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Alignés derrière leurs tables de bistrot respectives sur chacune desquelles sont posés un micro et un verre d’eau, la bande des quatre emmenée par Jean-Louis Trintignant apparaît au lever du rideau tel un quatuor sur la ligne de départ prêt à interpréter sa polyphonie à l’unisson.
En se renvoyant la parole dans un ordre apparemment aléatoire, ces instrumentistes de la phrase ciselée n’auront d’autres armes que le trait d’esprit pour faire rebondir l’attention latente du spectateur en proie à l’ivresse du double sens.
En intégrant la causticité à la tendresse, Jules Renard avait acquis dans l’écriture de son journal intime (1864-1910), cet art de faire mouche mine de rien avec les "bonnes intentions" assassines de ses contemporains.
Ce cocktail insidieux de pensées iconoclastes à leur insu ayant eu le don de ravir ses lectures personnelles depuis longtemps, Jean-Louis Trintignant se délecte sur scène avec un plaisir non dissimulé en distillant à l’égard du public, tout le suc de leur perfide ironie.
Il n’en faut d’ailleurs pas davantage au partenaire d’Anouk Aimée dans Un homme, une femme, désormais en retraite délibérée des studios de cinéma, pour recouvrer une joie de vivre, suspendue entre théâtre et contemplation.
Cette légèreté de l’âme, forgée dans la transgression du tourment indicible, l’autorise à l’approche de ses 80 ans de substituer simplement l’accumulation des maux par la jouissance du bon mot : "Un mauvais acteur. Les applaudissements le rendent pire" ou encore "Ma belle-mère est morte le 1er janvier. Pour les fêtes", voire de l’absurde : "Chez nous, les plafonds étaient si bas qu’on servait la soupe dans des assiettes plates".
Cet humour décapant de Jules Renard associé à quelques facéties de Jean-Michel Ribes, il le partage dans l’amitié avec ses deux complices, Jean-Louis Bérard & Manuel Durand, illuminés par une présence féminine incarnée successivement par Fanny Ardant, Anna Mouglalis, Hélène Fillières, Joëlle Belmonte et actuellement Clémentine Célarié.
Ce dispositif scénique fonctionne comme une boîte à malices où l’instant présent s’investit dans l’art de la séduction toujours renouvelée.
Dessin © Cat.S
JEAN-LOUIS TRINTIGNANT - *** Theothea.com - d’après des textes de Jules Renard & Jean-Michel Ribes - mise en scène : Jean-Louis Trintignant - avec Clémentine Célarié, Jean-Louis Bérard, Manuel Durand & Jean-Louis Trintignant - Théâtre du Rond-Point -

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En tout état de cause, Jean-Louis Trintignant mériterait l’excellence !. Mais celle-ci (...)
17/04 15:15 - Theothea.comVoilà Gogol de Tourcoing et ses blagues à 2 balles . Monsieur l’ auteur , Jean-Louis (...)
17/04 13:12 - rocla (haddock)Mince, c’est Demian West qui a fait l’affiche..
17/04 12:35 - moriceAgoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
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