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Heath Ledger (1979-2008), le joker flamboyant du dernier « Batman »

Disons-le tout de suite, même si je vais saluer ici la performance d’Heath Ledger en Joker dans le tout dernier Batman, je trouve tout de même que dans l’ensemble les médias en font des caisses avec The Dark Knight, à croire par moments que certains journalistes ne sont que les attachés de presse de Nolan, Bale et consorts ! Bien sûr, ce blockbuster qui, on le sait, bat en ce moment des records d’entrées aux Etats-Unis, est bien fait - la chauve sourit car elle s’y est classée en tête du box-office pour sa 4ème semaine d’exploitation, bingo !

C’est comme on dit de la belle ouvrage (Chris Nolan a bien regardé les derniers Mann) et, question rapport qualité-prix, on en a pour son argent (spectacle stylé, récit gigogne, foisonnement de personnages hauts en couleur, courses poursuites dantesques, explosions pyrotechniques), pour autant il n’y a rien de vraiment stupéfiant ici. On prolonge la noirceur romantico-gothique du précédent, signé par le même cinéaste (Batman Begins, 2005), on noircit toujours le tableau de Gotham City, à l’ombre de la haine l’air y est vicié plus que jamais, les méchants, notamment en cols blancs, sont partout, et, comme dans la plupart des blockbusters actuels (Spiderman 3, Les 4 Fantastiques, Hulk, Hancock & Co), on surgonfle à mort l’histoire, on empile les actions via un montage rapido (ça n’empêche que ce film de 2h30 est trop long, je pense qu’on pourrait lui enlever au moins 30 minutes afin de booster davantage ses lignes de force), et on nous ressert, à satiété, le même plat moralisant : le Mal est partout, les superhéros sont désormais fatigués, les humains sont complètement dépassés par les événements et voient s’affronter dans les airs ou sur leurs autoroutes dézinguées des titans bodybuildés luttant pour ou contre la survie de l’humanité. Bref, rien de bien nouveau sous les tropismes de la narration hollywoodienne mainstream. Franchement, le seul blockbuster qui m’ait convaincu dernièrement et agréablement surpris, c’est Iron Man (J. Favreau, 2008) parce que Robert Downey Jr., tout en malice et en autodérision, y campe un personnage ludique qui botte allégrement en touche par rapport à l’histoire plan-plan, comme c’est très souvent le cas dans ces superproductions US, ainsi on le suit avec plaisir car on ne sait pas trop sur quel pied danser et on a souvent envie de voir dans son je(u) espiègle un cheval de Troie qui viendrait dérégler quelque peu la matrice hollywoodienne standard.


Bon, revenons à The Dark Knight. Je l’ai vu dans la salle Prestige (waouh !) de l’UGC Danton, séance de 21h. Salle bourrée à craquer. C’est un public dans l’ensemble jeune (20-35 ans), essentiellement masculin (disons pour les deux tiers), et je me demandais ce qui pouvait entraîner un tel raz-de-marée. S’agit-il tout simplement de découvrir le tout dernier opus de la franchise Batman (qui fait suite aux deux Burton, aux deux Schumacher et au Nolan de 2005) ? Oui, mais pas seulement, ce serait trop simple. De toute évidence, ce qui attire en masse les spectateurs, c’est quelque chose d’extra-diégétique, à savoir un je-ne-sais-quoi qui dépasse le film, la fiction proprement dite. Eh oui, ce film vient se coltiner au réel, il a comme une traînée de poudre derrière lui, un parfum de soufre de par certains de ses acteurs pour le moins tourmentés : excusez du peu, Morgan Freeman, après un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, vient d’annoncer son divorce, Christian Bale, plus badman que batman en ce moment !, a été accusé d’une grosse colère à l’égard de sa maman et surtout, last bust not least, l’un de ses acteurs principaux, qui incarne d’ailleurs la part d’ombre manifeste du film, est mort à l’âge de 28 ans voilà 8 mois, Heath Ledger (1979-2008). Ce n’est plus seulement le réel qui rejoint la fiction mais, davantage, la fiction qui rejoint la réalité, jusqu’au tranchant de la vie, toujours prêt à surgir inopinément. Et, à n’en pas douter, le joker du film, son effet spécial, c’est lui : il en est, et tristement d’ailleurs, sa « plus-value », sa catchline hyper-bankable, si je puis dire. C’est triste à dire mais c’est fréquent dans l’art, la mort fait entrer dans la légende car, en général, toutes les légendes sont censées appartenir au passé, on connaît la phrase culte de John Ford : « Quand la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende. » Et, en restant dans cette optique-là, le cinéma, de par son mode opérationnel (l’enregistrement du réel à un temps donné/l’effectuation du tournage), est un formidable vecteur à phantasmes : une image c’est une empreinte (celluloïd ou numérique) de réel, Hollywood c’est la Cité des Anges et le cinéma, un théâtre d’ombres - « Le cinéma est un art de laisser revenir les fantômes » (Derrida). Ainsi, pour les cinéphiles que nous sommes, il y a des images fantômes d’acteurs morts prématurément (Dean, Monroe, Clift…) qui nous hantent à jamais, un film avec eux c’est aussi un film sur eux, un reportage, on mène son enquête dans le cadre de l’image, et jusqu’au hors-champ, pour y déceler le signe prémonitoire d’un chaos à venir.

Justement, Heath Ledger, dans The Dark Knight, incarne LE chaos, dans une espèce de fusion entre art et vie. C’est un dandy destroy. Son masque dégoulinant, avec son sourire greffé sur son visage de psychopathe homicide, est une bad painting. Voici un clown à la voix d’outre-tombe qui ne cherche plus à faire bonne figure, c’est un être-pour-la-mort, paranoïaque, nihiliste, autodestructeur. Et lorsqu’on voit ce Joker bigger than life être attiré par la tentation du no future, du gouffre et du suicide (il prie Batman de l’écraser avec sa Bat-bike, il pointe le canon du flingue d’Harvey Dent/Double-Face sur sa tempe ou encore il supplie le Chevalier noir de le laisser tomber en chute libre d’un gratte-ciel post-11 Septembre), on ne peut que penser au fracas du réel : le 22 janvier dernier, on a trouvé Heath Ledger mort dans son appartement newyorkais. Death... Ledger a passé l’arme à gauche alors qu’il n’avait que 28 ans. Ce n’est plus un secret, que ce soit à Brokeback Mountain ou à Hollywood Boulevard, on l’a retrouvé inanimé chez lui, nu, dans sa vérité nue, avec, à côté de son corps éteint et froid comme la cendre, des cachets et des substances pharmaceutiques. Indéniablement, on perd un bon acteur, pouvant se montrer puissant dans deux rôles marquants, ce Joker donc, qui tient la dragée haute face à celui de Burton (Jack Nicholson), et bien sûr le cow-boy gay Ennis Del Mar. Sa prestation dans le très sensible Le Secret de Brokeback Mountain (A. Lee, 2006) restera inoubliable. Son personnage de taiseux, quelque peu bourru et vivant mal son homosexualité, c’était une prestation forte, émouvante sans chercher le lacrymal à tout prix. Heath, c’était un visage solaire, une boule d’émotions contenues, un poing serré, un (cow)boy à santiags et à chemises à carreaux, fou amoureux au pied de la montagne Brokeback. Ce film, pour lui, c’était une vraie performance qui n’était pas sans rappeler, d’ailleurs, les chemins de traverse empruntés auparavant par des grands comme Brando, Depp ou Penn. Ne pas avoir peur de « casser » son image de poster-boy, c’était ça Heath et bien autre chose encore. Dernièrement, on l’avait vu dans le biopic sur Bob Dylan, I’m not there de Todd Haynes. Désormais, Heath Ledger, dont Mel Gibson disait « qu’il possédait cet agent inconnu qui illumine l’écran », is... not there : « Je ne planifie rien. Je ne sais pas ce que je ferai demain. Je n’ai même pas d’agenda. Je vis complètement dans le présent, ni dans le passé, ni dans le futur  » (Ledger). Fondu au noir. Séquence émotion. C’est triste pour lui (mourir dans la fleur de l’âge), pour sa famille et pour le cinéma contemporain qui perd un acteur marchant à l’instinct et dont on sentait qu’il avait un énorme potentiel.

Ce jeune acteur australien, désormais culte, est peut-être en passe de devenir un mythe à la James Dean. Il a pour toujours deux rôles marquants à son actif - Ennis Del Mar, Joker - alors que Dean, lui, en a trois (A l’est d’Eden, La Fureur de vivre, Géant). Comme Marilyn ou Jimmy, il fait et fera l’objet d’un culte, et pas seulement auprès de la gent féminine !, car son mutisme romantique dans le frémissant Brokeback Mountain semblera toujours, à la revoyure, anticiper le silence total couvant chez un être en chair et en os, à savoir l’approche inéluctable de la mort au travail. De même, son Joker chaotique, signe avant-coureur de ses démons, est à coup sûr une icône. Chapeau et masque bas pour Heath et, qui sait, à la clé, un oscar à titre posthume. Salut l’artiste !

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Heath Ledger (1979-2008), le joker flamboyant du dernier « Batman »

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12 réactions à cet article    


  • Odal GOLD Odal GOLD 16 août 2008 11:20

     Batman n’est pas qu’un Seigneur nouvelle sauce (avec multinationale et domesticité docile). Dans un épisode, Batman plaisante et se moque de sa prochaine victime (un « délinquant, un terroriste ») en se présentant lui-même comme un Saigneur (style chauve-souris, vampire, etc.). Il faut prendre Batman, là aussi, au premier degré.

     Batman est comme un de ces politiciens (et en même temps milliardaires et justiciers ou juristes) américains qui parlent au nom de tous et qui agissent dans l’ombre pour leurs seuls intérêts. Batman, pour reprendre l’expression de Naomi Klein concernant l’activité des politiques américains dans leur ensemble, c’est « un exercice de projection de masse à la faveur duquel une infime élite uniquement préoccupée par ses propres intérêts prend ses besoins et ses désirs pour ceux des autres ».

     « Il s’agit dès lors de dépeindre une lutte élémentaire entre le bien et le mal ».

    > Les super-héros et les notables confis


    • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 16 août 2008 11:54

      Bon papier.
      Très bien écrit.
      Hommage bienvenu à Ledger et constat objectif auquel j’adhère :
      le film est bien fait mais rien de magique, il en donne seulement pour son argent, à l’exception de la performance de Heath Ledger, qui est un vrai plus.


      • Vincent Delaury Vincent Delaury 16 août 2008 12:25

        Luc-Laurent Salvador, merci pour votre commentaire.


        • Zenon Zenon 16 août 2008 13:18

          Bon article,

          J’ai vu le film avant hier, et passé un bon moment.

          Certes il est un peu long, certes les ficelles sont parfois grosses, mais on sait où on met les pieds lorsqu’on paie pour un blockbuster de l’été.

          Et puis le Joker... l’interprétation à fleur de peau de l’acteur, l’intégration du personnage, belle, magistrale.

          Ce personnage a les répliques les plus travaillées, le discours le plus construit et abouti.
          Batman ne sait pas vraiment pouquoi il se bat, rêve d’arréter, Dent se transforme en monstre et brûle les valeurs qu’il portait en bandoulière jusque là.

          Le Joker est le chaos en marche, la colère contre le monde qui se nourrit d’elle même. Peut être le vrai héros du film, celui qui déclenche l’action, le chef d’orchestre manipulateur. Il ne veut pas d’argent, il le brûle. Il ne veut rien d’autre que la mort et la destruction. C’est un vrai méchant en face de tièdes gentils.

          Film tristement de son temps : la torture comme moyen utile et parfois nécessaire est constament présente.

          Là le film est dérangeant, Batman frappe pour faire avouer, Batman brise les jambes pour intimider. La torture comme moyen acceptable et justifié est décidément bien ancré dans l’imaginaire américain.

          Triste leg des années Bush.


          • Siko 17 août 2008 03:15

            Vous n’avez pas compris que ce thème de la torture est justement une critique de l’administration Bush ? Vous croyez que c’est là par hasard, de plus le réalisateur est anglais...


          • Zenon Zenon 17 août 2008 13:55

            A Siko

            Lorsque Batman veut faire parler le chef de la mafia il le fait tomber de 4/5 mètres pour lui briser les jambes. Ca marche puisque le méchant craque une fois les jambes en morceaux : où est la critique ?

            J’ai bien aimé le film qui par ailleurs n’est pas dénué de messages anti-bush, je dis juste que la tortute me semble y être banalisée et légitimée comme moyen de dernier recours.


          • Loïc Decrauze Loïc Decrauze 16 août 2008 15:15

            Appris plein de choses dans cet article au rythme soutenu, bien qu’un peu long (boutade !). Merci pour ce moment de lecture alors que je sors juste de la séance du matin au "Ciné cité" de Lyon.

            Bien plus agréable de voir cette fresque avec une trentaine de spectateurs disséminés dans la grande salle, plutôt que de se retrouver en mauvaise compagnie, fiente du hasard, et mal placé de surcroît.

            Ai bien tout apprécié, mais un Kubrick aurait fait exploser l’un des deux bateaux, voire les deux, pour rendre compte de la salaude, mais réelle nature humaine. Un nihilisme aux petits petons dans ce Batman.

            Quant au Joker : magistral, en effet. N’étant pas au fait de l’actualité nécrologique d’Hollywood, je suis encore plus heureux d’avoir apprécié sa prestation sans savoir qu’il était déjà bouffé par les vers.


            • Juliette Goffart 16 août 2008 16:15

               
              Article très bien écrit et très intéressant sur les "fantômes" du cinéma...

              Par contre, franchement, Heath Ledger ne mérite pas le "grabuge" fait à son sujet dans les médias. Le personnage du joker est un rôle en or que Jack Nicholson avait déjà interprété à la perfection, et je crois  qu’il faut avant tout remercier les scénaristes pour leur travail sur  les dialogues et le renouveau de la psychologie du personnage. Heath Ledger  a eu de la chance avant de mourir, d’une certaine façon.


              • Siko 17 août 2008 03:13

                Je ne suis pas du tout d’accord avec vous.

                Moi qui suit pourtant faché avec le cinéma de ce genre depuis très longtemps, j’ai été très agréablement surpris. Bon, c’est certain, on va voir batman, pas de réel surprise en perspective, et pourtant le meilleur batman que j’ai vu. Une bien meilleure adaptation que ceux de Tim Burton, qui était beaucoup trop proche du comics, parce que moins fantastique, beaucoup plus clair. Le Joker a été travaillé avec soin (c’est sur que c’est des fois un peu gros), mais son côté, je suis le mal qui aime le mal donne à ce personnage une consistance très agréable que l’on ne retrouve même pas dans le comics. Je l’ai pas trouvé trop long, ça rebondisait qu’en il fallait et malgré sa longeur, ça passait très bien.

                Bref, Nolan s’en est superbement bien tiré !


                • dante haguel 17 août 2008 19:30

                  @ Siko : +1

                  @ l’auteur,
                  Bon article, bien que vous vous perdez un peu entre la phase Ledger : +1, et batman : -1 pour mon avis perso !

                  Il y incarne un Joker qui n’est pas LE chaos, mais comme le dit lui meme (dans le film) est un agent du Chaos... petite subtilité, certes, mais c’est le propre du Chaos...
                  Bref, en VF, le film est assez long, le doublage est totalement rater, on y perd en "couleurs" sur les perso, essentielement les principaux : Batman et sa voie grave, et le Joker qui a des pointes de demence totale dans la VO.... Bref un veritable plaisir de le voir en VO, et un peu long en VF.... pourtant j’aime bien les VF, mais parfois ca tue le film et c’est le cas ici...

                  Les 2 interpretations du Joker (Nicholson et Ledger) reussissent a mettre le mechant à égalité voir a devenir presque le personnage pricipal, contrairement a tous les autres super-heros ou les super-mechant sont mechant et puis c’est tout, la on capte bien l’âme du Joker, ses motivations, bref c’est pour cela que je trouve ce film bien superieur a IronMan, ou le mechant est tout simplement fade... reste que les effet speciaux ! Berf on mesure un Hero a ses epreuves et la le Joker met la barre haut !!!
                  Quand au Dandy Destroy, ca colle plus avec Nicholson, Ledger fait plutot un Joker pour adulte, psychopathe Chaotique... une reelle maitrise Chaotique qui ne planifie pas, ressent et fait... pour arriver a un succes total : detruire le Batman, car si au debut il est aduler, a la fin il termine traquer !
                  Les precedent Batman etait l’adaptation des BD pour enfant, les 2 derniers opus sont l’adaptation des BD pour adulte, plus noir... suffit de comparer Nicholson et son costume fushia et les costumes pouilleux de Ledger, ce qui le rend d’autant plus sinistre...

                  Bref, ce dernier opus de batman casse l’image du super hero gentil et des super mechants mechant, le Joker est plus Chaotique que mechant (il s’attaque au crime lui aussi, pas qu’au faible), le double-face qu’on prend en compassion, et le Hero qui est si sombre, tue, laisse une personne proche mourir (sur vice du Joker... certes).... bref loin des IronMan, X-men superman et autrs super heros qui finalement reussissent tout malgres des epreuves titanesques..... la c’est des epreuves "simples" et il echoue parfois, ce qui donne se côté si Humain a Batman et fait de lui un Hero a part (pas de super pouvoir, echec, doute) bref, plus proche d’un Hancock que dun superman ! Batman casse plus les schemas Hollywoodien qu’IronMan qui reussit tout, meme dans les pire conditions... certe y a un peu d’autoderision dans IronMan avec ses echecs en test de l’armure, mais il perds pas grand chose, alors que si on fait le compte a la fin du Dark Knight, il perd beaucoup : amis, popularité, bref il en a sur la conscience....

                  C’est surement pour cela que ce film cartonne... 


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 18 août 2008 09:51

                    Je suis d’accord, le film est trop long. Quant à Heath Ledger, il incarne un Joker intéressant, il joue bien, c’est sûr, mais il abuse des bruits de bouche et de langue, pour bien montrer qu’il est dingo. Alors tous ces slurps et ces smack, plus la longueur, au global je trouve le film un peu décevant. Pour Christian Bale, il y a tellement de différence entre Bruce Wayne (incolore) et Batman (grosse voix bien équalizée), qu’on ne voit pas que c’est le même personnage, et ça casse tout ce qu’on aurait pu glisser sur l’ambiguïté du personnage.

                    Bof allez, je leur mets 12/20, avec 8/20 à Bale et un honnête 15/20 pour Ledger.


                    • alex1985 26 août 2008 13:13

                      Je viens de tomber sur ce site par hasard et donc j’ai lu avec attention la critique de l’auteur et je la trouve désolante.
                      Premièrement en ce qui concerne la longueur : into the wild, apocalypse now, scarface et HEAT surtout font partis de mes films préférés (HEAT étant maintenant premier ex aequo avec ce batman) ; et bien pour les avoir vu de nombreuses fois ( into the wild 4, apocalypse 3, scarface et heat je ne sais plus mais au moins 5 et batman 5 fois) et bien batman s’enchaîne largement mieux que les autres. L’histoire, l’alternance de scènes posées et de scènes d’actions, la musique bref tout est condensé et suit son cours comme une machine bien huilée. 5 fois que je vais au ciné et à aucun moment je n’ai fermé les yeux alors que même heat est parfois un peu longuet (je suis un grand fan de michael man de miami vice la série jusqu’à miami vice le film en passant par révélation et collateral). Bref sur le point trop long je m’oppose.

                      Deuxio, le fameux cliché de la scène de torture : et bien contrairement à vous elle ne m’a pas sauté aux yeux comme étant ancré dans la culture cinématographique américaine ou un anti-bushisme flagrant ; même si on interprète la scène comme on le sent je n’y vois aucun excès : c’est un héro de comics qui met la pression avec ses moyens et qui commence à perdre un peu le contrôle quand le joker parle de sa nana : ou est le problème dans sa réaction ? Aurait-il été plus réaliste de le questionner autour d’une tasse de café malgré l’urgence ? Je ne pense pas car justement "Batman has no juri"S"diction" et c’est ainsi qu’il ramène Lau à Gotham. Il secoue le joker comme l’anti-héro que nolan a voulu qu’il soit.

                      A présent sur le point de vue selon lequel ce sont les informations autour des acteurs et notament le décès de feu Heath qui provoquerait un tel raz-de-marée. Et bien oui c’est évident, on ne peut nier que l’aspect people attire énormément de monde mais est-ce que cela uniquement provoque cette réussite ? Brandon LEE est mort avant la sortie de The Crow et le film, qui est un bon film, a-t-il pulvérisé des records ? Le film Soul Men provoquera-il ce fameux de marée sachant la mort de Bernie Mac le 9 Aout dernier ? Et bien je n’en suis pas si sûr. Il ne faut pas prendre les gens pour des cons et mépriser leurs goûts sous un soit-disant esprit critique supérieur à la Télérama anti-film-d’action-surtout-si-c’est-américain.
                      Iron Man ???? et bien désolé mais Iron Man est peut-être devant Batman TDK, Superman returns, The punisher etc le plus Blockbusters de tous. En aucun cas je ne critique Robert Downey que je trovue excellent en tant qu’acteur mais ni sa performance ni celle de Jeff Bridges (pourtant excellent aussi) ne justifient un réel engouement :c’est un blockbuster à l’américaine avec des explosions, des nanas, des voitures etc et en ce qui concerne le soit-disant message anti-guerre je le trouve tellement évident qu’il n’en découle aucun intérêt. De toute manière ce sont des comics avant tout et leur objectif n’est en rien social ou politique uniquement.

                      Heath Ledger : ante janvier 2008 je vais sur imdb.com et regarde le casting : je deviens fou. Oldman, Freeman, Bale, Caine, Eckaart, Roberts, Fichtner ... Ca ne s’arrêtait plus, c’est le plus gros casting que j’ai vu au cinéma de toute ma vie. Mais le gros point noir : Heath. Je le détestais à cause de chevalier et les 4 roses n’était pas suffisant pour le réhabilier. Brokeback : je ne l’ai pas vu malgré tout le bien qu’on m’en a dit et j’aurais du car son réel potentiel m’est complètement passé à coté. C’est lorsque j’ai vu les premieres images du joker que j’ai "fermer ma grande bouche" et arrêter de clamer la perf de Jack en 89 et que personne ne pouvait le surpasser. L’aspect noir et malsain qui ressortait du peu que j’avais vu m’a littéralement transcender et j’ai commencer à clamer haut et fort mon erreur et que ce film serait monstrueux. Et bien ce fût le cas et Heath m’a epoustouflé. A mes yeux c’est La performance du siècle (après c’est mon avis évidemement) mais même mes acteurs sacrés que sont Brando, Pacino, Hauer etc dans leurs meilleurs films ne m’ont pas autant impressionés que Heath dans celui-ci. J’ai mis un Batman au même rang que Heat !!! Même Viggo Mortensen mon acteur fétiche du moment n’a jamais été aussi bon sachant que Eastern Promises est dans mon top aussi. Les temps changent et les jeux d’acteurs aussi.

                      La gestuelle, l’intonation, la démarche bref TOUT est bon tout est à prendre dans son rôle. C’est le seul point ou je m’accorde avec toi Auteur. Et mort ou pas mort de Heath, cette prestation est époustouflante et élève le film à de très hauts sommets. Mais les autres acteurs sont excellents eux aussi : Caine et Freeman sont des monstres sacrés auxquels aucun reproche ne peut être fait, Bale est jeune mais vraiment bon en ce moment (pretige, american psycho et je l’espere terminator en 2009), Aaron Eckaart est tout aussi énorme et même les interventions minimes sont parfaitement jouées par Eric roberts, Michael Jai, Lau et Cillian Murphy, Fichtner etc.

                      Tout est bon à prendre dans ce film, après on peut aimer ou ne pas aimer le style Nolan mais les scènes d’actions sont magnifiques, le jeu d’acteurs parfait, le scenar bien ficellé, la longueur bien jaugée, la musique parfaitement rythmée et les plans à la Mann très bien assimilés (la manière de filmé la ville de nuit pffffffiou). J’ai remarqué que les gens, moi le premier, n’aiment pas les grands films contemporains car ils ont peur que les classiques en soit touchés mais ce n’est pas le cas et James Dean restera James Dean et idem pour Nicholson (Shinning à jamais indétronable). Mais rendons à César ce qui lui revient : ce film mérite son rang et perso je considère qu’il devrait être premier car Titanic ou selon moi le navet de Cameron loin derrière Abyss et Terminator ne doit sa place qu’aux minettes ayant vu le film une vingtaine de fois pour la petite histoire d’amour cucu de notre belle gueule di Caprio (qui heureusement a bien changé) : seul Billy Zane est bon dans ce film.

                      Voilà a bon entendeur ++

                      P.S. : je n’ai exprimé ici qu’ un simple mécontentement et en aucun cas les goûts de qui que ce soit et les notes qu’on pourrait donner aux acteurs car c’est du ressort de chacun (8 pour Bale est abusé mais bon lol) mais une critique se doit d’être le plus réaliste possible et aujourd’hui je considère que ce n’étais pas le cas (je parle aussi au nom de plusieurs personnes dont certaines ne sont fans ni de comics ni de film d’actions). Je suis pas fan d’action par principe j’aime le bon cinéma et suis spécialisé dans les films de fin 70 a 95.

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