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« Indigènes » : remplacer une amnésie par une autre


La sortie du film Indigènes mercredi prochain ne manquera pas de relancer le débat qui agite notre pays à propos du passé colonial de la France, débat qui nous fait patauger chaque jour un peu plus dans une repentance glauque, où l’on confond allègrement "colonisation" et "colonialisme". D’après son auteur, le film prétend réparer une double injustice : celle de notre mémoire présupposée défaillante concernant un passé que l’on s’obstine à présenter comme douloureux alors qu’il fut, somme toute, assez glorieux, et celle de notre rapinerie pour ne pas avoir indemnisé les supplétifs restés dans leur pays d’origine après les indépendances, à un taux identique à celui des combattants de l’ex-métropole.

Laissons de côté pour l’instant la question des indemnisations qu’il faut déconnecter de l’aspect "remembrance" (à moins d’avouer que la mémoire doit toujours avoir un prix), pour signaler quelques travaux qui semblent avoir été négligés par le réalisateur d’un film conçu avant tout pour émouvoir, et non pour rendre compte fidèlement d’un fait historique. Puisés dans une documentation plus spécialement orientée sur l’histoire du Sahara, les documents que je verse au dossier concernent davantage les goums marocains que leurs homologues algériens. D’autres intervenants pourront donc les compléter avantageusement.

Créés au début de 1908, les premiers goums marocains ont montré rapidement des défaillances, notamment à propos de l’esprit de discipline des effectifs. Une de leurs premières missions fut d’ouvrir un passage au sultan Moulay Abdelaziz qui désirait de se rendre de Fès à Rabat (160 km) peu après les émeutes qui avaient ensanglanté Casablanca. Contesté dans son pays par Bouhmara, un usurpateur désigné sous le nom de "Rogui", le sultan pouvait alors difficilement sortir de son palais de Fès, sans le soutien de troupes étrangères assurant sa protection rapprochée (le Protectorat n’a été mis en place qu’en 1912). L’aventure montra que les nouvelles troupes composées pour une large part de Berbères pensaient plus à piller les villages traversés qu’à honorer leur mission

Fort de cette expérience, voici les instructions données par le général d’Amade, le 5 novembre 1908 : "Le recrutement des goums s’effectuera dans chaque région. Il y aura lieu d’apporter à cette opération toute la circonspection désirable pour éviter les mécomptes du début qui seraient susceptibles d’entamer la réussite de cette création. Les nouveaux auxiliaires devront être initiés avec la plus grande patience et la plus grande douceur aux règles diverses et de la discipline. On tiendra compte de la personnalité de chaque goumier dont le sentiment individualiste et le caractère propre sont particulièrement développés chez le Marocain. Après les exercices simples, après les appels journaliers, les goumiers doivent avoir la plus grande liberté pour vaquer à leurs affaires d’intérêts de famille". On est loin des hommes arrachés à leurs champs...

Pour ce qui est du "travail de mémoire" qui nous ferait défaut, rappelons l’excellente étude de Jean Saulay, Histoire des Goums marocains (tome 1), Le Maroc, pacification et unification du pays (1908-1934), Paris, La Koumia - Public-Réalisations, 1985. Suivie du tome 2 La Seconde Guerre mondiale et l’après-guerre (1934-1956), de Yves Salkin et Jacques Morineau, Paris, paru en 1987. Vaste travail d’érudition traitant de l’organisation et des différentes opérations menées par ces troupes, on peut extraire du premier tome, le passage d’un texte écrit en 1986 par le Lieutenant Guy de Mareuil qui avait été en poste en 1937 à Aouïnet Torgoz (cercle d’Assa). Cinquante ans après avoir servi, voici ce que cet ancien officier écrivait : "Mais tout cela est vieux et oublié et une seule idée demeure : que les "ouled Koumia" (fils des goums) prennent leur plume pour faire revivre leurs souvenirs. Sans eux, les enfants et petits-enfants qui vont venir, useront leurs dictionnaires en vain, pour essayer de dessiner une France "non hexagonale" et pourquoi tant de gens de couleurs, de langues, de religions et de moeurs différentes ont eu une notion particulière de la France et des Français".

A l’intention des nostalgiques et de ceux qui aiment se frotter à la rigueur de l’histoire et pas seulement se badigeonner de bons sentiments (notamment pour ce qui est de tout ce qui touche à la colonisation et à ses "bienfaits" honnis), on peut ajouter qu’à Aouïnet Torgoz, minuscule oasis de l’oued Draâ demeurée en dehors des circuits touristiques, il subsiste aujourd’hui encore un bordj construit par les Français. C’est une étonnante bâtisse plantée dans un nulle part de Dino Buzzati, d’où surgissent les têtes de quelques palmiers (les seuls de la région). Elle abrite l’ébauche d’un musée géologique et botanique qui peine à fonctionner. Avis aux amateurs de bonnes résolutions...

Mais le thème des supplétifs n’a pas intéressé que les spécialistes. Dès l’année 1955, les éditions France Empire publiaient un ouvrage grand public, intitulé Tabor, nom donné à l’ensemble des régiments composés de différents goums. Jacques Augarde, secrétaire d’Etat aux affaires musulmanes de la IVe République, ancien maire de Bougie (l’actuelle Béjaïa en Algérie), ancien député de Constantine, y relatait dans un style sobre et alerte son extraordinaire "équipée" à la tête d’un régiment de goumiers, depuis la Corse jusqu’à Berlin, pour délivrer l’Europe du joug des nazis. Citons un extrait de la préface du général Guillaume : "L’étonnante épopée des goumiers de l’Atlas, vêtus de leur djellaba de laine devenue légendaire, va se dérouler à partir de 1943, à travers la Corse, l’Italie, l’ïle d’Elbe, la France et l’Allemagne, pour aboutir aux rives du Neckar et du Danube. Au cours de ces campagnes, plus de vingt-deux mille goumiers seront engagés, et plus de huit mille d’entre eux, officiers, sous-officiers et goumiers, tomberont, tués ou blessés. Je garde l’immense fierté d’avoir présidé à l’organisation des goums marocains, puis de les avoir menés aux combats de la Libération. [...] Pour les goums, le combat continue. Au-delà des mers, en Extrême-Orient, depuis 1948, les tabors, au Tonkin, luttent pour la sauvegarde de l’Union française. Les noms de Cao-Bang, Tat-Khe, Hoa-bing, s’inscrivent sur leurs fanions trop étroits pour contenir tant de gloire amassée presque sans arrêt depuis 1911, sur tous les champs de bataille de l’Armée française".

L’ouvrage remet bien des pendules à l’heure. Bourré d’anecdotes rapportées dans un style plaisant, il rend compte de l’intérêt pécuniaire que représentait alors pour nombre de Marocains ou d’Algériens la possibilité de servir la France. Car les goumiers étaient payés et même plutôt bien payés, si on considère la misère qui collait à leurs semelles et dont ils cherchaient à s’extraire, sinon ils ne se seraient jamais autant pressés sous les drapeaux pour servir une République dont ils ne pouvaient imaginer qu’elle puisse leur apporter autre chose que de faire bouillir la marmite. Croire que les goumiers se seraient battus pour une "Liberté Egalité Fraternité" mythologique, tient du fantasme pur et dur.

Au Maroc, ils habitaient avec leur famille (femme et enfants) à proximité et parfois à l’intérieur des casernes, dans des installations en tous points semblables à celles des douars où ils étaient nés. Plus tard, engagés dans la campagne d’Italie, ils ont obtenu le droit de faire du butin sur l’ennemi. Et, à la grande surprise des troupes américaines qui les encadraient, ils ont traversé une bonne partie de la botte mussolinienne en traînant des poules, des chèvres ou des moutons, ou en tenant ces animaux vivants (puisque devant être égorgés) serrés en travers de leur monture. Un chapitre de l’ouvrage de Jacques Augarde intitulé Chikaya, terme qu’on peut traduire par "discussion", "dispute" ou "procès", raconte l’étrange cérémonie qui, environ une fois par mois, réunissait les officiers à leur troupe, afin de régler différents litiges d’intendance et d’atténuer les frictions qui ne manquaient pas d’agiter régulièrement des gens issus de tribus qui entretenaient souvent un passé riche en contentieux. Deux anecdotes méritent d’être rapportées.

La première concerne un jeune homme "au visage d’enfant" qui a tout au plus seize ans. Il a été convoqué par l’officier car un courrier est arrivé de son village pour savoir ce qu’il était advenu. Apparemment le jeune homme n’a donné aucun signe de vie depuis plus de six mois. L’officier l’interroge :

- "Comment en es-tu venu aux goums ?

- Il y avait au souk des Aït Isschak des askers [recruteurs locaux pour toute sorte d’activités]. Ils demandaient des hommes pour le baroud [combat entre tribus]. Ils disaient "On part tout de suite avec l’tomobile". Alors je suis allé avec eux. J’étais jamais monté dans l’tomobile, mon lieutenant.

- Tu n’as pas demandé à un ami de prévenir la famille ?

- Non, allach... [pourquoi ?]

- Vous êtes extraordinaires !!!..."

La seconde rapporte le dialogue de l’auteur avec un dénommé Moulay ben Hamadi. L’homme a envoyé plusieurs fois de l’argent au bled, mais il affirme que, là-bas, ils n’ont rien reçu. L’officier interroge : " Raconte-moi ta petite affaire." L’homme s’explique avec des gestes sobres, dont chacun veut dire : " Moi, je n’y peux rien !" mais dont le dernier signifie : "Tout s’arrangera si tu le veux !". Un sous-officier précise que quatre mandats ont bien été envoyés de Bizerte, représentant des prises de guerre, et qu’ils n’ont jamais été payés à sa famille. L’homme a effectivement versé à la poste aux Armées vingt-quatre mille francs et il peut montrer les talons. La somme est rondelette. L’officier ne peut s’empêcher de commenter :

- "Tu es grand riche".

Et le goumier de répondre avec toute la finesse des Berbères quand ils doivent s’adresser à un supérieur :

- "Non, mon lieutenant : le caïd [au village] grand riche, moi pauvre"...

*

* *

Ces deux anecdotes montrent, s’il en était encore besoin, qu’il n’est pas sain de reconstituer l’histoire selon nos critères actuels, juste pour faire pleurer dans les chaumières. Les "Indigènes" n’ont pas été râflés pour servir l’armée française. Bien avant de partir pour l’Europe, ils avaient participé de bon coeur à la "pacification" du Maroc, puis à la conquête saharienne (bien que dans ce cas les tirailleurs sénégalais aient été jugés plus efficaces et dignes de confiance par leurs supérieurs), mais aussi au maintien de l’ordre intérieur à travers tout le Maghreb. Et si le recrutement de ces supplétifs s’est fait parfois au moyen d’une campagne de "promotion" frisant l’intoxication dont les petits chefs locaux ont largement profité, il en a toujours été ainsi dans toutes les armées du monde (hier pour les engagés à qui l’armée promettait les meilleures formations technologiques, aujourd’hui pour les GI qui combattent en Irak) : "Engagez-vous ! Engagez-vous ! Qu’ils disaient !"... Ils sont toujours aussi fous ces roumis...

Il est évident que ces quelques éléments ne prétendent pas englober un débat qui n’en est encore qu’à ses prémisses. S’ils pouvaient l’aiguiller vers des voies moins simplificatrices que celles qui sont empruntées par les "touristes équitables" de l’histoire, on ne pourrait que s’en réjouir. Les deux photos jointes à cet article méritent autant de publicité qu’une affiche de cinéma conçue comme un étendard de la "beuritude" (au sens qu’Aimé Césaire a donné jadis à la "négritude") qui se vend si bien dans nos médias : l’une montre des goumiers traversant les Apennins avec leurs prises de guerre, façon d’illustrer un des aspects "économiques" de cette page d’histoire qui ne manquera pas d’être récupérée par les agitateurs professionnels ; l’autre témoigne de la reconnaissance "politique" de la France pour l’engagement de ces hommes, puisqu’on y voit le Général de Gaulle serrant avec solennité la main d’un goumier...

Patrick Adam

Documents joints à cet article

« Indigènes » : remplacer une amnésie par une autre

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954 réactions à cet article

  • Marsupilami (---.---.---.85) 26 septembre 2006 13:11

    Excellent papier qui décrit bien le réel et qui va faire grincer bien des dents.

    Voici un extrait de l’interview du réalisateur de ce film, Rachid Bouchareb, parue dans Libération hier :

    « Initialement, j’avais d’ailleurs prévu un soldat noir dans le scénario, mais on débordait les quatre heures » (c’est moi qui souligne). Incroyable déclaration d’un racisme abject, non ? C’est vraiment du beur avec l’argent du beur qui veut la crémière pleine de bons sentiments indigénistes dégoulinants de miel radamanesque. Trop noir LE tirailleur sénégalais « prévu dans le scénario » qui a été zappé au montage et peut-être même pas filmé ? Pas le droit à la mémoire, le noir ? Effacé du film parce qu’il aurait pris de la place et du temps au quatuor de beurs, le noir ? Ils n’ont pas existé les tirailleurs sénégalais ? Ils n’ont pas été les compagnons de lutte et de souffrance des « indigènes » maghrébins ? Ils ne méritaient pas ne serait-ce qu’un seul rôle dans ce fil qui prétend restaurer une vérité historique ?

    C’est absolument dégueulasse. Je n’irai pas voir ce film marqué du sceau de l’infâmie raciste et du déni du réel.

    • Marsupilami (---.---.---.253) 26 septembre 2006 18:07

      Je suis (à peine) supris que mon commentaire en suscite aussi peu de la part des bien-pensants. Les beurs racistes ça existe pas ? Ben si, ça existe. Vous lisez bien ça, les bien-pensants : des beurs racistes. Ben oui. Ça existe. C’est courant. Et ils viennent de produire leur premier film-manifeste. En gommant le noir, tels de misérables petits staliniens d’avant Photoshop.

    • (---.---.---.7) 26 septembre 2006 18:34

      A demian : vous êtes-vous déjà fait traiter de « porc » parce que vous étiez blanc (et non musulman j’imagine) ? Moi oui ! Votre voisine c’est-elle fait molester parce qu’elle ne portait pas le voile dans la cité (alors que baptisée) ?

      « J’ai baisé une blanche hier, elle a joui comme une blanche la sal*** » voilà ce qu’il y a de taguer sur le mur de mon immeuble...

      Je ne voterai ni le pen ni sarko, je vous rassure je suis de ceux qui essayent de comprendre... mais que l’on ne me dise pas que le racisme « anti-blanc » cela n’existe pas car c’est faux... et je crois aussi qu’un film comme celui-ci aurait du sortir depuis bien des années déjà et qu’il ne s’agit pas d’un film « anti-blanc » mais tout bonnement d’un bon film... voilà !

    • Patrick Adam (---.---.---.17) 26 septembre 2006 18:38
      Patrick Adam

      @ Marsu

      cachez ces beurs-racistes que je ne saurais voir.

      Patrick Adam

    • zalka (---.---.---.237) 27 septembre 2006 01:00

      Les arabes racistes existent, c’est un fait. Mais Marsupilami, dont la haine des musulmans s’étalent chaque jour sur agora vox, n’a visiblement pas compris pourquoi le soldat noi était passé à la trappe. Le réalisateur avait matière à faire son film sans l’histoire du noir. L’intégrer aurait bacler son histoire. Où est le racisme ? Il aurait pu se contenter d’ignorer les noirs. Au contraire, bien que peu présent dans le film lui même, il les associe au principe du film. Des racistes arabes qui n’aiment pas les nègres, j’en ai entendu. Et je peux vous assurer qu’on ne risque pas de prendre le réalisateur d’« indigènes » pour l’un d’eux.

      Quand à l’auteur, en bon post colon convaincu de sa supériorité d’homme blanc, il omet d’analyser le but du film, qui est moins de faire larmoyer sur les « pauvres autochtones brimés » que de faire la lumière sur une partie de l’histoire quasiment ignorée. Je n’ai pas dans ma famille de goumiers. Une seule personne du bled de mon grand père s’est battu pour la France, pendant la guerre d’indochine. Le faisait il pour l’argent ? Oui. Le faisait il uniquement pour cela ? Non. Mais je suppose que je suis naïf de croire l’un de ces grands enfants bougnoule dont le comportement est purement vénal par atavisme...

    • Marsupilami (---.---.---.253) 27 septembre 2006 11:52

      @ Zalka

      Je n’ai aucune haine contre les musulmans, contrairement à ce que tu affirmes. Tu n’as qu’à demander à Ka et à Wrysia, deux musulmanes voilées et modérées avec lesquelles je dialogue amicalement sur Agoravox - tu peux lire ces échanges dans de nombreux fils de discussion. Par contre, il est vrai que critique très durement l’Islam, ce qui n’est pas la même chose.

    • flop (---.---.---.106) 28 septembre 2006 08:26

      c’est finalement +tôt encourageant de ne voir personne réagir à des commentaires volontairement agressifs et mal écrits. C’est peut-être un bon moyen de protéger agoravox de toutes ces interventions de roquets hargneux , qui prennent pour du style leurs éructations et ne rendent compte de rien sinon de leur situation psychologique d’une très grande tristesse mais qui ont pour résultat rapide de rendre les discussion illisibles

  • zen (---.---.---.134) 26 septembre 2006 13:28
    ZEN

    @ PAdam

    « Croire que les goumiers se seraient battus pour une »Liberté Egalité Fraternité« mythologique, tient du fantasme pur et dur ».

    Sur ce point, je suis assez d’accord avec toi, mais il ne faut pas oublier comment on s’est servi d’eux comme de la chair à canon, notamment au Mont-Cassin, dans les Vosges, et on les encourageait même à se montrer cruels pour terroriser l’ennemi (coupe d’oreilles).Toujours les plus exposés au feu, on leur a tout de même érigé un monument près de LA Bresse (Vosges) : « La patrie reconnaissante... » !

    • (---.---.---.248) 26 septembre 2006 13:34

      Si tu commences à faire la liste des exactions commises par les armées, même en te limitant aux alliés et à la 2eme G.M., t’as pas fini.

      D’autre part, des monuments aux morts dédiés aux troupes coloniales, il n’y en a pas qu’un, même si la plupart datent de 1914-1918.

      Yves.

    • Cordialement (---.---.---.139) 26 septembre 2006 14:06

      Bonjour,

      « Croire que les goumiers se seraient battus pour une »Liberté Egalité Fraternité« mythologique, tient du fantasme pur et dur ».

      Personnellement, je suis à la limite du vomissement en lisant cette phrase, pour avoir connu des soldats « indigènes » qui ont vu leurs camarades tomber pour le drapeau français et ont mis leur propre vie en péril.

      Oui, pour la France, que vous le vouliez ou non. Nier l’existance de ces gens est aussi stupide que nier celle de ceux qui ne se sont engagés que pour l’argent.

      Cordialement.

    • Aymeric (---.---.---.228) 26 septembre 2006 16:09

      Tu crois qu’il n’y avait que les soldats des colonies qui étaient utilisés comme chair à canon ?

      Les Bretons, les Corses ou les Basques étaient traités de la même manière que les Sénégalais ou les Algériens...

    • (---.---.---.74) 26 septembre 2006 16:56

      Il faut aussi rappeler que cette division composée en partie d’indigène n’a pas participée au théâtre d’opération les plus meurtriers et les plus éprouvants. La remonté de la Provence vers l’Allemagne n’a pas donné lieu à d’âpre combat, étant donné l’action de la résistance, ainsi que le fait que l’armée allemande s’était concentrée à l’ouest et se repliait vers l’Allemagne.

      Il est normal que seul les grandes batailles restent plus ancrées dans les esprits .

    • (---.---.---.248) 27 septembre 2006 09:36

      Mauvaise connaissance de l’histoire de la 2eme GM. Les Goums se sont battus en Afrique du Nord contre les restes de l’Afrika Korps d’une part, et en Italie où ils ont percé à Monte Cassino d’autre part. Ce n’était pas des parties de plaisir.

      De plus, il ne faut pas croire que les combats ont été très durs à l’ouest et nuls au sud en France. À part la bataille de Normandie, ça se vaut.

      C’était Yves.

    • parkway (---.---.---.161) 28 septembre 2006 14:25

      à cordialement,

      je suis d’accord avec vous.de même, les engagés militaires français étaient payés eux-aussi et ce n’étaient pas des anges non plus !

      de là à dire que tous ne se battaient pas pour la france et qu’ils ont profité de la guerre pour s’enrichir...

      Et puis tous touchent leur retraite !

    • parkway (---.---.---.161) 28 septembre 2006 15:02

      le mieux, c’est de glisser sa peau sous les draps et ne pas la risquer sous les drapeaux !

      Quelque part ça me ferait chier de mourir pour bouyges ou suez...

  • (---.---.---.248) 26 septembre 2006 13:30

    C’est Yves.

    Bon, à mon avis, si on commence à mesurer le racisme partout où il pourrait être, on n’a pas fini. Par contre, j’aime bien les précisions administrées par cet article qui montre que personne n’est tout blanc ou tout noir, si j’ose m’exprimer ainsi.

    Malgré tout, quelques références ne seraient pas de trop après ce paquet d’affirmations. Mais il est toujours bon de rappeler que l’histoire est toujours en finesse et jamais simple. Qu’aucun peuple n’est coupable en soi, et que les erreurs doivent être attribuées à l’homme, et à personne d’autre.

    À trop accuser l’autre on finit par se croire parfait.

    C’était Yves.

  • Patrick Adam (---.---.---.17) 26 septembre 2006 13:33
    Patrick Adam

    @ zen

    Je tiens à ta disposition une description de Monte Cassino, plus quelques anecdotes savoureuses tirées du bouquin dont je parle. Tu peux me faire confiance. C’est du vécu. J’ai eu aussi pas malde contacts au bled avec d’anciens goumiers dont j’aurais peut-être l’occasion de parler... C’est bien diférent de ce qu’on entend chez nous...

    Note que je remarque, non sans un intérêt certain, que tu te retrouves de plus en plus d’accord avec moi... Fais attention, tu vas pas tarder à m’en faire une jaunisse.

    Bien à toi. patrick Adam

  • greg999 (---.---.---.91) 26 septembre 2006 13:40

    Salut, je ne comprends pas le sens de cette contribution, empreinte de cette belle nostalgie des Colons pour leurs Indigènes (« ces gens là, que voulez-vous, ils ne sont pas méchants, mais alors... »)... qui parle d’à peu près tout sauf de ce qui est important. Il ne manque que le bleu du ciel d’Alger... Pour les rafles françaises en Afrique (noire, certes) et les conditions de vie (de mort, plutôt) dans des camps de travail, voir Albert Londres, Terre d’Ebène. La aussi les gens étaient « volontaires » et payés pour leur travail - sauf que les Blancs les faisaient mourir. Question de sensiblerie, sans doute. A bon entendeur, Greg

    • (---.---.---.236) 27 septembre 2006 15:52

      Le bilan du colonialisme et du nécolonialisme français en Afrique est très lourd. Sans doute, à terme, la France devra quitter ce continent pour du bon et n’aura pas laissé un bon souvenir, loin de là.

      Alors, on peut se demander si la question des africains qui ont fait partie de l’armée française sous des formes diverses constitue le véritable débat. D’accord, ce n’est pas normal de ne pas verser la même rétribution à ceux qui font le même travail. Mais quel pourcentage des africains représentent ceux qui se sont battus dans l’armée d’une puissance qui avait conquis, et occupait, leur pays ?

      N’y a-t-il pas d’autres voix qu’il serait plus urgent d’entendre, d’autres histoires qu’il serait plus urgent de recueillir dans des films ? Les voix, les histoires, de ceux qui ont résisté au colonialisme français.

  • simplet (---.---.---.1) 26 septembre 2006 13:41

    Dès le début vous voulez occulter une partie du problème qu’est la rémuneration, alors oui çà peut encore faire plaisir à certains de gagner 40€/trimestre ( je crois.. ) mais si l’on veut parlr d’égalité et non de discrémination ( positive ou négative ) on lâche la même chose à tous les anciens combattants...

    certains ne méritent pas plus que d’autres juste de par la couleur de leur peau ou par leur localisation géographique, vous devez le savoir, une balle ne fait pas moins mal dans le désert que sur le front russe...les risques sont les mêmes, l’indemnisation doit suivre.. vous, vous mettez tout de suite celà de coté pour en arriver ( je caricaturise mais bon... ) au coté veinal du goumier...

    alors première nouvelle ??? vous pensez réellement que les soldats qui dorment dans nos casernes sont tous de fervents patriotes.. voulez rire ou quoi ??? si je prends simplement l’exemple de ceux que je connais qui en sont venus à l’engagement dans l’armée, je pense que rare sont ceux qui sont entrés dans l’armée par sentiment républicain exacerbé... études ratées, manque de vision sur l’avenir et sureté de l’emploi sont passés avant tout celà... après je ne dis pas que le mattraquage ne leur a pas inculqué qqs valeurs républicaines mais bon... ils ne valent pas forcemment mieux que les goumiers à l’époque...

    donc une fois de plus votre avis est biaisé par vos préjugés qui ressurgissent dans tous vos panflets...

    bref comme d’hab, analyse qui se veut pointue mais pas tant que çà...

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