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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Jean-Edern Hallier, l’enfant de Don Quichotte

Jean-Edern Hallier, l’enfant de Don Quichotte

Dix ans que Jean-Edern Hallier a déraillé. Faux aveugle, faux persécuté, faux fou, directeur de journal agité, l’écrivain pamphlétaire étreignait beaucoup et embrassait énormément, dans tous les sens des termes.

Dans notre époque si peu épique, proche d’une certaine glaciation et d’un certain réchauffement, qui ne remue la queue que dans des forums, des blogs ou quelques émissions de gaz médiatique, une chose est sûre : Jean-Edern Hallier n’existe plus. Vous pouvez chercher, il n’est plus là. Sous les meubles, sous la moquette, sous les interdictions en tout genre et les recommandations multiples, il n’est plus là. Derrière les vigiles de la bonne morale et les censeurs de tout ce qui fait rire, les gardiens de temples détruits depuis belle lurette et les donneurs de leçons des importances hebdomadaires, il n’est plus là. Hallier n’existe plus. Du tout. Son vent a disparu. Ce vent breton, sans doute, mi-fêtard, mi-souleveur de jupes, annonciateurs de simulacres de tempêtes ou de réelles furies, ce vent imprévisible ne souffle plus, nulle part. Tout a, du coup, tiédi. Tout s’est réchauffé, donc, comme sorti du micro-onde, fumant, et mou.

Aujourd’hui on réédite, on décongèle. D’anciens romans, Fin de siècle ou L’évangile du fou, qu’on soulignait à l’époque, pour se les relire en bref, et de faux textes posthumes, ridicules et inutiles, comme ces Fax d’outre tombe qui n’enquiquineront que les asticots. Et encore. Cerise sur la barbaque : un certain Dominique Lacout a convaincu le frère d’Edern, Laurent Hallier, de commettre un livre enquête pathétique censé démontrer que le cycliste fou de Deauville était mort assassiné au volant de sa bicyclette. Assassiné par qui ? La DST ? Un proche de Mitterrand ? Mazarine ? Les fils cachés de Don Quichotte (encore eux !) ? Aujourd’hui, donc, sous prétexte de célébrer, on grille le bouffon royal pour le transformer en vulgaire saucisse de barbecue. Ce qu’il n’a jamais été.

Hallier, écrivain haut de gamme, intelligent, cultivé et drôle, pourvu en son sommet d’une tête de mule bien solide, qui s’agitait souvent pour démontrer le bien-fondé de ses accusations, ou à quel point son interlocuteur était plus con que lui. Animateur télé, il était capable de balancer les mauvais livres par-dessus son épaule, comme on jette les ordures dans la benne. Lesdits cons avaient poussé de grands cris (Sacrilège ! Sacrilège !) là où il n’aurait bien sûr fallu qu’applaudir, à deux mains, voire plus, à ce service rendu aux libraires, aux lecteurs et aux critiques, qui leur facilitait la tâche. Tant de sous-livres publiés, imprimés, pour finir de toute façon au pilon, autant les jeter directement, par-dessus son épaule, comme par-dessus bord, d’un geste qui signifiait ce qu’il voulait dire : on n’a pas le temps de s’ennuyer. Animateur télé, toujours, Hallier ne s’encombrait pas d’un public de moutons tondus de près et dressé aux applaudissements télécommandés, mais s’était fait installer un enclos avec de vrais animaux dedans, une mini-ménagerie sans rires en boîte, sans chichi, sans tralala. C’était sur la 6, et ça n’a pas duré très longtemps.

Il était comme cela Hallier, il ne durait pas très longtemps. Ni dans ses admirations, ni dans ses scandales, ni dans ses rancoeurs, il s’emportait, et puis retombait, pour s’emporter à nouveau. Il pouvait parler de tout, avec n’importe qui. A Brive-la-Gaillarde, souvent invité à la Foire du Livre, il créait l’animation dès la descente du « train du livre », bourré comme un wagon de la poste, et s’entretenait de carottes, de salades et de choux avec les premiers agriculteurs venus. Il connaissait les grands et les autres. Sa littérature sur le bout des doigts et son humanité au fond des yeux. Par commodité pour les jeux de mots faciles, beaucoup le traitèrent de « fou », Hallier. Il semblait l’être, par moments, quand il faisait le zozo, quand il élucubrait à l’envi sur les grotesqueries des uns, les mesquineries des autres. Il était de ceux qui ne s’en laissent pas compter, à qui on ne la fait pas. Il était souvent le digne fils de Don Quichotte (encore lui !), prêt à voir dans tout moulin à vent un chevalier à combattre ou une Bastille à prendre, un pouvoir à renverser ou une damoiselle à sauver. Il était de ces chevaliers qui poursuivent l’inaccessible étoile, pas de ceux qui plantent des tentes en attendant l’obole. Pour toutes ces qualités, on aimerait qu’il pédale encore.

Mais pour L’Idiot, surtout. L’Idiot international, son chef d’œuvre, son Sancho Pança. Un journal qu’il fonda en 1971, sous la houlette bienveillante de Sartre et de Beauvoir, qu’il interrompit ensuite avant de le relancer en 1989. L’Idiot, au début des années1990, alors que Nirvana noyait de cupidité nombre de nouveau-nés, et que Bush père déclarait la guerre à Saddam Hussein, L’Idiot était cet hebdomadaire délirant, enivrant et totalement indispensable qui combla de joie quelques milliers de lecteurs, au moins. Une liberté totale de ton, quasiment l’anarchie, totalement le foutoir, des essais de plume et des jeunes auteurs qui perceraient plus ou moins, comme Patrick Besson, Beigbedder, Nabe, Muray, Houellebecq, et d’autres qui enfonceraient quelques clous déjà plantés, ou rouillés, comme Déon, Dutourd, Sollers ou Matzneff, j’en passe mais j’en ai lu. Tout était autorisé dans ces pages, la dérision bien sûr, l’autodérision si jamais, la provocation, la mauvaise foi, l’insulte, la gourmandise, l’avarice, la luxure, l’envie. Tout paraissait, ou presque, mais quand ça ne paraissait pas, ce n’était pas le fait du Prince, comme dans la presse « classique », mais quelques obligations judiciaires rudes à contourner. Le journal déménagea plusieurs fois, poursuivi aussi bien par les huissiers que par les Renseignements généraux, par les syndicats que par la police. (Pas par ton petit-fils.) L’Idiot international était un journal approximatif, une sorte de blog avant l’heure. Mais pas un blog d’anonymes souhaitant devenir journalistes, non, un blog d’écrivains voulant devenir écrivains. C’est-à-dire secoueurs de cocotiers, pas enculeurs de mouche. L’Idiot, c’était une presse libre au service de l’écriture, ou une écriture libre au service de la presse.

Alors oui, c’est vrai, il y avait ribambelles d’articles qu’on qualifierait de « méchants » dans ce journal, des « rentrées dans le lard » inadmissibles pour beaucoup, dégueulasses et parfois peu raffinées, à la baïonnette ou au canon, ou les deux. C’était pourtant très drôle, féroce, et redoutablement efficace. A l’image du tenancier de ce grand bordel, Jean-Edern. C’était l’intérieur de son crâne ce journal, avec toutes ses batailles, ses luttes et ses circonvolutions compliquées absurdes inutiles ou lumineuses. Tout à la fois. Hallier restera le dernier patron de presse à avoir dirigé un journal à son image.

Dix ans après, c’est pas Marianne qui va nous faire jouir, c’est pas Les Inrockuptibles qui nous feront copuler, c’est pas Le Journal du dimanche qui va nous défriser ! L’Idiot international ne se préoccupait pas trop de l’actualité. Ce qui l’intéressait, ce qui le justifiait, c’étaient ses points de vue, louches, presbytes ou myopes parfois, d’autres fois clairvoyants, perspicaces ou visionnaires. Il ne racontait pas le monde, mais déroulait son histoire, sans jamais tracer de ligne très claire, sans leçon, sans morale, sans pétition, sans « conscience citoyenne ». Il permettait tout, se permettant tout lui-même. Il ne respectait rien plus que nécessaire. Une sorte de cauchemar absolu pour des types comme Gérard Miller, au hasard, ou Sylvain Bourmeau, au hasard, ou Bernard-Henri Lévy, au hasard.

Dix ans après son dernier coup de manivelle, donc, Jean-Edern Hallier n’est plus là. Il n’est plus nulle part. Et ce n’est pas l’exhumation de son œuvre datée qui y changera quoi que ce soit. L’époque n’est plus aux idiots, elle est aux crétins. Ca n’a rien à voir.


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40 réactions à cet article    


  • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 12 janvier 2007 10:45

    Bravo, j’ai adoré cet article superbement rédigé. Il est temps de rendre justice à cet écrivain brillantissime, fou et ...marrant. Merci pour lui.


    • RClaude (---.---.118.22) 12 janvier 2007 11:44

      J’ai lu avec intérêt et plaisir la biographie de Jean-Edern Hallier signée Sarah Vajda, une bio curieusement « ignorée » à sa sortie de la plupart des grands médias généralistes français et francophones. Visiblement, elle dérange, elle irrite, elle bouscule trop le petit milieu des gendelettres, cette biographie singulière qui est aussi (surtout ?) un prétexte pour Sarah Vajda de dire deux ou trois choses sur les lettres françaises et l’Histoire et d’avouer des faiblesses pour des auteurs politiquement incorrects - Montherlant, Barrès,... -, raison pour laquelle elle a été reçue dans une ambiance de méfiance glaciale et dans un silence plein d’aigreur par les censeurs. Elle écrit : « L’Histoire de France n’a longtemps été que cet impur mélange de littérature et de politique hypostasié par les choniqueurs, les mémorialistes, les poètes, les dramaturges, les romanciers. Saint Louis est une création de Joinville, la Fronde, un récit du cardinal de Retz, les guerres de Religion, un plaint-chant d’Agrippa d’Aubigné. La royauté eut successivement les visages d’Auguste, de Prusias, de Pertharite ou de Titus, Le Saint-Siège enfin fit moins pour la gloire de Jeanne d’Arc qu’ Anatole France, Maurice Barrès, Charles Péguy, Charles Maurras ou Georges Bernanos. Ironiquement, le déclin de la France a suivi l’interruption de ce processus pressenti par les auteurs contre-révolutionnaires ou nationalistes. De Gaulle y fut sensible qui, à son labeur de mémorialiste, fit collaborer Malraux. Tous ces chefs-d’œuvre ne se voulaient ni n’étaient des ouvrages de propagande, mais le dessin d’une tapisserie dont les fils entremêlés représentaient la France. » Ça a du style, un vrai ton trop rare en ces temps de consensus mou et d’écriture nombrilico-dépressive ! Et, comme je l’ai dit plus haut, je suis persuadé que Hallier n’est ici souvent qu’un prétexte...


      • Fabrice Trochet Fabrice Trochet 12 janvier 2007 23:01

        Sarah Vajda a aussi écrit une biographie romancée de Claire C. direcrice de l’Info à TF1, livre sortie le 23 juillet 2006 mais retiré presque aussitôt. Peu se sont révolté car il vaut la peine d’être lu Pour en savoir plus et técharger ce livre http://clairezachal.blogspirit.com/


      • Fabrice Trochet Fabrice Trochet 12 janvier 2007 23:12

        C’est vrai que J-E Hallier nous manque. Ces romans ne ont pas tous sensationels. Certains ont été bacles mais je crois que ce qu’il avait de meilleur ce sont les éditos parus dans l’Idiot.


      • La Taverne des Poètes 12 janvier 2007 23:14

        Mais Sarah Vigotte devrait écrire une bio plus...revigorante : le fou Hallier.

         smiley


      • Battement d’elle (---.---.90.133) 14 janvier 2007 12:48

        Merci pour le lien !

        Les pouvoirs du Dieu TV sont sans limites.


      • (---.---.229.236) 12 janvier 2007 11:56

        Une victime de plus de Mitterand et des gouvernements socialo-communistes.. RIP


        • Alain (---.---.88.189) 12 janvier 2007 15:25

          Sauf que JEH se définissait comme socialiste et était reconnu comme tel par le PS !  smiley


        • Gros Nanard (---.---.229.236) 12 janvier 2007 22:57

          Oui. Il l’a payé trés cher. Un Idiot Utile de plus, comme aurait dit Lénine, qui s’y connaissait..


        • Jean-christophe (---.---.123.2) 12 janvier 2007 11:59

          Coincidence, émission hier à la TV (ne me demandez pas quelle châne, je ne m’en souviens pas...). Et effectivement, sacré personnage... (Et quelle santé !)


          • Yann (---.---.63.207) 12 janvier 2007 12:07

            Lorsque j’ai lu « faux persécuté » je ne suis pas aller plus loin..


            • Antedeus (---.---.114.120) 12 janvier 2007 12:10

              N’exagérons rien.. JEA était un bouffon médiatique qui a commençé à l’extrème droite et a fini par ne s’en prendre qu’à la gauche parce que Mitterant ne voulait pas en faire son écrivain... de même qu’il ne pourfendait les prix littéraires que parce qu’il en était exclu (même si les prix littéraires sont en effet de vastes farces) et je ne parle même pas de l’argent détourné à la révolution chilienne... alors pour moi... non JEA n’est pas injustement oublié... c’est un piètre écrivain... narcissique... un de ces faux rebelles qui peulple notre monde médiatique... si vous voulez lire des écrivains vraiment incorrects... lisez plutôt Laborit, Debord...


              • gina (---.---.252.209) 1er février 2007 12:29

                Tout à fait d’accord...JEA était un prétentieux prêt à tout pour faire parler de lui (enlèvement par des extras terrestres)...et puis quand on a juste l’ambition d’être un écrivain officiel...on a de grandes chances d’être un médiocre....


              • Martin Kellenborn 12 janvier 2007 12:15

                Je ne suis pas certain d’être un grand admirateur de Jean-Edern Hallier mais en tout cas bravo à l’auteur de cet article .C’est remarquable , surtout la conclusion ! Et merci à Agoravox de donner cet espace de liberté à l’écriture et à l’opinion , bulle d’air dans ce Goulag mou qui nous entoure !


                • Marsupilami Marsupilami 12 janvier 2007 12:30

                  Très bon article Lilian ! Moi qui ne suis pas du tout un admirateur de Jean-Edern, croisement improbable et crépusculaire d’histrion médiatique, de mélancolique narcissique, de prosateur Grand Siècle et de poil à gratter irrévérencieux, j’ai trouvé ton texte formidable, un très bel hommage et invite à la (re)lecture. Mais dans un genre proche et beaucoup plus discret, je préfère infiniment Alexandre Vialatte.


                  • Jojo2 (---.---.158.64) 12 janvier 2007 13:35

                    Moi itou. Relire les indispensables Chroniques de La Montagne dans la collection Bouquins.

                    Et c’est ainsi qu’Allah est grand !


                  • Yann (---.---.63.207) 12 janvier 2007 12:57

                    C’était un écrivain médiocre mais un grand poète et qu’est-ce qu’il nous a fait rire. Merci !


                    • Chadakine (---.---.79.56) 12 janvier 2007 13:10

                      Article trés motivant, je ne connaissais pas, je découvrirai gràce à vous. Au plaisir.


                      • PIMPADA (---.---.182.54) 12 janvier 2007 13:15

                        Bravo et merci à Lilian Massoulier de nous rappeller au bon souvenir de ce personnage iconoclaste, gueulard invétéré, mauvaise conscience des médias, bouffon pour les intellos bien pensants, fou du roi pour les politiciens bienveillants... un vrai rebelle quoi. On avait beau le censurer, il arrivait toujours à faire parler de lui. Son « assassinat » évoqué dans cet article est un secret de polichinelle comme l’était Mazarine. Quelques jours avant sa mort « accidentelle » sur un vélo (?), il avait animé son émission sur M6 où il avait livré un petit secret culinaire de Mitterand en se promettant de livrer d’autres secrets intimes pour les prochaines émissions. Les exécutants de « l’ordre posthume » de Mitterand ont eu peur qu’il livre des secrets d’Etat. C’est qu’il était bien informé le bougre, comme pour l’existence de Mazarine la fille cachée du président de la France... avant que lui-même n’en révèle le secret à la fin de sa vie.

                        Mais votre conclusion est fausse : « Dix ans après son dernier coup de manivelle, donc, Jean-Edern Hallier n’est plus là. Il n’est plus nulle part. » Non il n’est pas mort, on le retrouve dans de nombreux auteurs/commentateurs d’AgoraVox, dont les coups de gueule ou la lucudité citoyenne ne trouverait pas de place dans les médias dominants/anesthésiants. Je ne vais pas citer de noms pour ne pas faire de jaloux, mais ils se reconnaîtront tant ils éprouvent ce besoin irrésisitble de s’exprimer et de partager leur exhubérance. On les reconnaît tellement au milieu des « idiots » et des « crétins ».

                        Les « censeurs » d’AgoraVox seraient bien inspirés de les laisser s’exprimer en supprimant par exemple la notation des commentaires. Chacun doit rester libre d’écrire, lire ou de ne pas lire. Chacun peut livrer « son » commentaire à sa façon en toute liberté... sans peur d’être censuré par les autres. ça fait salle de classe dans le genre qui va porter le bonnet d’âne.


                        • Rocla (---.---.198.196) 12 janvier 2007 14:43

                          Tu as bon ,Pimpada , et très surtout pour la conclusion , depuis qu’ il y a des notations de commentaires on se croirait à l ’école maternelle option« mademoiselle je me suis fait dessus »

                          Sentenceurs anonymes , corbeaux charognards volant au dessus de cadavres putréfiés.

                          Rocla


                        • Michel CARRIERE Michel CARRIERE 13 janvier 2007 15:11

                          Chacun est libre de s’exprimer, c’est une liberté fondamentale, tout comme est fondamentale la liberté de chacun de juger et peser ce qu’il pense d’un texte proposé à sa lecture ! Avoir une information sur la vision globale, les réaction globale, une vision « macrocospique » me paraît des plus interessant


                        • parkway (---.---.18.161) 12 janvier 2007 13:25

                          quand on voit ce qu’est devenu la presse et les médias en général, on comprend que ce type fût mal vu...


                          • Gros Nanard (---.---.229.236) 12 janvier 2007 13:35

                            Avec Hallier, c’était vachement bien, nous dit machine : http://www.dailymotion.com/video/xre26_soralvg2

                            Ca prouve....


                            • Adama Adama 12 janvier 2007 13:42

                              Article très bien écrit mais je suis en désaccord avec vos certitudes ! je ne suis pas si sûr en effet que sa mort soit accidentelle, l’ancien vychiste, fieffé menteur sur son passé comme sur son présent le bien nommé Mitterrand,jouait avec les hommes pour assouvir sa soif de pouvoir absolu ....

                              Photo no comment :

                              le résistant....


                              • thomas (---.---.206.86) 12 janvier 2007 14:46

                                Ecrivaillon, plumitif...tels sont les qualificatifs « edernien » que je vous attibue...il est bien plus facile de rester dans son bureau de journaliste et de « pondre » des incongruités payées à la pige...que de se battre, même indignement, pour son honneur

                                Votre article sur Jean-Edern Hallier n’est qu’un sous-copie del’écriture riche que possédait cet homme qui n’avait qu’un seul défaut : celui de connaître merveilleusemant bien la langue française et de l’écrire de correcte façon, lui....Thomas


                                • rodofr (---.---.234.141) 12 janvier 2007 15:18

                                  Dans la masse de gens anonymes que je connais beaucoup ne cherche qu’à vivre avec simplité et avec la conviction que l’homme ne peut pas tout, si intelligent et critique qu’il est ! Elle est peut-être là, la vraie révolution et contre laquelle beaucoup lutte à force d’écrits, de thèses, de belles lettres, de fous impénitents, d’amuseurs, que ceci et que cela ! Les marchants aujourd’hui, demain les bill gates et après demain...Combien de bouc émissaires leur faudra-t-ils pour effacer d’eux-même cet affront que la nature et ses mystères semblent aussi impénétrables à eux, malgré leur intelligence et leur agilité à manier la langue, qu’à ceux dont ils dénoncent à longueur de journée, la lâcheté et l’ hypocritie ! Je trouve mitterand plus interressant par exemple, cette anectode rapportée par jean guiton (philosophe)..."François Mitterrand qui se pose en hélicoptère devant sa chaumière dans la Creuse pour, deux heures durant, discuter avec lui de Dieu et de la foi...

                                  " Monsieur le Président, je n’ai pas eu le privilège, comme vous, de grandir dans un collège chrétien : l’enfant a besoin de certitude. Comment ne pas souffrir quand on voit que ses maîtres n’ont pas la foi de ses parents ?...

                                  Le paradoxe est que j’ai dû à cette épreuve le désir de ne jamais croire sans raison. Je suis parti de Sartre et c’est l’absurdité de l’absurdité qui m’oblige à parier pour le mystère ; je n’admets pas d’emblée la survie, mais je saisis que le néant est absurde, non pas tant pour moi que pour ceux que j’ai aimés.

                                  Et pour celui sur qui repose le destin d’un pays, il me semble qu’il n’y a d’autre solution raisonnable que le mystère ".

                                  Jean Guitton était certain qu’au fond François Mitterrand n’avait jamais renié la foi de son enfance et qu’il avait gardé un certain sens mystique"

                                  Le problème c’est que l’effet éclatant de certains ne doit pas nous faire oublier que la vie nous dévorent tous, les uns après les autres, et cela d’une façon irrémédiable. Et que chacun y répond à sa façon.


                                  • jimbo (---.---.150.23) 12 janvier 2007 18:18

                                    Bonjour et bravo à Lilian pour cet article très bien écrit, très parlant et tellement plein de vérité sur ce personnage hors-norme qu’était Jean-Edern Hallier. En effet, sa disparition a laissé un vide dans la vie littéraire et politique si fade de notre époque. Ses coups de gueule et autres élucubrations, parfois obscures, parfois géniales, avaient le don de me faire rire, d’une part, et réfléchir ensuite, ce qui fait un bien fou.

                                    Mais savez-vous que cette disparition m’en rappelle une autre, à mon sens tout aussi importante : celle de Monsieur Pierre Desproges, dont l’humour acerbe, voire cynique, et pour le moins « piquant », me manque tant à l’heure actuelle. Ah comme notre société lui aurait plu, à Pierre... Ses travers, ses folies, son hypocrisie et surtout, sa scène politique... Comme il en aurait fait ses choux gras, ce grand monsieur du verbe et de la dérision. Je pense à lui souvent, et relis régulièrement ses oeuvres, en regrettant éternellement qu’il ne soit pas là pour nous parler de la France avec ses mots à lui (et ses maux à elle), à cette heure de campagne présidentielle imbuvable...

                                    Jean-Hedern Hallier et Pierre Desproges, deux plumes disparues à jamais, pour le plus grand malheur de notre société. Que leurs âmes ne reposent pas en paix, au Paradis ou en Enfer, et qu’ils continuent de faire marrer les anges ou Lucifer.


                                    • Sadygwen (---.---.7.117) 12 janvier 2007 19:15

                                      J’ai découvert votre article grâce à un lecteur de flux qui en faisait état, et j’ai lu l’article avec intérêt, car formidablement bien écrit, tant et si bien que j’en viens à regretter de ne pas avoir mieux connu J-E Hallier. Bien sûr, j’ai déjà eu l’occasion de le voir balancer des ouvrages avec des commentaires bien sentis. Mais il « dérangeait » car il était franchement hors normes dans le bon sens du terme. Moi les gens hors normes m’interpellent. J’ai subit la « Censure » morale de mon entourage, car Jean-Edern était souvent traité de C.. et souvent de fou. Mais il avait le culot de ne pas mâcher ses mots. Revenez hanter notre quotidien Monsieur Hallier, car il est devenu bien morne et sans saveur.


                                      • un pôvre Sancho Pancha (---.---.111.80) 12 janvier 2007 19:43

                                        Que de certitudes ! Quelle belle absence de talent derrière une succession de poncifs sur les médias ! Quel impeccable radotage sur l’idiot International ! Que de procès d’intention à l’encontre d’éditeurs qui ont peut être simplement pensé qu’il pouvait être utile, en ces temps d’apathie généralisée, de faire (re)découvrir JEH. Ah, non, c’est vrai, j’oubliais le monde des lettres est aux mains de gens médiocres motivés par un seul intérêt : la thune ! Alors que sur des sites comme Agoravox, on s’exprime (et on débite les conneries au kilomètre) avec une bonne et bien grasse conscience d’en être (des alters j’veux dire...). Si on suit votre démonstration qui pue le renfermé stalinien sous un vernis libertaire, il ne faudrait pas (ré)éditer Céline, Camus ou Sartre, hein... Pas la peine, ils sont morts et ceux qui devaient les lire, les vrais, les pures, les histrions, les phares de la pensée (comme vous...) les ont déjà lus et peuvent tout nous dire. Forcément. Parfois, à l’instar de Jean-Edern sur Paris Première, on aimerait pouvoir balancer dans les poubelles de la pensée-cacahuète, les chroniques mesquines des nouveaux censeurs du web qui tapent sur tout le monde pour mieux nous étouffer avec les chrysanthèmes malodorantes de leurs petites auto-commémorations. JEH appartient à tout le monde, y compris à des auteurs et des éditeurs si ça les enchantent, à la différence de vos gesticulations verbeuses... qui n’appartiennent qu’au vide. Et hop, je tire la chasse...


                                        • Bernard Dugué Bernard Dugué 12 janvier 2007 21:21

                                          Un monde s’en est allé, avec Hallier, Choron, Desproges, Coluche, Deleuze, Foucault,

                                          Un monde arrive, il est terne, comme une symphonie avec Cali, Bashung, Raphaël, Aubert, Souchon, Delerm, Voulzy, et pire

                                          La France, le pays de la daube médiatique


                                          • Le péripate Le péripate 12 janvier 2007 22:44

                                            Dépression hivernale. Se soigne en faisant une belle balade à la dune du Pyla, ou encore avec une bonne lampe une heure par jour.

                                            Le Peripate.


                                          • Dav. (---.---.119.1) 13 janvier 2007 03:47

                                            Faut fricoter avec l’extrème droite pour être qualifié d’écrivain génial, rebelle, ennemi des bien pensants ? On dirait que l’auteur de cet article n’a pas suivi l’évolution de l’Idiot international qui a servi de creuset à cette alliance rouge brune nauséabonde.


                                            • CAMBRONNE CAMBRONNE 13 janvier 2007 09:58

                                              LILIAN MASSOULIER

                                              Une fois de plus je m’incline devant votre style qui s’améliore régulièrement .

                                              Nous avons besoin de JEH beaucoup plus que de BHL .

                                              C’est bien ce lui avoir rendu hommage .

                                              Bravo encore .

                                              Salut et fraternité .


                                              • armand (---.---.158.123) 13 janvier 2007 11:07

                                                Bonjour Cambronne,

                                                Article jouissif avec une pointe de nostalgie - merci Lilian Massoulier : les plus jeunes ne se souviendront pas de la liberté de ton qui prévalait encore au milieu des années ’80.

                                                Petit correctif, nous avons besoin à la fois de JEH et de BHL, tous deux ayant en commun un talent inégal, une mégalomanie extrême et une absence totale de sens critique vis-à-vis d’eux-mêmes. Nous avons surout besoin de bretteurs de la parole qui peuvent échanger des invectives, voire des coups de poing (ou de sabre) sans que cela passe par l’émasculation judiciaire. Mais on imagine le joyeux hâchis que JEH pourrait faire de nos concurrent(e)s à la présidentielle. Bonne année quand même !


                                              • CAMBRONNE CAMBRONNE 13 janvier 2007 14:12

                                                BONJOUR ARMAND ET BONNE ANNEE

                                                Content de vous revoir sur ce site . Je vous conseille de lire le dernier livre sur BHL « une imposture française » et vous verrez que malheureusement l’individu n’est pas celui qu’il parait être . En dehors de son coté : je dis tout et son contraire , ce qui n’est pas grave , il y a tout un aspect vérouilleur d’opinion à l’aide de réseaux qui est trés inquiètant .

                                                Salut et fraternité .


                                              • (---.---.247.80) 14 janvier 2007 09:03

                                                Même si Jean-Edern Hallier avait un rôle à son époque qui n’avait pas internet, cet article sympathique ne pas nous faire oublier qu’il était avant tout UN CON. smiley

                                                Une personne qui jette publiquement des livres par terre ne saurait être autre chose.Et ceux qui l’applaudissent ne le sont pas moins. smiley

                                                Il faut remercier tous les jours les américains de nous avoir donner internet, qui certes laisse exister ce genre d’individus (Birenbaum, Assouline par exemple) mais nous dispense de les lire en nous offrant à voir beaucoup d’autres choses ailleurs. smiley


                                                • (---.---.247.80) 14 janvier 2007 09:06

                                                  pardon « ne DOIT pas nous faire oublier »


                                                • Alain1 (---.---.64.171) 14 janvier 2007 13:34

                                                  Bah, qu’est-ce que c’était que Jean-Edern Hallier ? Probablement rien d’autre que ce que les américains appellent un gatekeeper : un type qui a pour role de maintenir le discours dans certaines limites afin que les gens ne creusent pas plus loin, ou ailleurs. Un faux rebelle. Dans son cas, c’était le mec mit la pour parler de tout et de rien. Surtout de rien. Il occupait le terrain des anars un peu délirants. Il y a un public pour ça. La pseudo liberté de ton fait croire à ces gens qu’ils vont découvrir des choses qu’il n’y a pas ailleurs et ils perdent des années avant de se réveiller et de comprendre que c’est complètement creux.

                                                  Un gars qui a eu un journal, puis une émission de télé, désolé, mais dans le genre rebelle qui dérange le système, on fait mieux. Quand à sa révélation sur Mazarine, la belle affaire. Ca a été fait en 1996, quand Mitterand n’était plus président. Quelle prise de risque.

                                                  Heureusement, depuis Internet, ce genre là ne fait plus trop recette. Les gens susceptibles de lire ce type de prose sont passés à des trucs plus consistants, faits par des types non adoubés par le système.


                                                  • Philippe (---.---.124.224) 16 janvier 2007 13:37

                                                    Jean Edern était fantasque.

                                                    Je l’ai rencontré souvent après son pseudo enlèvement car nous avions publié son livre.

                                                    Son livre est d’ailleurs un bien grand mot : ce fut après 3 après midi d’entretiens avec le « nègre » de la maison qu’il fut rédigé.

                                                    Pourtant il ne manquait pas de talent littéraire. Dans la maison nous évitions soigneusement de parler de l’affaire Mazarine/Miterrand de peur qu’il se fache. J’étais à l’émission de Pivot où il se rendit parfaitement ridicule devant les téléspectateurs.

                                                    Mais conscient (?) de l’énormité de ses mensonges et des méventes du livre que nous avions publié (tirage 40 000 -à l’époque c’était courant-, ventes : 3 000 exemplaires)il nous proposa de nous rembourser les avances qu’il reçut. L’aurait-il fait ? Je n’en sais rien car nous avions refusé poliment assumant notre erreur. Et l’Enlèvement finit au pilon.


                                                    • Xerxès (---.---.21.77) 17 janvier 2007 12:26

                                                      Bravo pour votre article Lilian.

                                                      Hallier était loin des tièdes et des mous de son époque qui depuis se sont multipliés comme des petits pains...

                                                      Son talent était aussi sa grande qualité de chef d’orchestre à l’Idiot International, pour rassembler les irréconciliables.

                                                      Et on voit aujourd’hui comment les trublions d’hier comme Beigbeder ont retournés leurs vestes pour défendre le pouvoir afin de pouvoir garder leurs privilèges. Et Sollers qui dit « je me permet 75% d’intégrité et 25% de compromission » !

                                                      Nabe est un des seuls de cette équipe qui est réduit en silence par les médiateurs pour être resté libre et fidèle à lui-même. 27 livres en 20 ans (pamphlets, essais, romans) mais toujours inconnu ! Voilà le prix qu’on fait payer en France à l’écrivain le plus talentueux, libre et courageux de sa génération, qui n’accepte pas les menottes des bien-pensants.

                                                      VIVA MARC-EDOUARD NABE

                                                      Xerxès

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