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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « L’Education vénitienne » d’Olivier Lexa

« L’Education vénitienne » d’Olivier Lexa

Lineadacqua est une maison d'édition sortant de l'ordinaire : leader dans la production éditoriale de haute qualité, elle réalise avec passion des livres aux sujets cosmopolites permettant le luxe au quotidien, véritable Art de vivre cher aux connaisseurs : du papier épais cartoné de luxe, une reliure élégante, de l'encre traditionnelle et un choix des caractères soigné, des illustrations et des photographies d'auteurs exclusifs en sont les éléments clès. Et luxe du luxe, les livres Lineadacqua sont imprimés à Venise, sur la Terre-Ferme vénitienne. Qui peut en dire autant ?

Mais ce n'est pas tout : Lineadacqua est avant tout une librairie antiquaire, fondée en 2002 par Luca Zentilini, collectionneur dès l'enfance de livres rares et de gravures anciennes. Il procède aussi à des expertises et estimes de livres précieux de collections. Vous trouverez donc tout ceci dans sa librairie d'exception en plein centre de Venise : livres rares, gravures anciennes, mais aussi expositions de peintures choisies, actuellement, la poésie acquatique de David Battistin, toute vénitienne.

Sa devise : « nascere e vivere a Venezia è uno straordinario privilegio e una grandiosa opportunità » c'est à dire « naître et vivre à Venise est un privilège extraordinaire et une opportunité grandiose » qui en dit long sur sa fierté légitime d'être un vrai vénitien, espèce en voie de disparition aujourd'hui, la Venise historique comptant désormais moins de 55.000 résidents.

Luca Zentilini a décidé d'éditer un petit livre précieux et pétillant : «  L'Education vénitienne  » du Français Olivier Lexa, qui est aussi directeur artistique du Centre Vénitien de Musique Baroque à Venise depuis sa fondation en 2010.

La trame est la suivante : En arrivant pour la première fois à Venise, Julien Ledoux est projeté dans une haute société à la fois extravagante et désenchantée, où le cynisme cotoie l'irrationnel. Journaliste missioné par un grand magazine afin de réaliser un dossier sur l'histoire de la Biennale, il exhume les mystères qui s'offrent à lui et s'éprend de la belle Charlotte Lamare, mariée à un horripilant américain auteur de polars commerciaux. Mais le vieux lord Umond vient à mourir dans des conditions étranges. Le carnaval bat son plein et permet la redistribution des masques. Trois anticonformistes concurrents dans ce monde où l'ennui est l'ennemi le plus implacable tournent autour du nouvel arrivé, chair fraîche à consommer et à éduquer selon leurs propres styles de vie, factices jusqu'à la caricature. Mais si l'éducateur n'était pas celui que l'on croit et si la proie n'était pas si candide ? C'est ce que l'on découvre au coup de théâtre final.

Je précise que l'écriture d'Oliver Lexa est un régal : des bons mots, des jeux de mots et des paradoxes à la Oscar Wilde. Les circonstances contées sont bien celles que l'on retrouve en certaines occasions de la vie vénitienne « d'avant-garde ». J'ai apprécié la perspicacité de l'auteur à jauger les « m'as-tu vu » qui sont légions dans cette haute société affectée où apparaître compte plus qu' être. Un exemple parmi tant : la page 112 sur certains spectacles de la Biennale est hilarante et très réélle. Il y a eu à la Biennale de Danse il n'y a pas si longtemps des spectacles de danseurs nus où les gens venaient voir leurs anatomies à l'air libre se découvrir au rythme de la danse. Ensuite j'ai adoré l'utilisation de l'auteur de mots souvent désuets ou si peu usités : comme il est bon de saluer de vieux amis que l'on n'avait plus rencontré depuis si longtemps ! Merci Olivier !


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2 réactions à cet article    


  • SUR1NUAGE 16 novembre 2016 04:42

    Merci a l’auteur de nous rappeler toute l’intelligence et le talent d’Olivier Lexa, il respire Venise comme d’autres respirent les fleurs, fin connaisseur d’une Venise toujours énigmatique. Parcourt initiatique du baroque a la littérature il nous fait vivre Venise de l’intérieur sans recours aux sempiternelles mondanités de ceux qui savent.



    • Venise Venise 16 novembre 2016 15:33

      C’est tout à fait ça, sans oublier son ironie mordante ! On espère qu’il restera encore très longtemps à Venise et que cela lui inspirera d’autres délicieux ouvrages !

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