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L’école de l’Opéra de Pékin « Au bord de l’eau » à Bobigny

Ce spectacle de l’école de l’Opéra de Pékin initié par Patrick Sommier, directeur de La MC93 de Bobigny, correspond à une troisième rencontre franco-chinoise d’un simili jumelage ayant débuté en 2002.

A la manière d’une master class, l’objectif est de rendre sensible au spectateur néophyte, l’exigence disciplinaire d’un Art théâtral légendaire au service, en l’occurrence, d’une oeuvre littéraire de référence où 2000 pages content les exploits de 102 brigands d’honneur ayant tenté de mettre un terme à la corruption d’état.

La scène de la Salle Oleg Efremov divisée, pour la circonstance, en trois zones, offre côté cour, la présence d’un orchestre composé, notamment, de multiples instruments de percussion, alors que du côté jardin, les coulisses de loges virtuelles dévoilent le maquillage des artistes selon les étapes successives d’une élaboration très appliquée.

En rendant hommage à ce roman fleuve, l’école pékinoise révèle, ainsi, ses propres rouages assurant la transmission d’une culture millénaire, à travers des générations d’artistes en perfectibilité dans toutes les disciplines de l’expression vivante.

Si, de part et d’autre de l’acte théâtral circule à mi-hauteur des cintres, la traduction francophone des dialogues et des chants, cette aide à la compréhension n’aura, guère, d’autre influence qu’indicative.

En effet le véritable enjeu de la démonstration est ailleurs que dans les anecdotes du discours ; il se situe davantage dans l’imprégnation progressive à des couleurs dominantes, à des timbres de voix haut perchées, des sons martelant la récurrence, des gestuelles à la fois précises et fluides, des regards pénétrants et doux à la fois... bref à un univers codifié à l’extrême dont nous ne pouvons apercevoir que l’esthétique, tout en pressentant la force de l’esprit scolastique.

C’est beau et mystérieux, tout à la fois. Cela oblige au respect inconditionnel, tout en nécessitant l’humilité d’une ignorance assumée.

Les portes de la Chine semblent, ainsi, s’entrouvrir, sous la pédagogie d’un apprentissage à long terme avec, comme par magie, des effets sensitifs immédiats se déclenchant dans l’instantanéité de la candeur émotive.

photo © Vincent Pontet / WikiSpectacle 

AU BORD DE L’EAU - *** Theothea.com - de Shi Nai-An - mise en scène : Patrick Sommier - avec l’école de l’Opéra de Pékin - MC93 Bobigny

 


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2 réactions à cet article    


  • Rounga Rrrrroungalashinga 25 janvier 2010 10:05

    une oeuvre littéraire de référence où 2000 pages content les exploits de 102 brigands

    Correction : 108 brigands.
    Ce détail est d’importance quand on sait que ce chiffre est significatif dans le bouddhisme.
    Un roman à lire.


    • Marc Bruxman 25 janvier 2010 19:26

      Très beau spectacle effectivement. Mais l’article parait trop tard pour ceux qui ne l’ont pas vu. La dernière était hier je crois ;)

      Anyway c’est assez différent du vrai opéra de Pékin par la présence de décors, traditionellement abscent.

      Mais ca a effectivement le mérite de nous ouvrir à cet art compliqué pour nous du fait du décalage culturel.

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