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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Inventer de nouvelles erreurs

Inventer de nouvelles erreurs

Un essai de Grand Magasin
Musique de Tom Johnson
 
 
 
Avec : Bettina Atala, François Gremaud, Michèle Gurtner,
François Hiffler, Tom Johnson, Pascale Murtin, Diederik Peeters
Sopranos : Elisa Doughty et Aviva Timonier
Flûtistes : Amélie Berson et Alessandra Giura Longo.
 
 
Création dans le cadre du Festival d'automne à Paris
au T2G - théâtre de Gennevilliers
du 5 au 15 novembre 2014
 
 
 
 
Grand Magasin a été fondé en 1982 par le duo Pascale Murtin et François Hiffler. Au fil de différentes collaborations, ils ont conçu une trentaine de pièces, numéros et performances.
Inventer de nouvelles erreurs est un spectacle en deux parties bien distinctes, avec un point de départ commun, emprunté au philosophe Leibniz. On raconte ainsi qu'une princesse se promène dans un jardin et affirme qu'il n'y a pas deux feuilles semblables : "il y a toujours de petites différences." Un gentilhomme tente de lui prouver le contraire, mais n'y parvient pas : "il fut convaincu par ses yeux qu'elles étaient toutes différentes."
 
La pièce va illustrer ce petit conte sur la micro-différence, l'erreur et la perception à travers une recherche théâtrale puis un petit opéra de l'américain Tom Johnson.
 
 
Six comédiens, comme en répétition ou en train d'ouvrir les pistes d'un spectacle en construction, explorent ce jeu des différences, minimes mais néanmoins signifiantes. Ils élaborent et confrontent des listes d'objets, de fleurs, de lieux, de qualités..., dans un jeu quelque peu oulipien, où le particulier dessine le général mais aussi l'intime dans ce qu'il a de plus singulier. Ces listes sans fin, ensembles et sous-ensembles, m'ont rappelé le livreIntérieur de Thomas Clerc, que j'ai lu récemment et dans lequel il fait le tour de son appartement, les objets du quotidien esquissant la vie toute entière. DansInventer de nouvelles erreurs, les situations s'enchaînent, semblables et bien sûr différentes et le spectateur voudrait cesser de l'être pour jouer lui- aussi. C'est donc à la fois agréable et frustrant.
 
 
A cette recherche succède un opéra d'une petite vingtaine de minutes, avec deux flûtistes, deux sopranos et les six comédiens qui endossent simultanément le rôle du gentilhomme. Tom Johnson, qui construit souvent sa musique de façon mathématique proche de la musique répétitive, propose seize variations à propos des deux phrases du conte philosophique de Leibniz. C'est une palette de notes très réduite, mais une fois encore, ce n'est jamais tout à fait la même chose.
 
J'ai apprécié le côté ludique et introspectif de ce spectacle. Cabinet de curiosités sonores et encyclopédie ludique où les mots en appellent toujours d'autres, cette collection à l'impossible exhaustivité m'a plu. Mais on a envie de participer plus activement sans que ce ne soit jamais possible, dommage. Et puis il faut être sincère, la répétition, objet même du spectacle, peut être pour certains lassante et générer l'ennui.
 
 

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