Jadis, dans des contrées et nations aujourd'hui éteintes l'art a rayonné, triomphé, mais des suites d'un puissant cataclysme humain il s'en est retourné sur sa montagne ; et aux hommes n'a jamais plus offert sa substance et sa puissance.
Chez les Anciens l'art est sensé, déterminé, codifié, il a une essence et une fin. Et ces deux dernières ne sont pas antithétiques, le divin y étant inhérent.
Vivant dans un monde non aliéné par les vices et les maux intrinsèques aux individuds vils, l'artiste est en osmose et surtout en symbiose avec le monde naturel, la divine Nature. L'artiste n'a pas pour finalité de dénigrer la Nature, mais bel et bien de la magnifier, voire même de la corriger. L'idiosyncrasie de l'artiste Grec est belle et pure, dans son dessein de magnifier la Nature, il outrepasse même ses fonctions originelles en se voulant à son tour créateur.
Ainsi, il grimpe la montagne artistique et l'espace d'une œuvre corrige l'oeuvre du Créateur. Le Grec met donc en place une profonde dichotomie : d'une part le beau et de l'autre le laid. Beau et laid n'étant pas contingents, mais issus d'une volonté divine, l'artiste dans une divine et non blâmable outrecuidance choisit de mettre en place une idée du beau archétypique et de se détourner du laid et de ses corollaires. Ce type d'artiste est donc divin, jamais il ne songe à exprimer sa subjectivité. Pour dessein il ne tend qu'à glorifier la nature, et à la refondre selon un paradigme artistique enclin non pas au laid mais au beau, non pas à l'humain mais au divin. Chez lui l'idée de Bien recouvre alors toutes les valeurs qui élèvent la vie, qui concourent au triomphe de la volonté de puissance. L'artiste de par son osmose avec la nature, donne au monde une œuvre dont le processus est calqué sur celui de la nature. Telle une fleur, son œuvre germe d'abord dans les méandres et les profondeurs de la terre. Un nombre incommensurable de graines artistiques germe alors sous terre, et peu nombreuses seront celles qui verront la lumière du soleil. Tel un processus de sélection naturelle, les oeuvres qui se borneront à un dessein uniquement sous terrestre ou même seulement terrestre ne verront jamais le jour. Par contre croitront les graines qui ont pour dessein de s'élever du monde sensible vers un monde plus divin et surtout moins humain. La fleur dont l'essence réside dans cette graine qui représente quant à elle le paroxysme de la puissance en art, le triomphe du coté divin qui sommeille au sein d'une minorité d'individus.
Malheureusement, ce qui a été ne peut plus être. La morale artistique de même que la morale antique ont succombé des suites d'une foudroyante maladie : le judéo-christianisme. Ce dernier ayant entrainé une inversion des valeurs faisant du mal jadis tant honnis le Bien suprême tandis que le Bien des Anciens fut annihilé par leurs vils instincts.
D'aucuns diront mais quelle est donc la conséquence de cette inversion des valeurs, mais artistiquement parlant à quoi conduit le judéochristianisme ? On entend déjà ruminer les sages esprits des tenants du Moloch artistique actuel se demandant " mais où est le mal ? "
Ressentiment, folie, maladie, dépression, drogue, échec, frustration constituent aujourd'hui la graine de leur œuvre. Mais hélas le soleil moderne, l'Argent, octroie à ces rats de la création la possibilité de pénétrer dans les musées. Musées et autres galeries qui aujourd'hui devraient être interdits au public, et réservés aux psychiatres tant l'art actuel est en symbiose avec la maladie.
D'aucuns ne nieront que l'on utilise l'art comme un palliatif pour guérir l'aliénation des humains, mais puisque la société elle même toute entière est devenue pervertie et aliénée ces fous ont été ériges en fous géniaux, en artistes.
L'expression de leurs entrailles suintantes et putrides est devenue oeuvre d'art. On s'arrache avec folie les bribes d'un esprit aliéné, on gagne de l'argent grâce à un dépressif, on spécule grâce à un névrosé, et on s'enrichit avec un drogué psychopathe....
Alors oui, l'art est mort. Symptôme d'une société en voie de décrépitude, avatar d'un homme qui ne marche plus sur les sentiers qui mènent à l'auguste Montagne, mais qui s'enlise de jour en jour dans les tréfonds de la nature, dans les égouts de la société, lieu de villégiature des rats et autres rongeurs.
Liccia Dominique

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