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Ingranaggi della valle signe l’album prog de l’année 2013

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L’année 2013 sera, comme la précédente, un bon cru pour les productions de la scène progressive et comme nous y sommes habitués depuis plus d’une décennie, les meilleures surprises viennent le plus souvent d’Italie, pays devenue la patrie du prog avec une vitalité manifestée autant au niveau des concerts que dans les studios d’enregistrement et le travail effectués par une bonne dizaine de maisons de disques parmi lesquelles Black Widow peut s’enorgueillir de nous faire découvrir des nouvelles formations comme cet incroyable groupe de musiciens basés à Rome qui se sont baptisés Ingranaggi della valle. Traduction, l’engrenage de la vallée. C’est en 2010 que se sont rencontrés Flavio Gonnelllini le guitariste, Mattia Liberati le claviériste, Edoardo Arrigo le bassiste et Shanti Colucci le batteur.

Le groupe est vite devenu opérationnel, exécutant des compositions naviguant entre le jazz et le progressif originel, autrement dit celui des années 1970. Liberati utilise des instruments vintage que les connaisseurs sauront reconnaître à l’écoute. Marco Gennari le violoniste s’est joint à la formation qui fut complétée par Igor Leone, un chanteur capable de pousser la voix vers des extrêmes et doué d’un sens théâtral intempestif. La formation était placée sur orbite, prête à arpenter les studios pour quelques démos puis l’enregistrement de « In hoc signo », ce qui pour mes oreilles averties est un chef-d’œuvre du prog. Plus exactement, un disque pouvant prétendre au titre de meilleur album prog de l’année 2013. Dès la première écoute, on sent cette rage de jouer, d’inventer, de surprendre le mélomane avec des compositions très élaborées, complètement à l’opposé de la structure des chansons de pop rock. Bref, du prog plus progressif que le prog. Il faut dire que question technique, ces jeunes musiciens font plus qu’assurer et sans exagérer, je crois qu’on peut comparer leur niveau à celui des musiciens ayant sévi dans le prog des seventies, comme ceux de Yes, King Crimson ou Jethro Tull. Voilà à peu près où se placent les membres de Ingranaggi della Valle. On comprend pourquoi Mattias Ollson, le batteur d’Anglagaard, s’est déplacé depuis la Suède pour offrir des conseils avisés dans les arrangements et la production. Alors qu’après avoir écouté une démo, Davis Jackson s’est proposé pour jouer en guest star quelques parties de sax sur le dernier morceau (Jackson est l’un des quatre musiciens de Van der Graaf, légende du prog)

Une fois le CD dans le lecteur, on entend un torrent musical où chaque instrument donne l’impression d’être ivre tout en invitant ses compères à pousser plus loin la virtuosité et le rythme. La première impression rappelle le PFM dans ses meilleures années. Le violon imprime à l’ensemble un rythme endiablé alors que le chanteur pousse lui aussi un chant très inspiré, lancinant. Tous les morceaux ont des structures complexes, fait de ruptures, de séquences, parfois calmes mais souvent exécutées avec un tempo appuyé. Solos de guitares et de violon se succèdent au rythme d’un batteur fou et d’une basse assurant parfaitement la cadence avec ses claquements. Et que dire des parties de clavier, toutes en subtilité avec des nappes sonores dans un esprit progressif vintage. Il faut dire que les instruments utilisés sont d’époque, si bien que le disque pourrait paraître comme antidaté des early seventies. Il n’y a pas photo. Cette musique déchire et ça assure « grave », avec des effluves de claviers jouées sur Hammond B3, Mellotron M400, Fender Rodhes Mk II, MiniMoog, MiniMoog Voyager, Korg MS20, Elka Synthex, Jen SX1000, Clavia Nord Stage Revision B. Au total, plus d’une heure de musique avec une dizaine de compositions durant de 3 à 10 minutes où l’on se perd en cherchant quelques similitudes déjà entendues. Parfois Crimson, ou Zappa et ce violon très présent parfois joué à la Ponty ou alors légèrement tzigane, conférant une sorte d’atmosphère folklorique à l’ensemble. Quant au chant parfois torturé il nous ramène vers les compositions les plus audacieuses des seventies, comme celles jouées par Museo Rosenbach, Le Orme ou Balleto di Bronzo. Les mélodies sont très travaillées et somptueusement belles, s’insérant comme par miracle dans ce maelström bigarré d’instruments qui semblent peindre une œuvre contemporaine et pour peu, en fumant la moquette, on verrait apparaître une toile de Kandinsky. L’affaire est entendue. Ce disque est vraiment surprenant pour un premier enregistrement d’un groupe tout récemment apparu sur les radars du prog. On peut l’écouter en boucle sans se lasser et découvrir de nouvelles subtilités à chaque écoute. Quelques passages sont d’une teinte très art rock contemporain, à la manière de Henry Cow, avec des séquences débridées offrant une fausse impression d’improvisation. Mais tout est parfaitement maîtrisé et la facture reste délibérément progressive, symphonique tendance jazzy. Le claviériste visiblement possède une longue expérience du touché, laissant penser qu’il fut dans une vie antérieure pianiste de jazz.

On ne peut donc que recommander vivement ce disque à tous les amateurs de prog car on se situe dans l’esprit de ce genre spécial du rock avec une pochette très soignée et puis, pour ceux qui comprennent l’italien, des textes évoquant les croisades ainsi qu’une nouvelle conscience naissante dans une époque de barbarie et d’individualisme. Il s’agit bien d’un concept album qui se doit de figurer dans toutes les discothèques de prog. Un disque assez exceptionnel en vérité et je le jure sur la tête de Robert Fripp !

Igor Leone : vocals Mattia Liberati : Hammond B3, Mellotron M400, Fender Rodhes Mk II, MiniMoog, MiniMoog Voyager, Korg MS20, Elka Synthex, Jen SX1000, Clavia Nord Stage Revision B Flavio Gonnellini : electric and acoustic guitars, backing vocals Marco Gennarini : violin and backing vocals Shanti Colucci : drums, nagara, gatham, tibetan bells, other percussions and Konnakol Guests : Marco Bruno : electric bass on ’’Cavalcata’’ Edoardo Arrigo : backing vocals, electric bass on ’’Mare In Tempesta’’, ’’L’Assedio di Antiochia’’ Simone Massimi : electric bass, fretless bass and upright bass Luciano Colucci : indian mystic speech on ’’Jangala Mem’’ Fabrizio Proietti : classical guitar on ’’Via Egnatia’’ Beatrice Miglietta : backing vocals on ’’Finale’’ Special Guests : Mattias Olsson : drums & percussions on ’’Jangala Mem’’, synth and weird noises on ’’Il Vento Del Tempo’’ David Jackson : sax and flute on ’’Finale’’ Angelica Sauprel Scutti : backing vocals on ’’Finale’’

 


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