours scientifiques des gastronomistes. Des gastronomistes qui définiront l’ensemble des lois présidant à l’arrangement de la gastronomie, et des gastrologiciens qui seront ceux qui raisonnent avec justesse et méthode sur le sujet. Ces scientifiques observeront de manière éthique les principes du gastronomisme, distinguant au passage la simple alimentation de la gastronomie, le mangeur du gastronome, le besoin du plaisir, et les institutions gastronomiques des convictions de gastromanes. Car à notre époque, en gastronomie, on envisage à vue ce que l’on va déguster, ce qui va nourrir notre esprit et notre corps. On ne sait pas très bien où l’on va quand on est prêt à passer à table, sans savoir réellement ce que l’on va trouver de bienfaisant en cette assiette.

La gastronomie est donc provisoire pour les non avertis en attendant de trouver un jour le gastronomisme ou la méthode gastronomique. A l’heure actuelle, les non avertis, s’imaginant amateurs, et mettant au passage, en exergue qu’un seul sens du terme « gastronomie », ont un champ de vision réduit du gastronomisme. Il leur faudrait aller de l’avant pour découvrir ce qui nourrit leur esprit. Les non avertis sont d’une certitude gastronomique à toute épreuve, entravée de dogmes, d’évidences, et même quelquefois d’arrogance vis-à-vis de celui qui ne pense pas pareil qu’eux à table.

Dans un gastronomisme scientifique, une position éthique imposerait un caractère du mangeur, une disposition d’âme. On devra peut être dorénavant faire preuve d’une singularité dans un rôle de gastronome et imposer l’humilité. L’éthique prendra, voire prend dès aujourd’hui, également une force politique. Mais nous le savons, la politique d’un homme comme d’un pays ressemble à une bouche, à une brèche ouverte, fissurée, que l’on rebouche sans cesse sans jamais ni la stabiliser ni éteindre sa faim.


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1 réactions à cet article    


  • Yvance77 20 août 2011 11:04

    Bonjour,

    Je vous cite : « Un jour, on reconnaîtra peut-être le gastronomisme comme ... un courant de pensée »

    Euh cela existe déjà, et depuis une paye...

    Les disciples d’Epicure peuvent en témoigner

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