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Jules Roy le Juste

9 ans, déjà et il manque à tous ceux qui ont lu un grand nombre de ses livres et ont admiré le parcours atypique de cet homme d’exception, engagé dans des combats de son temps avec un courage dont peu d’auteurs peuvent se vanter

C’est en Algérie qu’il voit le jour en 1907, la lumière devrait-on dire tant il en fut gorgé sa vie durant.

Né d’une relation adultérine, sa mère n’aura de cesse de se faire pardonner et jouera un rôle crucial dans son entrée au séminaire.

Mais amoureux de la vie et des femmes, il ne poursuivra pas dans cette voie et deviendra pilote de chasse.

Dans "La Vallée heureuse", un récit autobiographique, Jules Roy, couronné en 1946 par le prix Renaudot relate les bombardements du centre industriel de la Rhur par les alliés en tant que pilote de la RAF qu’il a ralliée en 1943.

Sa conscience de chrétien l’interpelle : nécessité de frapper le potentiel industriel nazi mais souffrance de toutes ces histoires singulières fauchées par la DCA ou réduites en fumée par ces bombes qu’il largue et qui ne choisiront pas leurs victimes.

Homme d’action, colonel, écrivain prolixe, il démissionne de l’armée désapprouvant la guerre d’indochine.

Ami d’Albert Camus, catholique de conviction, il défend avec force l’indépendance de l’Algérie, pays dont lui et sa famille sont originaires depuis 1854.

Il rendra hommage à son pays dans une saga sans concession "Les chevaux du soleil" qui stigmatise la présence française en Algérie de la conquête jusqu’à l’indépendance. Il s’agit probablement du roman - fleuve- procès le plus terrible qu’il m’ait été donné de lire sur le colonialisme français en Algérie.

Bourru, fort en gueule, il fait trembler les autorités algériennes en 1995 hostiles pour des raisons de sécurité que Jules Roy aille se recueillir sur la tombe de sa mère qui repose dans "le triangle de la mort" à Sidi Moussa à quelques encablures d’Alger. A l’époque Rovigo et Sidi Moussa étaient le fief des tueurs salafistes. Des raisons de sécurité sont invoquées.

Insuffisantes pour un homme de cette trempe auquel le courage ne fit jamais défaut.

Grand, mince, encore vert, je le revois flanqué d’officiers bedonnants responsables de l’échec de l’indépendance et de l’émergeance de la révolte des intégristes, pressés de rejoindre "Le Club des Pins" résidence de cette nomenklatura algérienne.

Il put dire adieu à sa mère et à son pays.

A 88 ans, ce sera sa dernière mission. Réussie.

Je ne sache pas qu’une rue porte son nom dans cette Algérie qu’il aima et qu’il préféra à sa mère et à sa famille en ces "temps mêlés et durs" où le choix de la Justice s’imposa.

Retiré à Vezelay, Jules nous a quittés en juin 2000, après une vie bien remplie.

Je recommande qu’on le redécouvre notamment à travers "Mes mémoires barbares" "La guerre d’Algérie" "Les chevaux du Soleil" et bien sûr " La Vallée Heureuse".

 
par loth mardi 29 septembre 2009 - 2 réactions
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