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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Je graffite, donc je suis !

Je graffite, donc je suis !

Graffifi…

Stylet, poinçon, tablettes…

Graffifi…

Egratigner, gratter, graver, dessiner…

Graffifi…

Hésitation, écrit/dessin, texte/image…

Graffifi…

Griffure, griffonnage, hâte, écriture…

Graffifi…

Gribouilli, dégradation, sale, caca maladroit…

Graffiti

Caché, bâillonné, interdit, poursuivi, interpellé, enfermé…

 

Paris, février 2011, Station Jaures

 

VIS !

Vis dans la fulgurance de notre époque vide !

Laisse toi emporter par le plaisir de la forme.

Abandonne la tyrannie de tes sens, pose là ici !

Prends pour guide l’émotion qui conduit ta main !

Accompagne les résistances du matériau.

Conditionne ton œuvre à son environnement !

Fais voir ici ce qui existe par le biais de ton geste rapide !

La souillure est bien moins dangereuse et laide qu’un cerveau encrassé !

 

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Paris, près du canal... Mai 2011

Que les graffitis souillent vos murs, qu’ils encrassent vos respectabilités bourgeoises…

 

Devant vos immeubles froids ils offrent l’expression vivante de la jeunesse…

Ose ta symbolique ! Livre ces figures effarées, dents saillantes, bras tendus, yeux agrandis, cagoules… Parle de tes crucifixions latentes, de tes humiliations, de la haine de la jeunesse…

 

 CIMG1453.JPGParis, rue Mouffetard, avril 2011

Le mur, la ville c’est la première cible…

 

La ville lisse et vide c’est l’univers des pubs, des logos, des flashs, des enseignes, des néons, des mots ici, des mots encore, des mots partout.

Des mots que l’on ne voit plus, des mots silencieux qui courent devant le passant immobile…

pub PS3 playstation gare de l est paris affiche peinture 20

Paris, gare de l'est, 2011

Des mots répétés que l'on ne lis pas... La solitude des êtres et des idées...

Tous ces messages affolés, ces signes labellisés.

 

Ces invectives qui veulent nous piéger, nous avoir, nous prendre dans la poche les quelques sous généreusement offerts par ces poseurs de mots autorisés… Ces mots qui nous assaillent sur les bus, dans le métro, dans les gares pour nous faire rentrer dans le rang !

Leur pâle logorrhée se perd dans la grisaille confuse des esprits encagés.

On cours. On sert. On s’essouffle !

 

« Cours, cours, cours connard ! Ton patron t’attend ! » gueulait autrefois (il y a si longtemps !) sur les affiches du métro un anonyme rageur… 

Maintenant on se bat pour courir et pour servir, en bon toutou, son patron bien méritant !

Les temps ont changés !

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 Paris, place des Vosges, février 2011

L’art de la rue n’existe que dans le "dégradé", l'humble, le populaire donc dans la vie.

 

Car la vie, celle des partages, des espoirs communs est brouillonne…

Elle court par ci, elle court par là…

L’art de la rue est récupération frontale de la liberté…

Celle que les baudruches aseptisées des beaux quartiers voudraient nous confisquer…

Eux ils vivent pour des challenges aveugles, dans l’aveuglement des challenges. Au millième de seconde disent-ils ! Pourquoi ?

Ils s’y jettent complètement… Et nous font crever !

Nous, on occupe l’espace… On ravive vos tristes façades… On renonce aux décrépitudes bling bling … On abandonne le chant des sirènes bancaires !

Il faut tout modifier… Et vite ! Il faut tout changer radicalement… C'est l'urgence première ! Se vouer ici et maintenant à l’exercice permanent des extrêmes….

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 Bourges, Palais d'Auron, mai 2011.

Graffitis ? 

Le tag le plus hâtif, le plus furtif, le graffiti le plus obscène, la macule la plus improbable, la plus sale est une prémisse radicalement révolutionnaire…

 

Oui il faut œuvrer précipitamment pour préparer la révolution !

Il faut traduire la panique qui nous étouffe…

Et il faut garder la crainte des compromissions !

Manier les signes archétypaux sans jamais avoir à justifier leur mise à l’œuvre !

 

CIMG2559 Bourges. Mai 2011

L'obscène, l'amour, l'identitaire et l'inquiétude...


Le graffiti spécule sur le signe au travers d’un interdit d’être.

C’est une transgression évanescente qui sert l’individu par l’intermédiaire d’un code partagé et qui ne peut être perçu, comme tel, qu’au travers du vouloir de l’autre.

Ces productions de la rue, ce sont les enluminures d’une société du paraître qui désavoue tout ce qui fait sens ou qui appartient à la culture vraie de notre époque.

Mieux ! J’affirme que ce que la société "respectable" rejette appartient à coup sûr au champ culturel… Tout comme les artistes de l'art nouveau étaient plus au "parfum" de leur époque que ne l'étaient ceux qui édifiaient d'horribles bâtisses bourgeoises chargées de carriathides et de cornes d'abondances qui bordent nos belles avenues...

Par contre ce que les avides de TF1 et des radios "énergisantes" périphériques jugent comme étant l'expression du « culturel » l’est, à mon avis, comme une chanson de Mireille Mathieu l'est à n'importe quelle musique de Phil Glass ou de NTM (par exemple les super-expo-show du grand palais, ou les comédies musicales sur des personnages célèbres – Mozart par exemple).

Nos jeunes taggeurs, nos graffitomanes nous donnent à voir des images issues de la culture hip hop et de la BD et par contraste ils révélent l’inculture obsessionnelle des médias et des politiques !

CIMG2306 Paris 20 éme. Mai 2011

Luxure, luxuriance...

 

MANIFESTEZ-VOUS (?) !

Les graffitis opèrent dans l’énergie, la puissance et la rapidité. Vouloir dire quand on est interdit de parole !

 

De fait la peinture retrouve ici son état premier, le geste des cavernes, l’invocation et la protestation…

Le cri du chasseur qui a faim !

 

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Paris, près du canal... Mai 2011

Que d’espaces à conquérir ! Qui ne sont encore que des espaces vides !

 

L’aventure urbaine de l’humain se joue ici, dans l’adéquation de la ville, de la culture vivante et des individus qui dansent sur vos limites…

Laissez s’exprimer les mythograffeurs, ceux qui ont encore des poèmes à écrire au travers des clandestinités imposées !

 

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Paris 20 ème, rue des Pyrénées. Avril 2011

Laissez leurs regards se perdre, s’affoler : cela résonne (raisonne…) avec le rythme des grandes cités !

 

Laissez fondre l’abîme sur le block préparé…

Organisez les aplats colorés. Multipliez les signes, les graffes, les tags !

Peut-être n’en sortirons nous pas indemnes…

Les rêves trop grands sont toujours destructeurs !

Mais on ne peut en tous cas rester en repos !

Ne rien faire c’est accepter la mort… C’est lui laisser la place !

Prenez position ! Situez vous !

Appelez en à la volonté d’une vie partagée, à la « polis » (la ville !).

Dénoncez les systèmes et les réseaux d’intérêts !

Revendiquez le partage et l’idéal !

MA-NI-FES-TEZ VOUS !

 

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Bourges. Mai 2011

ESPACES ET LIEUX.

 

Pourquoi le tag se réfugie t’il dans les endroits populaires ?

 

On y trouve tout simplement plus d’espaces libres et peu surveillés : zones de démolition, terrains vagues, murs d’usines désaffectées surtout situées dans la partie est de Paris… Bref des endroits qui ne sont pas visités par des services de nettoiement…

 

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Paris 19 ème arr. Mai 2011

 

Dans le centre de Paris ce sont les populations qui acceptent ou refusent les tags et le graffitis. Par exemple le marais, le quartier latin, la rue Mouffetard sont des zones où les productions graphiques (pochoirs, affiches, stucs et mosaïques) sont abondantes et souvent de très belle facture…

 

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Dans le Marais... Au detour d'une rue, une explosion de couleur et de talent ! Mars 2011.

Par contre dans les petites rues des quartiers de l’ouest parisien pas une seule expression spontanée… Peut être en raison des surveillances et des interventions plus fréquentes des services de nettoiement… Pas seulement...

Les murs lisses et froids des quartiers riches et surveillés disent combien le pouvoir du fric est une pute frigide !

 

Point de tags … L’habitant des zones huppées porterait il seulement un regard vide sur les mots (maux) du peuple ?

 

Seuls écrits muraux ici : les placards livides des commerces et de la publicité…

Espace patrimonial, espace de propriétaires, espace d’enfermement, de surveillance des « biens »…

paris-16.jpgParis 16 éme. La "beauté" glacée d'un immeuble bougeois...

Pas de tag ! Les caméras veillent ! Les cariatides aussi ????

 A quoi bon « dire », « écrire », « penser » ici ???

 

Pour ne pas entendu ?

Eloignez ces tags, et surtout ces tagueurs que je ne saurais voir !

Bourgeoisie, respectabilité (« élite », « méritants » et autres vocables merdiques) propriété.

 

Le graffiti condamne cette trilogie.

Il condamne l’œuvre pérenne, celle que l’on s’approprie… L’idée de trésor patrimonial !

Il condamne de fait et la propriété et l’héritage !

 

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Sur les "Champs"... Glacial, lourd et emphatique : l'immeuble Louis Vuitton...

Curieux : les révolutionnaires de 1789 n’ont pas aboli la propriété !

 

Qui plus est, ils l'ont incrite dans la constitution. Ils l'ont protègé…

Propriété… Propre… Bien propre...

Logiquement donc, les révolutionnaires déjà s’acharnent sur les graffiteurs… C’est du « vandalisme » (un mot créé à cette époque ... par un curé défroqué... Devinez lequel !)…

Un crime de lèse patrimoine ! C'est du propre ! Boouh !

Aujourd’hui, leurs descendants (de droite comme de gauche) se réclament de la "grande révolution" et défendent griffes et ongles la propriété... Alors ils scrutent, ils filment, ils observent, ils espionnent, ils interpèlent, ils rejetent, ils emprisonnent…

A leur yeux ces jeunes qui vaquent dans les rues, qui écoutent du rap, qui graffent des écritures incompréhensibles, qui salissent nos rues, ne sont que raccailles et fénéants... De la mauvaise graine ! Oui M'sieur !

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Station de métro Ledru-Rollin... Avril 2011

 

Pourtant...

Graffiter aujourd’hui c’est créer… C’est récupérer ce qui est le droit de tous : la liberté d’expression…

 

On veut nous faire entrer de force dans le meilleur des mondes, un monde panoptique surveillé par Big Brother… L’œil du chef nous observe à tout instant… Il nous dresse ! Il nous oblige à voter… seulement voter… Sûrement pas prendre la parole ! Il nous métamorphose par un incessant rappel à la loi : ne fume pas, ne bois pas, roule moins vite, bouffe ceci, achète cela…

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Rue des Pyrénées. Mai 2011

Dans ce monde omniscope d’être fades et lisses la propreté c’est le plus salutaire des ornements…

 

Evidemment penser par soi même, et l’exprimer c’est sale !

Le tag salit ! Il scarifie, il sexualise, il parle du corps…

Les jeunes qui graffent ce sont les sauvages, les primitifs que le « bon citoyen » veut éduquer… Pour leur bien évidemment !

 

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Paris 20 éme. Mai 2011 

Restif de la Bretonne où es-tu ? Toi qui orna de graffitis les rives de Seine, toi qui le premier revendiqua ces griffures comme l’expression intime de ta liberté.

 

Restif qui fut embastillé ! Restif qui prona une orthographe simplifiée ! Restif qui inaugura le terme "pornographe"... Restif dont s'inspirèrent Saint Simon et Fourier !

 

Oui ! La nécessité de s’exprimer naît de la tension intérieure que le milieu nous inflige !

Ces murs lépreux, gris, tristes et vides devraient-ils rester lépreux, gris, tristes et vides pour la tranquillité le confort et la vacuité cérébrale du bourgeois de sa bourgeoise et de ses petits bourgeois qui d’ailleurs livrent leurs abatis de bourgeois au sommeil dans leurs lointaines cités gardiennées et filmées 24 h sur 24 !

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Paris 20 éme. Mai 2011

Quand les murs nous séparent du monde ils deviennent le seul moyen de communication…

 

C’est pourquoi les tags sont si présents dans les zones d’exclusion, de mise au ban, de pauvreté…

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Vers Maubert... Mars 2011

Le graffiti spécule sur le signe par delà un interdit d’être…

 

C’est une transgression qui surgit rapide, évanescente, et qui colle à l’individu au travers d’un langage crypté qui ne peut être perçu comme tel qu’au travers du vouloir de l’autre.

C’est un art du singulier ! « Notre mémoire culturelle nous suit partout » disait Basquiat ». Un art réalisé avec des moyens relevant de la communauté : la rue, les murs, le mobilier urbain…

 

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Mai 2011

Moyen d’expression individuel, trouvant son origine dans nos aspirations communes (sexualité, pouvoir, argent), ayant connu son heure de gloire et de contestation politique dans les années 68, le graffiti, art libertaire par excellence, se voit maintenant institutionnalisé.

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Mai 2011

Est-ce un bien ou un mal ? Je ne le sais pas.

 

Les oeuvres sont réalisées au vu et au su de tous. Plus de crainte d'être appréhendé.

Ces murs offerts aux graffiteurs sont des espaces de créativité incroyable... Les fresques de 6 à 10 m se supperposent chaque semaine..

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Mai 2011

Ils accourent de tous les coins de France et parfois même de Belgique, d'Allemagne ou de grande Bretagne... Mais ce sont des artistes confirmés, travaillant souvent dans la pub, le désign ou l'architecture. On est loin du tag rapidement jeté par crainte des policiers... On est loin du mode revendicatif des premiers graffeurs...

 

Ceux là peuvent se payer un bombage de luxe, des couleurs multiples et qu'envient tant les jeunes prolos des banlieues environnantes… promis aux radieuses fulgurances du chômage et de la galère !

 

CIMG2324Mai 2011

Ces « belles œuvres » superposées sur ces murs autorisés laissent entrevoir les calculs et la récupération : on canalise pour réguler et pour calmer…

 

CIMG2328Mai 2011

Le graffiti n’existe pourtant qu’en mettant à jour le revers noir des bourgeoisies et de la bien-« pensance » !

 

Ici on trouve une vraie galerie en plein air d’œuvres éphémères !

CIMG2320Mai 2011

Ils bombent pour le plaisir, le jour, pour éprouver le charme et le frisson du regard extérieur… Ils se laissent voir à l’œuvre. Ils ne sont plus dans l’illégalité.

 

Ils sont acteurs déjà des médias et ils l’assument !

Ils ne risquent plus d’être embastillés !

La beautédes oeuvres citadines naît de l’expression non apprêtée.

 

Plus le graffe est préparé… moins, évidemment, il naît de l’urgence et plus il plonge dans le cliché par la forme plus savante, par la volonté de faire ici artistique…

Le « moi je » s’inscrit dans une exaltation… Il ne s’exprime que dans l’instant et souvent de façon répétitive…

 

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Je me souviens de ce jeune artiste qui, après avoir accompli un panneau soigné, très savant, très compliqué, rue des Pyrénées, s’en est allé ensuite taguer rageusement, furtivement, rapidement en signant les murs vierges des rues avoisinantes habituellement épargnés.

 

CIMG2376Mai 2011


L'URGENCE.

Le graffe, oui, s’exprime dans l’instant… Dans l’urgence.

 

Les gestes qui le font naître sont rituels…

C’est une danse plus ou moins funeste – le tag contrairement à ce qui est écrit ici ou là, n’exprime la joie que très rarement – plus ou moins contrevenante qui se joue dans la frénétique collusion des codes mêlant l’illisible aux représentations graphiques explicites de la BD, le clanique et l’universel !

CIMG1684Avril 2011

Les insolences graffitées clandestinement, ces tags irritants, sales et perclus par une orthographe incertaine sont eux, l’expression d’un mal être autrement profonde ! Et bien plus proche de l’art véritable que ne sont les succédanés institutionnelles apposées sur les endroits autorisés.

CIMG2218Avril 2011 

Car l’art est une démarche buissonnière, urgente et détachée des pouvoirs et de l’argent !

Et cette démarche, de tous temps a trouvé son origine dans la clandestinité…

 El Greco, Goya, Turner, Van Gogh, Picasso, Soutine, Ensor (pour ne prendre que des graphistes) ont tous payé leur créativité par un anonymat plus ou moins long…

 

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Avril 2011 

La solitude est l’amendement de la créativité !

 

Et dans la rue, la règle c’est l’illégalité.

Il faut déborder pour s’exprimer vraiment !

Etre entendu « par vous » n’est pas notre affaire !

Les météores bien vite feront disparaître nos traces…

Mais elles appartiennent, malgré leur fulgurance, à la postérité !

Une œuvre en S.O.S. !

CIMG2044Avril 2011

Et il faut garder ces traces d’une époque qui se déborde elle-même à force de vouloir tout transformer en or, en fric, en flouze, en petit pouvoir de merde, en vacuité… Par tous les moyens : photos, film, etc…

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Les artistes de la rue posent au moins la question pertinemment.

Que sert donc notre société ?

Quel est le dessein de ceux qui la dirigent ? 

 


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1 réactions à cet article    


  • Cocasse Cocasse 9 mai 2011 10:52

    En terme de pollution visuelle, l’agression publicitaire ou la souillure des Tags, c’est à peu près du même niveau.
    Dans le premier cas, c’est de la propagande, des images et slogans obscènes.
    Dans le deuxième cas, c’est de la crasse, de la détérioration, de la crotte généralisée.

    Non, le mieux, c’est le simple respect de l’environnement, laisser les lieux comme ils sont, propres, nets, agréables et habitables.
    A ce titre votre image d’immeuble du 16ème reflète le meilleur environnement parmi ces photos, immeuble aux courbes élégantes, historiques, de la verdure aux alentours.
    Mais pas besoin d’aller dans le 16ème, on peut avoir un environnement neutre et agréable partout, il suffit de ne pas le polluer !

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