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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Journées du patrimoine : Alexandrie 2010

Journées du patrimoine : Alexandrie 2010

Le Centre d’Études Alexandrines (CEAlex) a pour projet de créer des Journées du patrimoine à l’européenne en septembre 2010 à Alexandrie. Objectif : rendre accessible le patrimoine gratuitement et réaliser une opération pédagogique auprès des scolaires, notamment en regard des citernes actuellement en chantier. Plus difficile qu’il n’y paraît…

La cité fondée par Alexandre le Grand (probablement sur un habitat déjà existant) a toujours connu un déficit en eau potable. Pour récolter l’eau des pluies ou stocker de l’eau importée, des citernes ont été aménagées dès les premiers temps de la cité. C’est une partie du patrimoine alexandrin beaucoup moins connu que le phare ou la bibliothèque. "Ces citernes sont peu accessibles", commentent Vincent Dumenil et Marwa Abdel Gawad du Service pédagogique du CEAlex, qui évoquent notamment la citerne médiévale d’El-Nabih, actuellement en restauration/aménagement et dans laquelle on peut voir le réemploi de colonnes antiques. "A part celle du Fort de Qaitbay, réaménagée par Muhammad Ali, seule vraiment accessible au public pour l’instant, les autres citernes se trouvent en général sous des habitations." Sous un café de Kom el-Dikka, par exemple, quartier populaire où se trouvent aussi le musée sous-marin de plein air et l’amphithéâtre, ou odéon, dans lequel justement le service pédagogique organise la mise en scène de pièces de théâtre. "Depuis six ans, nous utilisons tous les outils pour faire connaître la ville aux visiteurs et surtout aux écoles, à travers des visites et des grands projets, parfois franco-égyptiens."

Ce service pédagogique est né de la nécessité de faire connaître et défendre le travail des équipes du Centre d’Études Alexandrines, devenu aujourd’hui une Unité mixte de recherche du CNRS. Au départ simple association fondée par l’archéologue et chercheur médiatique Jean-Yves Empereur, venu en 1990 réaliser des fouilles sous-marines sur le site du phare, devant le fort de Qaitbay, et aujourd’hui personnage étranger incontournable dans la ville, le CEAlex fait travailler des topographes, des architectes, des archéologues et dispose d’un espace vidéo permettant le montage de films. Son cheval de bataille est bien sûr la sauvegarde du patrimoine, surtout gréco-romain. Un patrimoine plus vaste qu’il n’y paraît mais pas évident à visiter ni à comprendre car la ville moderne est construite sur la ville antique et la ville médiévale : Fort de Qaitbay, citernes, nécropoles et catacombes, différents musées, la nouvelle Bibliotheca Alexandrina, l’île de Pharos, etc. "Les ruines pulvérisées de mille cités" écrivait Herman Melville à propos d’Al-Iskanderia. Dans ce contexte, les fouilles sont souvent des fouilles préventives…

Ces sites, ainsi que des parties des anciens quartiers "communautaires" de la ville, sont donc valorisés à travers des actions (Fête de la science, Journées mosaïque) par le service pédagogique du CEAlex qui existe en partie grâce à l’Association française des Volontaires du Progrès, un opérateur du Ministère des Affaires Étrangères et Européennes. Alors que le CNRS est sous la tutelle du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Et que le CEAlex dispose de partenaires en région PACA, dont le Conseil Régional et des associations qui réalisent des outils pédagogiques pour la valorisation du patrimoine. Autant d’acteurs (pour ne citer que quelques-uns des partenaires du CEAlex) bien placés pour partager leur expérience des Journées du patrimoine mais qui manquent sans doute un peu "d’égyptiannité". "Pour obtenir les autorisations pour faire visiter les monuments gratuitement, dit Vincent Dumenil avec franchise, ce n’est pas facile et il faut faire en sorte que les acteurs principaux de la manifestation soit des Égyptiens. Ce n’est pas anormal. Mais pour ouvrir spécialement des lieux généralement fermés, c’est encore plus difficile." Ces Journées du patrimoine d’Alexandrie, du 24 au 29 septembre 2010, pourraient se heurter à ces obstacles et au manque d’infrastructures d’accès qui caractérisent certains lieux, dont les citernes.
 

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1 réactions à cet article    


  • 10guy 10 octobre 2009 12:51

    C’est une bonne idée de faire connaitre les traces du passé en sous sol. Ainsi les habitants sont plus sensibles à la conservation de ce patrimoine invisible.
    Par exemple,sur paris et en région parisienne celui ci se réduit inexorablement sous la pression immobilière. pour le découvrir virtuellement un site : catacombes-de-paris

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