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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Georges Brassens, poète tendre des Trente Glorieuses

Georges Brassens, poète tendre des Trente Glorieuses

« Quel temps fait-il chez les gentils de l’Au-delà ?
Les musiciens ont-ils enfin trouvé le la ? » ("Le vieux Léon", 1958)

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Guitare, pipe, moustache sans âge, Georges Brassens aurait-il eu le Prix Nobel de Littérature le 13 octobre 2016 à la place de Bob Dylan ? On ne le saura évidemment jamais, car cela le chanteur moustachu est mort il y a trente-cinq ans, le 29 octobre 1981. Cela faisait un an qu’il était gravement malade. Il venait d’atteindre, une semaine auparavant, ses 60 ans. Il était encore jeune, mais avait déjà une trentaine d’années de carrière derrière lui.

Il est né à Sète le 22 octobre 1921 de parents très différents, l’une très catholique et l’autre anticlérical, mais tous les deux adoraient les bonnes chansons. Adolescent, il a découvert Charles Trenet qui est devenu son modèle, tant pour les textes joyeux que pour la mélodie, le rythme. Avec lui, Brassens a chanté trop rarement, dans quelques émissions, en particulier le 12 octobre 1965 et le 21 mars 1966.

Cancre et garnement, capable de rapiner avec sa bande de copains (dirait-on de "sauvageons", aujourd’hui ?), Georges Brassens a eu beaucoup de reconnaissance pour son père qui ne lui a rien dit quand il est allé le chercher au poste de police pour une affaire de vol : « Je sais qu’un enfant perdu (…) a de la chance quand il a, sans vergogne, un père de ce tonneau-là ! » ("Les quatre bacheliers"). Ce fut un déclic pour Georges : « Il m’a donné une leçon qui m’a aidé à me concevoir moi-même : j’ai alors essayé de conquérir ma propre estime. ».

Poète, incontestablement, il l’a été toute sa vie, comme Jacques Brel, comme Léo Ferré (réunis exceptionnellement tous les trois dans une émission de radio, sur RTL le 6 janvier 1969). Reconnu comme tel par les Immortels qui lui ont attribué le 8 juin 1967 le Grand Prix de la poésie de l’Académie française, aux côtés de grands : Pierre Emmanuel (1963), Robert Sabatier (1969), Jean Tardieu (1972 et 1977), Philippe Soupault (1974), Yves Bonnefoy (1981), qui vient de disparaître le 1er juillet 2016, Francis Ponge (1984), Philippe Jacottet (1992), Alain Duault (2002), Jacques Darras (2006), etc. Mais Georges Brassens ne pensait pas le mériter : « Je ne pense pas être un poète (…). Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi (…). Je ne suis pas un poète. J’aurais aimé l’être, comme Verlaine ou Tristan Corbière. ».

Pas du tout versé dans le star system. Pas de paillettes, pas d’illuminations, de fioritures, de danseuses. Quand on regarde les vidéos de ses récitals, on le voit transpirant (moins que Jacques Brel), très tendu, parfois très ému, comme si le timide se forçait pour se montrer au public.

Les textes qu’il a écrits étaient pleins de saveurs, plein d’idéalisme, d’humilité, souvent drôles, jonglant avec les mots. Des textes qui se suffisaient à eux-mêmes, au point que la mélodie un peu ronronnante de Georges Brassens était compensée par l’humour et la finesse du verbe. La guerre, la religion, l’amitié, l’amour évidemment, et aussi, beaucoup, la mort, sont parmi les thèmes abordés souvent dans ses chansons.

En bon "Gaulois" (oups ! je mets entre guillemets, "gaulois" au sens d’Astérix et d’Obélix !), il ne crachait pas sur un peu de grivoiserie, plutôt masculine mais sans machisme, avec une grande tendresse, une éternelle tendresse ("Le Petit Larousse" indique d’ailleurs en synonyme de "grivois" …"gaulois" !). Il s’amusait, il aimait vivre.

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Ronronnant, cet homme, qui adorait les chats (entre autres), a notamment écrit et chanté la célèbre chanson "Brave Margot" qui liait chaton et jeune fille, dans l’air désormais connu : « Quand Margot dégrafait son corsage pour donner la gougoutte à son chat, tous les gars, tous les gars du village, étaient là, la la la la la la, étaient là, la lala la la ! ».

Capable de remettre en place les "bien-pensants" (religion, armée, pouvoir, etc.), il rejetait tout jeunisme : « Quand ils sont tout neufs, qu’ils sortent de l’œuf, du cocon, tous les jeunes blancs-becs prennent les vieux mecs pour des c@ns. Quand ils sont devenus des têtes chenues, des grisons, tous les vieux fourneaux prennent les jeunots pour des c@ns. » pour "balancer" (lui "entre deux âges") : « Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est c@n, on est c@n. Qu’on ait vingt ans, qu’on soit grand-père, quand on est c@n, on est c@n ! » ("Le temps ne fais rien à l’affaire").

L’amitié, c’est sans doute Georges Brassens qui a chanté son plus bel hymne à d’après-guerre (aidé aussi par le cinéma puisque c’était d’abord le générique du film d’Yves Robert sorti le 14 janvier 1965 avec Philippe Noiret, Guy Bedos, Michael Lonsdale, Pierre Mondy, Claude Rich, Jacques Balutin, Claude Piéplu, Hubert Deschamps, Jean Lefebvre, etc.) : « Des bateaux, j’en ai pris beaucoup, mais le seul qui ait tenu le coup, qui n’ai jamais viré de bord, mais viré de bord, naviguait en père peinard sur la grand-mare des canards et s’appelait les Copains d’abord » ("Les copains d’abord", album sorti en novembre 1964),

Parmi ses réflexions, celles qui encourageaient l’originalité et la créativité. Dans "La mauvaise réputation", il parlait même de "corde" : « Ils me la passeront autour du cou. Je ne fais pourtant de tort à personne, en suivant les chemins qui ne mènent pas à Rome. Mais les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux… ».

Son antimilitarisme était très marqué dans cette chanson : « Le jour du Quatorze juillet, je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas. Je ne fais pourtant de tort à personne en n’écoutant pas le clairon qui sonne. ». Répondant à Bernard Pivot dans l’émission "Apostrophes" sur Antenne 2 le 14 mars 1975, il affirma : « Je suis devenu antimilitariste parce que très jeune, j’ai détesté la discipline. ».



Cette originalité et ce besoin illimité de liberté lui ont donné plus un fond anarchiste et libertaire qu’un air révolutionnaire (il était antistalinien). Il a même milité à la Fédération anarchiste de 1946 à 1948. Il se méfiait de toutes les idées reçues, même celles des révolutionnaires : « Et la question se pose aux victimes novices : mourir pour des idées, c’est bien beau, mais lesquelles ? Et comme toutes sont entre elles ressemblantes, quand il les voit venir, avec leur gros drapeau, le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau. » ("Mourir pour des idées").

Il demandait donc à y réfléchir : « Jugeant qu’il n’y a pas péril en la demeure, allons vers l’autre monde en flânant en chemin, car, à forcer l’allure, il arrive qu’on meure pour des idées n’ayant plus cours le lendemain. Or, s’il est une chose amère, désolante, en rendant l’âme à Dieu, c’est bien de constater qu’on a fait fausse route, qu’on s’est trompé d’idée. ».

D’où ce refrain également très connu : « Mourrons pour des idées, d’accord, mais de mort lente. D’accord, mais de mort lente. ».

Le thème de la mort est revenu dans plusieurs de ses chansons. Regrettant "Les funérailles d’antan", il en a profité pour parler …de sécurité routière : « Maintenant, les corbillards, à tombeau grand ouvert, emportent les trépassés jusqu’au diable vauvert. Les malheureux n’ont même plus le plaisir enfantin de voir leurs héritiers marron marcher dans le crottin. L’autre semaine, des s@lauds, à cent quarante à l’heure, vers un cimetière minable, emportaient un des leurs quand, sur un arbre en bois dur, ils se sont aplatis. On s’aperçut que le mort avait fait des petits. ».

Enfin, pied de nez à la mort, et déclaration d’amour à sa ville natale : « Pauvres rois, pharaons, pauvre Napoléon, pauvres grands disparus gisant au Panthéon, pauvres cendres de conséquence, vous envierez un peu l’éternel estivant qui fait du pédalo sur la vague en rêvant, qui passe sa mort en vacances. » ("Supplique pour être enterré sur une plage de Sète").

Difficile de choisir les nombreuses chansons de Brassens. Comme le Web le permet, en voici une trentaine, dont certaines à faire découvrir, d’autres très célèbres. À chacun d’apprécier…


1. "La Mauvaise Réputation" (1952)






2. "Le Gorille" (1952)






3. "Les amoureux des bancs publics" (1953)






4. "Ballade des dames du temps jadis" de François Villon (1953)






5. "Il n'y a pas d'amour heureux" de Louis Aragon (1953)






6. "Brave Margot" (1953)






7. "Chanson pour l'Auvergnat" (1954)






8. "L'enterrement de Verlaine" de Paul Fort (1955)






9. "Je me suis fait tout petit" (1956)






10. "Les croquants" (1956)






11. "Oncle Archibald" (1957)






12. "Au bois de mon cœur" (1957)






13. "Le pornographe" (1958)






14. "Le vieux Léon" (1958)






15. "À l'ombre du cœur de ma mie" (1958)






16. "Les funérailles d'antan" (1960)


https://youtu.be/bwb5k4k2EMc



17. "Le mécréant" (1960)


https://youtu.be/KyTO-UuebJQ



18. "Le temps ne fait rien à l'affaire" (1961)


https://youtu.be/7rUyfaiZHVQ



19. "Les Trompettes de la renommée" (1962)


https://youtu.be/gWRzopyZBSA



20. "Jeanne" (1962)


https://youtu.be/TFDiZjXSJ3Q



21. "Les Copains d'abord" (1964)


https://youtu.be/rslShTbqNbo



22. "Le mouton de Panurge" (1964)


https://youtu.be/XK2I70BDMJc



23. "Supplique pour être enterré à la plage de Sète" (1966)


https://youtu.be/iS46IzvCemI



24. "La Fessée" (1966)


https://youtu.be/Z1ooazTQ4iE



25. "La non-demande en mariage" (1966)


https://youtu.be/I9OXwNd8EUs



26. "Misogynie à part" (1969)


https://youtu.be/CVaUBBH3KZ0



27. "Fernande" (1972)


https://youtu.be/n3zLP21va4s



28. "La Ballade des gens qui sont nés quelque part" (1972)


https://youtu.be/WscVYSu-O2w



29. "Mourir pour des idées" (1972)


https://youtu.be/p-ZI28nbSDQ



30. "Le boulevard du temps qui passe" (1976)


https://youtu.be/KJECg66AgGY



31. "Élégie à un rat de cave" (1979)


https://youtu.be/lLrAeboZaqI



32. "Ballade à la lune" d'Alfred de Musset (1979)


https://youtu.be/CQMH7am1JfQ



33. "La nymphomane" chanté par Jean Bertola (1982)


https://youtu.be/QqbbfTqplwk



34. "Chansonnette à celle qui reste pucelle" chanté par Jean Bertola (1982)


https://youtu.be/kIf8XuqPd4s



Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (29 octobre 2016)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Georges Brassens.
Léo Ferré.
Grace Kelly.
Coluche.
Thierry Le Luron.
Pierre Dac.
Christina Grimmie.
Abd Al Malik.
Yves Montand.
Daniel Balavoine.
Édith Piaf.
Jean Cocteau.
Charles Trenet.
Michel Galabru.
Bernard Blier.
Gérard Depardieu.

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50 réactions à cet article    


  • Hecetuye howahkan howahkan 29 octobre 2016 10:13

    Encore de la récupération comme avec férré..facile avec les morts..

    il y a un vrai article de rosemar sur le sujet en modération...


    • Albert123 29 octobre 2016 10:16

      votre job c’est d’encenser les ordures pas de salir la mémoire des gens biens et résolument opposées à votre idéologie.


      laissez donc Brassens et Ferré tranquilles.



      • Jeekes Jeekes 29 octobre 2016 10:22

        Pauvre Georges, heureusement qu’il est mort.

        J’imagine sur quel ton il aurait répondu au larbin de service rakoto-trucmuche !



        • amiaplacidus amiaplacidus 29 octobre 2016 10:45

          Après avoir vu un Rokotoarison faire l’éloge de Georges Brassens, je crois que l’on peut mourir : on aura tout vu, même l’inimaginable : le parangon du conformisme et du léchage de bottes glorifier un anarchiste.


          • rocla+ rocla+ 29 octobre 2016 11:07

            C ’ est vrai  , un article sur Brassens doit obligatoirement être écrit par une personne

            autorisée par la bien-pensance de gauche . 



            Elle est formidable la vie  . 

            Il le disait lui-même , le Sétois  :

            Quand on est con on est con . 

            Bravo l’ artiste . 

            • amiaplacidus amiaplacidus 29 octobre 2016 11:53

              @rocla+
              « ...Quand on est con on est con . ... »

              Je vois que vous avez une certaine expertise, pour ne pas dire une expertise certaine, en la matière.


            • rocla+ rocla+ 29 octobre 2016 12:00

              @amiaplacidus


              Dixit Brassens , 

               ’ le temps ne fait rien à l’ affaire , quand on est con on est con ’ 

              Vous vous enfoncez cher ami ....

            • Fergus Fergus 29 octobre 2016 13:26

              Bonjour, Capitaine

              D’accord avec vous : on peut être un porte-paroles de la doxa libérale et apprécier l’œuvre de Brassens, sinon pour ses idées anarchistes, du moins pour le regard qu’il porte sur la vie des gens : l’amour, la mort, les petits joies, les grandes peines.

              C’est pourquoi le procès en sincérité fait à l’auteur me dérange et me semble même indigne, même si je suis le plus souvent en désaccord avec le contenu des articles de Sylvain Rakotoarison.


            • rocla+ rocla+ 29 octobre 2016 14:24

              @Fergus


              Bonjour Fergus , 

              Le soleil , quand on le regarde en face , fait mal aux yeux à tous .

              Bien à vous . 

            • Jeekes Jeekes 29 octobre 2016 15:58

              @rocla+
               

              Le soleil c’est qui ?

              raclure+ ou rakotohérisson ? 

              Bonjour les chevilles ! 


            • alinea alinea 29 octobre 2016 20:30

              @Fergus
              Moi de même Fergus, et j’ai le sentiment qu’il n’aurait pas aimé cette méchanceté ;
              je vous livre ma préférée, bien que toutes me soient chères !

              https://www.youtube.com/watch?v=YOEE6HRjyeo&list=RDYOEE6HRjyeo


            • l'Ane Artiste l’Ane Artiste 30 octobre 2016 08:33

              @rocla+ (et Fergus par la même occasion)
              C’est pas faux capitaine ! Cependant dans ce vibrant hommage qui me donne « l’arme » à l’œil,
              il manque la principale, celle qui devrait nous réconcilier car elle s’adresse à nous hic et nunc.
              https://www.youtube.com/watch?v=EV9mHPHRG7k
               smiley


            • Fergus Fergus 29 octobre 2016 13:17

              Bonjour, Sylvain

              Merci pour cet hommage à Brassens.

              J’ai eu la chance de le voir deux fois sur scène à Bobino et j’en garde un souvenir très fort tant ce poète a su, sans le moindre artifice de scène, amuser ou émouvoir avec la même force, aidé par Joël Nicolas à la contrebasse.


              • lahalle 29 octobre 2016 13:54

                @Fergus

                Vous avez tapé pile poil au milieu..... Pierre Nicolas...et.  Joël Favreau....

              • Jeekes Jeekes 29 octobre 2016 15:55

                @lahalle
                 

                Dans le mille, Fergugusse (qu’a tout vu, qu’a tout su) a la mémoire qui flanche... 

              • Fergus Fergus 29 octobre 2016 16:14

                Bonjour, lahalle

                Effectivement ! Cette erreur vient du fait que je voulais citer les deux et j’ai envoyé mon commentaire un peu rapidement, sans l’avoir relu : la première fois (1969), Brassens était seulement accompagné par Nicolas, et la 2e (1972) par Nicolas et Favreau. Mon épouse l’a même vu 3 fois : elle était présente en 1964 lorsque Barbara est passée en 1ere partie.

                Merci d’avoir rectifié.


              • Fergus Fergus 29 octobre 2016 16:29

                Bonjour, Jeekes

                En quoi le fait que j’aie pu assister à 2 concerts de Brassens vous défrise-t-il ? Rien de plus facile : j’habitais à Paris dans le 13e et je travaillais dans le 6e. Il nous était en outre très facile d’avoir des places en nous relayant avec mes copains de l’époque pour faire la queue au guichet des réservations de Bobino, rue de la Gaîté.

                Au risque de vous agacer, je sous signale également que les fans de toujours que nous sommes, ma femme et moi, participons lorsque nous sommes disponibles à la « Ballade avec Brassens » qui est organisée en alternance à Rennes et Saint-Brieuc tous les ans au mois de septembre depuis 2004. J’ai même consacré un article à l’édition de 2010 : Ballade avec Brassens.



              • Fergus Fergus 29 octobre 2016 16:33

                @ jeekes

                Cela dit, vous avez raison, j’ai la mémoire qui flanche : mon épouse vient de me rappeler qu’elle à vu Brassens 4 fois sur scène et non pas 3 comme je l’ai écrit en répondant à lahalle ci-dessus. smiley


              • cevennevive cevennevive 29 octobre 2016 14:37

                Bonjour Sylvain,


                Moi, je le trouve bien votre hommage au Grand Georges. Et je vous en remercie.

                J’ajoute, pour ceux qui veulent savourer les mots, les tournures et les phrases de Brassens, qu’il existe un recueil complet de toutes ses chansons. En les lisant, point n’est besoin du son de sa guitare, on l’entend dans son coeur et dans sa tête.

                Bien à vous.



                • oncle archibald 29 octobre 2016 17:17

                  @cevennevive : bien d’accord avec vous. On trouve les textes des chansons du Grand Georges un peu partout sur le net sur ce site là il y en a beaucoup :

                  http://www.allthelyrics.com/fr/lyrics/georges_brassens

                  Et il y a aussi des tas de livres qui essayent de décrypter l’homme et analysent son œuvre. Et je ne m’en lasse jamais.


                • juluch juluch 29 octobre 2016 15:08

                  Brassens passait en boucle sur le radio K7 de la voiture des parents....beaucoup de souvenir.


                  merci pour le partage !  smiley

                  • oncle archibald 29 octobre 2016 16:42

                    Brassens c’est un géant, « l’air qu’il respire ferait éclater vos poumons », compris les miens, bien entendu.

                    Tout à coup dans l’espace
                    Si haut qu’ils semblent aller
                    Lentement en grand vol
                    En forme de triangle
                    Arrivent planent, et passent
                    Où vont ils ? ... qui sont-ils ?
                    Comme ils sont loins du sol
                    Regardez les passer, eux
                    Ce sont les sauvages
                    Ils vont où leur desir
                    Le veut par dessus monts
                    Et bois, et mers, et vents
                    Et loin des esclavages.

                    L’air qu’ils boivent
                    Ferait éclater vos poumons

                    Et tant d’autres leçons de liberté, y compris la première, la liberté de penser.

                    Anticlérical fanatique
                    Gros mangeur d’écclésiastiques,
                    Cet aveu me coûte beaucoup,
                    Mais ces hommes d’Eglise, hélas !
                    Ne sont pas tous des dégueulasses,
                    Témoin le curé de chez nous.
                    Quand la foule qui se déchaîne
                    Pendit un homme au bout d’un chêne
                    Sans forme aucune de remords,
                    Ce ratichon fit scandale
                    Et rugit à travers les stalles,
                    « Mort à toute peine de mort ! »
                    Puis, on le vit, étrange rite,
                    Qui baptisait les marguerites
                    Avec l’eau de son bénitier
                    Et qui prodiguait les hosties,
                    Le pain bénit, l’Eucharistie,
                    Aux petits oiseaux du moutier.
                    Ensuite, il retroussa ses manches,
                    Prit son goupillon des dimanches
                    Et, plein d’une sainte colère,
                    Il partit comme à l’offensive
                    Dire une grand’ messe exclusive
                    A celui qui dansait en l’air.

                    Liberté liberté chérie ... Il est inclassable le grand Georges. Il donne des leçons de liberté et de tolérance à tous et à chacun. Si un jour vous passez à Sète prenez une heure ou deux pour visiter « l’espace Brassens ». Ça n’est pas un musée comme les autres, c’est un musée ou il est encore très vivant, plein de surprises et d’émotion !

                    Pour s’en faire une idée : http://www.espace-brassens.fr/francais/index.html


                    • Fergus Fergus 29 octobre 2016 17:08

                      Bonjour, oncle archibald

                      Voilà un musée que j’aimerais visiter. Hélas ! je ne connais pas la région de Sète et ne suis sans doute pas près de m’y rendre. Encore qu’une découverte de Carcassonne me séduirait. J’éviterais toutefois Béziers, pour ne pas y rencontrer M. Ménard. smiley

                      Petite précision à l’intention des lecteurs peu familiers de Brassens : si la deuxième partie du texte ci-dessus est de notre poète sétois (La messe au pendu), la première n’est pas de lui mais de Richepin (Les oiseaux de passage).


                    • cevennevive cevennevive 30 octobre 2016 09:28

                      @Fergus, bonjour,


                      Envoûtant Carcassonne. Du moins pas en saison touristique. Y aller un jour de vent, en cette saison par exemple. Ou en hiver.

                      Le vent dans les tours, sur les chemins de ronde, la solitude des rues et des chemins sans les touristes... Le mystère des cachots aux grilles austères...

                      Sûr, j’ai été, dans un autre vie, une « Dame du temps jadis »...

                      Aigues Mortes n’est pas mal non plus, mais à condition d’y aller en dehors des « envahisseurs », lorsque le ciel est gris et bas...

                    • oncle archibald 30 octobre 2016 09:49

                      @Fergus : autre texte magnifique qu’il a chanté mais pas écrit, les passantes d’Antoine Pol si je ne me trompe pas. I faut avouer que quand il chante des textes écrits par d’autres c’est qu’il aurait aimé les avoir écrits lui même ... Quand aux villes que vous citez : Béziers est ma ville natale, que j’ai habité jusqu’au décès de mon père j’avais seulement 9 ans. Dès le lendemain j’ai été mis pensionnaire à Carcassonne ... et après avoir habité Toulouse pendant mes études c’est encore à Carcassonne que j’ai exercé mon métier ... Pensionnaire on m’avait tellement obligé à aller à la cité le Jeudi après midi pour jouer « au foulard » dans les lices que je vomissais cet endroit et refusais obstinément de m’y rendre. Je l’ai redécouvert en le faisant visiter à ma belle mère !

                      J’ai toujours aimé Sète, autant la ville et l’activité portuaire que l’immense plage de sable fin entre Sète et Agde. A l’époque de mon enfance on stationnait un peu n’importe comment sur le bas coté de la route qui la longe et on allait se baigner. Même en plein été il n’y avait jamais d’entassement de touristes.

                      C’est cette plage qui nous a valu la fameuse « suplique pour être entérré sur la plage de Sète ». Trempe trempe ta plume oh mon vieux tabellion, trempe dans l’encre bleue du golfe du lion, et de ta plus belle écriture, note ce qu’il faudrait qu’il advint de mon corps lorsque mon âme et lui ne seront plus d’accord que sur un seul point, la rupture.


                    • Fergus Fergus 30 octobre 2016 11:23

                      Bonjour, oncle archibald

                      « Les passantes » est l’une des chansons de Brassens (effectivement sur un texte d’Antoine Pol qui, malheureusement, n’a jamais entendu chanter son texte) que je préfère. Et cela d’autant plus qu’elle me rappelle un souvenir de voyage entre Paris et l’Auvergne, l’une de ces occasions perdues qu’évoque avec tant de talent la chanson.

                      « La supplique », très personnelle, est l’une des plus belles chansons de Brassens, l’une de celles que l’on ne se lasse jamais de réécouter.


                    • Fergus Fergus 30 octobre 2016 11:30

                      Bonjour, cevennevive

                      Carcassonne, Aigue-Mortes, des villes où j’irai sans doute dans un avenir proche, bien sûr hors saison touristique et en couchant sur place pour mieux m’imprégner de l’ambiance des lieux au petit matin ou au crépuscule.


                    • Nowhere Man 29 octobre 2016 17:55

                      Tonton Georges pris de fou-rire en chantant « Mysogynie à part » à Bobino. C’’est délicieux et évidemment non calculé.

                      http://www.ina.fr/video/I04069096

                      Les jeunes lecteurs n’ont sans doute jamais eu l’occasion d’écouter « Hécatombe ». Quel média oserait diffusé ce bijou « blasphèmatoire » par le mauvais temps qui court ?

                      https://www.youtube.com/watch?v=KzmnDy7zzDw

                      Sur ce sujet Brassens a écrit « l’épave » un pur joyau, méconnu, mais bon comme « tout est bon chez lui y’a rien à jeter... »

                      https://www.youtube.com/watch?v=RRI8ucVs_Fc


                      • petit gibus 29 octobre 2016 18:30
                        Brassens n’appartient bien sur à personne
                        Mais quand même pour certains...

                        Bonjour la récup smiley

                        • rocla+ rocla+ 29 octobre 2016 19:06

                          Le soleil  luit pour tout le monde .


                          Georges Brassens aussi .

                          L’ art , comme la connerie  n’ a pas de frontière . 

                          Vive  Brassens . 

                          • Pierre Pierre 29 octobre 2016 21:21

                            Quelques mots d’hommage à Brassens et aux autres grands « B » et une anecdote d’Adamo. Il a d’ailleurs oublié de citer Barbara parmi les grands « B ». Une bonne fourchette, ce sacré Georges !



                              • Antoine 30 octobre 2016 15:35

                                Brassens, la banalité musicale sublimée par la (rarissime) magie des mots.


                                • alinea alinea 30 octobre 2016 16:33

                                  @Antoine
                                  Sa musique est si banale qu’elle a été reprise par les meilleurs jazzmen du monde entier !
                                  Je crois que vous confondez « épure », la simplicité, quintessence de l’art, avec banalité ; mais cela n’a rien à voir. La banalité, c’est ce qu’on voit tout le temps, la mineur, do, ré, ladoré !!
                                  L’épure, la simplicité, est le but, rarement atteint !


                                • Nowhere Man 30 octobre 2016 18:23

                                  @alinea
                                  +1
                                  La musique ( grande ou moins grande, c’est sans importance...) qui reste est celle qui est portée par une mélodie qui vous prend la tête.
                                  A propos de Carmen, Jérôme Savary, qui l’a mis en scène, affirmait que c’était le plus grand opéra : « une enfilade de tubes, comme les Beatles... ».

                                  Brassens est du même tonneau, et a toujours affirmé que ce qui faisait le succès d’une chanson, c’était d’abord sa musique. Evidemment si les paroles sont à la hauteur on touche alors au sublime.

                                  Je peux sans peine citer 50 titres de Brassens qui sont portés par une ligne mélodique fabuleuse.

                                  Voici un contre-exemple qui illustre mon propos : dans un post précédent je cite comme un des plus grands titres de Brassens « L’épave » pourtant méconnu. Les paroles sont fabuleuses et si Le grand public ne l’a pas retenu c’est à mon avis parce que la musique qui est pourtant de grande qualité, n’atteint pas les sommets habituels.


                                • alinea alinea 30 octobre 2016 18:54

                                  @Nowhere Man
                                  Vous avez essayé de la chanter « l ’Êpave » ? C’est peut-être pour ça ; du reste aucune de ses chansons sont faciles à chanter, on les a en tête, mais quand on se lance.. on se plante, le plus souvent ; c’est pourquoi je n’aime guère d’autres interprétations... mais, j’ai découvert dans le lien que donne Pierre, Adamo, et honnêtement, je l’ai trouvé parfait.
                                  Il y a aussi « le Bistro »... dans un coin pourri du pauvre Paris sur un’ plaace, l’est un vieux bistrot tenu par un gros dégueulasse... !
                                  Il y a les mélodies, et l’harmonie, très jazz
                                  Je trouve Brassens parfait, la preuve ? Il n’a besoin d’aucun jeu de scène, d’aucun geste, sobriété et densité partout ! Ses textes aussi le sont, je n’ai trouvé nulle part la moindre concession... même chez Barbara, on peut en trouver, rarement mais on en trouve !!


                                • Antoine 30 octobre 2016 22:36

                                  @alinea
                                   Je comprend l’argument, sauf que, comme tout bon français(e) éduqué par TF1 et autres chaines culturelles, vous ne connaissez pas très bien l’art musical : ce n’est pas parce qu’un musicien s’est emparé d’un thème que l’œuvre dont il est issue est sublime. Exemple : Mozart a fait de superbes variations sur « ah, vous dirai-je maman », ce qui ne fait pas en soi de cet « air » un must de l’histoire de la musique.


                                • alinea alinea 30 octobre 2016 22:46

                                  @Antoine
                                   smiley
                                  c’était à tenter remarquez !! j’ai très peu eu la télé dans ma vie, et plus depuis longtemps, en revanche j’ai été musicienne professionnelle, pendant quelques temps ; cela ne fait pas de moi un juge parfait mais m’a donné quelques notions d’harmonie...


                                • Antoine 31 octobre 2016 01:16

                                  @alinea
                                  Tiens donc, il se trouve que j’ai été premier cor dans plusieurs orchestres symphoniques dirigés par les plus grands chefs et vous, dans quelle fanfare paroissiale ?


                                • rocla+ rocla+ 31 octobre 2016 07:39

                                  @Antoine


                                  Il suffirait donc de souffler dans un cor pour savoir  évaluer la perception musicale 
                                  universelle ?

                                  Le cor , un des plus beaux sons parmi les instruments à vents . 

                                  Le grand Yehudi Menuhin aimait jouer du violon avec des tziganes , ou avec 
                                  des  personnes complètement en dehors de la musique classique . 

                                  Par exemple avec Stéphane Grappelli .

                                  Les variations  de Ah vous dirais-je maman sont magnifiques , on ne s en lasse pas . 

                                  Citer TF 1 pour  diminuer votre interlocuteur  montre une tournure d’ esprit 
                                  perverse . 

                                  Le beau Danube bleu  est donc forcément une musique de seconde zone , ainsi 
                                  que le Bovélo de Ravel puisque ce sont des morceaux très joués ? 

                                  L’ Opéra Tannhäuser  fut un échec retentissant  aux premières représentations . 

                                  Qui peut donc prétendre que ceci  est mieux que cela ? 

                                  Vous , moi , lui ? 

                                  Georges Brassens , n’ a certes pas écrit le Sacre du Printemps et il ne l’ a jamais 
                                  prétendu . 

                                  Il a eu le grand talent de faire de jolies mélodies sur de très beaux textes . 

                                  Non , les braves gens n’ aiment pas que ....




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