L’Afrique 50 ans après les indépendances est un des derniers essais parus sur le sujet. Cette année 2010 marque l’heure du bilan. Ceux qui connaissent déjà la véritable histoire de cette Afrique verront dans l’ouvrage d’Essé Amazou, docteur en sociologie du développement, un retour nécessaire sur le passé. Les autres comprendront sans doute mieux les traumatismes et les blessures qui brident le développement du continent.
A l’heure du cinquantième anniversaire des indépendances, comment ne pas succomber à l’afro-pessimisme ? Hélas, l’Afrique, encore une fois, c’est l’enfer sur terre, le continent dépossédé, usé, abusé, pillé, esclavagisé, théâtre de tous les drames humains possibles depuis des siècles. L’essai tente d’expliquer comment les populations africaines sont passées de l’euphorie post-indépendance au désespoir actuel qui les poussent à se lancer dans l’aventure de l’immigration.
Le procès de la colonisation et du néocolonialisme
Ce livre rattache la dérive du continent à des causes historiques profondes. L’auteur dresse un « bilan politique de l’Afrique actuelle révélateur des multiples problèmes qui minent le continent ». Il rappelle qu’à l’époque pré-coloniale, le continent, bien que vidé en masse par la traite des Noirs, construisait son unité politique dans la paix et l’harmonie, entre royaumes et empires. L’irruption coloniale du 19e siècle a brutalement interrompu cette restructuration interne, en introduisant des régimes politiques inadaptés aux réalités africaines, en divisant volontairement les peuples, en asseyant une domination dont l’Afrique n’est toujours pas débarrassée. Aux indépendances, qui n’en sont donc pas vraiment, l’héritage colonial s’avère dévastateur. L’auteur revient sur les guerres ethniques et politiques et conflits d’intérêts, résultant souvent de relations malsaines avec les anciennes puissances coloniales qui ont conduit à l’échec du processus de démocratisation, de la reconstruction et au sous-développement dans tous les domaines.
Le marasme économique
Le bilan économique du continent est tout aussi désastreux que le bilan politique. Certes l’Afrique connaît une période de renaissance dans les années 60-70, mais de courte durée. En effet à la décolonisation, des leaders politiques lancent mille projets et travaux, en particulier en faveur de l’agriculture, dont l’accroissement permettrait l’amélioration des conditions de vie des populations. L’auteur accuse des stratégies de développement inadaptées, qui reposent fondamentalement sur la croissance économique, et qui auront des conséquences dramatiques, puisqu’elles favorisent une logique capitaliste aux dépens des besoins vitaux et du bien-être des populations.
Une question se pose encore. Pourquoi l’Afrique, faste en ressources naturelles, est-elle le dernier continent à en profiter et le plus faible économiquement parlant ? Cet essai sonne comme un rappel, énumérant tous les drames économiques que le continent a connu depuis l’esclavage. L’auteur dénonce la responsabilité des grands acteurs politiques et financiers dans son sous-développement. Depuis des siècles, ses richesses et ses populations sont exploités par les Européens, ses biens collectifs bradés et gaspillés par des dirigeants corrompus et incompétents, le système international économique est défavorable à son développement. La misère et le dénuement qui en découlent entraînent les citoyens dans la spirale infernale des grands fléaux humains dont l’auteur s’alarme à la fin de l’essai.
La conclusion est pessimiste. « L’Afrique, cette terre qui a vu rayonner la première civilisation humaine, se meurt ».
Amazou Essé, L’Afrique 50 ans après les indépendances, éd. L’Harmattan, 2009.

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@Albatar (xxx.xxx.xxx.94) 9 mars 17:55 C’est exactement ce que je dis : Un misérable (...)
10/03 08:57 - Mohammed MADJOUR"L’Afrique ne se développe pas parce que depuis les indépendances (et la (...)
10/03 02:09 - Sahtellilhttp://www.agoravox.fr/tribune-libr...
09/03 18:15 - FuraxBonjour Mr Madjour, Vous dites : "Bien sûr, mais les misérables petits dictateurs qui sont (...)
09/03 17:55 - Albatar"L’Afrique 50 ans après les indépendances" C’est vous qui le dites, parce que moi (...)
09/03 17:07 - Mohammed MADJOUR@LE CHAT "les grandes monocultures d’exportation monopolisent trop de surfaces et (...)
09/03 16:25 - Makan
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