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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « L’amant » de Harold Pinter avec Léa Drucker

« L’amant » de Harold Pinter avec Léa Drucker

De la relation conjugale aseptisée du mari avec son épouse depuis une dizaine d’années jusqu’aux rendez-vous fougueux et sauvages de l’amant avec sa maîtresse plusieurs fois par semaine, se positionnent les deux faces conceptuelles du couple qui, en cas de cohabitation simultanée, sont appelées à résoudre le problème récurrent du mensonge et de la vérité.

Harold Pinter tire l’épure de cette dualité en enrobant les « jeux de l’amour » dans une addiction à « l’amour du jeu », avec à la clef, le processus de déstabilisation des partenaires, abusés par eux-mêmes.

Sans doute, serait-il vain d’analyser la gestation chronologique de ce processus transgressif, en se référant à des interprétations psychologiques, car la subjectivité polyvalente du désir sexuel risquerait de nous confronter à des impasses totalement contradictoires.

En revanche, le schéma mental peut être un outil de compréhension beaucoup plus pragmatique :

En effet, la projection existentielle d’un tiers est une arme de l’imaginaire qu’aucune limite tangible n’est en mesure de contredire :

Oui, Sarah et Richard mènent, de concert, une double vie entre le jour et la nuit. Mais qui est réellement Max ?

Un fantasme composite du laitier (Jeoffrey Bourdenet) qui vient, chaque matin, apporter les bouteilles fraîches ?

Un personnage fictif sorti des spéculations masculines ou féminines que les époux se renvoient dos à dos ?

Le double de Richard, en version hard, libérant l’image passionnelle de Sarah ?

Aucune exclusive n’est à rejeter et ainsi, chaque spectateur est en droit de percevoir une version ouverte et différenciée du couple que Léa Drucker et Pierre Cassignard construisent et déconstruisent en temps réel, dans une sorte de caisson en bois, occupant la cage de scène, et dont les deux acteurs ont, d’emblée, relevé les stores afin de solliciter notre voyeurisme assumé.

Une porte centrale en fond de décor autorise les échappatoires vers le monde extérieur, dans un va et vient versatile au gré du rituel libidinal.

La mise à distance des personnages trace le fil conducteur que Didier Long maintient, en suspend, entre celui-ci et celle-là autant qu’entre eux et nous… afin, tout simplement, de préserver l’énigme du langage amoureux.

photo © Theothea.com

L’AMANT - **.. Theothea.com - de Harold Pinter - mise en scène : Didier Long - avec Pierre Cassignard, Léa Drucker & Jeoffrey Bourdenet - Théâtre Marigny / Popesco

 


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