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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’apocalypse des petits bourgeois

L’apocalypse des petits bourgeois

Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé cinéma par ici. Il faut dire que si l’on cherche de l’audace ou des thématiques adultes, on est bien mieux servis par les séries TV dont certaines enterrent depuis pas mal de temps la platitude narrative de l’industrie du cinéma, qui en est réduite à s’autoparodier dans des remakes et des reboots sans fin.

Avant toute chose, il convient de préciser que je suis très bonne cliente du film catastrophe comme genre à part entière. Je me souviens encore avec émotion de l’Aventure du Poseidon, de cette incroyable épopée où il fallait progresser vers la coque dans un paquebot à l’envers pour atteindre la surface et donc survivre. Le film catastrophe emprunte beaucoup à la tragédie grecque, avec sa tendance naturelle à l’unité intense de lieux et de temps. La structure est toujours à peu près identique : un groupe de personnes assez hétéroclites se retrouve subitement poussé dans ses retranchements par des circonstances exceptionnelles qui serviront de révélateurs quant à la nature réelle et profonde de chacun des protagonistes. Il y a bien sûr les règles immuables du jeu de massacre inhérent au genre. Dès la scène d’exposition, parfois très longue, on commence à parier sur qui va décaniller en premier et qui se révèlera être un héros dans l’adversité. Les chiens et les gosses sont généralement hors concours, ce qui fait qu’on éprouve toujours une jouissance purement jubilatoire quand un scénariste décide de trucider quand même les mouflets à raie sur le côté et les Lassie, chiens fidèles. Mais ce genre de déviance extrême, généralement sanctionné par un déclassement du film, reste exceptionnel.

Dans la foulée du film catastrophe, il y a un sous-genre qui prétend régulièrement à la place de genre à part entière : le film de fin du monde. Le film de fin du monde utilise exactement les mêmes recettes et ressorts que le film catastrophe dont il tente pourtant d’oublier la filiation. Ce qui le distingue profondément, c’est l’échelle de la destruction. Même si l’on tend à suivre un petit groupe soumis au chaos et que l’enjeu se limite souvent à sauver sa peau, le théâtre des opérations est à la dimension planétaire. Il ne faut d’ailleurs pas confondre le film de fin du monde avec le film postapocalyptique, ce dernier commençant généralement là où s’arrête le premier.

Ces dernières années ont été fastes pour les amateurs de films de fin du monde, tous surfant sur la vague postmillénariste de 2012. Notre civilisation boursoufflée par sa propre importance était quelque peu fâchée d’avoir changé de millénaire avec l’aisance de la rivière en crue quand elle reprend son cours naturel. Il y avait là quelque chose de très frustrant que de se rendre compte que les chiffres n’ont que le sens que nous voulons bien leur donner et que, malgré notre acharnement délétère, notre espèce entière se réduit à une anecdote microscopique dans l’histoire de notre planète.

Nous jouons à nous faire peur pour oublier notre grande terreur intime : à savoir qu’après nous, ce n’est pas la fin du monde et que l’univers se s’effondre pas à la seconde même où notre petit cœur vaillant cessera de battre la mesure.
À l’échelle d’une vie humaine, la mort est bien la fin d’un univers entier, mais la minute d’après continuera tout de même à retentir du rire des enfants et du brouhaha foisonnant de la vie.

Après eux, la fin du monde

Le 2012 de Roland Emmerich avait déjà bien planté le décor de la fin du monde dans une société ultralibérale où les plus riches monopolisent les ressources pour se préparer un ticket de sortie aux dépens de tous les autres humains de la planète. Une métaphore à peine filée de notre triste réalité.

Je ne vais pas faire la liste des nombreux films de fin de monde de ces dernières années, parce qu’en fait, ce n’est pas du tout mon propos ici. Mais quand même, si vous avez une ou deux soirées à tuer, je vous conseille en passant de tenter le très sensible et original Perfect Sense de David MacKenzy ou le complètement déjanté This is the End de Seth Rogen. Et au milieu, pour faire bonne mesure, le très « cinéma français », mais néanmoins très regardable Les derniers jours du monde des Larrieu.

Donc, hier soir, c’est sans aucun préjugé que je m’installe devant 4 h 44 Dernier jour sur Terre d’Abel Ferrara.

En gros, tout le monde va mourir en même temps à 4 h 44, heure de New York, parce que, comme d’hab’, la fin du monde s’apprécie toujours mieux du sol américain. Pas de soucis, ça me va, on fera avec. En plus, c’est une bonne occasion de revoir Willem Dafoe, super acteur qui se maintient en bonne forme malgré sa soixantaine galopante. On plante le décor dans un appartement vaguement bohème, mais probablement pas bon marché que le personnage principal partage avec sa… fille ? Petite-fille ? Ah ben non, sa copine… mais ce n’est pas grave. Elle jette de la peinture sur des toiles collées au sol, c’est donc qu’elle est artiste un peu gérontophile… pas de soucis. Un peu cliché, mais pas de soucis.

Donc, la fin du monde commence par une scène de cul un peu longue et appuyée… mais pourquoi pas ? C’est la fin du monde, c’est vrai qu’il vaut mieux faire l’amour que les magasins. Là-dessus papy fait une sieste, parce que le cul, c’est fatigant et pendant ce temps, sa copine a recommencé à jeter de la peinture. Why fucking not ?!

C’est ensuite que je commence à un peu à m’agacer. Donc, le gars, c’est la fin du monde grave, il vient de baiser et là… il regarde la télé. Ouaich. Tout le monde connait l’heure de la fin du monde et personne ne trouve mieux à faire que de faire comme d’hab’, même si, à moment donné, le présentateur explique que c’est un jour férié. Trop sympa, le MEDEF local : on te donne un petit congé pour mieux apprécier la fin du monde en direct.

Comme la télé, c’est aussi chiant le jour de la fin du monde que les autres jours, Willem Dafoe… se jette sur Skype entre deux déambulations sur sa terrasse pour bien vérifier que dehors, il ne se passe rien de remarquable. Du coin de l’œil, tu notes que les rues ne sont ni vides ni pleines et que les gens respectent les feux de signalisation… À la limite, je veux bien admettre tout ça. C’est la fin du monde totale, il ne sert donc à rien de voler des télés à écrans plats ou de courir dehors en gueulant et oui, t’es pas plus mal à passer tes dernières heures avec les gens que tu aimes. D’ailleurs, on est tous bien d’accord : on ne devrait jamais fréquenter des gens à côté desquels on ne supporterait pas de crever !

L’idée était bonne (et bien exploitée par Lars von Trier dans « Melancholia »), le lieu propice à la narration, les acteurs (habituellement) corrects. Mais ce film est d’une nullité sans nom. Abel Ferrara accumule les scènes et les propos ridicules, ainsi que les clichés, conjuguant — rare prouesse — la vanité d’un bobo parisien à la finesse d’un droitard de la France rurale (qu’il n’est pourtant pas puisqu’il est Américain). Allez-y si vous avez envie de rire. D’ailleurs, dans la salle les spectateurs riaient, gênés non pas par les scènes de sexe que certains croient encore pouvoir utiliser à des fins de provocation (or, quoi de plus commun en 2013 ?), mais par le ridicule absolu des dialogues et du propos général. Je n’oublierai jamais Willem Dafoe s’écrier (à peu près) « Oh, mais pourquoi les méchants capitalistes ont-ils saccagé l’environnement ? Maintenant nous allons tous mourir ! » et sa petite copine (âgée de 70 ans de moins que lui) remercier un Asiatique d’exister parce qu’il s’est connecté à Skype chez elle. Ce même livreur de pizza grâce auquel nous avons droit à une leçon d’humanité aussi profonde que l’intelligence de Ferrara (c’est dire) puisque Cisco (Dafoe) réalise qu’il ne connait même pas le prénom dudit Asiatique alors que celui-ci lui a livré tant de pizzas… Une belle leçon de vie à la Dany Boon. Navrant. Pathétique. J’espère que c’était le dernier film d’Abel Ferrara sur terre.

Par Mr Massacre

En gros tout est dit sur la colère qui a fini par monter en moi, particulièrement pendant la scène du livreur vietnamien (qui livrait de la bouffe asiatique en fait et non des pizzas, mais on comprend qu’on se mélange les pinceaux sous le coup de l’émotion !).

Parce que, bon !

  • C’est la fin du monde, bordel ! Et le gars n’a rien de mieux à faire que de livrer des nouilles sautées ? C’est la fin du monde et tout ce que je sais faire, tout ce que j’ai envie de faire, c’est larbin ! Trop cool !
  • Tu sais quoi ? Tu es aigrie comme fille !
  • Hein, quoi ? Ça fait une heure qu’on se tape les platitudes existentielles d’un petit bourgeois suffisant pour lequel le reste du monde n’est qu’un décor justifiant la mise en scène de son petit égo de merde ! C’est la fin du monde et tu vois dans les scènes de rue des voitures de flics qui patrouillent, parce que les flics n’ont rien d’autre à foutre de leur vie que de faire des rondes de flics, parce qu’ils sont génétiquement des flics, nés comme ça, programmés pour ça. Comme les Vietnamiens n’ont pas d’autres centres d’intérêt dans la vie que de larbiner au service des petits bourgeois du centre-ville. C’est la fin du monde, mais il ne faut surtout pas que le petit blanc égocentrique puisse manquer de nouilles sautées pour partir le ventre plein et la conscience tranquille (et les couilles vides, aussi, en passant !). Donc, les Vietnamiens, ils sont restés en cuisine pour assurer le confort du trou du cul blanc qui se sent trop cool à leur prêter Skype et à leur filer plein de biftons en pourboire, parce que lui, il est pas con, il sait que c’est de la générosité en monnaie de singe. Le mec, il ne pense qu’à sa gueule et quand il a son ex en visio, celle qu’il a plaquée pour se faire une jeunette, il trouve en plus le moyen de lui dire que c’est de sa faute, qu’elle n’a pas su le retenir. Mais c’est quoi ce crétin abyssal, imbu de lui-même, convaincu que le monde tourne autour de la satisfaction de ses besoins immédiats et qui n’accepte la mort que dans la mesure que personne ne lui survit ?
  • Ouais, c’est bien ce que je dis : tu es aigrie !
  • Je te merde, je te conchie !

 

La réification du travailleur comme subordination au désir immédiat

Comprendre concrètement pourquoi la narration égocentrique de Ferrara m’a vraiment énervée hier soir a été brillamment expliqué par l’inénarrable Frédéric Lordon ce matin (typiquement le genre de gars qui devrait te rendre la fin du monde éminemment intéressante !)

Voici une troisième vidéo de notre série Épandage médiatique, ayant pour titre « Les zélés du désir ». L’économiste Frédéric Lordon repère, au travers de la figure du consommateur-roi véhiculée par la publicité, l’impact de la propagande ultralibérale sur le salariat.

Voilà ce qui m’a profondément choquée dans l’attitude du personnage principal, attitude qui, je le pense, doit sembler totalement naturelle à l’auteur : le fait que ce qui fait société, que ce qui crée son environnement quotidien, est devenu quelque chose d’abstrait, de désincarné, d’invisible et de dû. Le confort du personnage de Cisco est assuré par une armée de personnes invisibles qui n’existent plus en tant que personnes. Les travailleurs de la Grande Pomme, ceux qui assurent la circulation, la sécurité, la logistique de la nourriture, les approvisionnements en énergie ou en information, tous ces gens n’ont plus de vie propre, de désirs, d’émotions, de but, de projets, ils sont seulement assujettis à leur statut de larbins au service du confort de quelques-uns.

La superposition entre le film chichiteux, prétentieux et vide de Ferrara et les publicités déshumanisantes dont les ressorts sont démontés avec talent par Frédéric Lordon est saisissante. Les deux illustrent le pouvoir illusoire des hommes riches connectés sur la foule des péquins qui n’ont d’autre substance, d’autres justifications à leur simple existence que de les servir. Et cela n’est même pas ressenti comme une violence sociale absolue.

Dans le film de Ferrara, tout comme dans les publicités analysées par Lordon, s’exprime une domination sociale implacable entre ceux dont les besoins et les désirs sont des ordres et l’armée immense, anonyme, et voire même invisible de ceux qui les servent directement ou leur assurent indirectement et de loin les conditions optimales de réalisation de leurs conditions d’existence. Et Internet accentue cette domination, l’écran renvoyant l’exploité vers un lointain abstrait et intouchable alors même que le principe interactif en temps réel permet de commander l’armée des ombres au doigt et à l’œil sur le mode ludique.

La négation de l’homme, processus au long cours, prend ici sa pleine mesure puisque, tel l’enfant capricieux, le consommateur pressé assouvit son désir ici et maintenant en escamotant totalement de son univers pensé les besoins fondamentaux de ceux qui doivent le satisfaire à tout prix. Les multiples disparitions des métiers de l’espace public ont rendu invisible l’armée de l’ombre des larbins. La distanciation technologique réifie le travailleur, le ravalant à un état de chose, d’automate anonyme, voire de lointain concept tant les actes et ceux qui les produisent sont en voie de totale dissociation, de la même manière que l’infantilisation du consommateur lui fait oublier qu’il est lui-même un travailleur assujetti, une marionnette désincarnée qu’un autre lui-même inconscient agira comme le manipulateur le fait avec le pantin.

Ainsi, tout en se plaignant de la violence des échanges en milieu professionnel, le salarié-consommateur va lui-même durcir ses conditions de travail d’un simple glisser-déplacer sur la surface lisse et froide de son dernier joujou technologique, en exigeant toujours plus de services, toujours plus vite et toujours moins cher.

Mais cette participation ne vaut pas pour émancipation. Il reste des strates bien figées entre les pantins et les marionnettistes, entre ceux qui ne conçoivent même pas le nombre de personnes mobilisées chaque jour pour perpétuer la satisfaction optimale de leur besoin et ceux qui peinent à survivre, qui sont contraints chaque jour à s’oublier, se renier, pour grappiller de quoi tenir jusqu’à la fin du mois, leur horizon indépassable.

Quand j’y repense, il est remarquable dans le film d’Emmerich que le récit suggère l’effort continu d’une armée de travailleurs chinois pour construire les arches des riches, sans pratiquement ne jamais en montrer un seul. Il est fascinant d’entrevoir que dans l’esprit même des scénaristes, une armée de travailleurs chinois n’est pas capable de penser la finalité de son œuvre et qu’à aucun moment, les ouvriers et ingénieurs n’ont eu même l’idée de se retourner contre leurs commanditaires pour sauver leur propre peau.

La force émancipatrice du revenu

Il y a quelque chose d’à la fois naïf et touchant dans cette foi inébranlable en l’infériorité intrinsèque des autres qui garantirait à coup sûr l’impunité des profiteurs. Nos récits collectifs mettent toujours en scène cette armée des ombres et des humbles qui n’ont d’autre gloire que de se sacrifier pour permettre à leurs exploiteurs de sauver leur peau. C’est un peu comme s’ils avaient fini par croire à leur propre mythologie de la prédestination sociale, du fait que chacun est à sa place et que par la force inéluctable du conditionnement génétique et familial, tous les opprimés participent activement à leur propre domination.

C’est oublier un peu vite les ressources — elles aussi colossales — consacrées en permanence à la reproduction et au maintien des hiérarchies sociales. C’est faire fi de la violence concrète et pas uniquement symbolique des inégalités d’accès aux besoins fondamentaux, de la manière dont les cloisonnements de notre société sont chaque jour renforcés par le creusement des inégalités et par la somme des forces politiques mises en jeu pour consolider ce système.

Je m’intéresse ainsi beaucoup à tout le mouvement qui entoure l’idée du Revenu de Base ou du Revenu Universel. L’idée première est de revenir à une redistribution un peu plus équitable des revenus et, par là même, à plus de justice sociale. In fine, cela est perçu comme une bonne manière d’en finir avec la pauvreté.

Mais la réalité est plus crue et plus immense que cela. Un Revenu de Base Universel garanti à tous, à vie et sans condition en finirait avec l’état de nécessité. Brutalement, tout le monde aurait réellement le choix et ne serait pas uniquement contraint par la survie et la subsistance. Sans l’injonction violente du « marche ou crève », nombre de ces postes indispensables à la périnité du confort de certains seraient désertés sur le champ. Un peu comme le livreur de nouilles sautées du film d’Abel Ferrara, qui aurait brutalement plus important à faire que de demander un pourboire pour sa peine.

Ce serait d’ailleurs très précisément la fin de l’économie du pourboire.

« Quand on y pense, il est étrange que, dans une grande ville moderne, des centaines de personnes doivent passer leurs journées dans des sous-sols étriqués et étouffants à laver de la vaisselle. C’est à se demander pourquoi cette vie continue – quels objectifs elle sert et qui veut que cela continue… » George Orwell

À bas les restaurants, traduction française d’une production de prole.info

Quand j’ai lu ce texte important et que je vous invite à (re)découvrir, j’ai compris qu’il fallait faire la peau à toutes les évidences et que la plus persistante de toutes est celle qui consiste à penser qu’il est naturel et normal de se faire servir en échange d’argent. Qu’il y a des gens qui ont pour vocation de servir les autres en s’oubliant eux-mêmes.

Un restaurant est un endroit misérable.

Même les restaurants qui font des pubs branchées dans le journal, qui servent uniquement de la nourriture biologique, sans gras ou végétalienne, qui proposent une ambiance cool avec de beaux dessins sur les murs ; tous ces restaurants ont des cuisiniers, des serveuses et des plongeurs qui croulent sous le stress, la déprime et l’ennui et qui ont envie d’autre chose.

Idem

Et voilà ce principe d’exploitation pure qui se heurte au concept foncièrement humain de la fin du monde : qu’est-ce qui est réellement important pour toi ? Qu’est-ce que tu voudrais faire si tu n’avais plus que quelques heures à vivre et que plus rien ne pouvait porter à conséquence ?

Je ne pense pas que la réponse serait : livrer des putains de nouilles sautées à un pauvre type qui me considère comme un meuble depuis des années et qui n’a pas la moindre idée de mon nom, de ma vie et qui s’en tape royalement.

En fait, ce qui est intéressant de savoir, c’est quels sont les boulots qui continueraient à exister si plus personne n’était guidé par le principe de nécessité. Et quelle tronche aurait la nouvelle société qui naitrait de cette profonde révolution.

Je pense que ce serait quelque chose que personne n’est actuellement capable de prévoir. Même si sa vie en dépendait.


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42 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 25 juin 2014 11:09

    vu aussi et vraiment à chier comme film.
    j’en ai zapé les trois quarts, vu que c’était chiant


    • Monolecte Monolecte 25 juin 2014 11:37

      Moi, j’ai râlé comme un putois en espérant que ça allait s’arranger. Pour que je sois d’accord avec Éric Neuhoff, faut vraiment qu’il y ait un problème !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 juin 2014 12:14

      Vaut mieux se marrer avec la fin du monde ,« c’est la fin » m’a l’air pas mal , à streamer ...
      Foufouille ,une bonne tranche d’humour avec invasion de zombis :
      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=57825.html.


    • foufouille foufouille 25 juin 2014 12:36

      en général, un film de fin du monde est bidon. quand ça finit bien, on sait même pas pourquoi



    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 juin 2014 18:01

      Bonjour .Pas encore vu mais le même réalisateur que « Shaun of the dead »...
      Suis preneur !


    • foufouille foufouille 25 juin 2014 18:54

      c’est un film anglais. l’humour british est spécial


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 juin 2014 19:05

      J’adore l’humour anglois . « Un poisson nommé Wanda » ...
      Celui ci pas mal ,à streamer :http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=128990.html.


    • Radix Radix 25 juin 2014 11:40

      Bonjour Monolecte

      Comme d’habitude, excellent article.
      Je ne sais si vous l’avez remarqué mais dans les film catastrophes américains il y a une constante, quelque soit le problème, climatique, astéroïdique, démocratique ou autre, la solution est toujours la même : on va faire péter une bombe !

      Radix


      • foufouille foufouille 25 juin 2014 12:59

        pas dans celui-là, si je souviens bien


      • Radix Radix 25 juin 2014 13:09

        Bonjour Foufouille

        Bien sûr puisqu’il n’est pas américain.

        Radix


      • Monolecte Monolecte 27 juin 2014 10:39

        La sortie de la nécessité fait que la survie n’occuperait qu’une petite partie de nos existences. Beaucoup de gens, à mon sens, pourrait se consacrer aux activités qui sont actuellement qualifiés de « hobbies », de loisirs.
        Je connais tellement de gens qui sont doués pour créer, fabriquer, transformer, faire pousser, mais qui ne le font que le WE, quand leur boulot pas intéressant mais alimentaire leur en laisse la possibilité et parfois même la force.

        Souvent, je regarde ces réalisations de loisir et je me demande combien de talents sont irrémédiablement gâchés par le principe de nécessité.


      • xmen-classe4 xmen-classe4 25 juin 2014 15:07

        le louvre ou hollywood ?


        • In Bruges In Bruges 25 juin 2014 17:41

          Si vous étes directement attirée par les navets, faut pas venir (très longuement) nous expliquer après, l’air navré et le rictus mauvais, que c’est un navet...
          Sinon, au rayon surprise, je vous conseille aussi cette maxime :
          « il pleut toujours là où c’est mouillé ».

          Les totos de logis et les plaids au nasme, connaissez ?

          Allez, encore un article à la con.
          Bonsoir chez vous.


          • Monolecte Monolecte 25 juin 2014 17:49

            Le théorème de Monsieur Monolecte serait que pour apprécier les bons films, il faut tout de même se taper des nanars de temps à autre. Je n’avais rien lu sur ce film, tout ce que je savais, c’est que c’est un film de fin du monde, donc, à voir.

            Après, un film inratable sur le sujet, c’est Le dernier pub avant la fin du monde.
            Et la critique sociale y est particulièrement acide et enlevée, sans compter qu’on ne s’emmerde pas une seconde.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 juin 2014 19:34


            C’est comme si c’était fait ! Pour le revenu universel, l’ Empire s’occupe activement de le mettre en place, ainsi que notre belle UE de la prospérité, cela s’appelle le Bangladesh pour tous ! L’austérité, la mise en concurrence et la précarité pour chacun ! Elle est pas belle la vie !

            Ceux qui proposent ce revenu universel, devraient au moins se poser la question : qui va dominer le monde pour pouvoir appliquer cette mesure ?
            Une mesure à l’échelle mondiale suppose un pouvoir mondial..., pour l’instant il n’y en a qu’un, les USA. 

            Cette proposition, séduisante en apparence, permet d’éviter de rappeler que tous les acquis sociaux ont été obtenus dans le cadre national, et vont être supprimés dans le cadre européen.
            Pour les europathes, c’est mieux que les citoyens perdent la mémoire....

            Grâce à l’article 63 du TFUE qui permet aux capitaux de se balader sans aucune régulation, les délocalisations ont transformé les Français en schizophrènes :

            ** Ils ont perdu leur boulot, ou bien ils font partie des 120 millions d’européens précaires
            ** Mais ils peuvent acheter des trucs à prix très bas grâce à l’esclavage remis au goût du jour ailleurs....
            En Éthiopie, en Tunisie, en Asie du sud Est, comme l’a montré l’effondrement de ce bâtiment au Bangladesh où se fabriquent pour quelques euros les fringues qui trônent dans les vitrines ou sur Internet .

            Quant à la satisfaction des désirs immédiats, la publicité depuis longtemps utilise la psychanalyse pour ajuster ses messages sur les instincts profonds.

            Tout ceci est bien expliqué dans le film PSYWAR, la Guerre Psychologique, qui me semble bien plus porteur d’informations et de réflexions que les couillonades que l’auteur va voir au cinéma !
            Pour le vide sidéral de la pensée, on a déjà la téloche ! Merci bien. 


            • lsga lsga 25 juin 2014 19:36

              ah ? et le pouvoir des multinationales alors ? Elles sont au service de la Nation Américaine et d’obama, c’est ça ? 

               


            • stetienne stetienne 25 juin 2014 19:51

              beh si le film est aussi chiant que l article ca promet


              • Monolecte Monolecte 25 juin 2014 20:10

                Vous savez ce qu’il vous reste à faire (mode double pleine) smiley !


              • chantecler chantecler 25 juin 2014 20:13

                @stétienne :
                désolé , Monolecte n’est jamais chiante et ça me ravit d’avoir de ses nouvelles ...

                Son poisson rouge est toujours a porter de mains . smiley
                Pour le revenu universel ce qui est étonnant c’est que ce sont les libéraux/libertariens qui en font la promotion : eux qui pensent « chacun pour sa gueule » , et plus de solidarité ni d’état social ni d’état tout court ...
                La charité , façon ancien régime , à la rigueur .
                Alors je me dis qu’il y a sans doute un lézard dans ce projet : type attrape nigaud , hameçon , pour faire avaler la ligne libérale aux gogos : beaucoup en rêvent ...
                Encore que cette engeance semble avoir remporté largement la partie aujourd’hui et l’a imposée à quasi la planète entière ...

                Autre problème posé : quel travail avant la fin du monde ... ?

                Alors là , non !

                Si je sais que la planète va péter dans deux jours , je pars avec mon sac à dos et je m’éclate autant que je peux ...  smiley

                Si c’est dans dix ans alors là c’est plus délicat : personne ne m’offrira le saucisson , le beaujolpif et le calendos gratis sur une décade...

                En tous cas pas mon banquier . smiley

                Cela dit je constate que l’humanité dès le départ a du lutter pour sa survie et c’est un drôle de boulot que de s’alimenter , s’assurer le gîte ne pas se peler de froid ni se faire trucider .


              • chantecler chantecler 25 juin 2014 20:17

                « à portée de mains » mais cépograve ! Les enseignants sont trop durs avec les zélèves en français .


              • foufouille foufouille 25 juin 2014 20:26

                « Pour le revenu universel ce qui est étonnant c’est que ce sont les libéraux/libertariens qui en font la promotion »

                oui mais leur RU est proche de 400€


              • chantecler chantecler 25 juin 2014 20:15

                à portée mais cépograve .


                • COVADONGA722 COVADONGA722 25 juin 2014 20:25

                  c’est quels sont les boulots qui continueraient à exister si plus personne n’était guidé par le principe de nécessité. 

                  yep ben si il y a encore un web que le poil a gratter se perpétue !


                  asinus : ne varietur 

                  • 65beve 65beve 25 juin 2014 21:35

                    Bon,

                    finalement, que se passe-t-il à 4h44 ?


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 juin 2014 21:39

                      En heure d’été ou en heure d’hiver ?


                    • 65beve 65beve 25 juin 2014 22:12

                      Rater l’ultime feu d’artifice à cause d’une montre en retard d’une heure, avouez que c’est ballot.


                      D’un autre côté, arriver à 4h45 et sauter de joie parce que la fin du monde n’a pas eu lieu. On se rendort et à 5h44.........



                    • Abou Antoun Abou Antoun 26 juin 2014 18:58

                      4h44 c’est con, c’est l’heure de rien.
                      7h06=6h66 c’était diablement mieux choisi.


                    • abelard 26 juin 2014 10:20

                      Merci Monolecte,
                      Un très bel article et qui tombe pour moi à point nommé.
                      Je cherchais pourquoi l’invasion du « votre » m’agaçait autant...
                      Avez vous remarqué la prédominance du votre dans notre société ?

                      Votre voiture, votre yaourt, votre soirée, votre, votre, votre...
                      La publicité nous inonde de votre. Comme si le locuteur s’excluait, ne faisait pas partie du tout.
                      Je pensais qu’il s’agissait d’un votre de mépris : votre soirée (bande de naze, moi je vais boire du champagne en me foutant de vos gueules). En lisant l’article je me rend compte qu’il s’agit d’un votre de servitude : votre soirée (ô grands maîtres dont les désirs sont des ordres)...

                      Donc merci et bonne journée.


                      • Monolecte Monolecte 27 juin 2014 10:35

                        Disons qu’il serait malvenu de dire : « la maison de la banque », la voiture de la banque", etc. Tout de suite, la consommation perdrait beaucoup de son charme, n’est-ce pas ?


                      • abelard 27 juin 2014 11:04

                        Oui bien sûr, mais ce que je voulais dire c’est que le votre a remplacé le notre.
                        Avant les pubs disaient en gros : dans notre magasin vous trouverez ce dont vous avez besoin.
                        Les présentatrices télé parlaient de : la soirée sur notre chaine, etc...
                        Le nous faisait référence à un groupe, une entreprise, un magasin, qui travaillait ensemble pour présenter ses services ou produits...

                        Le votre d’aujourd’hui exclut toute idée de groupe humain travaillant de concert, ce ne sont plus des hommes qui s’adressent aux hommes mais des consommateurs que l’on force à s’approprier des services ou objets que plus personne ne travaille à produire. Un slogan comme : « vous ne viendrez plus chez nous par hasard » ne serait plus acheté par Total car le « chez nous » a été remplacé par « votre station service »...


                      • bakerstreet bakerstreet 26 juin 2014 11:00

                        C’est bien dit, c’est bien écrit. Un sujet qui m’ulcère moi aussi. 


                        Nous sommes toute une armée de permanents, spectateurs de la médiocrité, qui en avons ras le bol de la transcription d’une réalité sociale, en marivaudage permanent. 

                        Le monde de la culture, et spécialement du cinéma ne sont que des fils de, des courtisans achetant une charge, comme sous l’ancien régime, afin de pouvoir vivre en toute impunité et bombance à l’abri du monde.

                        Comment voulez vous que cette bande d’aristos fassent du Ken Loach ? 

                        La seule chose qu’ils partagent avec lui est le gout du vieux whisky. 
                        D’une façon générale, j’évite les films français, ces exercices de pétomanes, avec leurs fausses embrouilles bourgeoises, leurs rires gras et convenus, et dans lesquels les banlieues apparaissent parfois, sublimés ou caricaturés, comme une sorte de zoo, nouvelle ligne bleue des Vosges, pour me concentrer sur le cinéma des pays émergents, beaucoup plus dérangeant et émotif.

                         Beaucoup de vrais chefs d’oeuvre, bien que non subventionnés par l’argent public, et cette avance sur recette honteuse, ( et ceci explique sans doute cela) qui permet de à nos Depardieu et consort de se foutre un peu plus de notre gueule. 

                        Mais quand donc ce Poséidon sera t’il enfin retourné par une vague géante ?
                        En tout cas, il ne faudra pas compter sur moi, pour pousser Catherine Deneuve au cul, pour la faire sortir de là !



                        • laertes laertes 26 juin 2014 17:56

                          Excellent article. Lordon toujours aussi passionant : la pub SNCF m’a fait frémir d’horreur... (je crois qu’il y a un livre qui s’appelle l’horreur économique).
                          En ce qui concerne ce film de Ferrara il fait du français, vous savez cette horrible bouillabaisse bien pensante et bob (ils haïssent ce mot) servie par des héritiers qui se disent acteurs.
                          C’est pour cette raison que je me suis désabonné à Télérama !
                          Pour les films de fin du monde et dans un registre original... revoir le magnifique « Take shelter » de Jeff Nichols....


                        • smilodon smilodon 26 juin 2014 22:24

                          Dans pas longtemps on sera revenu au moyen-âge !... Les riches qui tiennent le « haut du pavé » et les miséreux qui boiront dans leur pisse, mangeront dans leurs poubelles !... La classe dite « bourgeoise » aura disparu !.. Celle-là même qui faisait le « lien » entre les 2 autres !... Tuez-là, vous tuerez ce qui sépare le 21 ème siècle du moyen âge !..... Tuez-les tous !.... Ils payaient les impôts qui faisaient vivre tout le monde !.. Tuez-les donc les « bourgeois » !..Tuez-les !... Qui va se lever chaque matin à leurs places ??.. Les « pauvres » ???? Peut-être.... Mais pas sûr !....Adishatz.


                          • Monolecte Monolecte 27 juin 2014 10:34

                            La propension à payer l’impôt diminue avec l’augmentation du revenu.


                          • Deneb Deneb 27 juin 2014 09:27

                            Merci, Monolecte pour ce passionnant texte. Dans ce style d’article un peu intimiste, agoravox nous a trop habitué à la qualité Alinea plutôt que Monolecte. Bien que souvent en désaccord avec l’auteure, je lui reconnais une belle plume.
                            Je trouve toutefois risible de faire encore une critique d’un film de A.Ferrara - ce cultivateur de navets internationaux ne mérite pas qu’on s’y intéresse, regarder, même partiellement, un de ses méfaits est une pure perte de temps.
                            Perfect sense, l’idée est intéressante, mais complétement irréaliste. Une épidémie mondiale privant les humains de sens, l’un après l’autre, en commençant par l’odorat, a un problème de crédibilité pour tous ceux qui ont ne serait-ce qu’une vague idée du fonctionnement biologique. Finir par dire que l’amour triomphe à la fin (le triomphe de bien courte durée, d’ailleurs), c’est beau, mais un peu culcul. On se demande comment ça se fait que personne n’aie encore fait une oeuvre cinématographique parlant de la disparition des abeilles et d’autres petits animaux comme les poissons, les oiseaux, dont le déséquilibre ecosystémique devrait d’ailleurs nous affoler autant que pour les abeilles. Le sujet sans doute trop réaliste, on préfère les fins du monde facilement démontables, comme celle de Mélancholia (s’il y avait une planète à l’opposé de la Terre cachée derrière le soleil, ça fait longtemps que l’on l’aurait découvert, ne serait-ce que par l’analyse des champs gravitationnels, sinon par toutes les sondes style Cassini, MRO etc.) Personnellement, comme fin du monde, j’ai été bien plus secoué par le magistral The Road (à déconseiller aux dépressifs), hélas bien terre à terre.
                            Et à la question : "En fait, ce qui est intéressant de savoir, c’est quels sont les boulots qui continueraient à exister si plus personne n’était guidé par le principe de nécessité", je me risque de répondre : les dealeurs de beuh , affirmation étayée par les récents dispositions législatives dans certains états américains les plus riches. A la bonne heure !


                            • Monolecte Monolecte 27 juin 2014 10:13

                              La fiction a cela de bien qu’elle n’est pas plus soumise à un impératif de réalisme dans le cinéma ou la littérature que le peintre n’est contraint de ne peindre que le réel.

                              On peut toujours démarrer un univers sur un présupposé loufoque. Ce n’est absolument pas grave du moment que l’univers créé conserve sa propre cohérence, ce qui, parfois, n’est même pas le cas d’un récit qui se veut réaliste.

                              Il m’arrive assez régulièrement de regarder des films sans aucun background, c’est à dire sans me préoccuper d’en connaître quoi que ce soit, même pas l’intrigue ou le réalisateur. J’aime bien réserver ainsi un regard totalement neuf et non influencé sur une œuvre que je découvre au fur et à mesure qu’elle se déroule. Je n’ai donc pas regardé un film d’Abel Ferrara mais un film de fin du monde, un de mes genres de prédilection.

                              Perfect Sense, à l’opposé de 4h44, est un film totalement abouti et cohérent de bout en bout, qui maitrise parfaitement la matière première narrative de l’essentiel de la production de fictions : l’exploration de l’« âme » humaine.

                              The Road est excellent et effectivement pas très recommandé aux natures mélancoliques, mais il est un film postapocalyptique et non pas un film de fin du monde.

                              Et pour finir, dans un monde affranchi de la nécessité, il est probable que beaucoup de gens n’auraient plus avec les psychotropes que des relations récréatives et que beaucoup des gamins qui vivent de cette économie pourrait se construire une autre vie.


                            • tf1Groupie 27 juin 2014 10:10

                              Oui donc c’est un assez mauvais film.
                              Ce qui est étrange dans cet article c’est le mélange entre critique d’un navet et étude sociétale.
                              ça donne des choses assez déroutantes genre : « un restaurant est un endroit misérable » !

                              Moi j’ai un frére qui est cuisinier, qui adore ce métier et qui trouve dans son travail des satisfactions diverses, dont l’expression artistique ou le plaisir de l’effort récompensé .

                              De la même façon on pourrait dire qu’une boulangerie ou une exploitation agricole sont des « endroits misérables » ... supprimons-les.

                              Je pense que quand l’homme aura perdu tout goût pour le travail, qui implique notamment sens de l’effort, dépassement de soi et réalisation personnelle, alors il aura sans doute perdu le sel de la vie, il n’aura plus envie de se lever le matin et il sera alors urgent que ce soit la fin du monde.


                              • Monolecte Monolecte 27 juin 2014 10:33

                                Il faut vraiment lire de bout en bout le manifeste des exploités de la restauration.


                                Il faut bien comprendre que c’est un aspect assez déplaisant d’une activité que nous trouvons, en tant que client, plutôt très agréable, de l’ordre de la récompense.


                                J’avais déjà eu l’idée que le monde de la restauration pouvait être d’une belle saloperie à travers l’expérience d’une de mes meilleures amies qui a commencé très tôt dans ce milieu. Les conditions de travail qu’elle décrivait étaient assez effroyables, pas seulement du point de vue physique qui est déjà très éprouvant pour les organismes - ce qui laisse penser que les serveurs ne doivent pas l’être jusqu’à la retraite, c’est incompatible avec l’état physique de la majorité des gens qui approchent de la soixantaine - mais surtout du point de vue humain.


                                J’ai pensé à cette époque que mon amie était très mal tombée chez de mauvais restaurateurs, mais j’ai appris avec le temps que les hurlements, le mépris, la mesquinerie, la surpression, le stress à haute dose sont le mode de fonctionnement plus au moins normalisé de la restauration, avec l’ultrahiérarchisation des tâches, l’exploitation sans vergogne de la main d’œuvre (est-ce par hasard que ce secteur d’activité est l’un des plus gros consommateurs de main-d’œuvre non déclarée, non protégée et corvéable à merci ?).


                                Le cuistot étant généralement au sommet de la pyramide alimentaire avec le gérant, il n’est pas étonnant que beaucoup s’y trouve fort bien. D’autant qu’ils ont passé le parcours du combattant avant d’y arriver, avec son lot d’humiliations et d’exploitations et qu’ils trouvent donc naturel ce mode de fonctionnement.


                                C’est en cela que je trouve ce manifeste vraiment intéressant, sur le regard critique qu’il porte sur un fonctionnement aberrant que nous avons tous pris l’habitude de considérer comme normal... enfin, surtout pour les autres


                                Je comprends le cuistot qui trouve de la réalisation personnelle dans son job, mais quelle réalisation personnelle peuvent trouver les serveurs, les nettoyeurs de nos manquements, les auxiliaires et toutes les petites mains qui triment pour peau de balle dans des conditions déplorables ?


                                Je me souviens encore du grand-père qui se réjouissait que sa nouvelle femme de ménage eût un bac + 5 : « au moins, elle avait de la conversation ».

                                Il n’avait aucune empathie pour cette femme, aucune appréhension du fait qu’avec son parcours, elle devait très loin d’être dans la réalisation personnelle en lui lessivant son carrelage, qu’elle ne pût être là que réduite par une extrême nécessité que ne devait avoir grand-chose à voir avec la vie qu’elle avait tenté de se construire en réussissant dans ses études.


                              • tf1Groupie 28 juin 2014 01:36

                                Oui c’est sûr le monde de la restauration est un monde très dur, notamment parce qu’il emploie beaucoup de main d’oeuvre peu qualifiée, comme le secteur de la construction également ou d’autres.

                                Mais de là à comparer tous les patrons de restaurants à d’affreux négriers c’est autre chose.
                                C’est pourtant ce que fait ce fameux manifeste que je n’ai pas lu jusqu’au bout tellement il est excessif et à sans unique.
                                Oui il y a des patrons odieux mais il y en a aussi de très bien.
                                Le manifeste accuse les patrons de vouloir gagner de l’argent mais il oublie que certains finissent ruinés, et que les employés aussi veulent gagner de l’argent.
                                Que si les salaires sont très tendus c’est aussi que les clients ne veulent pas payer, en raison de ce sacro-saint pouvoir d’achat que tout le monde réclame sur Avox comme ailleurs.
                                Que si il y a des gens peu qualifiés ce n’est pas la faute aux patrons de restaurants

                                Et quelqu’un qui se plaint d’être mal traité dans un restaurant peut toujours essayer d’en monter un lui-même. Sans mise de fond c’est plus difficile mais on n’est pas obligé de commencer par une grosse affaire.

                                Bref critiquer les pratiques de la restauration c’est acceptable, mais avec un minimum d’équilibre sinon ça ne reste qu’un mauvais procès.

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