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José Carreras : l’opéra c’est son royaume !

« Sans la musique, la vie serait une erreur », disait Nietzsche. C’est justement à cet effet que la Ville de Differdange s’est fait un honneur et un plaisir d’accueillir en son sein deux monstres sacrés de l’opéra : le Ténor José Carreras et la Soprano Ofelia Sala. Les cent ans d’histoire differdangeoise valaient bien cette ultime touche de majesté et de virtuosité.

Deux voix absolument somptueuses, expressives, sibyllines et sublimes, considérées comme parmi les plus belles du vingtième siècle : ce sont tout simplement quelques grammes de finesse dans un monde de brutes. Le 18 juillet 2008 au soir, le temps s’est arrêté dans la localité luxembourgeoise. Sur la place de l’Aréna du Centenaire, l’effervescence des coulisses, la diligence des équipes de Differdange, l’arrivée des spectateurs, l’ambiance festive et plutôt bon enfant font désormais place au silence olympien. Entrent alors en scène les musiciens de l’International Symphony Orchestra d’Allemagne, suivis de peu par David Gimenez, le dirigeant de cet ensemble.

Au premier coup de baguette du maître, nous voilà soudain entraînés sur les terres slaves, précisément sur celles d’Antonin Dvorak, célèbre compositeur tchèque et auteur de la splendide « Neuvième Symphonie du Nouveau Monde ». Les cordes et autres instrumentistes nous bercent d’une musique colorée, rythmée et fruitée, traduisant bien l’attachement dvorakien à ces régions empreintes de folklores et de traditions mondialement reconnues. Cette magique entrée en matière permettra ensuite aux génies romantiques italiens, tels que Puccini ou Mascagni, de se manifester dans toute leur volupté grâce aux interprétations nuancées du maestro Carreras : une tonalité grave, puissante, passionnée, teintée d’un panel d’émotions étonnamment bouleversantes.

A ses côtés, la gracieuse et délicieuse Ofelia Sala nous offre une mise en scène époustouflante de beauté dans cet extrait fameux de La Bohème, « Quando m’en vo », où elle se transforme en une Musetta à la fois croustillante, provocatrice, rusée et…amoureuse, pour ensuite camper sur une Juliette libre et souhaitant vivre ce doux rêve, conserver cette flamme comme un doux trésor pour profiter encore avec subtilité, insouciance et nonchalance de cette vie qui s’offre à elle… («  Je veux vivre » Roméo et Juliette, Charles Gounod)

La première partie du spectacle s’achève sous un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations. L’opéra atteint ce soir-là le sommet de son art : mission accomplie, le public est conquis ! Il ne reste plus qu’à conclure par une apothéose d’envolées lyriques. Après un court intermède de vingt minutes, José Carreras enchantera la foule avec un célèbre morceau de Vincenzo Valente, « Passione », puis suivront alors de nombreuses arias, les unes plus éclatantes et plus vibrantes que les autres : « Vurria » de Furio Rendine, « Lippen Schweigen » - Merry Widow de Franz Léhar, « Mein Herr Marquis » die Fledermaus de Johann Strauss, tantôt chantées en duo, tantôt en solo.

L’orchestre, quant à lui, nous transporte sur des mélodies plus ou moins insolites de Chapi ou Jiménez et c’est avec un José Carreras plus charismatique que jamais, que se termine cette magistrale soirée dans « Granada » d’Augustin Lara, musicien prolifique. Une distribution épatante, une formation musicale dotée des plus grands et meilleurs solistes russes, une réalisation produite par des artistes de la plus haute renommée internationale, voilà les ingrédients réunis pour graver définitivement ces moments d’émotions uniques dans les mémoires du Centenaire de cette bourgade luxembourgeoise et permettre au public de garder encore longtemps la tête dans les étoiles. Comme le dit si bien Stanislas de Boufflers : « La société a besoin de poètes, comme la nuit a besoin d’étoiles. »

Sandra WAGNER


Voici une vidéo du ténor qui date de quelques années...


par Sandra WAGNER samedi 26 juillet 2008 - 2 réactions
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