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L’art de la guerre selon CMOS (**)

La suite ou plutot le premier opus de la planète des singes est sortie en salle le 10 aout. Il se place avant la planète des singes de Tim Burton sortie en 2001. Ce film nous raconte pourquoi les singes sont devenus l'espèce principale sur terre à la fin du film.

L'idée de faire un antépisode au film de 2001 est excellente, j'avais moi meme espéré une suite car à la fin du premier film, le spectateur était frustré de ne pas comprendre comment les singes était devenu l'espèce principale sur Terre.

C'est maintenant chose faite.

Le synopsis est connu et rabaché depuis très longtemps et lorsqu'on compare les symboles et les angoisses véhiculées entre la planète des singes avec Charlton Heston et celle de Rupert Wyatt, on voit comment le monde a évolué.

Le synopsis :

Le chercheur Will Rodman effectue ses recherches sur un sérum (AL-112) basé sur le mode de duplication au sein du corps humain d'un virus afin de guérir la maladie d'Alzheimer dont son père est atteint. Les essais cliniques sont menés sur des singes capturé(e)s. Suite à des effets indésirables tout les singes sont euthanasié(e)s sauf un qui est l'enfant de la femelle la plus prolifique de la campagne d'essais. Will prend sous son aile ce petit qui sera nommé César.

César montre des capacités époustouflantes parfois supérieures aux hommes. Il vit une relation épanoui avec Will jusqu'au jour où voyant le père de Will violenté, il cherche à le défendre. Will se retrouve contraint de le faire enfermer dans un centre pour primate où il sera victime de mauvais traitements. Son intelligence va lui faire élaborer un plan pour faire évader les singes.

Dans le meme temps, will tente de soigner son père avec le AL-112 qui est un succès limité. Une variante le AL-113 est alors mise en place. Cette souche est mortelle pour les hommes et les femmes mais stimule à grande vitesse les capacité cognitives des primates ...

Les images sont belles et les graphismes bien fait. On sent par moment l'usage d'image de synthèse qui fait que le graphisme reste loin d'Avatar de James Cameron. Peter Jackson au travers de sa société a assisté à l'élaboration de ces images.

On retrouve dans ce film les angoisses de l'époque et particulièrement la peur des biotechnologies qu'il faut opposer à la peur de l'appocalypse nucléaire dans les premier opus. Dans le cas de l'apocalypse, le danger était visible et celui ou celle qui pressait le button connu de tous et toutes et les effets parfaitement identifiés. Or ce film attire l'attention sur le danger sournois que représente les manipulations aux niveaux moléculaires et atomiques puisque les effets ne sont pas anticipés ni meme connus à l'avance. Ce danger peut se cacher sous les plus beaux aspects. "L'enfer est pavé de bonnes intentions"

Le rapport à l'argent est évoqué ainsi que son aspect destructeur lorsque l'argent devient la finalité et non plus un moyen. Le CEO de Genesys (entreprise où travaille Will) est noir et possède un vocabulaire assez limité en dehors de "actionnaire", "profit", "argent". Cette priorité donnée à l'argent rappelle la perte sur la sécurité que cela induit sur les phases de test puisque la dangereusité du sérum AL-113 (numérologie oblige) pour l'humain n'est pas détecté malgré l'exposition d'un des expérimentateurs aux sérum. Ce dernier cache sa maladie. L'euphorie liée à toute découverte meme à sa perspective relache aussi l'attention et les controles de sécurité. Le fond du film n'est pas sans rappeller l'une des hypothèses à la diffusion du SIDA en Afrique et en Occident (**).

La boucle est bouclée avec le premier film (à quelques éléments près) lorsque nous apprenons briévement que la mission spatiale à bord du vaisseau l'Icare s'est égaré au delà de Mars. Les images synthèses fugitives donnent justice à Robert Zubrin !

Le réalisateur et les scénaristes ont fait un certains nombres de clin d'oeil. Il y a "l'armée des douzes singes" par le mode de diffusion de la maladie : l'avion ainsi qu'à "Alerte", au film original avec l'orang outan et la statut de la liberté que manipule César.

La symbolique est très présente au travers du messie des singes qui vient au monde avec des capacités décuplées d'une mère singe morte sous les balles d'un agent de sécurité noir. Nous pouvons que noter le parallèle avec la vierge Marie et Jésus. La paternité est magnifié. Will s'occuppe du nouveau né : soin de base, éducation et amour filial dans une vraie attention. La volonté qu'a Will de sauver son père (moteur au développement de l'AL-112 puis AL-113) est l'autre face de cette mise en valeur de la relation père-fils.

La notion de liberté (véhiculé par le désir de César) se trouve etre dans la nature (la foret de Séquoia) opposé aux cages de la modernité symbolisant la perversité de la civilisation associé à une forme de péché originel. Chaque humain se trouve etre enfermé (symbolisé par le singe) dans un carcan dont il faut se libérer à terme. Ceci est bien montré par l'opposition en face à face entre primate et personne de couleur noir. Les critiques apportées par le film sont multiples : civilisations humaines et pertes de repères avec la nature, technologies, argent et consomation mais il est toutefois regrétable de voir à nouveau émerger cette dualité nature/civilisation très présente dans Avatar.

La révolution et la prise de pouvoir n'est pas violente. Les singes ne sont pas des animaux domestiques remplacant chats et chiens et réduit en esclavage mais des animaux conscient de leurs conditions (animaux de laboratoire, animaux de démonstration au zoo) voulant la liberté. La disparition de l'humanité s'opère à cause de l'hubris humain dont les singes y sont étrangers, une sorte de punition pour avoir peut etre trop voulu jouer un role inaccessible pour l'humanité.

Le film est un bon moment de cinéma seul(e), entre ami(e) ou en famille. Il y a bien sur la possibilité d'aller plus loin dans l'analyse mais je laisse ces aspects aux passionné(e)s du genre.

 

Sur wikipédia :

La Planète des singes (film, 1968)

La Planète des singes : Les Origines

 

(*) Le titre fait référence au singe déifié dans le premier oppus symbolisant le père des singes : Sémos. Le CMOS est un élément technologique à la base des composants électroniques et donc de la civilisation moderne. Ceux ci vont amener la perte de l'humanité soit par destruction induite comme nous le voyons dans le film laissant un espace vide pour les primates (qui rappellons le veulent leur liberté) ou de facon plus violente par une guerre homme/machine comme dans les films "Terminator".

(**) L'une des hypothèses sur l'apparition/diffusion est détaillée dans cet article d'AV et dans cette vidéo d'AVtv. En 2001 a eu lieu un débat entre Koprowski et Hopper à la Royal Society qui a donné lieu à plusieurs publications librement accessibles auprès du PRS-B disponibles ici. D'autres documents critiques de cette hypothèse sont disponibles




par Nash lundi 15 août 2011 - 39 réactions
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  • Par Aureus (---.---.---.107) 16 août 2011 03:07

    Deux articles sur le même produit hollywoodien en même temps ?

    Moi aussi, je fais doublon alors...

    Suis-je le seul à en avoir ma claque de ce cinéma américain industriel et formaté qui, à chaque éructation, nous ressert :

    -le même grain
    -les mêmes scènes
    -le même jeu d’acteurs
    -les mêmes cadrages
    -les mêmes nuits absurdes aux éclairages aveuglants
    -les mêmes messages simplets et consensuels
    -les mêmes romances imposées et marketing (j’ignore s’il y en a une dans celui-là...)
    -les mêmes lignes de dialogue dans l’air du temps
    -les mêmes musiques pourries courtesy of Jerry Bruckheimer
    -etc...

     ?

    Et puis l’argument qui tue : « film anti NWO »... Comment mieux déjouer la réalité qu’en la reléguant au rang de la pure fiction "vue au cinéma" ?

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