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Genres premiers

L’avenir du jeu vidéo est peut-être dans son passé.

Des humains avec une taille d’encéphale inversement proportionnelle à celle de leurs muscles. Des extra-terrestres, croisement improbable d’un tableau de Bacon et d’une compression de César. La lutte éternelle du même contre l’autre... Les scénarios, comme le gameplay de Gears of Wars, sont on ne peut plus rustiques. Le jeu d’action devenu un jeu de réaction, où les innovations sont assez minces.

En d’autres temps, le titre d’Epic serait passé comme celui d’un énième jeu d’action, qui n’a de valeur ajoutée que par son nouveau support : la X-Box 360. Pourtant, le nombre de ventes s’annonce radieux. Les joueurs, décidément pris dans une logique plus émotionnelle que rationnelle, ne trouveraient-ils leur intérêt que dans la nouveauté, au détriment de la qualité ? L’avenir du jeu vidéo n’est-il pas dans le retour aux genres premiers ?

Tout jeu répond à une équation simple. Une mécanique ludique, à laquelle on adjoint une esthétique. Pour produire de la nouveauté, il faut varier l’un ou l’autre des paramètres. Quand les différentes générations de consoles ont cessé de provoquer un saut évolutif, les développeurs ont décidé de croiser les différents gameplays. Le genre aventure/action semble avoir le plus gros potentiel. Mais le mélange des genres a trouvé sa fin, avec GTA, authentique jeu total, jeu plate-forme.

Une autre manière d’innover consiste à varier les esthétiques. Le gameplay unique de Star Wars Kotor a été repris tel quel par le développeur Bioware, et appliqué à l’univers médiéval oriental de Jade Empire. De la même manière que pour le gameplay, on peut encore fusionner les diverses esthétiques, jusqu’à l’indigestion. Prey mélange l’esthétique de western aux formes de la science-fiction, un peu de la même manière que Turok.

Les consoles de la nouvelle génération arrivent à un moment où la forclusion est totale, que ce soit du point de vue du gameplay ou de l’esthétique. Ainsi, c’est non plus dans un mouvement progressif, mais dans un mouvement régressif de retour aux genres premiers que se trouve l’avenir du jeu vidéo. Gears of War est le premier d’une longue lignée de titres, qui à défaut d’être révolutionnaires, seront éminemment conformes à leurs genres respectifs.

Pour contourner le risque d’inertie évolutive, il existe une autre méthode, échafaudée par les développeurs de Square-Enix. Dans Dirge Of Cerberus : Final Fantasy VII, le joueur retrouve un univers bien connu de la saga d’Heroic fantasy. L’innovation est double. Un des personnages secondaires devient protagoniste. Par ailleurs, le gameplay d’un jeu aventure/action se substitue à celui, classique, du RPG.

Une manière efficace de rentabiliser au mieux une licence, pour laquelle on connaît l’attrait des consommateurs ? Sans doute. Mais un tel détournement est aussi une façon indéniable de produire de la nouveauté. Entre retour aux genres premiers et reconfiguration des univers ludiques, les développeurs auront encore le loisir de faire avancer l’histoire du jeu.


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1 réactions à cet article    


  • dop (---.---.122.68) 4 décembre 2006 14:57

    Mouais, et les évolutions d’interface ? ( exemple classique en ce moment : la wii ) , les gens en reseaux ? ( reseaux locaux sans fil aussi ).

    Tu oublie aussi, que les jeux moches mais ludiquement bon ont de plus en plus d’adepte. Je citerais deux exemple
    - les ogames-likes ( gestion pure, pas d’image mobile) ( wwww.ogame.fr , mais yen a un par zone de langue ... )
    - les jeu a la nintendo, qui visent un public plus vieux ( style professeur Machin )

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