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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Germaine Beaumont : une amoureuse de l’ombre

Germaine Beaumont : une amoureuse de l’ombre

Interview d’Hélène Fau, grâce à qui on redécouvre enfin la romancière Germaine Beaumont...

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Elle s’appelait Germaine Beaumont. (1890/1983)
Elle a sombré injustement dans l’oubli, jusqu’à ce que Omnibus ait l’idée lumineuse de la rééditer (grâce à Hélène Fau)
Elle aimait l’Angleterre, les soeurs Brontë et le suspense.
Elle était journaliste, romancière, poète, traductrice, membre du Jury Femina, amie de Colette, éditrice, productrice, et première femme à obtenir le Renaudot.
Omnibus publie, début février, trois de ses romans.

"Très tôt, j’ai découvert l’oeuvre de Colette, alors que je n’étais qu’une toute jeune adolescente. J’ai été profondément séduite par cet univers et je me suis mise à dévorer les romans les uns après les autres. Et puis, petit à petit je me suis intéressée à Colette elle-même, à son parcours, à ses amitiés... Décidée à entreprendre des études de lettres, j’ai poursuivi cette exploration au milieu des femmes écrivains et artistes du début du XXe siècle : Lucie Delarus-Mardrus, Natalie Barney, Marguerite Moreno, Renée Hamon... Tout un univers s’offrait à moi, et j’ai rapidement décidé que mes études de lettres s’orienteraient dès que possible dans cette voie. En maîtrise, j’ai donc rédigé une étude de stylistique comparée entre Duo de Colette et... Le déclin du jour, de Germaine Beaumont. J’avais, quelques années auparavant, découvert dans la bibliothèque de mes parents un roman de Germaine Beaumont, portant la dédicace "Colette, à qui je dois tout", intitulé Silsauve, et datant de 1951. C’est ce livre, que j’ai adoré, qui m’a donné l’envie de m’intéresser à cette amie de Colette. En lisant Silsauve, j’ai eu l’impression de retrouver le goût des histoires qu’on me racontait quand j’étais petite. C’est un univers très différent de celui de Colette, plus sombre, des textes plus construits, des personnages plus marqués. De fil en aiguille, je me suis donc plongée dans ces romans que je ne trouvais que chez les bouquinistes. Et puis parvenue en maîtrise de lettres, j’ai décidé de consacrer mon mémoire de fin d’année à une étude stylistique comparée de Duo de Colette et de Déclin du jour de Germaine Beaumont. J’ai donc entrepris des recherches sur Germaine Beaumont. Partant de rien, ce fut une véritable enquête, au cours de laquelle se révéla une personnalité passionnante, un caractère entier, une femme de lettres témoin lucide de son temps.
Par chance, en écrivant par hasard à Montfort-L’Amaury, où je savais qu’elle avait vécu, je suis entrée en contact avec Jean-Louis Lécard, le maire de la ville, qui était aussi le filleul de Germaine Beaumont, et à qui elle avait légué sa maison ! Ainsi, je suis donc entrée pleinement dans l’univers de cette romancière à laquelle j’ai depuis (c’était il y a quinze ans ! ) attaché mes pas : DEA, thèse de doctorat... J’ai consacré à Germaine Beaumont la totalité de mes études universitaires.
Faire accepter, à la Sorbonne, un sujet de thèse visant à redécouvrir une romancière du XXe siècle totalement oubliée ne fut pas une mince affaire. J’y parvins néanmoins grâce au soutien de Jean Touzot, qui dirigea mon DEA "Germaine Beaumont : écrivain journaliste", puis ma thèse de doctorat, "Germaine Beaumont (1890-1983) : itinéraire d’une femme de lettres", que j’obtins en 1999 avec les félicitations du jury. Bien que les deux univers soient totalement différents, cette première réussite me donna du courage pour tenter de convaincre un éditeur de l’intérêt des textes de Germaine Beaumont. Il m’a encore fallu six ans pour y parvenir ! C’est désormais chose faite, puisque Le Dilettante a réédité les Disques (chroniques journalistiques parues dans Les Nouvelles littéraires dans les années 1930) sous le titre : Si je devais... en novembre 2005, et Omnibus publie, en février prochain, Des maisons, des mystères, recueil de trois romans parmi les meilleurs de cet écrivain ! A mi-chemin entre le roman policier, les grandes romancières anglaises (Lehmann, Woolf, Bowen....), Germaine Beaumont me semble occuper une place tout à fait particulière dans l’univers littéraire français de l’entre-deux-guerres. Par ailleurs, nous avons fondé "Le trèfle blanc", association des amis de Germaine Beaumont ." Hélène Fau. (Merci à elle !)

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Quelques sites sur Germaine Beaumont :

le Dilettante

Florilege

et l’avis de Clarabel, qui a décidement toujours une longeur d’avance ! ;)


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