• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’étrange alchimie du spectacle vivant

L’étrange alchimie du spectacle vivant

Pour moi, Émily n'est pas sortie de sa cage …

 

En direct du Festival de Travers

Pour apprécier un spectacle vivant, les qualités de l'artiste ne sont pas seules en cause. Bien des éléments viennent altérer le jugement du spectateur. En ce jeudi soir, Festival de Travers oblige, je suis allé à la rencontre d'Émily Loizeau. Il est difficile de trouver programme plus alléchant. Pourtant au terme de cette soirée, je suis rentré bien las et sans être entré dans la magie de la dame.

Il y a d'abord l'état du spectateur lui-même. Il faut savoir rendre à Nabum ce qui lui revient. Un mal au dos tenace ( ce qui n'est pas anodin dans ce cas-là) et la perspective d'une longue journée de travail le lendemain (les hasards de la programmation). De tout cela, rien ni personne d'autre que le spectateur n'est responsable.

Puis, il y a la salle de spectacle. Celle de Saint Jean de Braye est en la circonstance fortement décommandée à qui souffre du dos. Si par malheur, l'épave qui veut continuer à se croire jeune en allant au spectacle, a quelques légers problèmes d'audition, il découvre alors une salle à l'acoustique incertaine et aux décibels ravageurs. Le confort n'étant pas au rendez-vous, la suite s'annonce délicate …

L'étroitesse de la scène ensuite, élément hélas non modifiable donne une impression d'étouffement. Le spectacle a besoin d'aise, le spectateur aime aussi prendre les siennes. L'aspect visuel est un aspect indispensable de l'art de la scène. Les bons jeux de lumière n'y purent rien, le manque d'espace réduisait ce plaisir de l'œil.

La programmation peut aussi vous jouer bien des tours pendables. Une première partie, quand elle existe, peut être une belle entrée comme un choc si terrible qu'elle vous écarte de votre destination initiale. Parfois, c'est une révélation qui vous cloue sur place et laisse bien terne la tête d'affiche, d'autre fois, c'est si ennuyeux que la vedette s'en trouve magnifiée.

Cette fois, rien de tout ça. La prestation ultra vitaminée de Charles Baptiste d'Oloron Sainte Marie nous entraîna sur les chemins de la variétoche assumée et exacerbée. De l'énergie à revendre, un piano fracassé, des paroles qui s'envolent sans laisser de trace mais du rythme et du plaisir facile. C'était drôle, parfois exaspérant, toujours entraînant mais certainement pas préparatoire au monde onirique d'Émily Loizeau.

La suite prouva que je n'étais pas ce soir-là en mesure de franchir le pas, de passer d'un mode de paillette à un univers poétique. Je suis resté sur le bord du chemin. La petite chanteuse miraculeuse ne sut me tendre la main à moins que ce fut moi qui fut incapable de la saisir et je le regrette bien.

Par moment, j'ai vu que je manquais un beau voyage. Il eut fallu pour ça entendre toutes les paroles, les comprendre aussi. Manifestement, les plus beaux textes étaient en anglais. Ma méconnaissance de la langue associée à la faiblesse de la sonorisation me laissèrent à moitié assoupi sur mon fauteuil tout comme un confrère somnolant, hélas pour lui, spectateur du premier rang …

Et puis il faut bien l'avouer, l'orchestration, parfois ajoutait à la confusion sonore. Les morceaux qui prenaient le parti pris du volume et de la puissance n'arrangeaient rien. Alors que quand tout au contraire, le groupe choisissait la douceur et l'harmonie, il nous ravissait. Hélas, ce furent souvent des textes en anglais qui justifièrent ce changement de ton. Je n'avais pas l'oreille à comprendre les poèmes de William Blake. C'est bien dommage !

Quant au final, Émilie se tourna vers l'ami Victor Hugo et un chant à Capela, ce fut merveilleux. Ces musiciens enfin à l'unisson, le bruit oublié, je pouvais apprécier le talent incontestable de la dame tout en déplorant de n'avoir pu, ce soir là, pour de multiples raisons, partager pleinement le bonheur si fragile d'un spectacle vivant.

Confusément sien.


Moyenne des avis sur cet article :  4.5/5   (8 votes)




Réagissez à l'article

91 réactions à cet article    


  • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 15:27

    Voilà un sujet qui a beaucoup fait jaser dans Nos Enchanteurs, il y a 2/3 mois, les conditions matérielles qui dévaluent gravement la prestation d’un artiste, avec souvent des responsabilités partagées, quand un ingé-son compense la préparation approximative par des décibels qui font déserter les premiers rangs. Arno est un récidiviste du genre. Et puis, il y a les festivals, parfois c’est tout bon, parfois ... non.
    Tout dépend du degré de professionnalisme des organisateurs, de la ponctualité des gens qui viennent faire les balances - ou qui ne viennent pas, ou en retard, ce qui est très gênant dans un festival quand la scène est partagée. Autant de faux pas qui maltraitent le spectateur.
    Le dernier album d’Emily Loizeau est très réussi, consolez-vous avec, même si on n’est pas anglophone, c’est un vrai bonheur ..
    http://nosenchanteurs.eu/index.php/2012/10/12/amelie-et-emily-font-des-albums/


    • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 15:38

      norbert gabriel


      Je n’ai d’ailleurs pas jeté la pierre à la chanteuse, vous pouvez le noter.

      Je n’irai pas vers son album, pour moi le texte est premier. C’est ma perversion personnelle, ma façon de comprendre le monde d’abord au travers des mots.

      Le son doit être un accompagnement non pas une douleur et je trouve que c’est souvent que les décibels couvrent bien des médicocrités .

      merci de votre visite, le festival continue !

    • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 15:46

      je comprends, ce qui est souvent étonnant avec Emily Loizeau, ce sont les deux « faces » de la chanteuse, quasi intimiste et très affinée sur les albums, et beaucoup plus ’rock-blues" en scène, personnellement, je n’ai pas eu de mauvaise surprise quand je l’ai vue en scène. Et toujours d’excellentes avec les albums.


    • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 15:53

      norbert gabriel 


      La mauvaise surprise vient d’une salle si peu faite pour la musique sonorisée et sans doute de tecniciens ne maitrisant pas leur outil.

      Les spectateurs sont parfois bien mal traités

    • alinea Alinea 13 octobre 2012 18:56

      Du narcissisme évident de cette fille, que voulez-vous qu’il ressorte ?
      Bon, c’est vrai, à part Barbara ( il y a longtemps) et Brigitte Fontaine, je n’aime pas un ego qui s’exprime ; pour moi un artiste est un passeur et j’en connais qui vous auraient fait oublier votre mal de dos, votre inconfort et la mauvaise sonorisation !
      Mais comme elle ressemble ( dans le premier clip) à une amie que j’aime beaucoup, j’ai supporté !!
      Et même sans avoir mal au dos, je suis sûre que je me serais beaucoup ennuyée à ce spectacle ( y-avait-il du « spectacle » ?)
      Chacun ses goûts ! non ?


      • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 19:29

        Alinéa


        Je vous trouve sévère. Mais je ne la connais pas assez pour prendre position.

        D’accord pour les deux dames majuscules, de grands moments vécus autrefois.


        L’année dernière j’ai connu un spectacle unique avec Rémo Gary, un presque inconnu immense. Le spectacle vivant, c’est ça aussi.

      • alinea Alinea 13 octobre 2012 19:30

        et avec elle, c’est Nabum, vous auriez eu mal au dos ?
        http://www.youtube.com/watch?v=icd1c3FpnC4&feature=related


      • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 19:34

        Alinéa


        C’est magnifique !

        Mais je suis un incorrigible, j’ai besoin de smots pour entrer dans la magie de la musique.

        Un être limité peut-être , c’est pourtant ainsi que je fonctionne.

        Les mots sont ma nourriture principale.

      • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 19:51

        je ne comprends pas bien où vous voyez un « narcissisme évident » chez Emily Loizeau, dans son dernier album, il y a beaucoup de chansons et mélodies anglo saxonnes, et comme chez Léonard Cohen, on est accroché (ou pas) par ces ambiances musicales. N’étant pas spécialement anglophone, j’écoute son album avec beaucoup de plaisir, comme lorsque j’écoute Alela Diane, Emmylou Harris, ou Mahalia Jackson. La première fois que j’ai vu Emily Loizeau en scène, c’est aux Francos 2004, Foulquier l’a intercalée pour 3 chansons, sur l’esplanade St Jean d’Acre, devant 8 ou 9000 spectateurs, et cette fille seule au piano-synthé a scotché le public qui était là pour des groupes plutôt rock avec 5 ou 6 musiciens. Je n’ai pas vu souvent quelqu’un capable de faire ça en scène ... et j’en ai vu pas mal.


      • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 19:53

        Rémo Gary, il est formidable en scène ! sa version des « Oiseaux de passage » avec le texte intégral, est un moment de spectacle hors du commun. Même en disque d’ailleurs.... Mais c’est en spectacle qu’il est le plus attachant.


      • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 20:13

        norbert gabriel


        Je suis d’accord avec vous, quand elle est seule ou en accoustique elle est exceptionnelle !

        Elle est sans doute mal conseillée pour préférer le bruit à sa magie naturelle. Je le déplore vraiment ...

      • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 20:16

        norbert gabriel


        Je mettrai un billet pour le 30 octobre décrivant l’émotion que provoque cet artiste et notamment cette chanson qui vous laisse sans force, sans voix, bouleversé et incrédule.

        Comment un chanteur seul peut vous entraîner aussi loin.

        C’est un moment exceptionnel sans que pour une fois cette expression soit galvaudée. j’ai vu des spectateurs pleurer devant de géant de la scène ...

      • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 20:54

        «  »à part Barbara ( il y a longtemps) et Brigitte Fontaine, je n’aime pas un ego qui s’exprime ;« 

        et Brel ? c’était pas un ego qui s’exprimait ? Véronique Sanson ?? Balavoine ? la chanson, ce sont des artistes qui se »mettent à poil" sur scène, enfin c’est comme ça que je vois les choses, des émotions vécues, et partagées.


      • alinea Alinea 13 octobre 2012 21:06

        Moi j’ai besoin de la voix, mais les mots !!! je m’en passe ; au contraire, à part chez Léo Ferré, ou Nougaro, ou des gens comme ça mais la musique que je préfère c’est la musique populaire, qui parle d’un monde et pas d’une personne !
        Moi aussi je suis incorrigible ; il faut que mes poils se hérissent, que je pleure et que je ressente toute la beauté du monde dans une musique ; sinon rien !!!


      • alinea Alinea 13 octobre 2012 21:08

        norbert : je n’ai jamais pu souffrir Brel parce qu’il n’était qu’un ego qui s’exprimait ! ses musiques et surtout ses arrangements étaient affreux et à part quelques phrases, ses textes étaient mal foutus ! ah non quelle horreur Brel !!



      • alinea Alinea 13 octobre 2012 21:31

        oui jaja ; mais, on peut dire la même chose sans mot ; parce que l’émotion que l’on ressent quand on écoute la messe en si de Bach, ou la passion selon St. Matthieu ; quand on écoute les tziganes chanter et jouer ; c’est la même, c’est exactement ce qu’ils disent.
        La musique est un langage universel qui unit tous les peuples ; À Sarajevo, il y a longtemps, avant les jeux olympiques, deux amis et moi avons joué avec les tziganes ; on ne se comprenait pas pourtant, en parlant ; et là, on s’est compris tout de suite.
        Il faudrait que tout le monde soit musicien !
        merci pour ce lien ; je ne les connaissais pas !


      • alinea Alinea 13 octobre 2012 21:34

        C’est exactement ça norbert, je n’aime pas les gens qui se mettent à poil !
        Il faut un sacré coup de pot pour que l’un ou l’autre te touche !
        Tandis que dans la pudeur et le collectif, ça touche tout le monde !
        Enfin moi, ce que j’en dis, c’est ma vie ; après tout je ne saurais pas dire pourquoi !!


      • N F C N F C 13 octobre 2012 22:01

        Je trouve que Brel est génial ; quelle originalité et autant d’emotions... La force des sentiments nous dépasse simplement >>>


      • magma magma 14 octobre 2012 10:55

        oui reprocher le narcissisme ou l’elitisme sont des propos assez agaçants, un artiste exprime forcément de lui comme un ecrivain un peintre... et comme un astrologue puisqu’il invente :) private joke pour Alinea.

        il existe de la musique en pot de chambre pour ceux qui ne veulent pas de narcissisme de l’artiste, et permettre a l’auditeur de ne rien voir placé au dessus de son propre narcissisme.

        de même pour l’elitisme, on reproche a l’artiste de jouer bien et de ne pas s’adresser a la masse ! un comble


      • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 20:02

        Alinea " pour moi un artiste est un passeur et j’en connais qui vous auraient fait oublier votre mal de dos, votre inconfort et la mauvaise sonorisation !"

        ça se discute, quand la sono est poussée à fond pour pallier à une préparation insuffisante, ou à cause de l’incompétence des sonorisateurs,de la salle, le public est gravement lésé (et les oreilles aussi) du coup, dans le meilleur des cas, on danse sur le rythme mais on ne comprend rien du texte, ça se produit chaque année aux concerts FNAC Live, les gens pourraient trouver Nuit et brouillard vachement fun pour draguer. Lavilliers ne chante plus une chanson en public à cause d’un public qui n’écoute rien du texte, et qui ne retient que le rythme dansant.


        • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 20:18

          norbert gabriel


          Il est des salles d’un tel inconfort que le spectaeur devrait légitimement être payé pour dedomagement de son martyre. Je ne plaisante pas, comment peut-on encore offrir de telles conditions à un public qui vient pour un spectacle.

          La sono est souvent l’accusée principale. Nous entons une bouillie horrible et si forte que parfois il faut fuire la salle pour préserver des oreilles fatiguées par tant d’expériences analogues ...

        • alinea Alinea 13 octobre 2012 20:34

          Norbert ; oui ! je me suis mal exprimée : en général j’aime la musique qui n’a pas besoin de sono, ou très peu ; mais il y a des salles où l’acoustique est mauvaise, c’est ça que je voulais dire ; acoustique, pas sonorisation !
          Mille excuses


        • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 21:02

          dans quelques semaines, on devrait publier un article dans Nos Enchanteurs, mais pourquoi pas dans Avox, avec des témoignages de différentes sources, artistes, organisateurs spectateurs, pour faire un panorama de tout ce qui peut faire rater un spectacle, et il y en a des choses à dire, parfois les responsabilités sont bien partagées, y compris avec le public, ou une partie du public qui vient pour faire causette avec les copains sur un fond musical, ou qui téléphone pendant le spectacle... sans oublier les photographes, amateurs avec leur tél portable, ou les pros devant la scène...


        • C'est Nabum C’est Nabum 13 octobre 2012 21:38

          Norbert


          Un guide des festvals et concerts du côté du pavillon massacré.

          Une belle intiayive qui va faire grincer quelques dents. À suivre

        • Radix Radix 13 octobre 2012 23:00

          Bonsoir Nabum

          Je viens me faire pardonner !

          A la décharge d’Émilie Loizeau, les tournées sont souvent programmées dans des endroits improbables, à l’acoustique incertaine et au confort aléatoire.
          De plus « l’agent » de la maison de disque a du lui imposer un truc du genre : « Tu sais, coco (ils appellent tous les artistes »coco« , cela évite les impairs quand ils se gourent de prénom), en province c’est pas un public de connaisseurs en poésie comme Paris, il faut que tu balances des trucs qui déchires (en clair : »faut que tu leur bougent le cul à ces ploucs« ).

          Mes filles ont été l’écouter quand elle est passée et elle m’ont raconté que si elles n’avait pas été traitée en »VIP" (honteux privilège, mais bon !) elles n’y seraient pas allées. Elles ont discuté avec Émilie après le spectacle et ont compris beaucoup de choses au-de-là des paillettes !

          Mon cher Nabum, je ne voudrai pas être blessant (mais je sens que je vais l’être), ce n’est plus de notre âge, (j’ai plus de soixante ans) et si tu tiens à ton confort il te reste les spectacles de Johnny... les déambulateurs sont fournis à l’entrée !

          Radix


          • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 23:19

            Mon cher radix, je ne voudrais pas être exagérement malengroin, mais si vous, des gamins de 60 ans passés se privent d’Emily Loizeau sous prétexte que le déambulateur n’est pas fourni, qu’est-ce que je devrais dire avec mes 70 et demi, quand je vais voir Carmen Maria Vega, une p’tite jeunesse de 30 ans qui fait bouger les mots, les musiques et les gens.. Et vous rappellerai-je insolent que vous êtes que le rock est né en 1951-52, vous êtes donc né avec, mais ce sont souvent les petits enfants du rock qui ont abusé des décibels, et qui sont plus qu’à moitié sourds. Surtout les ingés sons... Mais nous reparlerons de tout ça un de ces jours, on peut noter quand même que des artistes qui tournent beaucoup savent maîtriser les aléas et les mauvaises surprises des organisateurs approximatifs, négligents, ou incompétents. C’est aussi le rôle du manager de l’artiste de s’assurer que l’intendance sera assurée au mieux. Mais c’est un autre problème, l’entourage des artistes.


          • Radix Radix 13 octobre 2012 23:32

            Bonsoir Norbert

            Si je suis malengroin, ne soyez pas malotru, vous savez bien, ou alors vous n’êtes pas très observateur, que la santé est inégalement répartie entre les individus.

            Pour un ingambe à soixante dix balais, il existe la contre-partie... Question d’équilibre sans-doute !

            Radix


          • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 23:48

            C’était de l’humour cher Radix, je n’ai pas choisi le portrait malicieux de Boby par hasard ...


          • C'est Nabum C’est Nabum 14 octobre 2012 07:14

            Radix


            Heureusement qu’il y a des gens de notre âge pour oser découvrir des chanteurs aller dans les festivals malgré l’inconfort de quelques salles.

            La seule précaution à prendre pour nous c’est de prévoir une pausse pipi ... et buvette

            Je ne doute pas de la qualité de cette artiste, il me sembe l’avoir écrit. Je suis persuadé de la médiocrité de cette salle et d’autres m’ont dit la même chise (certains refusant désormais de s’y rendre)

            C’est simplement tous ces petits désagréments dont j’ai voulu parlé dans ce billet.



          • C'est Nabum C’est Nabum 14 octobre 2012 07:17

            magma


            J’en suis parfaitement conscient et je n’ai pas fait un billet à charge pour Émily Loiseau

            J’ai évoqué mes difficultés personnelles , la salle, la sono, la première partie ... autant d’éléments dont elle n’est pas responsable.

            Le titre précise ce contexte et je trouve encore matenant qu’elle a un grand talent même si ce soir-là, je n’ai pu l’apprécier totalement.

            Merci

          • norbert gabriel norbert gabriel 13 octobre 2012 23:46

            On peut remarquer, en conclusion provisoire, que la chanson est un art populaire à multiples facettes, et provoquant souvent des réactions épidermiques. Il y a un livre d’entretiens avec Moustaki, « Questions à la chanson » qui résume assez bien tout ça avec cette phrase :

            « Un aphone inculte, par sa seule sensibilité et son lyrisme naturel, peut émouvoir. Mieux que la voix ou le cerveau le plus cultivé. »

            Et en effet, quand j’écoute un négro spiritual ou un blues du Delta, en « patois » américain, ça m’attrape au coeur et au corps, autant que Django ou Verdi, ou Leprest, ou Emily Loizeau ... smiley


            • magma magma 14 octobre 2012 01:02

              Oufff je lis tellement de chose difficiles a supporter et completement contradictoires, même si la musique est une contradiction et subkective. Déja a l’auteur, les artistes sont souvent les victimes de la salle découvrant l’accoustique 2 heures avant le spectacle. Les ingé sons on leut apprend a faire sonner la musique comme ca et pas autrement, rock sans finesse, efficace comme ont dit.

              a l’auteur, vous dite elle chante a capela et ses musiciens enfin a l’unison... a capela c’est a capela ! peut être votre lumbago. De même souvent on lit « unpluged » a mauvais essient puisque les instruments sont amplifiés, unpluged c’est litéralement ’débranché

              sur l’artiste... admettons que j’ai des gouts non conformistes... ça ne casse pas 3 pattes a un canard au niveau textes et encore moins au niveau musique, mais a chaque fois ou nous vend des « univers » quand il s’agit de chansonette, les gens a Univers sont si rare qu’il faut le souligner, la il s’agit d’arguments dévalorisant ce terme.

              Apres beaucoup oublient que, soit on s’exprime par la musique adjointe a des textes soit on fait de la poésie écrite ou déclamée. si on choisit la musique alors ceci implique au moins un support musical présent. La musique ce n’est pas une bonne fois pour toutes des musiciens serviles et discrets au service du dieu chanteur (c’est comme ça qu’on vous le vend et que la france devient une terre de crasse béotienne musicale aux chanteurs beaux). Le chanteur n’est qu’un instrument lambda qui n’affecte plus que les masses ignares de la musique. La musique transcande, elle ne brille pas que par son coté intimiste mais parfois par l’intensité de la musique les paroles, tout n’est pas que musique feutrée. La musique sublime les paroles.
               
              Un exemple, le groupe Ange, qu’il faut avoir vu sur scène la production francaise laissant a désirer, les textes choqueront, peut importe, notez la force qui découle de la voix et de la musique :

              http://www.youtube.com/watch?v=o2K2Jrq41fM

              ou

              http://www.youtube.com/watch?v=m16QDBiT3Go

              extrait de yes par exemple démonstration que la voix est un autre instrument ..entendez vous la musique ? oui c’est en anglais... et alors

              http://www.youtube.com/watch?v=GjnZgc313uM


              Alinea, certes j’apprécie Brigitte foitaine, mais son émotion est assez particulière on va dire c’est même parfois l’absence d’emotion qui est plaisante, mais on ne peut nier que sanson Laforet, Lemay, chez les femmes et même si ce n’est pas ce que j’écoute aient de l’emotion. La ce que vous nous passez m’apparait un exercice de style quelconque et je n’imagine pas 2 heures de ca. c’est pas parce qu’on fait des grimace qu’on est authentique c’est parce qu’on parle avec son coeur...

              Vous dite je n’aime pas les gens qui se mettent a nu, mais vous citez ferré... je mets
              un lien moins connu.J’ai du mal a l’entendre car ma gorge s’éteint .. ; trop...

              http://www.youtube.com/watch?v=BnV-OS15MXM&feature=related

              Alors la ou on atteint la catastrophe c’est quand vous parlez de Brel, qui rappelons composait (lui par comme ceux qui ne font que chanter les autres) pardon ! vous n’avez pas bien écouté les compositions fabuleuses, vesoul et marcel azzola, jackie, le plat pays mathilde amsterdam orly, on ne peux cetainement pas dire cela, je comprend qu’on aime pas ou que c’est vieillot a la limite, et même que c’est trop, mais pas que les orchestrations sont faibes (bon si on aime brassens) et en plus c’est original . Je ne parle même pas des interpretations, un brel hélas, il faut s’en rendre compte n’existera plus. Hop extrait moins connu, retirez la musique avec la fin en apothéose :

              http://www.jukebo.fr/jacques-brel/clip,fernand,r88k3.html

              chaque artiste raconte un peu de son histoire ou n’a rien a dire, je préfére brel et sa vie que noir désir l’humaniste donneur de leçon de loin et assassin de ses proches.

              bien sur je ne saurais conclure subjectivement par le seul groupe qui conjugue toutes les qualité, musique, univers intensité, puissance, composition vituosité, folie chants de nulle part comme la langue inventée et qui racommode ledilemme francais/anglais
              http://www.dailymotion.com/video/xbtohg_mekanik-destruktiw-kommandoh-part1_music
              http://www.dailymotion.com/video/xbtpyz_mekanik-destruktiw-kommandoh-part2_music

              une petite video d’un groupe au dela de tout un peu de transe (si un abruti dit que c’est toujours pareil, c’est 100 couprs de fouets et l’intégrale de pierre bachelet a écouter en boucle)

              http://www.youtube.com/watch?v=7YfIpbXpmvQ&feature=related

              ps alinea.. surtout ne regardez pas, votre monde de watoo watoo et papazoies ne supportera pas un tel choc et les cauchemares vous guettent


              • norbert gabriel norbert gabriel 14 octobre 2012 01:23

                Intéressante série de réponses de Magma, sur différents commentaires, mais il me vient une question, dans tous les commentaires qui développent un avis sur Emily Loizeau, concernent-ils uniquement de l’extrait présenté en haut de l’article ? Parce que dans ce cas, ce serait aussi réducteur que « juger » Brel sur une chanson de 54, ou Brassens sur « la cane de Jeanne » en oubliant « Mourir pour des idées » ... dans son dernier album, comme dans les précédents, elle a un univers musical à la fois raffiné et poétique, et en scène, des chansons dans des versions plus pêchues. Montand avait des chansons de scène, qui passent moins bien en album studio.


                • magma magma 14 octobre 2012 10:50

                  univers... hum... tres honnêtement j’ai bidouillé sur le net pour trouver qques morceaux. , la question est : faut il écouter 4 h de sheila pour savoir si on va trouver un truc potable.. non bien sur.J’avoue et je l’ai écrit, je ne suis pas fan de musiques assez simplistes, j’ai exclus volontairement la musique classique de la musique populaire et même si la distance n’est pas aussi grande, l’exigeance l’est. Mon parcourt musicale m’a entrainé du bas vers le haut et il devrait en être pareil pour tout passionné de musique, trop de choix pour rester sur la médiocrité, même si encore une fois, quantifier, étalonner de la musique est complétement discutable (on va me faire le couplet sur la musique c’est une question de sensibilité ! mais je ne peux exclure l’authenticité), Il est d’ailleurs a noter que la différence entre la musique populaire des années 60 et celle d’aujourd’hui montre hélas un rapprochement dangereusement compromettant la variété devenant plus rock et le rock plus variété entrainant au niveau de la chanson a texte un éffondrement de la qualité des mots, et pour la musique populaire une standardisation de celle-ci, pour un fast food commercial inepte. Ceci explique la prestation qui doit être scéniquement énergique, a ne pas comprendre trop fort et intensité de la musique.

                  Je ne vais pas tirer plus que cela sur Emily Loizeau, parce que ce n’est ni plus nulle qu’autre chose mais certes pas meilleur.

                  Si on veut tenter l’impossible, objectiviser des critères de musique, de quoi parle-t-on ? Composition, virtuosité, textes, voix, sens de la mélodie ou du riff pour le rock., émotion dégagée (ce que moi j’appelle authenticité) créativité, expérience et visuel.
                   
                  Question composition c’est pauvre, sans imagination, sans relief, pas d’originalité dans les compos ni même la manière de placer les instruments, vu 100000 fois.

                  La voix, limite faiblarde est malheureusement tout a fait tendence de ce qui se fait, ce n’est pas un univers c’est une voix artificielle que l’on veut fragile comme si la chanteuse nous faisait partager son intimité, mais rien ne la distingue de toute la production actuelle qui nous propose des chanteuses a peine décalées revendiquant une poésie de monoprix, accessible, sans âme, sans force, sans tristesse sans grandeur d’âme. Ce qui est grave, c’est qu’on veut nous faire croire que cela est de la chanson a texte. Du texte sans force des sentiments, est pour moi peu crédible.

                  les morceaux sont un exercice de style dans l’air du temps, ou plutôt un ensemble de figures imposées (même si j’ai trouvé un live avec une interpretation d’un morceau acceptable), rien de neuf sous le soleil

                  Non on ne peut comparer a Brel, que je n’ai pas bien défendu pour cause d’heure tardive, il y a brel, un fossé de 100 millions de kms et le reste. Les textes de Loizeau et c’est cela qui est innacceptable, faute de rien, on veut nous faire passer cela pour du rimbaud, j’ai pas choisit le texte le plus niaiseux, mais : « je suis le tigre de la montagne le prince des bois...  » on peut pas comparer ça a du férré ou nougaro par exemple, vous allez me dire « c’est pas ce que je dis », la chanson peut être anodine, mais c’est un peu comme ça et a force d"oubli qu’on nous le vend. Personne n’a manié la métaphore et la langue francaise comme brel et que dire de l’interpretation... il la vie la transpire... il améliore. a l’instar d’un ferrat aux textes riches a la voix parfaite, mais a l’interprétation lisse et trop chanteur. brel, n’aurait pas passer la 1 ere semainde de la starac emily loizeau si.

                  Elle ne reprensente aucunes de ses qualités, et l’acceptation aujourd’hui du médiocre, le respecter c’est un chemin vers le pire.

                  D’autres chanteurs n’ont pas de voix mais savent mettre de l’émotion, un renaud des débuts avec ses mots de quartier, enfin un autre exemple, bashung qui commença par Gaby rappelons nous, pour arriver a ca (a voir le concert en entier) :

                  http://www.dailymotion.com/video/x4rwbj_alain-bashung-aucun-express_music
                  http://www.youtube.com/watch?v=EE08S2m8dxU pour l’intensité (alinéa attention a vos oreilles, y a un tout petit peu de bruit)

                  je n’étais pas fan, j’ai regretté de ne pas avoir vu ce concert. retrospectivement ce live fout les boules comme on dit

                  Vous allez me trouver très dur, j’essaie de ne pas trop l’être, mais il y a tant d’indulgeants qui se chargeront de trouver des excuses a toutes ces musiques mais qui ne feront qu’acroître le fossé entre la qualité et le produit de consommation au plus grand dénominateur commun que veut nous imposer une industrie musicale qui n’est pas faite de passionés mais de marchands du temple qui n’ont rien de mélomanes.

                  qques extraits pour les courageux :

                  http://www.youtube.com/watch?v=Z9IQnDRYIYU l’émotion dans le non dit, tout est dans les silences, la folie a un moment puis un trop d’émotion a la fin, écoutez les notes tenues en tension a la fin (attention Alinéa, la fin, fait bobo les oreilles, ah oui... parce que j’ai oublié la musique, ça s’écoute fort).

                  un ex groupe qui fit de la bonne musique :

                  http://www.youtube.com/watch?v=BdJkOMYzVFE le final.. pourtant sans voix... s’appelle la liberté, une époque révolue, celle qui a disparue, la musique c’est ça, pas seulement, mais il faut l’avoir connu pour rectifier ses jugement de valeur vers le haut et aujourd’hui une telle main mise sur la radio qu’on a plus de choix, elle nous est imposée.

                  bref ces 2 morceaux, quand je les écoute, ma gorge se noue et je pleure (ben oui la compagnie créole ça me fait pas rire a contrario :) ) on y sent dans notre chair l’émotion qu’ils ont voulu y mettre.

                  enfin je fini avec 2 morceaux plus spéciaux, la voix de peter hammil, un phénomène (ça peut exaspérer) c’est spécial certes, mais la on peut parler d’univers et quelle force !

                  http://www.youtube.com/watch?v=sToG11qUMvk

                  pour les textes du poete pete sinfield (bon ok ça a vieill) léger

                  http://www.youtube.com/watch?v=7kVNl-9cS9c

                  Si certains qui ne connaisent pas, ont fait l’effort d’écouter les morceaux, je les remercie et peut être que tout ne sera pas noir dans le pire des mondes








                • C'est Nabum C’est Nabum 14 octobre 2012 11:27

                  magma


                  C’est un requisitoire !

                  Tant pis pour elle, vous ne semblez lui accorder aucune circonstance atténuante.

                  Écoutez Roma Gary et si vous n’avez pas peur de la langue vernaculaire Le petit crème qui chante Gaston Couté

                  Merci

                • norbert gabriel norbert gabriel 14 octobre 2012 11:35

                  « La voix, limite faiblarde .... »

                  sur ce point, j’ai signalé plus haut les différences entre les albums et ce qu’elle fait en scène, ceux qui l’ont entendue à La Rochelle, en piano voix sur le St Jean d’Acre, ne diront jamais qu’elle a une voix faiblarde, à se demander si en studio elle ne fait pas le choix de maîtriser sa voix pour éviter les eftets trop brillants. Ici c’est plus près de ce que j’ai entendu en direct
                  http://www.youtube.com/watch?v=WnpiMcKkFpM&feature=related


                • norbert gabriel norbert gabriel 14 octobre 2012 12:08

                  «  ».. «  on peut pas comparer ça a du férré ou nougaro par exemple, »

                  exercice un peu artificiel, je connais très bien « mon Nougaro » et je pourrais vous citer quelques extraits dans lesquels il a pris des libertés avec la grammaire ou les conjugaisons qui ne sont pas des licences poétiques. Ça ne remet pas en cause pour autant l’ensemble de son oeuvre. En extrayant un bout de phrase de son contexte, on peut dézinguer n’importe quel auteur, même Ferrat ou Aragon, ce n’est pas un procédé honnête.


                • C'est Nabum C’est Nabum 14 octobre 2012 14:26

                  Norbert


                  Merci de venir ici servir d’avocat de la défense

                  Elle a beaucoup de qualité Le lynchage est injuste

                • magma magma 14 octobre 2012 16:16

                  Nabum c’est quoi cette réponse ?

                  Nougaro, oui renaud aussi, et brel aussi, et alors, bien des poétes inventent créent, jouent, c’est jouer avec la transgression, ça ne rend pas Emilie loizeau exceptionnelle. Même ce que je disais, c’est que la tolérance de la nullité est la porte ouverte a l’acceptation de la médiocrité (bon allez on va dire ce qui est moyen), on finit par aimer ça, parce que c’est « moins pire »

                  je ne suis pas ici, le censeur, mais le défenseur a contrario de la musique qui tire vers le haut qualitativement, ne vous méprennez pas.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires