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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’art du théâtre au service des plus démunis

L’art du théâtre au service des plus démunis

Et si en allant au théâtre ce week-end, vous faisiez d’une pierre deux coups ? Apprécier un excellent moment de détente, d’émerveillement et de rire tout en participant à une cause solidaire et citoyenne ?

C’est ce que vous permettra de faire le Festival Solidaire, du 9 septembre au 14 septembre 2014, aux Arènes de Montmartre. J’ai pu rencontrer l’une des compagnies qui y participe, la Compagnie Pianocktail, qui joue Le Songe d’une Nuit d’Eté, du grand William Shakespeare, du 11 au 14 septembre chaque soir. 

Le Festival Solidaire existe depuis 2005. Il est organisé par l’association La Strada Dell’Arte, et a pour but de réunir plusieurs compagnies de danse, de théâtre et de musique pour leur offrir un espace de représentation à coût minime (sans location de salle), c’est ainsi l’occasion de favoriser la diffusion de la culture et de la création artistique. Toujours dans l’esprit solidaire du Festival, les tarifs des places sont parfaitement abordables et défient toute concurrence : allant de 5 à 15€, on aura rarement vu cela dans les théâtres parisiens.

Mais surtout, le Festival a pour but de répartir les recettes de ces représentations, non seulement de manière équitable entre les compagnies, mais aussi en faveur de personnes en difficulté (SDF, malades, familles en difficulté). Certes, on aimerait beaucoup savoir à travers quelles structures ! 

C’est ainsi que, tout en étant assis devant un spectacle à faible coût et appréciant un programme de grande qualité, vous pourrez faire une bonne action. 

Au programme :

C’est aussi renouer avec l’un des rôles les plus importants et originels de la liberté d’expression : soutenir et défendre les droits et libertés d’autrui, et dans son prolongement, soutenir des causes et enjeux humanistes ou humanitaires, comme ici promouvoir le développement de l’entraide sociale, la solidarité. Ici, l’art, et plus particulièrement le théâtre, l’un des vecteurs les plus anciens et les plus nobles de la liberté d’expression, retrouve son objectif premier : communiquer avec le spectateur et le faire réagir à la vie de la Cité, ainsi que l’avaient voulu les orateurs de la Grèce Antique. Le spectateur n’est plus seulement passif, en participant de fait à la solidarité entre les citoyens. Le spectateur n’est plus caché dans l’ombre d’une salle grâce à la configuration du lieu de représentation, comme autrefois en Grèce le théâtre était joué dans des arènes ou amphithéâtres circulaires.

Derrière ce cadre romantique…

Se cache …

Photo de Katrinsmu

Arènes de Montmartre, 27 rue Chappe, 75018 Paris

C’est cette rencontre entre le spectateur et l’artiste qui manque aussi aujourd’hui, alors que l’art, comme c’était déjà le cas à la naissance du théâtre, a pour but également de mettre en exergue les problèmes de notre vie bien réelle et quotidienne, de les magnifier, de les fantasmer, de les travestir, de les pervertir ou de les ridiculiser, mais de les mettre en évidence en action devant nos yeux ébahis, amusés ou tristes. Le Festival permet donc aussi de rapprocher le public, quelque peu déçu par les prix excessifs de la vie parisienne, avec l’art et l’artiste, au service d’une cause qui peut les unir.

L’association La Strada dell’Arte, créée en 1990 par Stéphane Mir, metteur en scène, Catherine Rouvreau, présidente, et Atmane Derahi, trésorier, déclare ainsi : « Dans le cadre de ce festival Solidaire, au-delà du contenu déjà potentiellement engagé de ses créations, l'artiste participe directement à la solidarité générale en ayant choisi le lieu le plus propice à la rencontre et à la communication, à savoir la Scène, il peut donc désormais lancer ce mouvement et le rendre contagieux ».

Dans le cadre de ce Festival, j’ai également rencontré Angélique Boylan, présidente de la Compagnie Pianocktail. Créée en septembre 2012 par May Roger (vice-présidente) et Angélique Boylan, la Compagnie cherche « à revisiter les grandes œuvres du répertoire classique, a les démocratiser en quelque sorte, en montrant a travers nos mises en scène combien ces auteurs sont riches (nous cherchons à expliciter les sens cachés et multiples), intemporels et donc accessibles pour tous. Comme le nom de la compagnie l'indique, l'art et le théâtre sont pour nous une fête et nous cherchons avant tout à faire partager notre amour du théâtre et des grandes œuvres par un enthousiasme communicatif  » (propos d’Angélique Boylan).

Questions – réponse avec Angélique Boylan :

Comment vous êtes-vous retrouvés dans ce Festival ?

« Nous avons rencontré Stéphane Mir, qui organise ce festival, à Avignon, où nous jouions comme lui au Théâtre des Barriques. Nous avons sympathisé et avons été très enthousiasme par sa proposition : participer au festival solidaire de Montmartre à la rentrée ! 

Stéphane Mir est l'initiateur du projet, mais si nous pouvons contribuer à ce qui se joue aux Arènes de Montmartre, lieu emblématique du 18eme, se mettre au service des sans-abris du 18eme, nous en sommes très heureux. C'est une façon de rappeler l'envers du décor : Montmartre, ce n'est pas seulement un quartier historique magnifique et très touristique. Ce sont aussi de réels problèmes sociaux. »

Vous jouez à partir du 11 septembre jusqu’au 14 septembre inclus Le Songe d’une Nuit d’Eté, de William Shakespeare :

« Le Songe est notre première production, et nous l'avons traduite et adaptée : modernité assez intemporelle, et surtout place à la sensualité et au rire. »

On connaît tous le Shakespeare romantique (du romantique torturé et maudit), tragique, dramatique, mais on connaît peu le Shakespeare comique.

 Photographe : © Rebecca Trouslard

C’est l’occasion de se refaire une culture et de (re)découvrir à quel point il est aussi très drôle. Car cette pièce nous dit bien quelque chose… Déjà comique sur le papier, elle est jouée avec fraicheur et dynamisme par les acteurs de la Compagnie Pianocktail, dont la modernité de la mise en scène, tout en restant dans les descriptions classiques de l’auteur, nous montre à quel point son sujet reste bien réel pour nous. Le jeu est de qualité, précis, la mise en scène hilarante, et le tout jubilatoire. Un petit joyau artistique à découvrir dans un cadre qui semble avoir été fait pour cette pièce.

Photographe : © Rebecca Trouslard

Les acteurs (selon les soirs) :

Julie Kirsnewaz, Félix Di Giulian, Lea Azencot, Annabelle Croze, Simon Foissac, Robert Bachelot, Laurent Gensbittel, May Roger, Jérémie Huteau, Guillaume Rippe-Lascout, Angélique Boylan (metteur en scène), Mickael Hoisé, Thomas Grandmougin, Romain Nardelli, César Vallet

Photographe © Rebecca Trouslard


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Auteur de l'article

Isabelle F.


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