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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Je l’aimais, « Avec le souci qu’on y croie »

Je l’aimais, « Avec le souci qu’on y croie »

Condensé d’émotions d’une rare intensité

Nos confrères de la presse underground n’en finissent pas de nous surprendre et les contre-vérités émises à la volée par un journaliste de la presse culturelle sur ce qui restera sans doute un très bel objet de cinéma nous laissent sans voix.
 
« Ce qui ne passe pas dans cet attirail, c’est qu’il a justement l’air, on s’en doute, d’un attirail. Il est poussif, laborieux, mais témoigne combien la cinéaste fait le pari d’une mise en scène saillante et minutieuse (enfin pas toujours). Ça cloche du côté de ce formalisme un peu pompeux pour pas grand-chose, et ça patouille aussi sur le versant « au plus près des acteurs ». L’affèterie qui règne côté style recouvre celle qui a cours auprès des comédiens, guindés dans leurs répertoire (la passion, le désespoir, etc.) : tout, ici, respire un volontarisme aussi voyant que diligent (…). »
 
Ce film de la réalisatrice Zabou Breitman est un ravissement permanent.
 
Auteuil est remarquable de présence autant que Marie-Josée Croze, absolument éblouissante de fragilité et de douceur. Le rythme est également bien géré et on ne peut qu’être admiratif devant ce tour de force d’avoir réalisé une œuvre qui n’ennuie pas une seule seconde en dépit d’une durée proche des deux heures et d’un sujet grave et passionnel.
 
Ce qui a pu être appelé ici et là des « affèteries » sont des trucs de mise en scène à la fois convaincants et très cohérents dans la trame du scénario. Le panneau lumineux, par exemple, relance avec beaucoup de légèreté une action qui pourrait devenir plombante au regard du thème même de cette fiction par ailleurs impeccablement écrite et dialoguée.
 
Rien de poussif ni de laborieux - encore moins de formel - dans ce condensé d’émotions d’une intensité soutenue dont le thème, les choix amoureux, a produit de nombreux navets sans corps.
On reste soufflé devant la maîtrise des moyens dont fait preuve Zabou Breitman.
 
Rigoureux, sensible, humain, pudique, ce film bouleversant dont on ne ressort pas indemne est aussi un bel hommage à Alain Resnais, le modèle de la réalisatrice, comme nous le rappelle opportunément Jean-Luc Douin du Monde.
 
« Mon souci, c’était qu’on y croie », dit-elle.
Pari réussi, Zabou.

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2 réactions à cet article    


  • HASSELMANN 13 mai 2009 08:33

    Une fois n’est pas coutume, je reviens a mon passé.Pour avoir oeuvré au coeur des industries techniques du Cinéma, pour avoir siégé a maints jurys de festivals,pour avoir soutenu, et aidé en post production, des films d’auteurs, je confirme l’article.
    Le film de z..BREITMAN est un beau et grand moment d’émotions et de technique cinématographique (prise de vue, rythme, scénario, contre champ).
    Il faut y aller fort de sa vie, car par de nombreux petits bouts vous y trouverez de délicieuses ou douloureuses coincidences.


    • Eric-henry Eric-henry 14 mai 2009 12:16

      Merci de votre réaction. Par respect pour le titre, je n’ai pas cité le magazine mais les critiques cinéma sont consternantes.
      C’est effectivement un grand moment de cinéma et une belle réussite technique et je suis heureux de recueillir l’avis d’un spécialiste.

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