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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Grande Guerre : le scandale des exhumations militaires

Grande Guerre : le scandale des exhumations militaires

Comme on le pressentait, l’excellent Pierre Lemaître a obtenu en 2013 le très convoité Prix Goncourt avec « Au revoir là-haut ». Au cœur de ce magnifique roman, deux scandales. Mais si l’un, une escroquerie aux monuments aux morts, est fictif, l’autre a bel et bien été inspiré par des faits véridiques survenus en 1920 et 1921. En cause : des milliers d’exhumations illégales de soldats morts au combat...

Les premiers chapitres du roman de Pierre Lemaître sont à la fois hallucinants et baroques. Ils plongent brusquement le lecteur dans le sang et la boue des lieux de combat de la Grande Guerre à quelques jours de l’Armistice de 1918. C’est là, dans ce cloaque infernal, que va se nouer, de manière dramatique autour d’un trou d’obus et du destin d’une « gueule cassée », la trame d’une histoire d’hommes parfois révoltante mais ô combien émouvante et très souvent truculente. Une histoire dont l’un des aspects repose sur des faits assez largement méconnus dont Pierre Lemaître, marqué dans sa jeunesse par la lecture du très beau roman de Roland Dorgelès « Les croix de bois », s’est inspiré en prenant connaissance de la thèse de l’historienne Béatrix Pau-Heyries intitulée « La violation des sépultures militaires, 1919-1920 », thèse publiée en 2010 dans le n° 259 de la Revue historique des Armées. Grâce à Pierre Lemaître et à ce Prix Goncourt qui les a remis en lumière, zoom sur ces évènements oubliés...

2 juillet 1915. L’Assemblée nationale vote une loi qui institue la mention « mort pour la France ». Une avancée qui n’a rien d’anecdotique car elle confère aux soldats décédés une reconnaissance et un statut individuel dont ils ne disposaient pas jusque-là. Les « poilus » morts au combat étaient en effet considérés non comme des individus mais comme les parties d’une communauté de camarades combattants. Et si l’on inhumait dans les premiers temps de la guerre les soldats morts dans des cimetières collectifs sous la surveillance d’un officier sanitaire afin de veiller à l’identification des corps, le nombre croissant des victimes oblige progressivement les troupes à agir de manière empirique hors de tout cadre réglementaire. Ce sont les camarades des morts qui, avec un profond respect, inhument les corps à proximité du lieu où ils sont tombés, parfois dans un cimetière de fortune pouvant regrouper jusqu’à une centaine de cadavres de poilus « morts pour la France ». La tombe de ces hommes, ensevelis dans des planches de coffrage récupérées ou de simples toiles de tente, n’est le plus souvent signalée que par une levée de terre surmontée d’une sommaire croix de bois sur laquelle on a parfois accroché le képi du mort comme l’a rapporté l’écrivain Maurice Genevoix dans « Ceux de 14 ». La plupart du temps, le nom du défunt, son unité, son grade et la date de sa mort ont été gravés au couteau ou à la baïonnette sur le bois de la croix, mais cette identification est loin d’être systématique, et beaucoup de tombes, creusées à la hâte, ne comportent aucune inscription.

 

Les mercantis de la mort

Le 29 décembre 1915, l’État français accorde par la loi le droit à tous les soldats morts au combat de reposer dans une concession individuelle au sein d’un cimetière militaire situé en arrière du Front, mais à l’intérieur de la zone des Armées. Tous les poilus morts ne bénéficient pourtant pas de cette avancée et des milliers d’inhumations empiriques sur les lieux de combat continuent d’être pratiquées, imposées par le déroulement et l’âpreté de la guerre dans des terres ravagées par les bombardements. Dans le même temps, les familles se montrent de plus en plus frustrées : faute de corps, elles doivent se contenter, à l’annonce du décès d’un proche, d’une simple messe à la mémoire du mort. Une réalité choquante aux yeux de beaucoup de parents et de veuves qui, dès lors, entreprennent de rapatrier les dépouilles pour les inhumer dans la commune des défunts. Mais ce qui est possible pour les blessés décédés dans un hôpital de l’arrière ne l’est pas pour les soldats enterrés dans les cimetières militaires proches du Front.

Sitôt la fin des combats, de nombreuses familles, douloureusement frappées par la mort d’un proche, entreprennent de faire exhumer, en toute illégalité, les corps de leurs défunts pour les rapatrier. Flairant la bonne affaire, des entrepreneurs peu regardants sur le caractère illicite de ces exhumations et de ces transferts leur viennent en aide moyennant finances, souvent sur la base de tarifs établis à la tête du client : relativement modérés pour les gens modestes, très élevés pour les familles fortunées. Ces exhumations bénéficient également d’aides locales de la part de populations locales compassionnelles qui prêtent parfois la main mais surtout refusent de collaborer aux enquêtes diligentées par les gendarmes lorsque les violations de sépultures sont constatées par les autorités. Les menuisiers et ferblantiers locaux eux-mêmes s’impliquent dans ces transferts en fournissant des cercueils pour le transport clandestin des corps. Tout cela facilite l’activité très lucrative des entrepreneurs, pour la plupart des opportunistes du malheur que l’on a appelés dans la presse de l’époque les « mercantis de la mort ». Mais peu de gens ont vraiment conscience de l’obscénité de ce commerce, au point que les infirmes de guerre à qui l’on a confié le contrôle des véhicules aux octrois leur facilitent eux aussi la tâche : ayant connu l’enfer des tranchées, ils n’ont le cœur ni à taxer ces « marchandises » macabres ni à empêcher leur transport comme les y oblige pourtant les textes en vigueur.

Pour lutter contre ces pratiques, une Instruction générale, datée du 19 juin 1919, interdit de manière drastique tous les transferts de corps non validés par les représentants officiels de l’État. Cette décision est évidemment mal accueillie par ceux qui ont perdu un proche. C’est pourquoi, afin de contrebalancer cette mesure négative, est édictée une disposition positive destinée à calmer la frustration d’une partie des familles : sous l’impulsion du Président du Conseil Georges Clémenceau et de son futur ministre des Pensions André Maginot, les dépenses liées au voyage des parents sur les lieux d’inhumation et aux frais des rapatriements autorisés sont très largement allégées au cours du 2e semestre de 1919, notamment pour les milieux populaires. Le 31 juillet 1920, il sera même acté dans la Loi de finances que la totalité des frais de transfert autorisés des corps de soldats morts serait désormais à la charge de l’État. 

 

Des cadavres incomplets ou mélangés

Les exhumations illicites des corps non concernés par les autorisations ne s’en poursuivent pas moins en 1920 et 1921, le plus souvent exécutées par des personnes non formées à ce type de tâche. À l’absence de compétences se mêlent également des pratiques peu scrupuleuses, et même carrément scandaleuses : les familles veulent un corps, on leur en fournit un, et peu importe que le poilu exhumé ne soit pas le bon ! Encore plus choquant : les dépouilles, exhumées en général rapidement et sans trop de précautions en pleine nuit, ne sont parfois pas complètes, ou combinent les restes de morts différents ensevelis dans une même fosse lors des combats. Comble du cynisme, il arrive que les moins scrupuleux des entrepreneurs ou de leurs hommes de main ajoutent du sable dans les cercueils pour faire le poids. Le transport lui-même donne lieu à des mésaventures macabres comme le montre dans sa thèse Béatrix Pau en rapportant cette anecdote : « Sur une route départementale à six kilomètres de Compiègne, alors qu’un camion emportait à vive allure deux corps exhumés clandestinement, les cercueils tombèrent, par suite des cahots. Sous le choc, les bières se brisèrent et les ossements, désormais mélangés, furent éparpillés sur le chemin. Comme il faisait nuit noire, le conducteur ne ramassa pas les débris humains et prit la fuite. Les dépouilles furent découvertes et recueillies par le service de l’état-civil aux armées 12 heures plus tard. Or, en raison de l’état des cercueils et de la dispersion des ossements, il fut certainement impossible au service de l’état-civil d’identifier les corps qui, de facto, devinrent inconnus. »

Conformément à la loi de décembre 1915 instituant la création des grands cimetières militaires destinés à regrouper les poilus inhumés dans les multiples cimetières de fortune du front, ce sont au total les restes de 960 000 corps qui, en 1924, auront été exhumés par les autorités. Environ 240 000 ont été rendus aux familles, les autres étant ré-inhumés dans les nouvelles nécropoles. Entretemps, la loi du 29 octobre 1921 avait institué, aux frais de l'État, le droit au pèlerinage annuel pour les familles désireuses de se rendre sur la tombe de leur parent inhumé dans une sépulture perpétuelle (un droit qui, en 2014, est toujours en vigueur).

Combien de soldats ont été exhumés illégalement durant ces années ? Impossible de le dire, mais le nombre s’élève sans doute à plusieurs milliers n’appartenant pas tous, loin s’en faut, à des familles aisées capables de supporter le coût de ces transferts illicites. Malgré les menaces judiciaires qui, conformément à la loi, ont pesé sur ces parents, très peu de poursuites ont été engagées, les acteurs de la justice s’étant montrés sensibles à la détresse des familles. Il y a pourtant bien eu, ici et là, des « mercantis de la mort » et des parents condamnés, principalement à des amendes, mais ils ont été peu nombreux et ces condamnations ont principalement été prononcées lorsque les exhumations ont été faites dans des conditions telles qu’elles ont abouti, dans certaines fosses, à des mélanges des restes humains interdisant de facto toute identification sérieuse des corps demeurant inhumés.

Cette affaire pourrait tenir du Grand-Guignol, ce théâtre parisien qui, durant la Belle Époque, attirait rue Chaptal les amateurs se spectacles macabres. Elle ne prête pourtant pas à sourire car elle n’est qu’une conséquence pathétique des terribles dégâts qu’à causés la Grande Guerre, tant sur les champs de bataille du nord et de l’est de notre pays que dans les familles de France, très durement touchées, notamment dans les classes ouvrière et paysanne. Il suffit, à cet égard, de regarder les monuments aux morts des petites communes rurales pour se convaincre de l’effroyable bilan de ce terrible conflit. 

 

Autres textes en rapport avec la guerre :

14-18 : Ces villages de Lorraine « morts pour la France » (novembre 2009)

39-45 : Les héros musulmans de Chasselay (décembre 2009)

 


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125 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 14 janvier 2014 09:05

    La mort (de tous temps) est un commerce juteux...Regardez les prix exorbitants pratiqués de nos jours.. ?
    Bon nombre de famille s’endettent sur des années pour enterrer un proche.. !


    • Fergus Fergus 14 janvier 2014 09:18

      Bonjour, Claude-Michel.

      Vous avez raison, le marché de la mort a toujours été juteux et les croque-morts ne connaissent pas, si j’ose dire, de morte saison. Dans ce domaine, l’imagination et le marketing sont au pouvoir avec pour objectif de permettre aux entreprises de pompes funèbres de pérenniser, voire d’accentuer, leurs profits.

      A toutes fins utiles, voici deux articles que j’ai écrits en 2009 sur une composante de l’activité funèbre, la thanatopraxie : Thanatos beauté institut et Quand Lady Di s’appelait... Patricia.



    • claude-michel claude-michel 14 janvier 2014 09:48

      Par Fergus...Aux USA on peut incinérer une personne dans un cercueil en carton...ou même dans une poche plastique...pour des sommes modiques...une autre mentalité sur la mort.. !
      Quand aux élucubrations de Giscard sur Patricia..il fut un sacré queutard en tant que président...et sa femme n’était pas en reste à Noirmoutier l’été avec de jeunes juniors résistants.. !


    • Fergus Fergus 14 janvier 2014 10:00

      @ Claude-Michel.

      J’ignorais pour Anne-Aymone...

      Le fait est qu’aux Etats-Unis, il existe des formules bon marché quasiment inconnues en France, mais c’est aussi le pays de la démesure en matière pompes-funèbres et de soins funéraires. Comme dans tous les domaines, on trouve aux USA le pire le meilleur se côtoient.


    • claude-michel claude-michel 14 janvier 2014 10:38

      Par Fergus...Exact le pays de la démesure...mais on peut y vivre avec peu d’argent..pas comme chez nous (j’y ai vécu de nombreuses années).. !


    • Defrance Defrance 14 janvier 2014 13:08

      Le marché de la mort est relativement nouveau pour ce qui concerne les petits villages de province .
       Le menuisier fabriquait en quelques heures, après que l’appariteur ait constaté le décès, le cercueil en bois - du grisard au chêne- selon les moyens, les fossoyeurs creusaient le trou à même le sol sur un emplacement généralement familial ou acheté pour quelques dizaine de francs et le curé, rémunéré selon le bon vouloir de la famille avait un « brancard muni de deux roues »’ qui permettait de transporter le corps de la maison du défunt au cimetière . Ce n’est que vers les années 1970 que les pompes funèbres sont apparues pour tarifer la mort ? 


    • Fergus Fergus 14 janvier 2014 15:44

      @ Defrance.

      Effectivement, les enterrements à l’ancienne ont perduré jusque dans les années 70 dans les villages, particulièrement dans les régions de montagne. Mais le fait est que, progressivement, ce sont des entrepreneurs qui, jusqu’au fond des campagnes les plus reculées et bien aidés par l’évolution de la législation, se sont emparés de ce juteux marché funéraire.

      Bonne journée. 


    • Henri Diacono 14 janvier 2014 15:51

       Claude Michel, Même le commerce des vivants est un commerce juteux pour l’homme, l’animal le plus affreux que la Nature ait crée. En un siècle il ne s’est guère amélioré. Il a même empiré dans son vampirisme. Ne croyez vous pas ?
      A titre indicatif voilà que depuis quelques jours, via mon e-mail je reçois des courriers spams me proposant une mort digne,dans un beau cercueil pour 45 euros par mois de mon vivant. Ceux là, idiots pour l’éternité, tout en ayant trouvé mon adresse électronique (va savoir comment) ignorent que je partirai sans avoir eu à m ’endetter en leur faveur, car j’irai selon le rituel...musulman. C’est à dire nu dans un drap spécial et hop dans la terre, avant 16 heures svp, et après un bref parcours en ville porté sur les épaules d’hommes, allongé sur un lit de bois. Gratuitement, sinon une obole à des gens nécessiteux selon le bon plaisir de... ma veuve.
      J’ajouterai ceci, constaté à plusieurs reprises de mon vivant Claude. Dans une certaine communauté que je nommerai pas, l’homme s’endette lourdement pour se marier et mourir à grands frais.


    • Fergus Fergus 14 janvier 2014 16:08

      Bonjour, Henri.

      Votre commentaire est adressé à Claude-Michel, mais je me permets d’y apporter mon grain de sel pour dire qu’à mes yeux le rite musulman tel que vous le décrivez est le plus respectueux de la nature de l’Homme : entré nu dans la vie, il en ressort tout aussi nu, sans que sa dépouille soit l’objet de transactions mercantiles déplacées.

      Cela dit, j’aime l’idée de la crémation, mais en France elle passe, elle aussi, par les pompes funèbres et fait l’objet d’un marché florissant pour les entrepreneurs et les gérants de crématoriums.


    • COVADONGA722 COVADONGA722 14 janvier 2014 18:57

      yep , Fergus de mémoire le corbillard était municipal dans mon village le curé c’était organisé avec le maire « instit socialo » et le percheron du voisin se retrouvait avec un plumet noir .

      J’imagine qu’il y avait un tarif municipal !Si vous dites vrai pour les transfert ça a du coûter chaud chez moi la moitié de mon bled est tombé en 16 dans la Somme .....


      Asinus : ne varietur 

    • Fergus Fergus 14 janvier 2014 19:50

      Bonsoir, Covadonga.

      J’ai connu en Auvergne le corbillard à l’ancienne tiré par une paire de bœufs, les mêmes bœufs qui pouvaient tire un char à bancs à l’occasion d’un mariage. Une autre époque...


    • Abou Antoun Abou Antoun 16 janvier 2014 10:45

      Bonjour à Fergus et à tous,
      Une chanson de circonstance pour les inconditionnels de l’ami Georges (dont Fergus fait partie).


    • Fergus Fergus 16 janvier 2014 19:35

      Salut, Abou Antoun.

      Merci pour ce lien qui me parle d’autant plus que je suis en effet un inconditionnel de Brassens et que j’ai moi-même connu de tels enterrements dans ma jeunesse.

      Bonne soirée.


    • Espérance citoyenne 20 janvier 2014 07:16

      Les cimetières représentent nos origines, notre identité, la lecture de notre histoire. Depuis une trentaine d’années, ils sont l’objet d’exhumations, certains cimetières ressemblent à des champs de labour. Pendant que les collectivités publiques dépensent des sommes exhorbitantes pour la protection du patrimoine (fouilles archéologiques...) et la culture et que l’étalement urbain galope. Pourquoi n’existent-ils pas de politiques publiques pour la protection des cimetières.
      Apparemment, ce sujet n’intéresse ni les partis politiques ni le mouvement associatif.
      A qui profite ce scandale ?


    • Fergus Fergus 20 janvier 2014 09:14

      Bonjour, Espérance citoyenne.

      Je ne fréquente quasiment pas les cimetières, et ceux dans lesquels il m’arrive de me rendre (en zone rurale) ne font pas l’objet d’atteintes particulières. Sans doute faites-vous allusion à des cas bien précis en zone urbaine où il peut arriver que les intérêts locaux menacent ces témoins de notre histoire sans trop se soucier des conséquences pour les familles.

      Cela dit, il est un fait que les cimetières ne bénéficient plus, de manière générale, du même respect qu’autrefois, en grande partie parce qu’un nombre croissant de Français ne s’y rendent plus, du fait notamment du succès grandissant des crémations dans les rites funéraires.


    • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 14 janvier 2014 10:13

      Merci Fergus pour cet aspect de la Grande Guerre qui a le grand mérite d’en reparler.
      Dans le respect dû aux morts, aux familles et au devoir de mémoire, mes pensées vont à Louis Pergaud dont on ne retrouva rien (mais qui nous laissa une correspondance de guerre).
      S’il est utile d’évoquer aussi ces villages aujourd’hui désertés où le nombre de morts inscrits sur le monument dépasse depuis longtemps le chiffre des habitants, je tiens à citer encore Ludovic Dauga, un poilu de ma commune (elle, démographiquement dynamique) qui en réchappa mais dont les cendres, conformément à ses dernières volontés, retournèrent sur un champ de bataille (la Somme, je crois).
      C’est aussi l’occasion pour moi de demander à Morvandiau de proposer à nouveau son sujet, qui ne passa pas le barrage des rédacteurs, et pourtant si empreint d’humanité, si émouvant sur ces lettres entre un soldat et son amoureuse. Ce serait dommage de s’en passer...
      Maintenant, pour le Goncourt, j’ai un écho pour le moins plus nuancé à propos du contenu spécifique, du style télégraphique sinon incorrect... d’autant plus que le lecteur compare avec Genevoix et qu’il n’en est qu’au début... 


      • Fergus Fergus 14 janvier 2014 10:50

        Bonjour, Jean-François.

        Merci pour ce commentaire. Le fait est que les monuments de certaines communes rurales peuvent afficher désormais plus de noms (presque tous victimes de la Grande Guerre) que la liste des habitants.

        Je n’ai pas vu ce texte de Morvandiau. Peut-être le représentera-t-il en modération auquel cas j’en prendrai connaissance avec intérêt.

        Pour ce qui est du Goncourt, j’avoue avoir toujours eu un faible pour les romans écrits sans artifices littéraires et d’une plume fluide. D’où sans doute le plaisir que j’ai eu à lire le bouquin de Lemaître comme, naguère, ceux de Lainé, Decoin, Vautrin ou Van Cauwelaert, autres récipiendaires passés du Prix. 

        Parler de « style télégraphique » et a fortiori « incorrect » me semble erroné. Rien de tel chez Lemaître. En revanche, il adopte un ton souvent décalé qui n’est pas sans rappeler ses opus précédents dans le domaine du polar. Et c’est très bien ainsi à mes yeux. Mais l’on peut évidemment être d’un avis contraire.


      • ZEN ZEN 14 janvier 2014 10:14

        Bonjour Fergus

        J’ai terminé il y a un mois le livre de P.Lemaitre.
        Je ne l’ai pas lâché pendant une semaine
        Une écriture très attachante, presque célinienne parfois
        Malgré une part parfois excessive de fiction un peu alambiquée, l’auteur s’est beaucoup documenté et les faits de base sont respectés.
        Bonne journée


        • Fergus Fergus 14 janvier 2014 10:57

          Bonjour, Zen.

          J’ai lu également très rapidement et avec passion le livre de Lemaître. Effectivement, la part de fiction peut sembler quelque peu alambiquée, mais elle se situe, à mon avis, dans le prolongement des auteurs du passé qui embarquaient dans des histoires très fouillées un certain nombre de personnages aux destins croisés. Et comme je l’ai noté ci-dessus en réponse à J.F. Dedieu, j’aime beaucoup ce type d’écriture. Les jurés du Goncourt (tous écrivains en dehors de Pivot) ont également beaucoup apprécié, semble-t-il, car le Prix a été, sauf erreur de ma part, décroché dès le 1er tour de scrutin, ce qui est très rare.


        • bakerstreet bakerstreet 14 janvier 2014 13:10

          Bonjour zen


          Effectivement quelque chose de Celine. Le voyage, bien sur, mais aussi « guignol’s band. 
          J’ai eu quelque doute avant de m’y mettre, pensant à un coup commémoratif, mais est été vraiment rapidement séduit. 
           »Le grand troupeau" de Giono, sur les gueules cassées, ( en partie) m’avait profondément troublé, lui aussi, d’autant qu’il a été écrit par un type qui a fait la guerre, et ne s’en est jamais vraiment remis. Pacifiste convaincu par la suite. 
          Mais comment pouvait on ne pas le devenir ?
          Cela lui vaudra d’être mis au banc de la nation, en 45, pour intelligence avec l’ennemi, ou quelque chose comme ça...Une relégation honteuse, et injustifiée....Surtout quand on voit comment s’en sortir des guignols collaborationnistes plus opportunistes ( Fernandel, Maurice Chevalier....Tiens, surement un bel article à écrire.

        • alinea Alinea 14 janvier 2014 11:16

          Assez macabre tout ça !! Et je me demande en effet comment ils pouvaient faire pour reconnaitre les corps ! Cela me parait insensé de faire rapatrié un corps, des mois après une telle mort, sans être sûr que ce soit le bon ! À l’époque, il n’y avait pas d’incinération, c’est vrai, et la cérémonie , messe, ensevelissement, n’était pas rien ; aujourd’hui on ferait des brasiers !!
          Je n’ai pas lu ce livre-ci, mais un autre ; sur la guerre de 14 : « La Chute des Géants » de Ken Follett ; plus politique, si j’ai bien suivi ce que tu dis du Goncourt ; mais un pavé passionnant !


          • Fergus Fergus 14 janvier 2014 11:34

            Bonjour, Alinea.

            Macabre, en effet.

            L’identification se faisait le plus souvent grâce aux indications portées sur la croix de bois, lorsque celle-ci existait, et, dans les fosses anonymes, grâce aux plaques d’identité militaires, lorsqu’elles étaient encore présentes sur la dépouille, ou à des documents restés dans l’uniforme du soldat mort.

            Pour le reste, on a eu recours à toutes sortes de moyens d’identifications, y compris de prothèses dentaires. Mais le plus étonnant est très bien montré dans le film de Tavernier « La vie et rien d’autre » : on y voit des objets recueillis sur des cadavres et des familles qui défilent devant les tables dans l’espoir de découvrir un objet ayant appartenu au disparu. 

            Merci pour le conseil de lecture du bouquin de Ken Follett.


          • Henri Diacono 19 janvier 2014 20:21

            Alinéa j’ai hérité du prénom de l’un de mes oncles « explosé » dans les tranchées de cette première guerre mondiale. Son corps n’ayant jamais pu être « reconstitué », sa mémoire est inscrite sur une vieille plaque de Marbre portant les noms des français de Tunisie « morts pour la Patrie ». Au cimetière français de Carthage. Le Henri Diacono du siècle dernier n’avait pas 20 ans et n’avait jamais mis les pieds en France.


          • Patrick Samba Patrick Samba 14 janvier 2014 11:44

            Bonjour Fergus,

            je ne dirai qu’une chose, parce qu’elle le vaut bien (et « parce que je le vaux bien » aussi) : C’est ma guerre, c’est ma guerre, c’est ma très Grande Guerre - AgoraVox le média citoyen

            Bonne journée !


            • Fergus Fergus 14 janvier 2014 12:07

              Bonjour, Patrick.

              Merci pour ce lien sur un article que j’avais raté lorsqu’il a été publié sur AgoraVox. En effet, on peut se poser des questions sur la pertinence de cette appellation « Grande guerre ». En réalité, elle est apparue tôt lors du conflit sous la plume de journalistes, et sans doute n’y avait-il aucun connotation admirative, mais bel et bien la volonté de rendre aux lecteurs l’idée de « Guerre totale » par rapport aux conflits antérieurs. L’expression est restée. Faut-il la renier ? Personnellement, je n’ai pas d’opinion sur la question, mais le fait est que ce qualificatif est depuis longtemps synonyme de tragédie.


            • Defrance Defrance 14 janvier 2014 12:36

               En effet ce fut la première guerre totale qui décima plusieurs millions de combattants sur moins de cinq ans - rien que sur la Sonme ce sont des centaines de milliers venus de tous les coins du monde qui sont disparus en quelques semaines !
               Il y a par exemple un cimetiere Chinois pres de st Valery et a Hué au Vietnam ou je passe de plus en plus de temps, le monument aux morts et toujours là ! Les plaques de marbres ou etaient gravés les noms ont été deteriorées sous l’occupation japonaises mais peu a peu les noms reparaissent au fur et a mesure de la disparition de l’enduit qui les recouvrait ? 


            • bakerstreet bakerstreet 14 janvier 2014 12:59

              J’avais déjà dit ce que je pensais de ce fantasme...

              ..En quoi la dénomination « grande guerre » n’a rien à voir avec un quelconque degré d’admiration, mais plutôt avec la sidération de ces contemporains, devant quelque chose qui dépassait tellement en horreur,et superlatif de destruction tout ce qui avait été fait. 

              Les combattants en 18, comme mon grand père, mort des conséquences bien des années plus tard, vomissaient cette guerre et ne s’exprimaient que très peu, mais utilisaient ce vocable, qui voulait dire ce qu’il voulait dire : « la grande faucheuse »

            • Patrick Samba Patrick Samba 14 janvier 2014 13:55

              « J’avais déjà dit ce que je pensais de ce fantasme... »

              Fantasme ? Et vous travaillez en psychiatrie, bakerstreet ? Va falloir revoir les bases même de vos conceptions théoriques !
              A moins bien sûr que vous ne souhaitiez « pathologiser » ce qui constitue une opinion ? Mais je n’en croit rien, car vous n’êtes pas capable d’une telle bassesse.

              La preuve vous avez vous-même une opinion : « ce vocable, qui voulait dire ce qu’il voulait dire : « la grande faucheuse » ».

              Et bien sûr je m’excuse (j’espère que vous ne m’en voudrez pas) d’avoir totalement ignoré que la « Grande Guerre » signifiait simplement « la grande faucheuse », et avec un petit « g » et un petit « f ». Encore une fois vraiment désolé.


            • bakerstreet bakerstreet 14 janvier 2014 16:39

              Patrick Samba


              Quel âge avez vous ? 
              Pour ma part j’approche de mes 60 balais, c’est à dire que j’ai été directement en relation avec cette génération d’anciens combattants qui dans les années 60 était omniprésente, dans l’opinion, autant que dans la représentation.

               Des deux guerres, et de leur contingence de malheur, les enfants n’étaient pas absouts, bien au contraire : Notre propre jeunesse devait s’incliner devant le malheur des aînés, et il fallait considérer quel que soit les épreuves que nous traversions, que nous avions de la chance. 

              Pas un 11 novembre ou un 8 Mai sans que les écoles ne défilent, s’immobilisent devant la sonnerie du monument aux morts.....Alors évidemment, votre débat épistolaire sur cette qualification de « grande guerre » est assez misérable et ridicule, en tout cas n’aurait même pas été envisageable. 

              Cette qualification de grande guerre, à a voir avec le malheur, comme celui de l’ankou, en bretagne : Plus que d’autres régions, la Bretagne fut mit à contribution, en fonction de sa population paysanne.

              Quid de la psychiatrie ?
              Pas besoin d’avoir des notions de psycho pathologie, pour voir que les conséquences sont encore présentes. j’ai lu dernièrement que la violence inhérente à cette « grande » boucherie,avait débordé sur les institutions et sur la société civile. On veut bien le croire....Quand tous ces traumatisés ont retrouvé leur place dans leur famille, leur travail....

              Le très beau livre « Allons z’enfants !. » De Yves Gibeau, reste une référence : La malheureuse enfance d’un enfant de troupe, orienté par un père, ancien adjudant de 14...

            • Patrick Samba Patrick Samba 14 janvier 2014 21:29

              « votre débat épistolaire sur cette qualification de « grande guerre » est assez misérable et ridicule »

              j’ai hésité entre le silence qui vous laisserait seul avec votre attitude méprisante, la seule qu’apparemment vous sachiez adopter dans un débat (je n’avais pas d’antécédent avec vous avant d’en avoir sur ce sujet), et l’envie de vous moucher une seconde fois. La seconde alternative a prévalu parce que j’ai pensé que tous les lecteurs ne seront pas allés lire mon article où vous avez adopté sur ce même sujet une attitude inqualifiable.
              Décidément votre grandiloquence et votre prétention ne trouvent comme seuls moyens de débattre que l’insulte ou le mépris : c’est pitoyable, sachez-le.
              A moins évidemment que ce sujet précis ne soit le révélateur d’une problématique personnelle tout aussi précise...
              Ou peut-être êtes-vous toujours comme cela face à une remise en question, pourtant ici d’ordre uniquement sociale, historique...


            • bakerstreet bakerstreet 15 janvier 2014 01:30

              Patrick Samba


              Sans aller s’égarer dans vos tentatives de botter en touche, en provocation rigolote :. 
              « Grande » au niveau étymologique, dans le contexte de la première guerre
               n’a rien à voir avec un degré quelconque d’adoration, comme vous semblez vouloir vous en convaincre.

              Exemple : « La grande peste » du quatorzième siècle, qui fit frémir d’horreur par sa trace et son souvenir toutes les populations européennes.

              Franchement, croyez vous que tous ces gens vouaient un culte à la peste ?

              Trouverez vous une argumentaire pour condamner les thuriféraires de l’épidémie d’une autre grand peste, celle de Marseille, en 1720 ,en faisant de grands moulinets de rhétoriques pompeuses ?
              « Ma peste, ma très grande peste..... » 

              « Beaucoup de bruit pour rien ! » comme dirait Shakespeare.
              « Ou de fumée pour pas grand chose » comme dirait mon mécanicien

            • Fergus Fergus 15 janvier 2014 09:03

              Bonjour, Bakerstreet.

              Je partage votre avis. A l’exemple que vous donné, on peut ajouter « le grand dérangement », autrement dit les déportations massives d’Acadiens par les Britanniques lors de la 2e moitié du 18e siècle.


            • Patrick Samba Patrick Samba 15 janvier 2014 15:43

              je n’ai plus l’intention de débattre avec vous bakerstreet, vos méthodes vous ont disqualifié à mes yeux, et je ne vous ferai donc pas cet honneur, sinon pour vous faire remarquer que votre « redoutable » argument, la « grande peste », est d’une stupidité confondante. Rien que par cet angle d’approche par exemple : qui décide de l’éclosion de la peste ?

              Vous avez préféré le mépris au débat : allez vous faire foutre !


            • Fergus Fergus 15 janvier 2014 16:00

              Erratum : sur mon dernier commentaire ci-dessus, lire ...l’exemple que vous avez donné...


            • Patrick Samba Patrick Samba 15 janvier 2014 17:33

               « tous les lecteurs ne seront pas allés lire mon article où vous avez adopté sur ce même sujet une attitude inqualifiable »

              Erratum également : il ne s’agissait pas de l’article sur le même sujet mais de l’article précédent celui traitant de ce sujet : Bonnet rouge et blanc portique
              Et donc à chaque fois bakerstreet se permet le mépris....


            • bakerstreet bakerstreet 15 janvier 2014 18:49
              Fuck off ! Vous tenez tant que ça à cette posture de sparring partner laborieux !

              Qui décide de l’éclosion de la peste ?
              Vous croyez vraiment qu’elle n’est pas jugulable, et que son histoire est totalement liée au hasard ?

              Sujet intéressant...
              Il en est pourtant de la peste comme de la guerre !
               Il serait naïf de croire qu’elle nous tombe dessus par le biais de la fatalité et du saint esprit !
              Notez que Camus en a fait un roman qui vaut son poids de métaphores aussi !

              Pour la grande peste de Marseille, elle est apporté non pas par l’assassinat d’un archiduc à Sarajevo, mais par le navire « le grand saint Antoine » venant du levant, et dont les ballots de coton sont contaminés. 
              Information connue du capitaine, et des armateurs, qui veulent pas gâcher la garnison, et l’économie (sujet connue).
              Une sorte de sainte alliance....
               La responsabilité et les pots de vin sont manifestes dans cette histoire, dont on se moque des conséquences désastreuses
              Une « grande escroquerie » en quelque sorte....Mais ne croyez pas que j’en sois admiratif de la peste ni de l’escroquerie, quand j’utilise le qualificatif « GRAND ».

              « Un grand con ! » autre exemple, n’a rien à voir avec un signe d’admiration avec une personne...

              Je vous laisse vous étouffer d’indignation, au milieu de votre vocabulaire fleurie d’insultes, à la recherche de je ne sais quel sophisme nouveau, pour tenter de faire oublier que le sujet de départ est celui ci :

              Le terme « grande guerre » est il une qualification insupportable que des admirateurs de cette boucherie aurait fait à l’histoire de France ?

              Curieuse attitude que la votre, faite de persécution et d’insultes, envers celui qui n’est pas d’accord avec vos conceptions ! 
              Le débat est intéressant et enrichissant pour celui que ne se crispe pas de façon infantile. 
              J’ai grand plaisir à polémiquer avec celui qui n’est pas d’accord avec moi, dans le sens qu’il me force à trouver des argument rhétoriques. 
              Est ce pour palier votre pauvre argumentaire, que vous vous complaisez dans l’invective ?

              Apparemment, pour en revenir à votre article initial, assez peu apprécié d’ailleurs à l’époque, les internautes avaient à peu près émis les même réserves que moi.

              Alors, paranoïa, ou syndrome « Gilles de la Tourette » ?

            • Patrick Samba Patrick Samba 15 janvier 2014 21:19

              " le sujet de départ est celui ci : Le terme « grande guerre » est il une qualification insupportable que des admirateurs de cette boucherie aurait fait à l’histoire de France ? "

              Ah quand même ! On est là un peu loin du rejet complet et du mépris originel !
              Manifestement pour certain, par quel dévoiement ne faut-il pas passer pour parvenir à s’inscrire dans un début de débat !
              Mais c’est trop tard, c’est désormais accompagné de surenchère...


            • Defrance Defrance 14 janvier 2014 12:21

              Bonjour Fergus,
               quatre de mes ancêtres (au niveau de mes grands parents) ont pris part à cette boucherie . un grand oncle n’a pas connu l’horreur, tombé le premier septembre 1914, il fut enterré dans un cimetière provisoire ( j’ai encore la cartographie) et rapatrié dans le village vers 1920, le second a perdu la vie au bois de la Gruerie, il a été enterré dans la zone de combats mais son corps est devenu introuvable, tant les lieux on été retournés par l’artillerie ! Mon GP paternel engagé en 1900 a fait tout le conflit dans l’artillerie, blessé deux fois il a été libéré en 1919, s’est marié puis a disparu laissant mon père seul avec sa mère ! je ai retrouvé sa trace il y a quelques année, mort a environ 50 ans auprès de son demi frère qui n’avait pas rechapé à la folie après avoir été enterré vivant par un bombardement et détéré in extremis !! 
               Ma grand mère a recherché son frère toute sa vie, tout comme mon père qui n’a jamais su ce qu’étais devenu son père ! 
               Dans un petit cimetiere d’un village de la somme j’ai connu deux croix de bois -avec les plaques d-identification- que le maire des année 80 a purement et simplement supprimées pour revendre les emplacements - une honte !


              • Fergus Fergus 14 janvier 2014 16:01

                @ Defrance.

                Il suffit en effet de lire la liste des noms gravés sur les monuments aux morts des petites communes rurales pour être sidéré par les pertes effarantes qu’ont subies certaines familles.

                Vous écrivez « enterré vivant par un bombardement et déterré in extremis ! ». Lisez donc le roman de Lemaître et, plus qu’un autre, vous serez saisi d’horreur...


              • Defrance Defrance 15 janvier 2014 03:30

                Re bonjour Fergus,

                 Je n’ai pas accès à ce livre là ou je suis, mais sachez que l’horreur était au menu de chaque repas du soir durant mon enfance, entre ceux de ma famille à qui il manquait une partie de la jambe, un autre qui ne pouvait plus être radiographié tellement il avait d’éclats dans le corps, un troisième devenu fou, sans compter les horreurs de l’avancée de l’armée rouge durant la deuxième par un oncle prisonnier en Silésie,libéré et repris à plusieurs reprises sur le front est au milieu du carnage et des viols systématiques  !

                 LA GUERRE EST FAITE PAR DES GENS QUI NE SE CONNAISSENT PAS AU PROFIT DE GENS QUI SE CONNAISSENT TRÈS BIEN.

                cette phrase dont je ne connais pas l’auteur résume bien l’hypocrisie des situations belliqueuses et peut à elle seule expliquer les rares moments ou les hommes des deux camps ont décidés de faire une trêve et de sympathiser quelques heures, le temps d’une fête ou pour l’accès à un puits ?
                 
                 malgré un siecle, rien n’a changé ou presque. Je suis actuellement au Vietnam ou on voit encore beaucoup d’estropiés et ou la guerre chimique (agent orange) donne naissance, depuis pres de 50 ans à de pauvres enfants totalement difformes sans avenir ce qui est peut etre pire que la mort ?

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