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« L’Anniversaire » de Harold Pinter avec Lorànt Deutsch & Andréa Ferréol à la Comédie des Champs-Elysées

Michel Fagadau a réuni une distribution fort prometteuse où Andréa Ferréol & Lorànt Deutsch en tête d’affiche laissent à penser que Jean-François Stevenin, Nicolas Vaude & Jacques Boudet vont faire une haie d’honneur à la nouvelle venue, Emilie Chesnais dont Patrick, son père est si fier de la voir intégrer "le métier" par la grande porte.

La disparition récente d’Harold Pinter ajoute à l’émotion de découvrir cette nouvelle adaptation française du directeur de la Comédie des Champs-Elysées dont la mise en scène semble se placer d’emblée sous le signe paradoxal de la parodie.

En effet, trois grands miroirs déformants vont constituer la structure du décor en masquant plus ou moins les coulisses, à la manière d’un immense paravent ajouré.

Place donc à l’anniversaire, celui de Stanley (Lorànt Deutsch), seul résidant permanent de cette pension de famille du bout du monde.

Meg (Andréa Ferréol) et Peter (Jacques Boudet) en sont les hôtes, assez désappointés de constater que leur client ne parvient pas à s’extraire d’un cycle maniaco-dépressif.

Cependant, là, où Meg perçoit une complaisance qu’il faudrait combattre, son mari serait plus volontiers adepte du non-interventionisme.

C’est alors que surviennent, pour passer la nuit, deux étrangers qui vont rapidement souhaiter participer aux festivités de l’anniversaire.

Passant d’une attitude dictatoriale à l’égard de Meg à un comportement de soumission progressive aux desiderata du duo Goldberg (Jean-François Stevenin) - MacCann (Nicolas Vaude), Stanley, lui, va être happé vers une prostration inéluctable dont Lulu (Emilie Chesnais), la voisine percevra les rouages de manipulation maléfique sans être en mesure de pouvoir intervenir.

Ce qui devrait prédominer dans cette pièce, c’est un sentiment diffus de menace d’autant plus pesante qu’il apparaît peu à peu que rien ne pourra arrêter la machine infernale.

Michel Fagadau a pris le parti de jouer l’équivoque, en laissant accessible, la multiplicité des points de vue envisageables.

Aussi, sa direction d’acteurs incite ceux-ci à rester dans le flou des personnages et à susciter ainsi une confusion relationnelle dont nul ne sort indemne, y compris les spectateurs qui, s’interrogeant en permanence sur le sentiment de vraisemblance, sont confortés par la présence déformante des trois miroirs censés justifier leur doute.

Reste que ce pari en abîme est fort osé de la part du metteur en scène, car il tend à rendre les comédiens éthérés jusqu’au point d’en risquer le caractère insipide.
 
Visuel affiche Photo © Pascalito 
 
L’ANNIVERSAIRE - ** Theothea.com - de Harold Pinter- mise en scène : Michel Fagadau - avec Lorànt Deutsch, Andréa Ferréol, Jacques Boudet, Jean-François Stévenin, Nicolas Vaude & Emilie Chesnais - Comédie des Champs-Elysées -


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2 réactions à cet article    


  • Justine 21 février 2009 15:18

     

     

    J’ai été profondément déçue par la pièce l’Anniversaire. Comment peut-on autant détruire un texte aussi sublime que celui de Harold Pinter ? J’ai considéré cette pièce comme un manque de respect le plus total, bien plus important que quelques spectateurs quittant la salle pendant la représentation (j’y ai songé moi-même). 

    Seul le décor était appréciable, mais dans une salle aussi magnifique, avec un budget énorme et des places à des prix exorbitants, la moindre des choses serait de se la jouer un minimum professionnel. Au début, j’ai vraiment pensé que c’était une blague, un sketch ! Quelle lenteur pour débiter le texte, des déplacements totalement injustifiés, des acteurs plus mauvais les uns que les autres (je tiens simplement à saluer le travail de Nicolas Vaude qui a réussi à mettre un peu de vie dans cette soupe) et Jean-François Stévenin qui était carrément ivre sur scène... Enfin, jouer tous les soirs une pièce aussi nulle, vide et chiante, je peux comprendre que cela pousse à l’alcoolémie...

    Je suis profondément déçue, et je n’encourage personne à aller voir l’Anniversaire.


    • Theothea.com Theothea.com 21 février 2009 19:35

      Votre point de vue est radical. Je peux le comprendre.
      N’oublions pas cependant que Michel Fagadau a élaboré sa mise en scène selon la perspective du miroir déformant !....
      JM / Theothea.com

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