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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Haendel : l’étonnante performance du Concert spirituel

Haendel : l’étonnante performance du Concert spirituel

Le 21 février 2015 a été donné à la Philharmonie de Paris un concert principalement consacré aux suites orchestrales Water Music et Fireworks Music du génial Haendel. Retour sur ce formidable concert que l’on a pu (ré)écouter le 10 mars sur France Musique et qui restera disponible sur le site jusqu’au 9 avril pour tous ceux qui souhaiteront (re)vivre ce moment de pur bonheur...

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En cette fraîche soirée du 21 février, la magnifique « Grande salle » de la Philharmonie de Paris affichait complet : plus une place disponible pour ce concert exceptionnel à plus d’un titre. Au programme figuraient : des extraits d’œuvres de Marc-Antoine Charpentier, les trois suites de Water Music, des extraits des Concerti grossi opus 3 n°4 et n°5 de Georg Friedrich Haendel, et pour finir l’éclatante Music for the Royal Fireworks. À n’en pas douter, des timbres et des couleurs spectaculaires en perspective. Les 2 400 spectateurs s’en réjouissaient d’avance lorsque le chef emblématique du Concert spirituel, le très démonstratif Hervé Niquet, a donné le signal de cette soirée dénommée à juste titre « Feux d’artifice » en lançant le prélude du Te Deum de Charpentier.

En face d’Hervé Niquet, plus d’une centaine de musiciens : la presque totalité de l’effectif du prestigieux Concert spirituel, renforcé pour la circonstance par d’excellents instrumentistes venus de différents conservatoires, notamment de Paris, Lyon et Toulouse. Au total, 9 cors, 9 trompettes, 24 hautbois, 12 bassons, 2 contrebassons, 24 violons, 8 altos, 8 violoncelles, 6 contrebasses, 3 jeux de timbales ! De quoi enflammer la Philharmonie.

L’enflammer et l’enthousiasmer grâce à l’étonnante détermination d’Hervé Niquet. Conforme à sa réputation de fidélité à l’écriture des compositeurs baroques, ce sont des cors naturels et des trompettes naturelles qui ont été retenus pour jouer les œuvres de Haendel telles qu’elles étaient interprétées du vivant de leur auteur. Des cors naturels, cela veut dire des instruments dépourvus de tout piston et dont la note doit être modulée par la bouche du corniste sans recours à la main dans le pavillon pour moduler la hauteur du son produit. Un exercice des plus périlleux ! Même chose pour les trompettes naturelles : faute de trous, de clés et de pistons, le son doit être modulé directement sur l’embouchure. Redoutable, là aussi ! Les bassons eux-mêmes ont été traités pour répondre aux attentes de l’exigeant chef d’orchestre : en les dotant d’une anche copiée sur celles du 18e siècle, on les a dotés d’une « basse puissante » et d’« attaques mordantes », confiait Hervé Niquet en amont du concert. De même a-t-on été jusqu’à demander au facteur Laurent Verjat de réaliser tout exprès deux contrebassons copiés sur un modèle allemand de 1714.

Le déroulement du concert a été, d’un bout à l’autre, un pur enchantement pour le public présent. Au point que, saisis par l’extraordinaire ampleur de la musique et l’éclat sans pareil des timbres, nombre de spectateurs avaient l’impression de redécouvrir ces œuvres pourtant si souvent écoutées et appréciées que sont Water Music, composée en 1717 pour une fête fluviale en l’honneur du roi George 1er, et Music for the Royal Fireworks, écrite en 1749 pour fêter la signature l’année précédente du Traité d’Aix-la-Chapelle. À l’image d’Hervé Niquet, impeccable de bout en bout dans la direction de ses musiciens, tous les exécutants doivent être félicités, au point qu’il faudrait pouvoir les citer tous. Eu égard à leur nombre, nous retiendrons trois noms, ceux de trois femmes qui, par leur talent, ont contribué à la réussite de cette formidable soirée : Alice Piérot, premier violon, pour sa prestation sans faute ; Héloïse Gaillard, premier hautbois, pour son étonnante osmose physique avec la musique ; Isabelle Cornelis, impressionnante de précision au premier jeu de timbales. Un grand merci à toutes et à tous !

À écouter ou réécouter sans modération sur France Musique jusqu’au 9 avril 2015.


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25 réactions à cet article    


  • Le p’tit Charles 12 mars 2015 08:47

    Compositeur prolique...des centaines d’oeuvres...d’importances diverses..mais je ne suis un fan de lui... !


    • Fergus Fergus 12 mars 2015 09:16

      Bonjour, Le p’tit Charles

      Il en va pour la musique classique comme pour tous les arts : chacun ses goûts, et c’est très bien ainsi.

      Mais que l’on apprécie Haendel ou pas, il n’en demeure pas moins qu’il fait partie des géants de la musique baroque avec Bach, Telemann et Vivaldi.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 12 mars 2015 09:28

      @Le p’tit Charles

      prolique ? ? ?


      Prolixe ? Prolifique ?...


    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 09:39

      @Jean-Pierre Llabrés...Regardez donc un dictionnaire...ou dans les chants Grégorien...« Par patri prolique deus »...ou...« Quapropter patri prolique »


    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 09:42

      @Le p’tit Charles...

      Haendel...n’est pas ma tasse de thé...mais y a quand même des tocards pour moinsser.. ?...Ah..oui fergus aime..alors faut d’office aimer.. ?...vraiment des cons..et dire qu’ils vont voter.. ?

    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 09:44

      @Fergus...Bach..un peu...j’aime pas les autres désolé...Ras la casquette des 4 saisons...quoique en Pizza ça passe.. !


    • Fergus Fergus 12 mars 2015 09:44

      Bonjour, Jean-Pierre Llabrés

      Sans attendre la réponse de P’tit Charles, je me permets de donner mon avis : Haendel n’a jamais été « prolixe », sa musique, parfaitement construite, ayant presque toujours évité les redondances, les longueurs inutiles et les ornementations superflues. Il a en revanche été « prolifique », comme ses grands homologues italiens et allemands ; le catalogue de ses œuvres est, à cet égard, impressionnant par le nombre spectaculaires d’œuvres de grande qualité, entre opéras, oratorios, concertos et suites orchestrales.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 12 mars 2015 09:49

      @Le p’tit Charles

      Désolé, je ne maîtrise pas le latin avec votre maestria.
      Je n’ai pas trouvé de traduction pour « compositeur prolique ».
      Nous feriez-vous la grâce de traduire ?
      Merci d’avance.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 12 mars 2015 09:51

      @Fergus

      « Prolixe » n’est pas mon opinion concernant Hændel.
      Je n’ai proposé ce mot qu’en remplacement de « prolique » que je ne connais pas. 

    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 09:55

      @Jean-Pierre Llabrés....Et les chants Grégorien...c’est quoi d’après vous...bougez vous un peu...on trouve tout sur le net...encore faut il savoir chercher.. ?


    • Fergus Fergus 12 mars 2015 09:56

      @ Le p’tit Charles

      « Ras la casquette des 4 saisons »

      C’est votre droit, et je ne me permettrais pas de le contester.

      Toutefois, dans mon récent article intitulé La Nature dans la musique classique, j’écrivais ceci : « Infiniment plus descriptives sont Le Quattro Stagioni (les Quatre saisons) d’Antonio Vivaldi. On touche avec cette célébrissime partition, probablement composée vers 1720, au chef d’œuvre absolu, tant ces quatre concertos extraits de l’opus 8 « lI cimento dell’armonia e dell’invenzione  » sont merveilleusement écrits et décrivent si parfaitement le déroulement des douze mois de l’année, des frimas de l’hiver aux chatoiements de l’automne en passant par la gaieté printanière et les langueurs estivales. »

      Je n’en retire pas un mot, malgré le sentiment de lassitude que peut, en effet, avoir engendré le fait que ces quatre concertos soient abusivement programmés dans les concerts planétaires.



    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 12 mars 2015 09:56

      @Le p’tit Charles
      « Haendel...n’est pas ma tasse de thé... »
      On ne sait pas trop :
      «  je ne suis [ ? ? ? ] un fan de lui »


      « ils vont voter »
      Voilà un raccourci et un procès d’intention bien osés.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 12 mars 2015 10:06

      @Le p’tit Charles
      « on trouve tout sur le net...encore faut-il savoir chercher »

      « compositeur prolique » demeurera donc un mystère pour moi...


    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 10:13

      @Fergus...."au chef d’œuvre absolu"... ?

      Michelangelo Buonarroti...à fait des chefs d’oeuvres...et quelques autres...Vivaldi à fait de la très bonne musique c’est certain...mais pas de chef d’oeuvre à ma connaissance...En art le ressenti est variable selon les individus.. !

    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 10:14

      @Jean-Pierre Llabrés...le mot n’est pas uniquement pour les compositeurs...


    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 10:17

      @Jean-Pierre Llabrés...Manque le « pas »...et les moinsseurs en effet vont voter sans rien comprendre au ressenti des gens...aussi bien en art que pour le reste..C’est mon droit absolu de ne pas aimer ne compositeur... !


    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 11:14

      @Le p’tit Charles...J’suis tombé sur les deux brèles qui se mettent des plus pour paraitre intelligent... ?


    • Fergus Fergus 12 mars 2015 11:24

      @ Le p’tit Charles.

      On ne va peut-être pas passer la journée sur les « + » et les « - » : c’est sans importance ! Et, à toutes fins utiles, je vous informe que cela fait près de 2 ans que je n’ai plus accès sur mon ordinateur au « plussage » et au « moinssage »des commentaires, ce qui me laisse de marbre.

      Bonne journée.


    • Le p’tit Charles 12 mars 2015 11:41

      @Fergus...ben voyons...faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles.. !


    • luxwalker 12 mars 2015 19:01


      Merci pour le lien sur le concert spirituel

      Vous avez eu de la chance d’assister au concert le 21 février

      Si on pouvait remplacer le RAP des gangsters par ce genre de musique, les choses iraient surement mieux

       smiley


      • Fergus Fergus 12 mars 2015 19:48

        Bonjour, Luxwalker.

        J’ai eu de la chance en effet car au moment où j’ai acheté les places, la Grande salle de la Philharmonie était déjà quasiment complète. Superbe soirée !

        Pour ce qui est du rap, j’avoue ne pas apprécier, mais à chaque génération ses musiques à la mode. Par chance, les textes sont devenus moins violents qu’ils l’on été il y a quelques années. 


      • Jean Keim Jean Keim 13 mars 2015 08:56

        J’ai déjà eu l’occasion sur un article de Fergus, de parler de la méthode Tomatis permettant de rééduquer une oreille à l’ouïe déffaillante par l’écoute de certaines musiques classiques jouées principalement pars des violons ou des flûtes et non seulement Mozart mais Vivaldi ou Hændel font parties des compositeurs cités, cela ne prouvent pas que leurs musiques soient bonnes mais en tout cas elles ne peuvent pas être mauvaises smiley


        P’tit Charles, il est bien quand on écrit une citation latine ou autre qui ne soit pas dans le langage commun de la mettre en exergue et de la traduire quand on vous le demande gentiment et poliment, je suis demandeur également ...

        • Fergus Fergus 13 mars 2015 09:10

          Bonjour, Jean Keim.

          C’est exact : je me souviens très bien de ce que vous aviez écrit à propos de la méthode Tomatis dont il semble qu’elle ait de réels effets positifs sur les personnes atteintes de déficience auditive. 

          Appelés à la rescousse, Mozart, Vivaldi et Haendel permettent en outre de joindre l’utilité d’une fonction thérapeutique au plaisir d’écoute d’une musique de grande qualité écrite par d’incontestables génies.

          Je me joins en outre à votre respectueuse demande à P’tit Charles.


        • Antoine 13 mars 2015 23:06

              Fergus, encore une fois félicitations pour cet article dans un domaine essentiel mais négligé par tant d’handicapés de la feuille et je partage votre enthousiasme. Mais quelques réserves tout de même : les effectifs sont ceux d’un concert en plein air tandis qu’ici il y a une réverbération importante, ce qui impose d’être dans l’axe du chef puisque sur les côtés on entend quasiment des oeuvres différentes. De plus lorsqu’il y autant de musiciens, l’articulation en souffre ainsi que la justesse notamment des cors en fin de partie. Bref, dans ce cadre, un tel concert gagnerait beaucoup à avoir des effectifs plus réduits et conformes aux besoins de l’audition.



          • Fergus Fergus 14 mars 2015 10:01

            Bonjour, Antoine.

            Merci pour votre commentaire.

            Effectivement, il s’agissait là d’un effectif de plein air, et en étant placé en balcon sur le côté, assez près des trompettes, je craignais cet effet de « réverbération ». Mais très franchement, je ne l’ai quasiment pas ressenti, grâce sans doute à la manière dont l’acoustique de la salle a été réalisée. 

            Cela dit, oui, un effectif moins étoffé (mais en fait conforme à ce qu’avait voulu Haendel pour les Feux d’Artifice) eût sans doute amélioré la précision du jeu, particulièrement des cors et trompettes naturels. Mais ce qui eût été gagné en précision eût été perdu en volume et même en « grandeur » de l’exécution, et c’est sans doute ce qu’a pensé Niquet en organisant de cette manière ce concert exceptionnel. Je ne peux lui donner tort.

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