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L’addiction au sexe

« La honte n’a pas pour fondement une faute que nous aurions commise, mais l’humiliation que nous éprouvons à être ce que nous sommes sans l’avoir choisi, et la sensation insupportable que cette humiliation est visible de partout. », écrit Milan Kundera dans L’Immortalité (1990). Une étude de l’Inserm dévoile qu’entre 3 et 6 % de la population sexuellement active, dont des hommes dans 80 % des cas, serait concernée par l’addiction au sexe. Addiction comportementale, de l’ordre de l’absorption complète du sujet vers son objet (le plaisir sexuel), qui n’est pas à confondre – nous précisent les sexologues cliniciens - avec la perversion (où l’autre est consciemment utilisé comme objet) ou avec la séduction (jeu dans lequel l’individu cherche essentiellement à se rassurer ; l’accroc au sexe, lui, est avant tout centré sur lui-même, étant en permanente relation avec sa jouissance).

Au cinéma, avant Shame, film de Steve McQueen II se voulant « coup de poing » sur le sujet (c’est l’histoire d’un métrosexuel trentenaire à l’ultramoderne solitude, qui comble son vide existentiel en multipliant les rendez-vous boulimiques avec le sexe), il y a eu un précédent : Patrick Bateman. Le héros créé par Bret Easton Ellis dans son best-seller controversé American Psycho (1991), golden boy le jour serial killer la nuit, a été assez paresseusement – hélas - mis en images sur grand écran en 2000 par Mary Harron, via un film au titre éponyme. Au cœur des années Reagan, ce jeune yuppie au sourire carnassier et aux costumes chics multiplie, sans scrupules, les soirées-cocktails de pauses cocaïne, entrecoupées d’aventures sexuelles borderline. Jeune loup ambitieux de Wall Street, il cache sous ses apparences dorées quelque chose d’innommable : c’est un psychopathe. Victime d’obsessions maladives (fixation sur les vêtements de marque, les relations enviables, les adresses sélectes), il ne ressent jamais rien, hormis une simple contrariété lorsque ses scénarii déviants, que ce soit avec des clochards ou avec des femmes, ne se passent pas comme prévu. C’est un drogué invétéré du sexe, un sex addict, doublé d’un serial killer en puissance ; ce pur produit de la réussite américaine cherche vainement à se trouver une identité dans une société du spectacle régie par la mythologie hollywoodienne : il baigne moins dans la réalité que dans la recherche frénétique de scènes au quotidien qui puissent rappeler des images dérivées d’images, notamment pornographiques ; soit dit en passant, de nos jours, on le sait bien, moult adolescents font leur éducation sexuelle uniquement avec les films porno. Dans une société du zapping, où l’on recherche le plaisir immédiat sans laisser place au désir, on veut tout, tout de suite, pour assouvir ses pulsions. Bateman barre la route aux relations humaines, sentimentales, il ne s’intéresse qu’à lui. Au lit, via des miroirs et des vidéos qui renvoient, en la démultipliant, son image, il se regarde constamment en train de faire l’amour - ses partenaires sexuelles n’étant pour lui, monstre d’égoïsme, qu’accessoires au service de son propre trip extatique. Ce Bateman sulfureux est entré dans l’inconscient collectif, à tel point qu’il n’est pas rare que la presse féminine le cite ouvertement comme contre-exemple dans ses dossiers sur la sexualité ; un exemple, dans Glamour n°93 (décembre 2011), dans le cadre d’un Grand Bêtisier du Sexe, on peut lire ceci, de la part de Zora, 24 ans, sur les 10 gestes qui énervent les filles : « Le syndrome American Psycho, c’est-à-dire le regard plein d’autosatisfaction du mec qui se mate dans la glace, comme s’il allait coucher avec lui-même. »

Bref, il y a du Bateman dans le personnage principal (Brandon, comme Brando ?) de Shame (film interdit aux moins de 12 ans en France et accompagné d’une classification NC-17 aux Etats-Unis). A la différence près que ce Brandon (remarquablement campé par un puissant Michael Fassbender), trader à New York, ne viole pas, ne torture pas et ne tue pas. Il n’est pas psychopathe. Néanmoins, comme Bateman, il est victime d’une « vitrification des sentiments » (il ne ressent rien) et il a un mal fou à contrôler ses pulsions sexuelles. On retrouve le thème de l’individu isolé perdu dans une mégalopole qui anesthésie les cœurs, d’où une lumière froide bleu cendré et un nombre impressionnant de vitrages qui isolent et mettent en scène - on les voit de la fenêtre - les ébats compulsifs dans des appartements-aquariums que l’on dirait tout droit sortis de l’avant-gardiste Playtime signé Tati. « New York est la ville du présent, frénétique, excitante, qui bouillonne 24 heures sur 24. La ville qui ne dort jamais. L’environnement idéal pour le personnage de Brandon. C’est la ville où tout est accessible, où tout est excessif.  », précise McQueen II. Mais, selon moi, la froideur de l’image renvoyant au cœur en hiver du « héros » : ce n’est pas le meilleur du film car on a déjà vu ça au ciné dans American Psycho de Mary Harron donc, dans The Social Network (2010, Fincher), mais aussi dans des fictions troublantes centrées sur le commerce sexuel et la marchandisation des corps (de call-girls), tels Claire Dolan ((2002) de Lodge Kerrigan et Girlfriend Experience (2009) de Steven Soderbergh.

A mon avis, le meilleur de Shame, film selon moi inégal, c’est lorsque son cinéaste montre que le héros, perdu dans sa course folle de satisfactions sexuelles tous azimuts, voit ses plans dérailler : lorsque sa sœur dépressive, venue s’installer inopinément chez lui, débarque dans sa salle de bains alors qu’il s’y masturbe ; lorsqu’il est troublé par cette même frangine, Sissy (jouée par la charmante Carey Mulligan), interprétant dans un bar lounge un frémissant New York, New York ; ou encore lorsque Brandon n’arrive pas à… bander au lit avec la jolie black de son bureau, Marianne, parce qu’il commence à développer des sentiments pour elle et que cela finit par contrarier ses plans purement sexuels. Là, Steve McQueen touche magnifiquement à l’os de son sujet : retrouver l’humain derrière le masque de la machine sexuelle et, par la même occasion, la… shame, autrement dit la honte, la culpabilité, la dépression, le dégoût, la douleur de l’humiliation d’être soi : ne pas contrôler son sexe, c’est ne pas maîtriser ses instincts animaux, c’est très mal vécu en société. Brandon souffre. L’inflation de sa sexualité l’isole. Très forte est d’ailleurs la scène où l’on voit un Brandon déboussolé jeter tout ce qui le rend victime de son addiction sexuelle : son ordinateur portable contenant du matériel pornographique propice à maintes sexcapades sans fin (escapades sexuelles sur Internet), revues porno, films X et autres ; McQueen II : « C’est un film politique parce qu’il montre comment la sexualité a évolué par le biais d’Internet et des nouvelles technologies. Il montre comment nos comportements et nos relations s’en trouvent modifiés. »

Pour autant, avec un tel film traversé par quelques scènes remarquables (la montée du désir dans le métro newyorkais avec une fille sublime (Lucy Walters) ; le plan drague dans un restaurant branché contrarié par un serveur pédagogue collant), on s’étonne qu’il ne soit pas plus puissant sur le sujet et ne cherche pas à s’écarter ouvertement d’une certaine bien-pensance judéo-chrétienne. Bizarrement, McQueen met toutes les « déviances » sexuelles dans le même panier. Par exemple, on dirait que, pour lui, la masturbation, c’est forcément sale. Un peu plus, et on se croirait chez le père Fouettard du Ruban blanc, Michael Haneke, aïe ! Ici, pour prendre un peu l’air, on aimerait davantage lorgner du coté du Woody Allen seventies d’Annie Hall  : « Ne critiquez pas la masturbation, c’est faire l’amour avec quelqu’un que j’aime » ! Shame, je l’aurais aimé par moments moins sentencieux, moins grandiloquent. Je me serais bien passé de la bondieuserie finale (le sex addict trempé par une pluie qui vient laver ses péchés, amen). Autre écueil : l’escapade rougeoyante dans une boîte échangiste gay cherchant à faire basculer le film dans le poisseux ; un peu plus, et on s’attend à voir DSQ débouler dans le plan ! Or, au rayon du crapoteux, McQueen, contrairement au Gaspar Noé de Seul contre tous et d’Irréversible, a bien du mal à nous faire croire qu’il connaîtrait de l’intérieur cet univers hors limites qu’il tente, assez platement, de nous montrer à l’écran à cran. Bref, Shame est un film ambitieux et courageux, sur un sujet sociétal majeur (l’addiction au sexe) – du 3 sur 5 pour moi -, mais il aurait pu être plus fort pour démontrer la prison mentale qu'est la sex addiction et le phénomène d’envahissement psychique du malade. Et il ne retrouve que trop peu l’éclat et la puissance symbolique du précédent film du même auteur, Hunger (2008*). Hormis cela, Steve McQueen II, vidéaste plasticien britannique venu au 7e art, a un talent de filmeur manifeste et on est pressé de voir la suite - Ah oui, un soupçon d’humour dans son cinéma, victime d’une certaine pose auteuriste, donnerait, me semble-t-il, un peu plus de respiration à ses films-dossiers. 

* Hunger, un cinéma de résistance : http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/hunger-un-cinema-de-resistance-48740

 

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18 réactions à cet article    


  • Georges Yang 13 décembre 2011 09:53

    Le film est trop « américain », car il fustige le sexe, alors que le héros pourrait être heureux ou du moins satisfait par sa sexualité, au lieu de se sentir coupable de se branler, de se payer des putes,
    son seul problème est d’avoir peur de s’attacher, car sa collègue est attrayante,
    Sa soeur est une gentille casse-couille
    La scène avec le serveur est assez jouissive, car assez décalée et quand il provoque une fille accompagnée dans un bar (qui à l’air d’apprécier) et se fait casser la gueule par un jaloux, il y a de la jouissance dans cette scène, de l’ironie, plus que la recherche du châtiment
    Curieux pour un Britannique de tomber dans l piège américain de la condamnation du sexe
    Le héros réussi socialement, et professionnelement, son « addiction » est donc supportable, regarder du porno au bureau, ce n’est pas rédhibitoire, tant qu’on est productif


    • Vincent Delaury Vincent Delaury 13 décembre 2011 10:54

      Georges Yang : « (...) quand il provoque une fille accompagnée dans un bar (qui à l’air d’apprécier) et se fait casser la gueule par un jaloux, il y a de la jouissance dans cette scène, de l’ironie, (...) ».
      D’accord avec vous. C’est l’une des rares scènes qui « aère » le film. Le fait sortir de son aspect programmatique. 


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2011 09:55

      Vous devez confondre Shame avec le premier porno venu, Georges Yang. Le réalisateur ne porte aucun jugement moral sur ses personnages - éventuellement sur le boss qui, lui, est dans le cynisme et la posture moraliste relevant de l’hypocrisie sociale qu’il assume parfaitement (d’où son attitude à la fois immorale avec la soeur de Brandon - qui n’a rien d’une « casse-couille », mais tout d’une borderline suicidaire), tout en condamnant la collection porno de son employé.
      Steeve McQueen à aucun moment de « tombe dans le piège américain de la condamnation du sexe », preuve en est la scène de la blonde à l’hôtel. Clinique, mais socialisée à minima. Quant à l’orgie, ainsi que l’écrit Valérianne, elle révèle non pas une culpabilité supposée du personnage, mais sa souffrance infinie. Et si le réalisateur « condamnait », je doute qu’il filmerait d’une manière à la fois aussi crue et aussi peu sensuelle, mais si violemment génitale (dans les premiers plans sur Brandon entre la chambre et la salle de bain, c’est évident).


    • Valerianne Valerianne 13 décembre 2011 10:11

      Bonjour,

       

      C’est bizarre avec « Shame », j’ai l’impression de ne pas avoir vu le même film que les autres, car pour moi, le sujet « honteux » est bien plus l’inceste que l’addiction au sexe... smiley

      Cf la critique que j’en ai faite sur mon blog (plus étoffée que celle d’agoravox) : http://0z.fr/4B0B7

       


      • JL JL1 13 décembre 2011 10:38

        Valérianne,

        attention tout de même : il y a inceste et inceste. L’inceste entre deux personnes adultes et consentantes n’a rien à voir avec l’inceste dont il est question dans les prétoires et qui vous choque tant et à juste titre, c’est peu de le dire,

        L’un est un crime pédophile doublement aggravé, puisqu’il est commis par une personne ayant autorité sur l’enfant ; et qui en même temps détruit la fonction symbolique parentale indispensable à la construction saine de sa personnalité. L’enfant perd à la fois son amour de soi, son innocence et son parent.

        L’autre peut vous choquer à juste titre également ; mais vous devez savoir que ce qui se passe dans les alcôves entre deux adultes consentants, qu’ils soient parents ou non, ne concerne pas les tiers. Et si le cinéma nous met en position de voyeurs cela ne nous donne pas le droit d’en exiger la condamnation publique.

        Ne mélangez pas les genres, SVP.
        Cordialement.
         


      • Georges Yang 13 décembre 2011 10:19

        Le film finalement n’est pas assez glauque pour être captivant
        Hunger était beaucoup plus fort


        • Valerianne Valerianne 13 décembre 2011 10:53

          ...mais je n’en fais pas la « condamnation publique » de l’inceste... Je note simplement que dans « Shame », la honte vient bien plus de cela, cette relation entre le frère et la soeur, que du reste (l’addiction sexuelle de Brandon). Ce n’est pas un jugement moral, c’est juste une constatation objective ! smiley

           


          • Valerianne Valerianne 13 décembre 2011 10:57

            ...quant à la notion de « glaque », perso, le glauque pour le glauque, je n’en vois pas l’intérêt... il n’y a que les ados (et encore, certains ados ! smiley) pour se captiver pour le glauque en tant que tel...

             

            Et d’ailleurs, « Hunger » ne m’a jamais semblé « glauque » non plus ! Il parle de convictions, de convictions tellement fortes et ancrées qu’elles conduisent à une grêve de la faim, et donc la mort. C’est un film « politique » avant tout.

             


            • Georges Yang 13 décembre 2011 11:45

              Hunger est une condamnation des méthodes Thatcher, les scènes sont glauques dans le sens de l’hyperréalisme sans concessions, on ne sort pas léger du film Hunger
              Shame, c’est presque gentil
              la scène du resto est comique
              Le côté bi et back room n’est pas vraiment compatible avec la personnalité du héros


              • Valerianne Valerianne 13 décembre 2011 11:55

                Bah si, c’est compatible les scènes « bi » et dans un back-room... Quand l’addiction sexuelle (fréquente après une relation incestueuse) est telle que, excusez moi l’expression, « n’importe quel trou fera l’affaire... ». Je ne vois pas pour autant Brandon « bi » ou « homosexuel refoulé » (comme j’ai pu le lire dans certaines critiques...), mais simplement addict (et dans le mauvais sens du terme - cf le gros plan, dans la scène avec les deux femmes, où on voit surtout la souffrance sur son visage) au sexe au sens large !

                 

                Ce n’est vraiment pas un « film gentil », c’est un film dur, triste, parlant d’un drame familial... mais heureusement, la fin laisse présager une ouverture.

                 


                • Georges Yang 13 décembre 2011 15:42

                  Rédemption à la fin ou retour à la niche morale ?
                  Pourquoi baiser tous azimuts serait une tare ?
                  J’auris plus compris une scène de partouze bi qu’une scène de back-room
                  Le taré, c’est plutôt le patron qui se goinfre sa sœur sous son nez et reproche au héros de regarder du porno sur son ordi
                  Et ce con ne sait même pas que le cream-pie consiste à se branler sur une quiche ou une pizza avant de la mettre au four


                • Valerianne Valerianne 13 décembre 2011 16:10

                  Mais ce n’est pas le fait de « baiser tous azimuth » qui est une tare ! C’est juste, que dans ce film, ça apparaît bien plus comme une souffrance que comme un plaisir... smiley

                  Heureusement, la soeur vient « réveiller » son frère, d’une certaine manière ! Et même si la toute dernière scène, où le personnage a un regard triste (mais humain !) face à la jeune femme qu’il avait draguée, tout au début déjà dans le métro... on se dit que quelque chose s’est passée, de positif, une sorte de « lâcher prise » et de conscientisation qui va lui permettre, peut-être alors, de relier « désir » et « acte ».

                  Bien plus qu’un film sur l’addiction au sexe (dont, personnellement, je me contrefous...), c’est un film très intéressant sur un drame familial (le personnage de la soeur étant tout aussi essentiel que celui du frère). Et sur les conséquences que cela peut avoir : ici, l’addiction au sexe (ou l’hystérisation des relations sur un mode dépendant-affectif pour la soeur). Ailleurs, ça aurait pu être une toute autre addiction (toxicomanie, boulimie...).

                   

                  Sinon, je ne vois pas l’intérêt de votre remarque insistante sur le « cream pie » (écrite aussi sur la critique que j’avais faite du film). Quelle importance que d’insister sur cette pratique ? On s’en fout, de même qu’on se fout de la scène du back-room... Ce qui intéresse, c’est juste ce que cela dit du personnage.


                • Georges Yang 13 décembre 2011 17:14

                  Pourquoi souffre- t il ? sI ce n’est qu’il vit dans une société qui culpabilise le sexe
                  La « victime » c’est aussi sa collègue qui n’a rien contre le sexe et qui sort dépitée du lit, alors qu’elle méritait mieux


                • Valerianne Valerianne 13 décembre 2011 17:32

                  Vraiment, je n’ai pas vu le film sous cet angle là (vous n’êtes pas le seul à l’évoquer d’ailleurs ! smiley), mais bien plus au niveau individuel/personnel, comme un « cas clinique » (ou plutôt deux cas cliniques).

                   

                  L’affiche anglaise qui laisse apparaître - à égalité - les deux personnages me semble d’ailleurs bien plus juste que celle française, qui se concentre sur Brandon. Et je me demande aussi si, à cause de l’affaire DSK, certains ne se focalisent pas trop sur le thème de l’addiction sexuelle (et de son rapport aux normes sociales), alors que pour moi, le sujet du film est bien plus que cela ! (l’addiction n’étant qu’une des conséquences du drame qu’on devine).

                   


                • le poulpe entartré 13 décembre 2011 23:40

                  Gardez vos dix euros en n’allant pas voir cette daube pour bobos foireux en perdition, dans leurs fondements...moraux bien sur. Ne vous laissez pas distraire de vos préoccupations bien réelles comme votre compte en banque à la fin du mois, votre boite qui va mal ou la prochaine charrette dont vous ferez peut être partie. Cette diversion cinématographique tombe à point, pour que vous continuiez à consommer du spectacle (dont on se fout complètement du sujet) pourvu que l’on vous fasse décaisser votre argent et que l’on vous démobilise le cerveau pour faire de vous des braves moutons qui suivront toutes les directives, même les plus immondes. Même les journaux dit « d’information » des chaines de télé françaises utilisent ce truc : en mettant du fait divers partout. Du bien sordide, du terrible, de l’affligeant, du soi disant révoltant pour que l’essentiel sorte de votre champs de vision et surtout de réflexion. Cet daube cinématographique a cette fonction. Sa seule place, comme celle du réalisateur et des acteurs : les vespasiennes de Kaboul. Il manque une bande son digne de ce nom à cette daube, la voici. : http://www.youtube.com/watch?v=M2q0z0iLhJA


                • panpan 13 décembre 2011 22:35

                  Bref, un film d’hommes, pour les hommes, les pauvres hommes adicts au sexe et si malheureux...

                  P.S. curieusement l’inceste entre frères et soeurs est ce qui me choque le moins.
                  J’ai toujours révé d’avoir un grand frère... le partenaire idéal...


                  • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 19 décembre 2011 09:39

                    Shame est un excellent film. Le bellissime Michael Fassbender n’incarne pas, à mon sens, un pauvre hère empêtré dans une addiction narcissique mal vécue, mais un homme coupé de ses capacités émotives dont on devine, au détour d’une phrase prononcée par sa soeur, que cela relève non pas d’une perversion ou d’un choix libertin plus ou moins assumés, mais d’un traumatisme dont on ne saura rien (« Nous ne sommes pas de mauvaises personnes, le mal est d’où l’on vient » ou quelque chose d’approchant).
                    Shame ne parle ni de cul ni de consommation de cul, mais d’âmes désespérées.


                    • incYOPmoi 15 janvier 2012 23:36

                      Je pense que ce qui est frappant avec Shame, et cela rejoint Cosmic Dancer, c’est qu’on ne voit que l’aspect superficiel du problème que vit le personnage principale. Et c’est peut être aussi lié au caractère même du personnage, très froid émotionnellement. Cet aspect de sa personnalité serait donc mis en valeur .

                      Ensuite le titre Shame reste mystérieux car on ne sait vraiment de quelle honte il est question. S’agit-il de la honte d’avoir abandonné sa soeur à ses problèmes personnels, jusqu’à la laisser s’ouvrir les veines ? Est-ce la honte de s’avouer une « tare », une « maladie » de sex addict ? Un peu des deux peut être. La scène où le héros lache prise sous la pluie laisse penser que ce serait l’explication.

                      Sinon une autre interprétation possible et que j’ai eu était que le ce cher Brandon a du mal à assumer son homosexualité (la scène du back-room gay se justifierait ainsi) et il se le cacherait à travers une addiction bien virile au sexe hétérosexuel. De plus, Steve McQueen étant lui-même homosexuel, je pense cette option tout à fait concevable. Ainsi le titre de « Shame » ne serait pas aussi superficiel et ne ferait pas appel au puritanisme religieux Américain.

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