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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Il faut sauver les auberges du savoir !

Il faut sauver les auberges du savoir !

Il suffit que je rencontre une librairie pour que je franchisse la porte d'entrée pour fouiner et repartir avec au moins un livre que je lis très vite.

Dans la commune où je réside, il y a une très bonne librairie avec un libraire qui a du caractère et de la passion.

L'intérêt de ces professionnels c'est qu'ils aiment leur métier et sont toujours prêts à apporter des conseils...

Beaucoup n'en peuvent plus, le nombre de lecteurs diminue et la concurrence des grandes surfaces froides et inhumaines se fait sentir.

Le livre : "un libraire en colère" relance le débat et appelle à la resistance...

RESISTONS !

« Un libraire en colère »

livre d'Emmanuel Delhomme

editions : l'Editeur

94 pages

juin 2011

11 €

Que vivent ces auberges du savoir !

Je n'ai pas trop aimé l'avant propos de l'éditeur qui souligne que certains passages peuvent paraître injustes et choquer....J'avoue que je n'ai jamais apprécié les chapeaux qui prennent des distances avec l'auteur...

Ceci étant dit et écrit, j'ai dégusté ce petit livre et je suis en accord avec les positions défendues par ce libraire en colère et particulièrement lucide.

De nombreuses librairies ferment et sont parfois remplacées par des « restaurants »....ou des boîtes à « bouffe rapide » !

C'est l'une des régressions que l'on constate et que l'on ne peut que regretter.

Les « gens » communiquent de moins en moins. Ils restent collés sur leur téléphone portable et passent leur vie à zapper la télévision ou les revues.

Ils se contentent de parcourir les textes pré digérés et évitent de se faire une opinion en lisant eux mêmes les livres ou les documents développant une argumentation..

La résistance s'organise quand même et si les temps sont durs pour les libraires et si peu de personnes s'arrêtent pour flâner et emporter un ouvrage, d'autres restent des inconditionnels.

Je fais partie de ces « oiseaux rares » et je suis incapable de passer devant une librairie sans m'y arrêter et acheter un ouvrage … celui-ci justement dont je ne connaissais pas l'existence.

Ce libraire pointe les dysfonctionnements comme la sortie de très très nombreux livres qui finiront au pilon...Mais alors, que faire ?

Il y a là une vraie interrogation qui mérite une réponse.

L'engagement du libraire qui met une affichette sur un rayon ; « je joue ma réputation sur chaque livre »est utile et indispensable. Ce lien entre le libraire et le client n'existe pas dans les grandes surfaces...

Nous avons besoin de ces passeurs de savoir que sont les « petits » libraires qui d'ailleurs ne sont pas des « petits » mais de réels libraires, c'est à dire des professionnels passionnés et souvent passionnants.

«  Dans toutes les villes de France vous trouverez ces auberges accueillantes, ces lieux qui vous permettront de souffler quelques instants, de vous ressourcer. Aucun écran de publicité ne viendra perturber votre émerveillement. »

Avec goût et humour, l'auteur de ce livre nous conte certaines anecdotes pour illustrer son propos et ses réflexions.

Il nous interpelle et nous donne rendez-vous dans ces échoppes, « c'est doux et propice à l'amour »

Jean-François Chalot


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7 réactions à cet article    


  • Surya Surya 16 novembre 2011 13:53

    Bonjour Chalot,

    Entièrement d’accord avec votre article. J’ai le même virus que vous en ceci que je ne peux passer devant une petite librairie sans y entrer et acheter au moins un livre. Le problème, c’est que je ressors plutôt avec dix ou quinze livres et c’est un mauvais calcul car à l’arrivée je ne sais pas par lequel commencer, et les piles de livres s’accumulent dangereusement... Alors j’en prends un au hasard et je me plonge dedans. Je retrouve ce plaisir du choix des livres qui est celui de la visite dans une petite librairie, alors qu’en effet, il n’y a aucun plaisir à déambuler dans des rayons d’une immense surface inhospitalière, où les livres sont considérés comme des objets de consommation comme les autres. Si ça continue on va sortir le concept du livre jetable et biodégradable.

    Je connais également une de ces petites librairies à Paris, tenue par un jeune passionné et c’est hallucinant de voir que quelque soit le livre que l’on pioche chez lui, il est capable d’en raconter l’histoire et donner son avis. Il a lu tout ce qu’il propose, et il est courant qu’on le voie, les beaux jours, assis sur un petit tabouret devant sa librairie, un livre à la main. 

    Autrefois, dans une très grande librairie parisienne que je ne nommerai pas, le client (car c’est d’un client dont il a toujours été question dans ces supermarchés, plutôt que d’un lecteur) avait le droit de s’assoir par terre avec une BD (le plus souvent) ou un livre, et rester l’après midi à lire s’il en avait envie. C’est vrai que le livre n’était plus tout à fait neuf lorsqu’il était ensuite acheté (par quelqu’un d’autre s’entend), mais il y avait alors de la vie dans ces grandes surfaces qui semblent, maintenant que cette facilité a été supprimée, très froides en effet. Sans parler qu’il n’y a aucun conseil non plus. Sans parler non plus du fait que je ne vois pas trop comment on peut faire connaissance avec un livre et le choisir s’il est emprisonné dans son emballage plastique. Et pour finir de râler, je peste également lorsque l’étiquette est collée juste sur le texte de présentation en quatrième de couverture. Là, je me dis qu’ils n’en ont vraiment rien à faire des livres.

    Entre parenthèses, il n’y a aucun charme à lire un livre électronique, aussi parce qu’il ne s’agit pas seulement de lire, de déchiffrer des caractères, mais aussi car le plaisir vient du fait de matérialiser, par le fait de tourner les pages et voir petit à petit l’épaisseur du livre transférée de la droite vers la gauche, sa progression de lecture. Lorsqu’on tourne la dernière page du livre, il y a une sorte de nostalgie du moment où on l’a commencé.  On a le sentiment d’avoir fait un bout de chemin avec l’histoire. On a vécu un moment de sa vie avec ce livre, qui est devenu pour soi un objet unique, qui nous a parlé et parfois même nous a fait rêver.

    S’il n’y a plus de plaisir non seulement à lire, mais aussi à posséder ou emprunter cet objet qu’est le livre, alors dans cent ans il aura dispararu, ou se fera rare et alors les lecteurs de livres passeront pour des retardés qui ne savent pas vivre « avec leur temps ».

    Et comment concurrencer la facilité d’acheter sur internet sans même avoir besoin de sortir de chez soi ?

    Défendre les petites librairies, oui, mais comment faire ? S’ils ne font pas le « poids » face aux grands généralistes, les petits libraires doivent-ils se spécialiser ? Offrir en plus de leur librairie d’autres services ? Organiser des concours ? Servir une tasse de thé ? Pourquoi pas après tout ? 


    • foufouille foufouille 16 novembre 2011 14:34

      les livres neufs sont aussi devenus tres cher


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 16 novembre 2011 19:10

        La librairie, c’est un luxe de citadin. Dans les villages, c’est le/la bibliothécaire qui en fait office.

        Et quand on veut acheter un livre, la commande par Internet est bien pratique...

        Quant au livre électronique, il est bien pratique, pas lourd et il permet de lire gratuitement les classiques. Mais effectivement, il ne remplace pas l’objet-livre. On ne l’utilise pas et on ne l’aime pas de la même façon. Il vaut quand-même mieux des gens qui lisent sur ce nouveau média que des gens qui ne lisent pas du tout !


        • Pie 3,14 16 novembre 2011 20:30

          Ces « auberges du savoir » sont plutôt protégées grâce à la loi Lang sur le prix obligatoire des livres.
          Rien à voir avec l’hécatombe des disquaires qui ont presque tous disparus avec le net et la concurrence des grandes surfaces.

          Comme vous, j’entre dans une librairie tel un gamin dans un magasin de friandises, je ne peux plus écouter de musique chez mon disquaire favori car il a mis la clé sous la porte.


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 16 novembre 2011 22:39

            Rien de plus beau qu’une vraie librairie.


            • Reprendrelamain Reprendrelamain 17 novembre 2011 11:12

               La vente de CD c’est éfondrée pour des raisons de prix et de piratage, il en sera de même pour les livres qui une fois numérisés seront craqués et téléchargés sur internet. Les musiciens peuvent encore faire des concerts pour survivre mais des milliers d’auteurs ne pourront plus publier.


              • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 19 novembre 2011 10:07

                Les clients des libraires sont des amateurs de livre/papier. Ce n’est pas l’avènement du livre électronique qui les privera de leur gagne-pain. Ceux qui risquent d’en pâtir sont les marchands de livre de poche jetables ou des best-sellers vendus en grande surface.


                Cela dit, il existe déjà des milliers d’auteurs qui publient en auto-édition (ou équivalent) sans bénéficier de l’attention des éditeurs et des libraires ! Et un écrivain ne devient professionnel que lorsqu’il est assuré de vendre et de vivre de sa plume. Presque toujours, il a un métier qui lui permet de vivre même s’il n’est pas publié.

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