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L’Histoire sans idées reçues II : les guerres tribales chez les Indiens d’Amérique

Cet article fait partie d’une série qui explore les aspects des tribus indiennes d’Amérique du Nord sans le folklore, mais avec le sérieux de l’historien français Mathieu Le Hunsec pour le site custerwest.org.

Cet article fait partie d’une série qui explore les aspects des tribus indiennes d’Amérique du Nord sans le folklore, mais avec le sérieux de l’historien français Mathieu Le Hunsec pour le site custerwest.org.

Les guerres tribales sont une constante sur le continent nord américain. L’archéologie et les témoignages rendent compte de conflits entre autochtones bien avant l’arrivée des Européens. Ces conflits vont cependant évoluer avec l’arrivée des Européens puis la pénétration des Américains dans le continent qu’ils s’approprient. En effet, les tribus en contact avec les premeirs colonisateurs européens prennent une partie active dans les conflits, tandis que les guerres purement tribales engagées dans des zones n’étant pas encore en contact avec les Blancs subissent les mutations dues à l’introduction du cheval et des armes à feu qui pénètrent plus ou moins rapidement dans le continent, venus du sud ou de l’est.

Dans un premier temps, les conflits sont limités. Les tribus ne peuvent se permettre de se lancer dans des guerres à outrance qui épuiseraient très rapidement leur faible potentiel démographique. Par exemple, durant l’hiver 1692, une rencontre entre des Iroquois et des Abenakis aboutit à un duel entre les deux meilleurs guerriers, duel qui évite une effusion de sang qui affaiblirait trop les deux parties en présence.

La peur de trop s’affaiblir démographiquement se retrouve également par un acte de guerre particulier : la prise de prisonniers afin de compenser les pertes. Chez les Iroquois, quand un clan perd certains de ses membres, il doit trouver un moyen de les remplacer. Lancer une attaque relève d’une stratégie, souvent décidée par les femmes, visant à capturer des prisonniers pour les intégrer à la communauté. Au retour, il revient aux femmes de choisir quels prisonniers seront adoptés et lesquels seront exécutés ou réduits en esclavage. Pour l’anthropologue Rolan Viau, l’adoption et l’esclavage étaient deux statuts sociaux distincts. L’adoption présentait le prisonnier dans un nouveau contexte « social parental ». Ainsi, le prisonnier qui était adopté bénéficiait d’un statut privilégié s’il remplaçait l’Iroquois mort au champ de bataille.

L’adoption vise donc essentiellement à remplacer les membres du clan récemment décédés et les prisonniers sont intégrés à la famille.

Dans ce sens, l’arrivée des Blancs a accéléré le nombre et la dureté des guerres. Comme l’a souligné l’anthropologue Roland Viau, « la maladie, qui a tué davantage que les fusils, a décimé les populations, ce qui forçait les clans à entreprendre plus de guerres ». Les guerres menées par les Cinq Nations iroquoises au cours du XVIIe siècle connurent une ampleur sans précédent, car les « Iroquois étaient avant la guerre qu’ils ont eue avec les Français et les nations qui leur sont alliées plus de trois mille hommes. Ils ont diminué au-delà de la moitié et l’on compte présentement qu’ils ne peuvent être que douze à treize cents hommes », selon le texte des Relations des Jésuites. Dès 1640, les Iroquois intègrent massivement des prisonniers de guerre. Vers la fin du XVIIe siècle, plusieurs villages comptent une majorité d’individus n’étant pas Iroquois de naissance.

Cette méthode radicale qui permit aux Iroquois de maintenir un niveau de population stable avant l’établissement des Blancs s’appuie sur une méthode guerrière résumée par une devise iroquoise : « Surgir comme un renard, se battre comme un lynx, s’envoler comme un faucon. » Les guerriers attaquent par surprise un camp très rapidement. Le but est de piller, de prendre des scalps et de faire des prisonniers. Une fois le raid accompli, la retraite est rapide, les prisonniers entravant cette marche sont exécutés.

Autre élément contribuant à renforcer ces guerres tribales, le scalp et le prisonnier deviennent des valeurs d’échange au même titre que la fourrure sur le marché colonial nord américain. La demande de fourrures par les Blancs conduit également à la multiplication des raids.

L’expansion du commerce des fourrures par les Français écarta les Iroquois des profits qui réagirent en se liguant avec les trafiquants hollandais de Fort-Orange. Ils se lancèrent également dans des expéditions contre leurs voisins, une fois les castors exterminés sur leur propre territoire. Ainsi, les Iroquois se livrent à la piraterie pour bénéficier du commerce des peaux de castor. Une tribu iroquoise, les Mohawks (ou Agniers) tendent des embuscades aux canots hurons chargés de fourrures destinées à être échangées avec les Français sur le Saint-Laurent. À l’autre extrémité de la confédération iroquoise, les Tsonnontouans agrandissent leur territoire de chasse en se déplaçant vers l’ouest. Les Wenros, voisins des Tsonnontouans, sont ainsi expulsés de leurs terres en 1638.

Cependant, des territoires de chasse toujours plus vastes sont nécessaires. Les Pétuns, les Neutres et les Ériés interdisent ainsi aux Iroquois l’accès à des territoires de chasse aux castors ou entrent en compétition à propos de ces derniers. Les Pétuns furent attaqués les premiers, et leur agglomération principale, Étharita tombe en décembre 1649. Deux villages neutres sont détruits en 1650 et 1651, et les Neutres semblent avoir fui leur patrie dans les deux années qui suivirent. Les Onontagués et les Tsonnontouans se tournèrent apparemment ensuite contre les Ériés, qui étaient si isolés qu’aucun Européen n’était parvenu dans leur pays. Une grande agglomération ériée tomba en 1654, les attaquants iroquois, surtout des Onontagués, s’étant servis de leurs canots comme d’échelles pour escalader la palissade.

Les attaques des Iroquois contre leurs alliés conduisent les Français à doubler leurs alliances commerciales d’alliances militaires. En 1609, les Français de Champlain sont entraînés dans la guerre pour soutenir leurs alliés commerciaux. Jusqu’à 1660, les Iroquois, très mobiles, attaquent les colons français, poussant certains d’entre eux à quitter la colonie pour rejoindre la métropole. Les autres trouvent la solution au problème en créant un camp volant de soldats, en entraînant des milices, en entourant les villages de palissades, et surtout en adoptant les méthodes guerrières de leurs ennemis. L’embuscade devient une tactique très appliquée avec plus ou moins de succès. Par exemple, en 1660, l’aventure du Long Sault qui avait pour but de surprendre les Iroquois revenant de la chasse se termine par la mort de la soixantaine d’hommes que comptait l’expédition, dont 17 Canadiens, surpris par l’arrivée de 300 guerriers iroquois revenant ensemble de la chasse.

La multiplication des échanges de peaux avec les Blancs s’explique également par la supériorité procurée par les armes à feu. Un parti de guerre armé à l’européenne s’arrogeait une supériorité sur les clans ne connaissant pas les armes à feu. Sir Alexander MacKenzie décrit la terreur que firent régner les Crees armés d’armes à feu aux populations vivant encore à l’âge de pierre du pays athabascan. De petits groupes de Crees armés de bons fusils chassaient comme des lapins les habitants de la contrée et ceux-ci étaient si effrayés que la seule vue d’un panache de fumée suspect à plusieurs kilomètres suffisait à provoquer leur fuite[1].

En 1795, Jean Baptiste Truteau affirme que la crainte inspirée par les Sioux Tetons aux autres tribus du Missouri et de l’est des Black Hills tient essentiellement à leur possession d’armes à feu, alors que leurs adversaires en étaient presque totalement dépourvus[2].

Les Mohacs, lors de traites officieuses avec les Anglais, les Hollandais et les Suédois, offrent jusqu’à 20 peaux de castor pour obtenir un mousquet. Dès lors un cycle vicieux s’engage. Davantage de peaux deviennent nécessaires pour s’armer, ce qui conduit à la raréfaction ou la disparition des castors, d’où le recours à des raids en territoire adverse.

L’armement des tribus peut également être le fait des alliances avec les Européens. Lors de la rivalités anglo-française sur la côte Est, les Amérindiens vont être directement impliqués dans les combats.

Des alliances sont nouées pour éliminer des tribus gênantes pour les Européens. Ainsi, les Pequots, obstacle à la pénétration vers le Connecticut, sont éliminés en 1637 par les Narragansetts ; huit ans plus tard, ceux-ci sont écartés sous les coups des Uncas. En 1675-1676, une même politique d’alliance permet encore une fois aux habiles Anglais d’échapper à une menace sérieuse, la guerre du roi Philip prend fin par la victoire des alliés Mohaks.

Les Iroquois, du moins certaines tribus de la confédération, se rangent du côté anglais et les appuient dans la lutte contre les Français puis les insurgés jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. En face d’eux, les Algonquins s’allient aux Français dès leur rencontre avec Champlain en 1603, imités par les Ottawas, les MicMac, les Montagnais, les Abénakis et les Hurons.

Dès la rencontre entre Blancs et Amérindiens des conflits éclatent.

L’alliance d’une tribu avec l’ennemi européen sert de prétexte aux guerres tribales. Ainsi, les Iroquois profitent de l’alliance des Hurons avec les Français pour les anéantir.

En 1648, une armée considérable, estimée à un millier d’hommes issus de deux tribus iroquoises, les Agniers et les Tsonnontouans, effectue une campagne militaire décisive. Les guerriers parcourent le sud de l’Ontario pendant l’hiver. En mars, cette armée envahit le pays huron et détruit les villages de Saint-Ignace et de Saint-Louis, où se trouvent des missions. Un grand nombre de Hurons contre-attaquent et reprennent Saint-Louis. L’ensemble des forces iroquoises lancées dans cette campagne se jette alors sur les Hurons dont l’armée est détruite au cours d’une féroce bataille qui dure jusque dans la nuit. Les Agniers et les Tsonnontouans jugèrent s’être assez battus et retournèrent dans leur pays. Après cet épisode, la confédération huronne, qui avait déjà vu sa population chuter de moitié en raison des épidémies apportées par les Européens dans les décennies précédentes et qui était déchirée par de graves conflits internes, entre partisans et adversaires des missionnaires, se dissout. A l’été 1649, les villages sont abandonnés, ce qui cause une famine à l’hiver suivant qui provoque de nombreux décès. Les survivants se dispersent, beaucoup cherchant refuge chez leurs anciens ennemis iroquois.

Les attaques sont donc lancées contre les tribus adverses mais également contre les ennemis européens. Des primes sont versées par les Européens pour les scalps ramenés par leurs alliés afin de comptabiliser les pertes adverses, mais surtout de pousser les Amérindiens au combat. Les alliés des Français terrorisent les villages des colons anglais qui sont pillés et brûlés. Les soldats français agissent parfois directement aux côtés de leurs alliés. Le manque de moyens en hommes ne leur permet pas de pratiquer une guerre à l’européenne. Ils adoptent ainsi les techniques de combat des Amérindiens basées sur des raids rapides, les embuscades n’engageant qu’un nombre d’hommes réduit. Grâce aux avantages qu’ils tirent d’une mobilité plus grande, de l’effet de surprise, et du soin religieux qu’ils prennent à éviter les batailles rangées, les dirigeants de la colonie de la Nouvelle-France veulent au moins contenir les ambitions impériales des Anglais, sans disposer de la force massive d’armées régulières. Cette politique perdure jusqu’à la guerre de Sept Ans, où le conflit prend un visage européen menant deux armées régulières face à face et qui verra la défaite définitive des Français, les guerriers alliés n’étant d’autant secours face aux salves en terrain découvert. Dans le cadre de cette stratégie, l’appui des autochtones est indispensable afin qu’ils lancent des attaques seuls ou encadrés par des Français.

Ainsi, au milieu de l’hiver de 1690, un détachement armé de cent quatorze Canadiens, composé surtout de Français nés au Canada, et quatre-vingt seize Indiens alliés sous le commandement de Jacques Le Moyne de Sainte-Hélène et Nicholas d’Ailleboust de Manthet quitte Montréal pour la colonie de New York, avec pour objectif le village de Schenectady. Ces hommes se déplacent en raquettes et tirent leurs provisions et leur équipement sur des traîneaux. C’est ainsi qu’ils arrivent en vue de leur destination avant minuit le 18 février. « Grâce à la neige qui tombait en épais flocons », ils avancent sans avoir été remarqués et ne trouvent pas de sentinelles en place. Les hommes s’engouffrent par une des portes du village restée entrebâillée « par négligence et indocilité des habitants ».

Ils s’établissent silencieusement à des points stratégiques à l’intérieur de la clôture, cherchant ainsi à empêcher la fuite des habitants qui auraient pu aller porter l’alarme à Albany, à quelque vingt kilomètres vers le sud. Puis, lâchant des cris de guerre sauvages, les assaillants lancent l’assaut contre le village endormi. À propos de ce raid, le maire d’Albany écrivit :

« Les mots manquent pour décrire les atrocités commises audit endroit. Les femmes enceintes furent éventrées et les enfants brûlés vifs et leur tête fracassée contre les portes et les fenêtres. » Les Canadiens se montrèrent tout aussi brutaux que leurs alliés. Le village entier est pillé et brûlé, soixante habitants sont massacrés, vingt-cinq hommes et jeunes gens sont faits prisonniers et environ cinquante vies sont épargnées. Au milieu du jour, la troupe reprend le chemin de Montréal, en emmenant cinquante chevaux chargés de butin.

Des raids similaires sont lancés la même année contre Salmon Falls et Fort-Loyal en Nouvelle-Angleterre, qui furent aussi dévastateurs.

Les colons canadiens établirent ainsi une tradition militaire liée à leur mode de vie avec pour modèle leurs alliés indiens, afin de combler le manque de soldats et d’encadrement. Un observateur des années 1750 a noté le contraste entre les coloniaux anglais et français :
« Nos hommes [les colons anglais] ne sont qu’un peuple de fermiers et de planteurs, qui ne savent se servir que de la hache et de la houe. Les leurs [...], depuis l’enfance parmi les Indiens, sont habitués à se servir des armes ; et ils ont la réputation de valoir dans cette partie du monde les troupes aguerries, s’ils ne leur sont pas supérieurs. Ce sont des soldats qui combattent sans recevoir de solde, habitués à vivre dans les bois sans être aux dépens de qui que ce soit, à marcher sans bagages, à se maintenir avec un minimum de munitions et de vivres ; cela représente pour nous un immense fardeau. »

Les techniques et pratiques guerrières amérindiennes sont ainsi adoptées en Nouvelle-France : raids et embuscades qui permettent d’obtenir du butin tenant lieu de solde.

Toutefois, les troupes régulières anglaises prendront le pas sur ces méthodes, par la rigueur et la discipline, le nombre et l’armement, comme les Américains vaincront finalement les Amérindiens lors de l’expansion du jeune pays vers l’Ouest.

Les Anglais ont toutefois des troupes irrégulières, tels que les Rogers’ Rangers ou les coloniaux du Kentucky ou de Virginie qui peuvent combattre aidés de leurs alliés Amérindiens. Les alliés Iroquois reprennent eux aussi les méthodes des guerres tribales. L’exemple de l’attaque de Lachine est révélateur de leur tactique. Ayant attendu que l’adversaire soit plongé dans un sommeil profond, les guerriers fondent sur le village. L’assaut sur Lachine est ainsi lancé dans la nuit du 4 au 5 août 1689 durant un violent orage. 1 500 Iroquois brûlent 56 des 77 maisons que comptait le village, tuent 24 personnes et capturent entre 70 et 90 habitants dont 42 ne rejoindront jamais la colonie. Une telle concentration de guerriers est exceptionnelle et n’apparaît que rarement, les tribus amérindiennes étant généralement constituée de groupes restreints. La situation est particulière chez les Iroquois qui sont parvenus à créer une véritable fédération de cinq nations dans un premier temps. Cette ligue fondée en 1570 comprend les Cayugas - ou Goyogouins -, les Oneidas - ou Onneiouts -, les Onondagas - Onontagués -, les Mohawks - ou Agniers - et les Senecas également connus sous le nom de Tsonnontouans. En 1722, une sixième nation est intégrée : les Tuscaroras.

L’appartenance de ces tribus à la fédération iroquoise n’implique pas une même ligne diplomatique. Certaines tribus restent neutres alors que d’autres lancent des raids contre les Français. Ceux-ci lancent également des offensives : ils détruisent des villes en 1666, puis de nouveau en 1693 ; des villages tsonnontouans sont brûlés en 1687, et en 1696, les Onneiouts voient leurs villes incendiées par les Français. Leurs voisins onontagués détruisent eux-mêmes leur ville devant la menace d’une invasion.

La puissance iroquoise qui résiste aux Français conserve une importance capitale durant l’ensemble du XVIIe siècle et une grande partie du XVIIIe. La ligue des six nations est toujours un partenaire diplomatique particulier pour les Européens. Lorsque la guerre d’indépendance éclate, le chef des Mohawks, appelé Joseph Brant, est déjà depuis quatre ans secrétaire de Guy Johnson au département colonial des Affaires indiennes. Reçu à Londres, il s’engage à prendre les armes à la tête de 3 000 guerriers en échange de l’assurance que l’Angleterre viendrait en aide aux Iroquois. Totalement européanisé, Thayendanegea de son nom indien est fait capitaine puis colonel de l’armée anglaise lors de la guerre contre les Insurgés[3]. Cet engagement du chef Mohawk aux côtés des Anglais va porter un coup fatal à la ligue.

La puissance iroquoise est abattue, se trouvant face à une armée d’Insurgés de plus en plus puissante et pratiquant une stratégie de guerre à outrance. En 1779, Washington décide d’intervenir contre les quatre tribus iroquoises alliées aux Anglais et qui causent des dommages importants en pratiquant une guérilla contre les colons des Etats de Pennsylvanie et de New York principalement. Les généraux Clinton et Sullivan sont ainsi chargés de dévaster le pays ioroquois. Leur organisation en villages fixes, liée à leur statut de peuple agriculteur et sédentaire, en firent des cibles privilégiées lors de la campagne de Sullivan. Cependant, la puissance iroquoise n’est pas abattue et continue à porter de rudes coups aux Insurgés par la suite. A l’issue de la guerre, les Iroquois se voient accorder deux réserves. Entre la puissance impérialiste anglaise et la jeune nation expansionniste américaine, les Indiens impliqués furent à terme considérés comme négligeables par les deux parties. Lors de la reconnaissance de l’indépendance des jeunes Etats-Unis, les tribus à l’Est ne disposent plus d’une puissance suffisante pour jouer un rôle face aux Américains. En effet, les Iroquois ayant dans un premier temps affirmés leur suprématie militaire sur les autres tribus, et notamment sur les puissants hurons, leur perte de puissance équivaut à la disparition d’une réelle puissance amérindienne à l’Est.

Guerres indiennes et conquête de l’Ouest

Lorsque le sort des tribus de l’Est est réglé avec la mise en place des premières réserves, les Américains se lancent à la conquête du territoire, encore vierge à leurs yeux, qui se situe à l’ouest des colonies originelles.

L’espace n’est cependant pas vierge. De nombreux peuples vivent sur ces immenses territoires, déjà influencés par les Blancs avant de les avoir rencontrés.

En effet, les guerres tribales dans les Plaines par exemple ont pris un visage nouveau avec l’introduction du cheval et des armes à feu. Le terme de guerre est exagéré puisqu’il s’agit en fait de conflits larvés et quasi permanents qui ne mettent pas en jeu des armées constituées mais des groupes de guerriers agissant plus ou moins librement après s’être eux-mêmes choisi un chef.

L’importance de ces conflits s’explique par le sentiment de supériorité envers les autres qui existe chez toutes les tribus des Plaines. Ce sentiment se perçoit par le nom que chacun de ces peuples se donne. Par exemple, les Pawnees se nomment eux-mêmes Chahiksichahiks, soit « hommes des hommes », les Wishitas se donnent eux-mêmes le nom de Kirikitishs, sans doute « les vrais hommes » et le propre nom des Kiowas est Ka-i-gwy : « le peuple dominateur ». L’affirmation de sa supériorité sur les autres groupes passe par de perpétuelles guerres.

Dans les Plaines, ces guerres, à quelques exceptions près, sont glorifiées et le guerrier couronné de succès jouit d’un grand prestige. C’est notamment le cas chez les Sioux, chez qui la guerre est une activités majeure des hommes. En effet, cette tribu n’a de cesse d’affirmer sa suprématie sur les peuples voisins : les Ojibwas, Crees, Blackfeet, Crows, Pawnees ou Kiowas.

Les différentes formes des guerres des Plaines

L’importance primordiale de la guerre dans la culture sioux s’explique par plusieurs facteurs. Se battre permet à l’individu d’obtenir une fonction importante, du prestige aux yeux de tous et d’amasser des richesses. En effet, les guerres tribales sont loin des guerres européennes qui ont des buts politiques. Même si l’élimination de bandes rivales d’un territoire est un prétexte important, la majorité des actes de guerre consiste en des raids visant à conquérir de la puissance économique grâce à la force militaire, à s’approprier les ressources adverses.

La conquête et la défense des terres permet ainsi de conserver ou de s’approprier la richesse essentielle qu’est le bison. Par exemple, vers 1775, les Kiowas sont délogés des Blacks Hills par les Sioux qui qualifient bientôt les lieux de « réserve à viande ». Au cours de leur migration, cette tribu est venue à bout d’ennemis puissants : Omahas et Poncas, Arikaras, Cheyennes et Kiowas, afin de s’assurer le contrôle de territoires de chasse plus vastes.

Pour la tribu, la guerre permet également l’autodéfense par le biais des représailles, la guerre étant d’abord destinée à assurer la sécurité du groupe grâce à une agression défensive. Cette caractéristique explique l’importance de la durée des conflits qui durent tant que les deux groupes rivaux se côtoient, ou presque. Les haines sont trop tenaces pour conduire à une paix durable, d’autant qu’il n’existe pas d’unité politique qui permette de faire cesser totalement les raids. Les guerres des Plaines sont souvent un enchaînement d’attaques et de représailles sans fin.

Par exemple toute défaite, destruction d’une troupe de guerre ou mort d’un guerrier éminent, répond à un rite immuable en provoquant automatiquement un grand rassemblement des camps, suivit d’une offensive en force contre les ennemis. L’expédition des représailles n’est pas toujours lancée immédiatement. Après l’annonce de la défaite, le groupe concerné laisse passer « un hiver » pendant lequel les parents des défunts emmènent le calumet de la guerre dans les camps voisins, pleurant publiquement leurs morts et demandent à leurs hôtes de les aider à se venger. Dans chaque campement, les dirigeants tiennent conseil pour décider si les chefs doivent accepter ou refuser le calumet. Il est rarement refusé. Lorsque les chefs fument, cela signifie qu’ils prennent part à l’expédition. L’été suivant, les bandes se réunissent et se mettent en route, pénétrant aussi rapidement et discrètement que possible en territoire ennemi, précédées d’éclaireurs chargés de repérer les villages ennemis. Lorsque l’un d’eux est signalé, la troupe fait halte au bord d’un cours d’eau. Les femmes, les enfants et les vieillards s’y installent tandis que les guerriers, après une rapide marche de nuit, tentent de s’emparer à l’aube du village. Ces opérations sont souvent couronnées de succès : de nombreux guerriers tués, un grand nombre de femmes et enfants capturés, tout comme les troupeaux de chevaux et l’équipement des vaincus. Les femmes et enfants sont souvent adoptés par leurs agresseurs. En effet, les femmes sont une des raisons qui poussent les Sioux à faire la guerre car pour eux le beau-frère idéal est l’ennemi tué sur le champ de bataille et la femme idéale la captive, comme le signale l’absence de mot pour désigner le mariage, celui utilisé pour désigner le rapt, l’enlèvement, étant utilisé dans ce cas.

Les guerres tribales peuvent déboucher sur des engagements extrêmement sanglants. Ainsi juste avant 1830, les Pawnees massacrent jusqu’au dernier un parti de guerre cheyenne afin de s’assurer le contrôle de territoires de chasse. Les non-combattants peuvent également être victimes. En juin 1845, un fort parti de cavaliers sioux charge un camp pawnee situé sur la Loup Fork, tuant 70 habitants et forçant les autres à abandonner le village. Trente ans plus tard, la situation est la même, les Sioux particulièrement puissants mettant un point d’honneur à conquérir et protéger les territoires qu’ils considèrent comme les leurs. Ainsi en 1873, un millier de guerriers Sioux délogent des Pawnees des rives sud de la Platte Rivers. Les vaincus laissent 200 morts dans la bataille tant hommes, femmes qu’enfants. En octobre 1870, la dernière grande bataille entre tribus voit s’opposer un fort parti de guerre Cree et Assiniboine de 600 à 800 guerriers. Ceux-ci se lancent à l’attaque d’un village Blackfeet installé le long de la Belly River. Ignorant la proximité d’autres villages blackfeet, les assaillants subissent de très lourdes pertes, de l’ordre de 200 à 300 morts tandis que leurs adversaires perdent environ 40 des leurs.

Cet épisode, qui n’est pas isolé, prouve que la haine envers les ennemis traditionnels est bien là, même lorsque la lutte contre les Blancs atteint son paroxysme. Les conflits tribaux sont ainsi au moins aussi féroces et cruels que ceux opposant Amérindiens et Blancs.

Ainsi, femmes, enfants et vieillards peuvent être tués et les cadavres sont souvent mutilés, par les guerriers ou les femmes, des parties du corps de l’ennemi pouvant être prélevées en guise de trophées. Par exemple, en 1851, un chef Pied-Noir rapporte qu’à l’issue d’un combat au cours duquel un groupe de 25 guerriers Crows fut anéanti, « les chevelures furent enlevées par les guerriers qui s’étaient le plus distingués dans l’affaire ; les femmes coupèrent les cadavres en si petits morceaux, qu’à peine on y pouvait reconnaître encore une trace d’un membre d’un corps humain. Toutes ces chevelures et tous ces lambeaux de chair furent alors attachés, en guise de trophées, au bout de lances et de perches, et portés en triomphe jusque dans le camp, au milieu de chants de victoire, de cris de rage, de hurlements et de vociférations contre leurs ennemis ».

Les raids mettant en jeu des forces aussi importantes ne sont cependant pas majoritaires. Les conflits entre tribus sont largement émaillés de raids de quelques hommes.

Le Père De Smet, missionnaire jésuite, décrit la préparation d’une expédition guerrière des Crows telle qu’il a pu l’observer vers 1855.

« Un chef ou partisan qui a l’intention de former un parti de guerre se présente au milieu du camp, un casse-tête en main et peinturé de vermillon, symbole du sang. Il entonne sa chanson de guerre ; ces sortes de chants sont courts. Le partisan proclame avec emphase ses hauts faits, son ardeur patriotique et militaire, les sentiments et les motifs qui le portent à la vengeance. Son chant est accompagné du tambour et du sischiquoin, ou gourde remplie de petits cailloux. Le partisan frappe fortement la terre du pied, comme s’il était capable de faire trembler l’univers. Tous les jeunes gens l’écoutent avec la plus grande attention, et celui qui se lève pour se joindre à lui devient un volontaire de son parti ; à son tour, il entonne aussi sa chanson de guerre, et cette cérémonie est un engagement solennel, dont un jeune homme ne saurait honorablement se dégager. Chaque soldat s’arme et se pourvoit lui-même de tout ce dont il aura besoin pendant son expédition.

Toute la force de l’opinion publique parmi les Indiens paraît être concentrée sur ce point important. La narration de leurs aventures et de leurs actes de bravoure, leurs danses, leurs cérémonies religieuses, les discours des orateurs dans les assemblées publiques, tout ce qui peut servir à enflammer l’ambition dans l’esprit du sauvage se rapporte à l’idée de se distinguer un jour à la guerre [4] ».

Le Sioux Iron Shell rapporte avec plus de précision une telle expédition. Holy Circle, fils de Shot In The Heel, ayant trouvé la mort dans la guerre contre les Shoshones, son frère Iron Shell décida de venger sa mort en organisant une cérémonie appelée Waczekiyapi qui signifie littéralement en Oglala « danse de ceux qui attendent le retour de quelqu’un qui est au loin ». Les membres de la Sotka Yuha, la société militaire à laquelle appartenait Holy Circle participe à ce « rituel sacré » afin de témoigner leur respect. Runs-Him, l’un des membres jure alors de venger la mort de son frère de communauté soulageant ainsi Iron Shell de cette responsabilité. Quelques jours plus tard, Runs-Him donne un festin auquel les membres de la société militaire sont invités. Il prépare de cette façon une expédition guerrière dont il veut être le Blotahunka « celui que l’on choisit pour prendre la tête ». Le lendemain est consacré à la préparation de l’expédition. Le jour du départ, les guerriers se réunissent chez Runs-Him qui monte un cheval de selle, tenant par la bride un cheval de guerre.

L’approche du camp shoshone se fait tranquillement afin de ne pas fatiguer les chevaux. Lorsqu’après plusieurs jours un campement est repéré par les éclaireurs, les guerriers se parent de leurs plus beaux habits car c’est ainsi qu’il est convenable d’être vêtus pour mourir sur le champ de bataille, même si certains guerriers préfèrent ne porter que des mocassins et un pagne. Les détails du camp sont précisés par les éclaireurs et le plan est exposé, il est simple : investir le village au point du jour, faire fuir les chevaux, et se retirer. Une fois l’ennemi lancé à leur poursuite, ils se retourneront pour lui faire face et le combattre. Les guerriers chevauchent alors solitairement à petite distance en adressant des prières à Wakan Tanka « le Grand Esprit » et en invoquant leur propre esprit protecteur. Lorsque la nuit tombe, les chevaux de selle sont laissés sous la surveillance des deux plus jeunes tandis que les guerriers s’approchent du campement et attendent l’aube. Après avoir pratiqué les derniers rituels leur assurant une protection, la trentaine de guerriers de l’expédition se lancent à l’attaque, au moment où ils aperçoivent les Shoshones emmener les chevaux vers les pâturages. Les chevaux sont poussés en avant par les Sioux, qui laissent deux hommes observer la réaction des ennemis. Ceux-ci poursuivirent les assaillants qui se tiennent hors de portée tant que les Shoshones disposent de la supériorité numérique. En effet, le nombre de poursuivants diminue à mesure que ceux-ci estiment que leur cheval est trop fatigué pour continuer la poursuite. Le fait d’aller au combat étant un choix personnel, chacun agit comme bon lui semble. Lorsque le nombre de Shoshones et celui des Sioux s’équilibre, Runs-Him ordonne à ses hommes de faire volte-face. Ceux-ci se couchent le long du flanc de leur cheval opposé à l’ennemi afin de se servir de l’animal comme d’un bouclier, envoyant une première volée de flèches. La manœuvre est répétée, lorsqu’à la troisième volte-face les poursuivis deviennent les poursuivants. Le chef de guerre sioux touche de sa lance un guerrier shoshone et le désarçonne puis touche le cheval pour se l’approprier, il revient ensuite à l’homme à terre pour le scalper. D’autres guerriers réussissent également à désarçonner des Shoshones. Une fois la poursuite terminée, les Sioux parcourent le champ de bataille touchant les ennemis à terre pour partager les coups entre eux. Ils reviennent ensuite vers leur camp, avec 100 chevaux pris et 20 scalps sans avoir subi la moindre perte. Près du campement, ils s’établissent pour la nuit afin de préparer leur entrée : ils préparent les scalps et les attachent à des perches et à l’aube se peignent le corps et se noircissent la figure. Dénudés ils entrent au galop dans le camp, brandissant les scalps et poussant de grand cris. Runs-Him se rend alors au centre du camp et hurle son nom en ajoutant : « j’ai fait un mort et j’ai pris ces chevaux ». Tous font alors lentement le tour du village afin qu’on les reconnaissent. Le chef de guerre montant un cheval pris à l’ennemi fait le tour deux nouvelles fois, seul, brandissant le second scalp. Runs-Him tend alors le scalp à Shot In The Hell en l’interpellant en ces termes : « voici la chevelure de ton fils, prends ce cheval car c’est le sien ». Les guerriers de l’expédition se rendent alors à la tente du conseil où ils fument un calumet. Le chef de guerre fait alors le récit de l’expédition, sans mensonge, le fait de fumer ayant valeur de serment. Une fois le récit achevé les autres guerriers acquièscent pour confirmer qu’il s’agit de la vérité. Le Naca, comme l’ensemble de la tribu remercient alors le chef de guerre pour cette « bonne action » et les sœurs et cousines des guerriers prennent alors les scalps afin de donner le départ à la danse de la victoire. Shot In The Hell rejoint alors les danseuses et tout en brandissant le scalp dit « voici mon fils ». Son deuil est terminé puisque son fils est revenu à travers le scalp. Les guerriers sont fêtés par des festins et reçoivent des cadeaux comme des mocassins brodés, confectionnés durant leur absence. De leur côté, ils distribuent les chevaux pris aux femmes de leur famille. La danse du scalp commence cette nuit-là et se prolonge durant quatre nuits. Le cinquième jour, la vie au camp revient à la normale, la mort de Holy Circle ayant été vengée[5].

De nombreux raids engagent encore moins de guerriers, seulement une poignée, ayant pour but de voler des chevaux. Dans ce cas de figure, l’expédition ne conduit pas forcément à des morts de part et d’autre. Par exemple, Ghost Head témoigne qu’il ne part à la guerre qu’avec deux ou trois amis « plus le groupe était petit, meilleur il était, car il est plus difficile de déceler quelques hommes ». Lors d’un de ces raids contre les Crows, il rentre dans le camp habillé comme ses ennemis afin de repérer les meilleurs chevaux. Revenu où ses amis sont embusqués il leur décrit la situation puis ils pénètrent à nouveau dans le camp et ne le quittent qu’une fois le cheval choisi pris. Ce type d’expéditions sans violence destinées à voler des chevaux est très fréquent.

Ces témoignages illustrent les différentes composantes de la guerre des Plaines.

Les causes des expéditions guerrières

En premier lieu, les campagnes militaires sont décidées suivant la loi du talion. Un homme se faisant tuer constitue une perte irremplaçable pour la famille. La responsabilité de réparer le préjudice incombe non pas au groupe mais à la famille, qui reçoit cependant le soutien d’autres membres de la tribu. La volonté de vengeance peut être la cause de conflits prolongés. Les oppositions entre tribus sont généralement nées d’agressions individuelles sur lesquelles s’est greffé tout un mécanisme de raids/représailles prenant de l’ampleur. Toute action de guerre menée par une tribu donne lieu à des représailles ce qui donne naissance à un cercle vicieux. Pour cette raison, la paix chez les Sioux est synonyme de trêve, la guerre étant un état normal. Les tribus des Plaines en paix veillent soigneusement à ne pas faire de tort aux membres des autres groupes. La préservation de la paix est délicate puisque dans le système particulier des Plaines le domaine militaire relève du choix personnel. Une expédition se décide à l’instigation d’une famille souhaitant se venger ou d’un guerrier seul.

Si le mode de décision d’une action guerrière est particulier d’un point de vue occidental puisque relevant de la seule loi du talion, la façon de mener l’action est également en décalage avec ce qui se pratique sur les champs de bataille des Blancs. Dans les Plaines, la finalité de la guerre n’est pas l’extermination de l’adversaire. Le premier but est de prouver son courage, dans une société qui exalte le guerrier victorieux. Sur le plan personnel, les hommes peuvent mettre toute leur estime en ceux qui accomplissent de grandes choses sur le champ de bataille. Seul un guerrier hors pair devient un héros. L’image idéale de l’homme et de son rôle est associé au risque, à la violence et à l’affirmation de soi. Savoir affronter le danger et risquer sa vie au-delà de la raison constitue la prérogative de ceux qui réussissent. Avoir le droit de faire le paon est la récompense.

Pour se couvrir de gloire, le guerrier peut razzier chez ses ennemis, prendre des scalps mais les plus grands honneurs résident dans les « coups » donnés. Porter un coup peut consister à toucher un guerrier ou lui voler son bouclier. Un coup peut être compté contre n’importe quel membre de la tribu ennemie, homme, femme ou enfant, et même contre les possessions ennemies. Le comptage des coups suit des règles très strictes. Ainsi, si un guerrier blesse son ennemi de loin avant de le toucher, le coup ne compte pas. Le fait de tuer un ennemi à distance, en étant embusqué, action positive sur le plan du résultat militaire, n’est pas reconnu puisque cette action ne demande aucun courage. Cette perception est pérenne puisque parmi les 4 000 Sioux engagés dans le corps expéditionnaire américain en 1917, nombreux sont ceux qui se voient refuser par le conseil de leur tribu la validation des coups portés une fois rentrés dans leur réserve, puisqu’ils ne sont pas le fait d’un corps à corps.

D’autres part si un ennemi parvient à toucher un guerrier, celui-ci se couvre de honte. Le nombre de coups portés par un guerrier est visible sur lui grâce au langage des plumes, qui signale les faits d’armes de celui qui les porte. Pour cela, il faut que le coup porté soit reconnu par tous. En effet, lorsqu’un guerrier a porté un coup direct à son adversaire, il doit raconter son exploit au conseil tribal qui peut faire venir des témoins pour en avoir confirmation. Si tout le monde est d’accord sur l’exploit du guerrier, celui-ci reçoit alors une plume d’aigle dorée. Des actions guerrières peuvent également être mises en valeur par le nom accordé. Un chef Crow reçoit ainsi le nom de Plenty Coups.

Le fait de porter un coup étant plus prestigieux que de tuer l’adversaire dans les guerres tribales, les Indiens doivent s’adapter dans les conflits avec les Blancs, pour qui faire la guerre est synonyme de tuer. Le fossé séparant les Blancs et les Indiens dans la façon de combattre se ressent au récit de combats durant lesquels des soldats chargés par un guerrier à cheval s’étonnent de n’avoir subi à son passage qu’un coup de bâton. En effet, charger un ennemi armé et sans blessure pour lui donner une bourrade de la main ou de son « bâton un coup » constitue un haut fait, bien que cela ne mette pas hors de combat l’adversaire.

Durant l’été 1872, lors d’un accrochage avec des soldats américains, Sitting Bull donne un parfait exemple de cet état d’esprit. Alors qu’Indiens et Blancs échangent des tirs, le chef Sioux met pied à terre, pose ses armes, n’emportant avec lui que son calumet. Il sort d’un pas tranquille des lignes indiennes, s’avance droit sur les lignes ennemies et finit par s’asseoir dans l’herbe à une centaine de pas de ses compagnons, au milieu du champ de bataille. Après s’être installé bien en vue des soldats qui ne cessent de tirer et après avoir trouvé son silex, il bat le briquet et allume sa pipe. De son air placide il aspire quelques bouffés puis lance à ses hommes : « si un Indien souhaite venir fumer avec moi, il est le bienvenu ». Trois guerriers, ne voulant pas manquer cette occasion de faire valoir leur bravoure le rejoignent, jusqu’à ce qu’ils finissent de fumer. Alors Sitting Bull nettoit le fourneau du calumet avec son cure pipe puis se lève pour retourner vers les lignes indiennes.

Cet épisode illustre la conception particulière que les Indiens des Plaines ont de la guerre : sans avoir porté le moindre coup, ni éprouvé le moindre adversaire, Sitting Bull sait que cette action prouve qu’il est le plus brave. Il sait que de retour au camp il sera pris dans une marée humaine, chaque membre de la tribu souhaitant le voir et le féliciter.

La recherche d’actions d’éclat ou de coups peut suffire à inciter des guerriers à former un petit parti de guerre afin de prouver leur valeur.

A ce titre, des méthodes de guerres tribales peuvent s’apparenter aux tournois du Moyen Age européen, le but n’est pas de tuer, la guerre étant pour beaucoup d’Indiens un jeu, dangereux certes, mais indispensable ou presque pour acquérir une place dans la société. Un témoignage de Sitting Bull illustre cette vision des choses. A l’issue d’un engagement, il déclare : « Ho hechetu ! Quel combat ! Un dur combat. Mais ce fut une belle bataille, j’étais heureux d’y participer. Je pus ainsi récolter toute une série d’honneurs ce jour-là [6]. »

L’exemple de Ghost Head qui « part à la guerre avec deux ou trois amis » témoigne de cette vision particulière de raids qui ne sont pas nécessairement sanglants mais qui visent à s’approprier des ressources de l’adversaire, principalement des chevaux et surtout à se couvrir de gloire.

Le cheval est un moteur important dans le processus des guerres tribales. Les sociétés des Plaines sont parfois nommées à juste titre « société du cheval ». En effet dès 1800, les Sioux par exemple cherchent à s’approvisionner abondamment en chevaux. Peu à peu il devient un étalon de richesse et de prestige. Posséder un cheval a de la valeur, en posséder plusieurs est d’autant plus apprécié. Cela crée un cercle vicieux, le cheval devenant l’aiguillon qui pousse à la guerre. La capture d’animaux isolés ou de troupeaux est ainsi une des principales raisons de lancer un raid, raid qui entretient les antagonismes entre tribus.

Le sacré dans les guerres tribales

La pratique de la guerre est également largement teinté de sacré. Lors de sa préparation pour une expédition, chaque guerrier emporte des objets visant à assurer sa protection propre ou celle du groupe. Une importance particulière est apportée au bouclier qui protège autant en tant qu’arme défensive que par les signes qui l’ornent.

Taillé dans le garrot d’un bison, où la peau est la plus épaisse, durci au feu, le bouclier est recouvert d’une pièce de cuir tendue sur laquelle le guerrier peint un dessin rituel, un motif de medecine qui lui est apparu au cours d’une vision. La signification du motif n’est pas révélée afin de ne pas émousser son pouvoir protecteur. Des plumes, des morceaux de fourrure, des scalps ou des sachets protecteurs fournis par le chaman peuvent compléter la décoration. Les boucliers sont peints par les anciens qui les remettent ensuite aux jeunes braves. Comme les peintures sont inspirées par le monde des esprits, les boucliers ne doivent pas toucher le sol. C’est pour cela qu’ils sont habituellement suspendus à des trépieds devant les tipis.

Les objets sacrés jouent un rôle particulièrement important sur le moral des guerriers. Par exemple, vers 1830, les Cheyennes se lancèrent dans une bataille contre les Pawnees, leurs flèches sacrées liées à l’extrémité d’une lance tenue par un de leurs hommes-médecine. Un Pawnee en mauvaise santé souhaitant en finir avec la vie s’était avancé vers les lignes et assis sur le sol pour attendre la mort. Lorsque l’homme-médecine cheyenne galopa jusqu’à lui pour tenter de le percer de sa lance, l’homme saisit l’arme et la lui arracha des mains. Les Pawnees chargèrent alors et récupérèrent la lance et les flèches sacrées. Cet incident découragea à tel point les Cheyennes qu’ils cessèrent le combat et battirent en retraite en pleurant la perte de leurs objets sacrés[7].

Un autre exemple est rapporté par le Père De Smet surpris d’apprendre, en 1844, qu’un chef lui attribue toute sa gloire dans les victoires contre l’ennemi. Prié d’en dire plus, le chef Pied-Noir ôte de son cou son Wah-Con ou Medecine enveloppé dans un morceau de peau de cabri, le missionnaire jésuite est surpris d’y découvrir des allumettes offertes lors d’un première rencontre survenue en 1840. Le Pied-Noir lui révèle alors leur rôle : « Je m’en sers, chaque fois que je vais à la guerre. Si le feu mystérieux se montre au premier frottement, je fonds sur mes ennemis, car je suis sûr de la victoire. »

La dimension sacrée s’illustre également par la réputation d’invincibilité accordée à des hommes ou des animaux. Par exemple, les Hunkpapas[8] possédaient un cheval sacré, un alezan foncé, que les guerriers montaient lorsqu’ils voulaient attaquer une position très défendue, car l’animal ne craignait pas les balles, ayant survécu à neuf blessures. Tous le croyaient doté d’un pouvoir merveilleux qui lui permettait de ne pas succomber à de graves blessures. Les Hunkpapas le nommèrent Sitting Bull du nom de leur chef qui avait échappé à plusieurs combats en étant épargné malgré les balles qui pleuvaient autour de lui et qui réchappa à toutes ces blessures reçues au combat.

Les tactiques guerrières

Les tactiques guerrières mises en place témoignent de la perception d’une expédition, qui doit être rapide et permettre de prendre du butin, suivant des schémas de guérilla et non pas de guerre ouverte. Comme cela a déjà été souligné les effectifs engagés sont généralement réduits.

Par exemple, l’hiver 1869 voit se dérouler la bataille la plus sanglante de toute l’histoire des Hunkpapas. Elle marqua les esprits au point de donner un nom à l’année dans leur calendrier. Pourtant, l’engagement livré alors que les Hunkpapas campent au confluent de la Yellowstone et de la Powder ne concerne qu’une force ennemie de seulement 30 hommes. La bataille a pour point de départ la mort d’un jeune Hunkpapas chassant avec un camarade. Celui-ci alerte le camp. Aussitôt Sitting Bull prend la tête d’une centaine de cavaliers. Les agresseurs Crows se sentant rejoints se retranchent dans une position forte, sur un tertre cerné de grands rochers. Les Sioux parviennent à prendre pied au sommet de l’escarpement et tuent l’ensemble des ennemis. Les Crows perdent 30 hommes, contre 14 du côté sioux y compris le jeune garçon et 18 blessés. Les groupes de population étant réduits, les effectifs des guerriers engagés sont donc le plus souvent restreints.

Ce type de bataille est également rare, les combats étant principalement des actes de guérilla et des raids.

Par exemple, durant l’été 1839, les Sioux et leurs alliés pénètrent sur les terrains de chasse pawnees sur les affluents de la Kansas et leur infligent une lourde défaite grâce à une tactique de pure guérilla. Surveillant le camp pawnee, ils attendent que leurs ennemis aient épuisé leurs montures durant la chasse au bison et se soient divisés pour les dépecer. Les Sioux surgissent alors, encerclant des petits groupes, repoussant les autres vers le camp. Les Pawnees trop éparpillés avec leurs femmes et leurs enfants ne peuvent faire front avant d’avoir rejoint leur village. Les assaillants peuvent dès lors massacrer les groupes de chasseurs les uns après les autres, étant assurés d’avoir le contrôle total du terrain. Les chroniques d’hiver résument laconiquement l’affrontement : « tué cent Pawnees ». En fait les Pawnees laissent 80 cadavres dans la plaine, tandis que les Sioux ne perdent qu’un guerrier.

Même lorsque des effectifs importants sont déployés, la surprise est recherchée, à l’exemple de l’engagement entre Sioux et Pawnees, une fois de plus, qui se déroule en 1873. Un millier de guerriers sioux assaillent par surprise un camp pawnee. Ceux-ci perdent 50 hommes, femmes et enfants tués, autant de blessés. Les Sioux emportent une centaine de poneys, tous les biens pawnees, les peaux et la viande en nombre en cette période de chasse et 11 femmes et enfants sont capturés.

Les tactiques d’embuscade seront également utilisées contre les Blancs, les batailles rangées recherchées par les Américains n’étant pas à l’avantage des guerriers des Plaines.

L’organisation militaire et les sociétés guerrières

Autre particularité, qui s’ajoute à l’absence d’organisation militaire concernant l’ensemble des guerriers : chacun peut se faire reconnaître chef d’une expédition et surtout chacun est libre de participer à ces expéditions ou même de combattre de manière générale. L’exemple concernant le raid contre les Shoshones illustre ce fait : lorsqu’ils estiment que leur cheval est trop fatigué, ils tournent bride et rentrent à leur village. Cette absence de discipline militaire, qui ne concerne dans une certaine mesure que les sociétés guerrières, conduit à un libre choix du guerrier sur le champ de bataille.

Cela est valable tant pour les combats entre tribus que contre les soldats américains, qui eux obéissent à un commandement et sont soumis, en théorie, à une discipline militaire. Par exemple, après la bataille de Little Big Horn, le guerrier Light déclarera : « Les soldats ont vraiment bien résisté sur l’extrémité de la crête et le combat est devenu trop dur pour moi. Je suis revenu vers le village. » De même, Bobtail Horse est convaincu par ses proches de quitter les combats. A un ami il lance « nakahaneotse » et retourne vers le campement[9].

Ainsi, la fatigue, une résistance trop acharnée de l’adversaire, mais aussi la satisfaction d’avoir donné assez de coups, pris assez de scalps et de butins peut pousser les guerriers à se retirer des combats quand bon leur semble, ce qui ne permet pas d’élaborer de stratégie militaire développée, le nombre d’hommes souhaitant combattre étant variable et difficile à estimer pour les chefs de guerre, qui n’établissent généralement que des plans simples.

Seules les sociétés guerrières ont une discipline qui permet de compter sur elles en toute occasion. Leur force réside dans leur cohésion, comme en témoigne la vengeance de la mort de Holy Circle, et l’émulation qui les anime les unes par rapport aux autres et qui leur donne une combativité extrême. Mus par un esprit compétitif, les sociétaires s’efforcent en toute occasion de se distinguer par leur valeur et leur courage.

A l’origine des sociétés se trouve une légende ou un homme qui met une vision en application créant un rassemblement de guerriers autour de rites et d’emblèmes nouveaux. Les sociétés répondent à des organisations différentes selon les tribus. Par exemple, au contraire des Blackfeet où sévit une stricte échelle des grades, toute hiérarchie est inconnue au sein des sociétés en vigueur chez les Crows. Au début d’un cycle saisonnier, les membres élisent un nouvel encadrement dont chaque membre peut faire partie.

Les sociétés ont un rôle militaire mais aussi social, étant les gardiennes des traditions de la tribu. Elles assurent également la police du camp. Cependant, le rôle est déterminant sur le champ de bataille où chaque membre tente de prouver sa valeur au mépris des dangers comme le souligne les chants, par exemple celui de la société sioux des Kit Foxes :

Inyan tunkashila, namakun

Tokala wanji ma’tinkte

Nahan, dakuwan tehki icunmakiap

Nahan, dakuwan wokokpe icunmakiap

Dakomini icamu’kte[10].

Un des chants de la société des Cœurs Durs, à laquelle appartient Sitting Bull illustre également cette volonté de démontrer sa valeur au mépris des dangers encourus :

Mes frères, celui qui s’enfuit,

On dit de lui que c’est une femme ;

Alors les épreuves que je traverse,

Raccourcissent ma vie !

L’importance sociale de la guerre

La primauté de la guerre chez les Indiens des Plaines et surtout chez les Sioux a des répercussions sur l’individu tout au long de sa vie, dès leur plus jeune âge, les garçons apprennent le maniement de l’arc et des flèches. Et dès l’adolescence, ils peuvent être invités dans une campagne en tant que porteurs d’eau. L’importance de la guerre explique le soin apporté aux armes qui restent essentiellement traditionnelles durant toute la durée des guerres tribales, les armes à feu étant difficiles à se procurer pour les guerriers.

La guerre ainsi institutionnalisée, devient le seul but des hommes, leur obsession. Dans la société ethnocentrique sioux par exemple, l’image idéale de l’homme et de son rôle est associée au risque, à la violence et à l’affirmation de soi.

Dès 1830, la guerre est tellement tissée dans la trame de la vie sioux, tellement essentielle à leur réussite, tellement imbriqué dans les esprits que s’est cristallisée l’idée qu’un individu peut gagner l’honorabilité à la guerre[11]. Les hommes sont tellement tournés vers la guerre que celle-ci prend le pas sur l’activité vitale qu’est la chasse, ce qui prouve cependant la facilité de nourrir toute la tribu grâce au bison.

Au milieu des années 1850, le Père De Smet confirme cette attitude observée chez les Crows :

« On peut dire que le succès à la guerre est le nec plus ultra de la gloire d’un sauvage. L’ambition de devenir grand guerrier absorbe toute son attention, tous ses talents, toute sa bravoure ; elle est souvent l’objet volontaire de toutes ses souffrances. Ses longs jeûnes, ses longues courses, ses pénitences, ses macérations, ses observances religieuses, ont principalement ce seul but. Porter la plume d’aigle, l’emblème du guerrier sauvage, est pour lui le plus grand honneur, le plus riche et le plus bel ornement ; car c’est une marque qu’il s’est déjà distingué à la guerre. Généralement à l’âge de seize à dix-huit ans, après le premier jeûne et après avoir choisi son manitou, ou esprit tutélaire, le jeune Indien se joint aux partis de guerre, qui sont formés de volontaires seulement [12] ».

Cette situation, l’engagement volontaire et fluctuant dans les combats et la volonté perpétuelle de s’illustrer à la guerre, a de graves conséquences notamment avec l’arrivée des Blancs. Les chefs ne parviennent pas toujours à modérer l’ardeur de leurs jeunes guerriers, des attaques isolées de jeunes ont parfois de graves conséquences, un raid isolé pouvant être le point de départ d’un enchaînement de représailles. Ainsi, la liberté accordée aux guerriers ne permet pas un contrôle des actes de guerre ce qui provoque des tragédies lorsque les tribus côtoieront les Blancs. En effet, des guerriers pourront lancer des raids contre des colons sans défense ce qui pourra entraîner des représailles contre des clans innocents et pacifiques.

La différence d’organisation, notamment l’absence de paix réelle chez certaines tribus, sera une cause et un prétexte à des engagements continus entre Blancs et Indiens.

L’intervention des Américains dans les guerres tribales

L’intervention des Blancs dans les guerres indiennes se fait d’abord de façon indirecte. En effet, les chevaux se retrouvent dans le continent avant les premières incursions des Blancs. Cet apport va, en plus d’être une cause majeure d’actions guerrières, considérablement changer les règles de la guerre en permettant d’accroître la mobilité des partis de guerre. Plus qu’auparavant encore, tout camp peut en permanence subir une attaque, à l’exception des périodes les plus froides. Le cheval a renforcé ce risque constant.

L’importance de la guerre et l’exaltation du guerrier chez les peuples des Plaines et notamment chez les Sioux doivent fatalement aboutir à des conflits avec ces nouveaux occupants, rendant toute cohabitation impossible. Les Blancs ont bien évidemment une forte responsabilité eux aussi dans le déclenchement des conflits.

Les Blancs tentent de faire cesser les guerres tribales. Ainsi, en 1832, les Pawnees souffrent tellement des agressions des Sioux Brûlés qu’ils abandonnent leur territoire de la Loup Fork pour construire de nouveaux villages sur la rive sud de la Platte. Le gouvernement américain craignant que les nouveaux venus ne s’en prennent aux marchands et aux émigrants tente de régler le problème. Quelques années plus tard, les Pawnees regagnent la Loup Fork car, selon eux, les agents leur avaient fait la promesse solennelle de les protéger des attaques sioux. Cet engagement n’est pas tenu. Le traité de Fort Laramie de 1851 se donne le même but d’empêcher ou pour le moins de limiter les guerres tribales pour maintenir une certaine stabilité dans la région et ainsi garantir la sécurité des émigrants et des marchands. Les tentatives du gouvernement américain ne changent rien à l’attitude des guerriers des Plaines pour qui combattre représente la valeur suprême de l’homme.

C’est pourtant l’action des Blancs qui va contribuer à limiter l’ampleur des guerres tribales, en devenant un ennemi qui unit les différents groupes indiens. Sitting Bull appelle à une telle unité : « notre peuple est comparable à une île en plein milieu d’un grand lac d’hommes blancs. Nous devons unir nos forces, sinon nous serons tous anéantis un par un ». Il appelle à l’unité des différents groupes sioux, union qui peut s’étendre à d’autres tribus qui préfèrent s’allier et se battre ensemble contre les Blancs. Il convient de souligner cette attitude adoptée par les Sioux, Cheyennes et Arapahos qui constituent un front commun contre les Blancs. Une telle alliance, au vu de l’importance des guerres tribales et de l’orgueil de tribus comme celle des Sioux, constitue une considérable révision de leurs pratiques traditionnelles. Cette alliance effective dès les années 1850, et qui sera des plus efficaces lors de la bataille de Little Big Horn témoigne d’une profonde évolution des esprits chez les Indiens des Plaines. Le danger représenté par les Blancs transforme l’état d’esprit dans les différentes tribus poussant à se sentir d’abord indiennes avant d’être sioux, cheyennes ou arapahos.

Malgré l’alliance de certaines tribus unies pour lutter contre les Blancs, vus comme les plus dangereux ennemis, certains guerriers préfèrent continuer à lutter contre leurs ennemis traditionnels en apportant leur aide à l’armée américaine. C’est le cas des nombreux éclaireurs indiens qui sont les plus à même de débusquer les camps ennemis. Ce sont ainsi des éclaireurs Crows qui révèlent à Custer l’emplacement du grand camp dressé sur la Big Horn en 1876. De même les alliances indiennes sont éphémères. Après l’engagement de 1876, les différentes tribus se séparent. Peu de temsp après leur victoire, alors que la faim se fait sentir et que certains songent à se rendre pour réintégrer les réserves, les Cheyennes quittent le camp de Sitting Bull descendant vers le sud alors que les autres groupes se dirigent vers le nord. Les hommes de Crazy Horse qui ont quitté les autres Sioux longent la Little Missouri vers le sud. Face à une armée unie et ravitaillée, les différents groupes sont successivement contraints de se rendre.

MATHIEU LE HUNSEC

[1] MACKENZIE (A.), Voyage from Montreal... to the frozen and Pacific Oceans, New-York, 1802.

[2] TRUTEAU (J.-B.), « Journals », in American Historical Review, vol. XIX, n° 2, 1914 et Missouri Historical Society Collections, Saint-Louis, Vol. IV, 1913.

[3] BERCZY (W.), « Portrait de Joseph Brant », in Bulletin Annuel du Musée des beaux-arts du Canada, n° 6, 1982-1983.

[4] De SMET (R. P.), « Lettre 12 au directeur des Précis Historiques à Bruxelles, La guerre des Corbeaux », in Précis historique, Bruxelles, 1867.

[5] Témoignage de Arnold Iron Shell in HASSRICK (R. B.), Les Sioux, vie et coutumes d’une société guerrière, Paris, Albin Michel, 1993, p. 98-106.

[6] VESTAL (S.), Sitting Bull, Paris, Editions du Rocher, 1992, p. 230.

[7] GRINELL (G. B.), The fighting Cheyennes, New-York, 1915, Cité par HYDE (G. E.), Histoire des Sioux, le peuple de Red Cloud, Paris, Editions du Rocher, 1994, p. 74.

[8] Subdivision des Sioux qui forment une véritable nation regroupant l’ensemble des tribus parlant le siouan. Les Sioux s’appellent eux-mêmes le peuple des sept feux (Mdewkantons, Wahpekutes, Wahpetons, Sissetons, Yanktons, Yanktonais, Tetons). Les Hunkpapas font partie des Tetons au même titre que les Sichangus (Brulé), Itazipchos (Sans-Arc), Sihasapas, Miniconjous, Oohenonpas et Oglalas.

[9] « Je suis fatigué » en cheyenne. CORNUT, (D.) Little Big Horn, autopsie d’une bataille légendaire, Parçay-sur-Vienne, Anovi, 2006, pp.231

[10] « Entends moi Dieu-Rocher. Je suis un Fox. Je suis destiné à mourir. Et s’il y a quelque chose de difficile à faire, et s’il y a quelque chose de dangereux à faire, c’est à moi qu’il advient de le faire. » (En lakota) CORNUT, (D.) Little Big Horn, autopsie d’une bataille légendaire, Parçay-sur-Vienne, Anovi, 2006, pp.229-230

[11] HASSRICK (R. B.), Les Sioux, vie et coutumes d’une société guerrière, Paris, Albin Michel, 1993, p. 97.

[12] De SMET (R. P.), « Lettre 12 au directeur des Précis Historiques à Bruxelles, La guerre des Corbeaux », in Précis historique, Bruxelles, 1867.

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L'Histoire sans idées reçues II : les guerres tribales chez les Indiens d'Amérique L'Histoire sans idées reçues II : les guerres tribales chez les Indiens d'Amérique

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48 réactions à cet article    


  • Vilain petit canard Vilain petit canard 9 novembre 2007 12:13

    Ouf !! Passionnant, mais ce serait intéressant de découper l’article en plusieurs morceaux (par périodes ?) plus faciles à lire.


    • Rapetout 9 novembre 2007 13:12

      Vous pouvez toujours aller là pour le lire :

      http://www.custerwest.org/guerrestribales.htm

      Il y a des illustrations en plus, dont une de George Catlin.


    • alberto alberto 9 novembre 2007 12:59

      Oui, bien interessant, mais bien long !

      Mais, CusterWest : Pour prolonger ceette histoire des indiens, que savez-vous de l’incorporation de soldats d’origine amérindienne dans les rangs des unités de transmissions US durant la guerre contre le Japon, ceci afin qu’ils utilisent leur language traditionel afin de déjouer les écoutes ennemies : quelle(s) ethnie(s), dans quelles unités, combien de personnes, efficacité prouvée, ... ?


      • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:29

        Hello alberto

        Effectivement, c’était une bonne technique pour éviter le contre-espionnage (le fameux film « Windtalkers »)


      • Rapetout 11 novembre 2007 04:19

        « que savez-vous de l’incorporation de soldats d’origine amérindienne dans les rangs des unités de transmissions US durant la guerre contre le Japon, ceci afin qu’ils utilisent leur language traditionel afin de déjouer les écoutes ennemies : quelle(s) ethnie(s), dans quelles unités, combien de personnes, efficacité prouvée, ... »

        Cette question est complètement à côté du sujet. Si vous êtes vraiment sérieux, reportez-vous au livre de David Kahn « The Codebreakers — The Story of Secret Writing » page 550 dans l’édition de 1976. L’histoire, archi-connue de ceux qui s’intéressent à la cryptologie, n’a rien du tout à voir avec la question des guerres tribales.

        Amener cette question de l’utilisation de la langue navaho (car c’est elle) sur le tapis ici est aussi intelligent que de dire « que savez-vous des néologismes en hébreu moderne » à l’auteur d’un article sur les proportions de l’Arche d’Alliance.

        On lit assez de bêtises ici sans que vous en rajoutiez.


      • Martin Kellenborn 9 novembre 2007 13:00

        OUI MR WEST A RAISON !!! pour d’autres propos l’article serait jugé bien trop long !!! les amis de MR Revelli devraient appliquer les régles urbi et orbi !!! ce dernier espace semblant être de +en + restreint au regard du nombre de réactions aux articles, il est possible que les règles déontologiques subissent les distorsions propres au champ de la mécanique quantique !!!


        • fouadraiden fouadraiden 9 novembre 2007 13:48

          dommage ! malheureseument la longueur de l’article porte un préjudice supplémentaire à l’histoire d’un peuple déjà fragilisée par deux siècles d’Amérique occidentale.

          défendre les Indiens impose d’ aller à l’essentiel qd il s’agit des autochtones que les occidentaux ont reduit à l’état de débris partout où ils les ont croisés.

          qd vous avez les Américians aux trousses depuis des siècles , il faut arrêter de perdre son tps à fumer le calumet.

          vive les Indiens contre les révolutionnaires. !


          • elric 9 novembre 2007 13:57

            article trés intéréssant et instructif, quoique un peu long.L’auteur cite ses sources ce qui est une qualité appréciable,mais des liens n’auraient pas été de trop.


            • Romain Baudry 9 novembre 2007 17:41

              Wikipedia est une source d’informations utile, mais ça n’en fait pas l’alpha et l’oméga de la connaissance humaine.

              En ce qui concerne des sujets comme la scalpation, ce n’est pas parce que l’opinion exprimée diverge de la vôtre qu’il faut aussitôt parler de « falsification ».


            • drzz drzz 9 novembre 2007 19:12

              Compte tenu que l’auteur de l’article est aussi l’auteur d’un livre de recherche, il doit savoir de quoi il parle :

              http://www.amazon.fr/Little-Horn-Autopsie-bataille-l%C3%A9gendaire/dp/2914818106/ref=pd_bbs_sr_1/171-4217724-8181802?ie=UTF8&s=books&qid=1194632005&sr=8-1

              En outre, plusieurs professeurs d’université contribuent à son site. Voir aussi la version anglaise.

              Tout ça m’a l’air très sérieux, de même que la bibliographie proposée sur le site.

              Généralement, il faut revenir aux sources américaines pour parler de l’histoire de ce pays ; elles sont plus complètes. smiley


            • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:33

              N’importe quoi, comme d’habitude. La prise de scalp a été découverte chez les peuples antiques, chez Gengis Khan et chez les tribus amérindiennes les plus primitives... Très longtemps avant qu’un Blanc ne pose le pied sur la terre américaine. Gengis Khan arrachait le scalp de ses ennemis pour utiliser les cheveux comme corde (pour ses engins de siège).


            • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:58

              Merci Romain et drzz pour le soutien. carpediem, demianwest et le dernier Dalton en date (Rapetout) sont des trolls récurrents. Ils sont vraiment ennuyants...


            • custerwest custerwest 11 novembre 2007 01:02

              Ce n’est pas parce que les Anglais ont acccepté la prise du scalp dans le mercenariat (le scalp équivalant à la preuve que l’ennemi a été tué) qu’ils l’ont inventée... Ils ont simplement repris à leur compte une pratique indienne ancestrale.

              La plupart des tribus prenaient également les parties génitales, les oreilles, les langues, la tête, le coeur (certaines le mangeaient) comme trophée. La torture était aussi courante (brûler vif l’ennemi). A Little Bighorn, des soldats faits prisonniers ont été brûlés vifs dans le village lors d’une danse autour d’un poteau de torture.


            • Romain Baudry 9 novembre 2007 17:36

              L’article est très intéressant, même s’il ne correspond effectivement pas au format journalistique.


              • Krokodilo Krokodilo 9 novembre 2007 17:45

                Très intéressant article, sur un sujet que j’aime bien. L’accumulation et la densité de l’information accentuent la sauvagerie de leurs moeurs, mais heureusement le récit de la collaboration indiens-anglais ou indiens-français est là pour rappeler que nous sommes tous aussi sauvages les uns que les autres ! Et que leur vie comportait de nombreuses périodes de paix relative entre les affrontements petits et grands (représailles remisés à l’an prochain, après l’hiver !). En outre, ceratines tribus devaient être plus pacifiques, je pense à celles du nord-ouest (celles qui faisaient d’immenses totems)et vivaient de la pêche.

                http://www.artindien.com/totem.html

                Il me semble que dans cette région se pratiquait parfois une étonnante fête d’inspiration « communiste », basée sur la redistribution volontaire des richesses faite par un chef déjà riche et respecté : cette teuf redistribuait ses biens de son vivant et asseyait définitivement sa renommée !

                Dans cette région également, les tribus déménageaient parfois (ce n’étaient pas des nomades), ce qui avait un double avantage : éviter l’épuisement des ressources (rongeurs, saumons,etc. ) où on voit que les primitifs l’étaient moins qu’on le croit, et sur le plan psychologique, redonner un nouveau souffle à la tribu, un territoire à explorer.

                D’autres tribus vivaient dans des coins tellement hostiles que personne d’autre ne s’y pointait ! Les navajos dans un désert rocheux (ce qui leur a assuré de pas mal résister à la colonistaion), et les séminoles dans les marécages.

                Je reviens à mon idée : l’accumulation des conflits historiques met l’accent sur la culture guerrière, ce qui est vrai pour autant que je puisse en juger, mais je préfère les romans, où cet aspect n’est pas occulté, mais intégré à une histoire et à des descriptions d’autres aspects de leur vie, particulièrement ceux qui décrivent les années des premiers contacts. Perso, j’ai bien aimé ceux-là :

                Mille Femmes blanches : (Poche)de Jim Fergus, basé sur un fait historique.

                Sacajawa, d’Anna lee Waldo, Sacajawa a réellement existé. Elle a servi de guide à la première expédition à travers les rocheuses, les faits décrits sont véridiques et de nombreuses statues d’elle existent aux USA. mais les Shoshones ont perdu presque tout leur territoire....

                Little big man.

                Colorado saga, de James Michener (très bien adapté en série télé avec Robert Conrad)

                L’excellent film sur la vie de Géronimo, qui est même allé serrer la pince d’un président, et comme dit dans l’article, qui se pensait protégé par magie contre les balles des blancs.

                Et n’oublions pas les BDs françaises : Blueberry, Jerry spring, les nombreux Davy crockett dont celui-ci : d’Ollivier, Boujon et klineJean (Davy Crockett contre les hommes loutres . La vallée heureuse . Cœurs fidèles). Pour les films, il faudrait des pages ! Danse avec les loups : « les blancs vont venir, nombreux comme les étoiles ! »


                • haddock 9 novembre 2007 17:51

                  J’ trouve que l’ auteur décrit superbement la situation dans la phrase 789421 , mais j’ me suis p’t’ête trompé de ligne .


                  • adeline 9 novembre 2007 21:03

                    @carpdiem merci de vos commentaires très humains et précis vous avez surement raison je pense


                  • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:39

                    Sortez de votre lit. Ouvrez les yeux. Lisez les travaux de George Hyde, lisez les chroniques d’époque, sortez le CD de Danse Avec Les Loups de votre autoradio et enlevez vos lunnettes roses.

                    On parle ici de véritables Indiens des Plaines, par de votre fantasme béat. Les Indiens avaient pour habitude de brûler des hectares de forêts pour avoir de l’herbe à poneys l’année suivante. Ils tuaient le gibier en très grande quantité. Ils arrachaient l’écorce des arbres. Ils n’étaient pas du tout écologiste, c’est un cliché grossier, une sorte de fantasme d’Adam et Eve. On parle ici d’histoire. De qui se moque-t-on ? On se moque seulement des néo-hippies qui n’ont toujours pas commencé à étudier sérieusement les Indiens d’Amérique.


                  • Rapetout 11 novembre 2007 04:49

                    « sortez le CD de Danse Avec Les Loups de votre autoradio et enlevez vos lunnettes roses. »

                    Feriez mieux de sortir le DVD de « Black Robe » et, surtout, le roman du même titre qui l’a inspiré, écrit par le Canadien Brian Moore.

                    Le film Black Robe, de l’Australien Bruce Beresford (« Breaker Morant », « Puberty Blues »), est une adaptation très fidèle mais très édulcorée du roman historique de Brian Moore. Moore s’est farci les archives des Jésuites pour écrire son roman : He consults not only Parkman’s account but also the historian’s source, The Jesuit Relations, a 73-volume account of that religious order’s missionary work in North America during the 17th and 18th centuries. ( http://www.lehigh.edu/ ineng/rok6/rok6-source.html )

                    Très édulcorée par nécessité parce qu’une adaptation fidèle du livre de Brian Moore aurait eu encore plus de mal de passer outre la censure que Salo de Pasolini.

                    Je vois qu’amazon.fr en a 13 exemplaires, neufs et d’occasion, à partir de 4,90€

                    Publicité gratuite : ce livre est un chef-d’oeuvre.


                  • didou 9 novembre 2007 21:07

                    bon , le texte est tres interessant , soit un peu long.mais je trouve qu il restreint et montre le cote « sauvage »du monde amerindiens.Chose qui n ai pas totalement vrai.Les amerindiens etaient en general des peuples hospitaliers et tres altruistes demandez aux premiers habitants europêens. pourquoi ils ne sont pas meurent comme leur predecesseur de faim.Ils avaient une grande culture et des connaissances en pharmacope pointu. et de plus c etaient des ecolos dans l ame. De plus un moment ce cher historien parle du chef Hunpapas qui se nomme Stting Bull qui etait il est vrai un grand chef Sioux. Mais si je ne m abuse le passage concernant le cheval et lui invincible aux balles et autres.je pense que ce cher historien confond avec Crazy Horse qui lui effectivement d apres les legendes indiennes avait la faculte de n etre jamais attend par les balles aux combats. ceci est facilement verifiable sur internet.Je tiens aussi a faire savoir que ce sont les cheyennes qui ont apportes les chevaux chez les Sioux et que a par quelques escarmouches ente eux ; les Cheyennes et les Sioux etaient allies dans les guerres . les Crows ; les pawnees et autres etaient les enemmies hereditaires des Sioux. Aussi je tenais a ce que cela se sache. Ils ont ete assez injustement traites car eux aussi font partis des plus grands genocide de notre terre et ont soufferts et encore maintenant des maltraitances de certain peuple sans le cite , n est ce pas mR BUSH.le blog avec comme nom custerwest celui qui lui a attribue un tel nom ; aurait pu ce renseigner sur le Custer , comme fascho on faisait pas mieux a l epoque. Heureusement qu il y a eu LITTLE BIG HORN . POUR remettre les pendules a l heure de ce Custer et de son 7eme de cavalerie . que l on retrouve dans le massacre de SAND CREEK .


                    • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:43

                      Le massacre de Sand Creek a été commis par le colonel Chivington et la milice du Colorado en 1864. Custer était alors en train de combattre les Sudistes sur la côte Est.

                      Arrêtez s’il vous plaît de rêver sur l’hospitalité indienne. Il y a eu des cas, évidemment, mais les relations entre tribus et entre Blancs et Indiens ont été le plus souvent mauvaises. Les guerres du roi Phillipe ont décimé 1/6 des colonies américaines. La plupart des colonies américaines ont été largement massacrées. Même les hommmes de Christophe Colomb ont été mis en pièces par les Indiens dès le premier voyage. Ce mythe du « bon sauvage » défie toutes les règles de sérieux historique. On est en plein fantasme.


                    • Rapetout 9 novembre 2007 22:46

                      Alors comme ça, ça ne vous gêne pas que cet article soit la reproduction exacte d’une page (60ko de texte, 9.000 mots) de custerwest.org ? Cette page-ci, pour être exact :

                      http://www.custerwest.org/guerrestribales.htm

                      Alors que :

                      RAISONS POUR LESQUELLES UN ARTICLE PEUT ETRE REFUSE :

                      —  Article pas récent / pas en rapport avec l’actualité

                      —  Article n’ayant pas un caractère inédit

                      —  Article trop long

                      (Pas mal celle-là. Neuf mille mots c’est un opuscule de vingt pages. Rien n’est trop long pour les vrais amis d’Agorapox).

                      Non, ça ne vous gêne pas ? Vous avez raison. Le média citoyen est un média drôles de citoyens.


                      • Rapetout 10 novembre 2007 12:08

                        Où est-ce que je fais de la pub ???

                        L’article original est d’un certain Mathieu le Hunsec qui se prétend historien. Cherchez-le.

                        Vous ne le trouverez mentionné que chez agoravox.fr et custerwest.org, et sur une page où il figure apparemment en tant qu’aspirant dans la Marine.

                        custerwest.org est enregistré au nom de :

                        Registrant Name:Eric LABAYLE Registrant Organization:Editions Anovi Registrant Street1:Le Chaufour Registrant City:Parcay-sur-Vienne Registrant Postal Code:37220

                        Mais si vous allez voir chez Anovi ( http://www.anovi.fr ) vous ne trouverez aucun auteur du nom de Hunsec chez eux.

                        Un historien qui n’a jamais été publié et qui n’est connu que d’agorapox, du site custerweb.org et de son employeur (la Marine) ?

                        La pub éhontée c’est le gars Charlot qui la fait. Pas moi.

                        Et ça n’est pas nouveau. Le gars Charlot a déjà fait passer un pub plus qu’éhontée celle-là pour Facebook et je me suis fait virer et interdire d’accès pour l’avoir dénoncée. L’histoire est là :

                        http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=29634#commentaire1512424

                        et Agorapox n’a pas osé l’effacer parce que :

                        1. Il y avait trop de témoins

                        2. J’avais prévenu Charlot qu’à partir de ce moment je sauvegardais toutes les discussions où j’intervenais (comme celle-ci).

                        A bon publicitaires salut.


                      • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:47

                        Primo, ce ne sont pas mes amis, ce sont des gens qui contribuent au site par des articles de qualité.

                        Deusio, la vision de Mathieu Le Hunsec est parfaitement objective, fondée sur des sources sérieuse et parfaitement véridique. Ce n’est pas parce que les faits historiques ne cautionnent pas la vision angélique des Indiens qu’ils sont de « l’autre bord ». C’est juste la réalité, et c’est vous qui n’arrivez pas à l’accepter. Bienvenue dans le monde réel.


                      • TALL 12 novembre 2007 10:36

                        la vision de Mathieu Le Hunsec est PARFAITEMENT OBJECTIVE, fondée sur des sources sérieuse et PARFAITEMENT VERIDIQUE

                        Formules-type d’un parfaitement Fou-de-Bible.


                      • custerwest custerwest 12 novembre 2007 18:53

                        attaque de paupières, désolé


                      • raki 10 novembre 2007 13:43

                        humour amerindien "Quand vous les blancs vous êtes arrivés,nous avions la terre vous aviez la bible,alors vous nous avez dis hey ! chef fermons les yeux prions ensemble,quand nous avons réouvert les yeux vous aviez la terre et nous avions la bible..." Je trouve quand même que votre article insiste particuliérement sur l’aspect guerrier de certaines nations amerindiennes,alors vous l’historien digne de crédibilité faites aussi un article sur les nations amerindiennes qui ne se battaient jamais ou trés peu comme les hopis(exceptés lorsque les espagnols se sont installés chez-eux,édifiés des églises et commencés à brûler les « sorciers »),mais également certaine tribus de californies qui ont été complétement exterminées par la colonisation : chemehuevi,serrano,marico ou d’autres trés pacifistes comme les pueblos,anasazis...et bien d’autres. j’ai envie de rappeler aussi que le plus haut fait de guerre chez les sioux-lakotas est la mort d’une cinquantaine d’hidastas en 6000 ans d’histoire.Les effarouchés sont au-delà d’un fait prestigieux qui permet de monter dans la hierarchie,mais également une chasse spirituelle,et que celui-ci ne peut être que maintenue si le chef distribue les part d’un bison aux vielles femmes,aux malades et mêmes aux paresseux... Quand à votre phrase « dès la rencontre entre blancs et amerindiens des conflits éclatent »,ça n’est pas exact, par exemple le « mayflower »accoste en 1620,les colons de ce bateau considérés commes les fondateurs des états-unis) sont tellement affaiblis,que les iroquois leurs apportent couvertures,maïs,cerfs,poules etc...Mieux leurs apprennent a cultiver le maïs,sympa quand même,aprés on connait la suite de l’histoire ;Un historien américain (dont je me souviens hélas plus le nom) a aussi décrit que les premiéres familles gouvernantes avec l’aide de l’angleterre ont créer une psychose du cruel sauvage,car les premiers colons français,hollandais,anglais s’émancipaient complétement des strutures sociales de l’époque pour vivre sur le mode ameridiens c’est à dire une réalité de la liberté malgré le danger...ça serait pour cette raison que les fortins ont été édifiés pour commencer a creer une frontiére psychologique. enfin le mieux c’est d’aller à leur rencontre,de tenter le contact avec eux,avec un peu de « chance »ils vous font pénétrer dans leurs univers,leurs compréhensions du monde,de l’univers ensuite j’ai mieux compris pourquoi ils n’estiment pas notre civilisation supérieur à la leurs et qu’ils restent de trés mauvais consommateurs....


                        • Rapetout 10 novembre 2007 23:18

                          @ Raptout c’est la première fois que je vois quelqu’un qui se plaint d’être censuré de faire des liens pour le censureur !

                          Faut y aller mollo avec les clystères hallucinogènes mayas, ça doit être bien bon (j’ai jamais essayé) mais ça racornit le cortex à la longue tout en ramollissant les boyaux de la tête (comme les appelait le Professeur Choron).

                          Et d’une, le lien que je donne est vers l’article d’origine, qui se trouve sur le site custerwest.org, qui appartient à la société d’édition Anovi qui n’a, à ma connaissance, rien censuré du tout, et surtout rien de moi, car ne la connaissant ni d’Eve ni d’Adam, je ne lui ai jamais soumis de manuscrit.

                          Et de deux, si je donne mes sources c’est afin que ceux qui me lisent puissent vérifier qu’en l’occurrence cet article tel qu’il est publié par Agoravox est la reproduction mot pour mot de celui sur custerwest.org signé Mathieu Le Hunsec. Le fait que Mathieu Le Hunsec n’ait apparemment jamais été publié bien qu’il soit décrit comme « historien, » est ici accessoire, bien qu’assez... intéressant, disons. Des gens qui se disent historiens et n’ont jamais rien publié sinon à compte d’auteur on en trouve treize à la douzaine dans le moindre chemin creux, Agoravox y compris.

                          Ce qu’il faut en retenir c’est que voici ici un article très long (20 pages imprimées), qui n’est pas d’actualité, qui n’est pas original, et qui satisfait donc déjà trois critères de rejet d’Agoravox :

                          RAISONS POUR LESQUELLES UN ARTICLE PEUT ETRE REFUSE :

                          —  Article pas récent / pas en rapport avec l’actualité

                          —  Article n’ayant pas un caractère inédit

                          —  Article trop long

                          J’ajoute maintenant :

                          C’est le troisième copié-collé provenant de la même source en quelques jours, le premier datant du 29 octobre (L’affaire Little Bighorn : une légende américaine à la loupe), le second du 31 octobre (L’Histoire sans idées reçues : le scalp chez les Indiens d’Amérique)

                          En outre, l’article sur Little Big Horn n’est pas un. Ce n’est qu’une bande publicitaire, comme l’a tout de suite vu Le Furtif (http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30890, tout premier commentaire) :

                          « Si le but est de nous conduire à visiter le portail....C’est réussi. Maintenant , y a intérêt à ce qu’il soit à la hauteur de la mise en appétit ! »

                          Or, parmi les « RAISONS POUR LESQUELLES UN ARTICLE PEUT ETRE REFUSE »

                          —  Article à caractère commercial

                          Le second article, sur le scalp, reprend mot pour mot celui de custerwest.org

                          Et, avec 5172 mots en 34,5ko il n’est guère moins long que celui sur les guerres tribales.

                          Une bande publicitaire, deux longues tartines de copié-collé, le tout d’un historien qui n’a jamais rien publié, ça commence à bien faire. Il n’y a guère pour ne pas s’en apercevoir que les bisounours occupés à se persuader que tous les zindiens y sont beaux y sont gentils.


                          • custerwest custerwest 11 novembre 2007 00:53

                            Rapetout, je suis infiniment désolé d’avoir posté un article argumenté d’un historien qualifié qui travaille pour la Marine française. J’espère que vous n’avez pas eu de maux de tête. Je veillerai dorénavant à poster des articles à votre niveau...


                          • moebius 11 novembre 2007 00:26

                            Les derniers indiens, des « patagons », des « grand pieds » en terre de feux, les yamana qui vivaient nus toujours à proximité d’un feu, au bout du bout du continent sud américain. Le milieu, un des plus hostile qui soit, vents , froid et pluie qu détrempent les vétements qui ne seront jamais sec mais l’archaisme et la pauvreté la plus absolue, la « honte de l’humanité » pour les représentants d’alors de nos civilisation du « confort ».En fait et peut etre trés juste retour des choses, une misére de culture et de croyance proche de notre propre indigence. Ainsi une mythologie peu élaboré, des esprits mauvais en surnombre comme le froid, le vent, l’orage, la terreur et des esprit bons rare comme une aubaine, le feu, la chaleur, la bonne bouffe, la bonne baise... Tous décimés, homicide, maladie, Un musé, pourtant pas loin de l’ex pénitencier, tout petit, intime. C’est à Ushuaia, chaleur et confort, au loin la mer grise et le Cap Horn, une photo grandeur nature d’eux, quelque outils, une pirogue, nous sommes peu de chose et devrions avoir de l’indulgence pour nous meme...et nous n’en avons aucune...amen... sommes nous aussi condamnés ?


                            • armand armand 11 novembre 2007 19:13

                              Désolé, Carpdiem, mais la défense de la cause indienne n’a pas besoin de contrevérités. Lisez plutôt le grand romancier amérindien Welch qui écrivait : « oui, les Indiens torturaient, scalpaient, se massacraient entre-eux, eh oui, ce n’étaient que des êtres humains comme les autres, avec leurs vices et leurs vertus » (dans son ouvrage ’Killing Custer’ qui a servi de base à un documentaire). Au Washita l’attaque surprise de Custer s’est heurtée à une vive résistance, et plusieurs soldats y ont trouvé la mort. Ce n’était pas un camp pacifique, il y avait notamment des otages blancs, dont des enfants, certains ont été égorgés au moment de l’attaque. Et effectivement il y eut des civils indiens parmi les morts - si l’on peut appeler des civils des garçons de 12 ans ou des femmes qui tiraient sur les soldats comme ils savaient le faire.

                              Pour Little Big Horn la mission des troupes n’était pas celle de détruire ou de massacrer les camps de récalcitrant, mais des les contraindre à regagner les réserves.

                              Ainsi, toute comparaison avec les génocides arménien ou juif est complètement abusive. Pour donner un exemple symbolique - les Nazis n’incorporaient pas des officiers juifs dans leurs troupes. Et vous faites complètement l’impasse sur les nombreuses tribus comme les Crows et les Shoshones qui ont préféré c ombattre du côté des blancs qu’avec leurs oppresseur qu’étaient les Sioux ou les Cheyenne.

                              Qu’on parle de vol de terres, de mensonges, de traités brisés, de la promotion d’une civilisation présentée comme supérieure - comme le faisaient tous les peuples à la même époque, soit.

                              Ce qui me sidère dans la vision angéliste que vous professez c’est que vous diminuez tout le mérite de la résistance des Indiens. Comme à Wounded Knee, où, loin d’être des moutons à l’abattoir, les Indiens ont combattu dans une situation désespérée. N’en faites pas des agneaux:ils ne vous en demandent pas tant.

                              Quant à ceux qui inlassablement s’en prennent à Custer en le caricaturant, je répondrais comme à l’époque ’quel courage que de donner un coup de pied à un lion mort’ !


                              • armand armand 13 novembre 2007 09:22

                                Cher furtif,

                                Comme je l’ai exprimé plus bas, la politique des administrations américaines était fluctuante et souvent incohérente ; Elle était prise entre trois forces, pour résumer : une approche légaliste qui consistait à signer des traités avec des tribus dont la notion d’état ou de foncier n’était pas la même, qui en faisaient tour à tour des ’nations’ souveraines ou des peuples ’sous tutelle’ (wards) du Grand Père Blanc de Washington. La pression des centaines de milliers de colons qui se répandaient sur les plaines en faisant fi de tous les traités signés. Pour finir, les turbulences des tribus elles-mêmes, en état de guerre larvé les unes avec les autres, dont les chefs peinaient à contrôler leurs jeunes guerriers tout simplement... parce que le système de gouvernement tribal (fort ’moderne’ à bien d’égards) ne leur donnait pas ce type de pouvoir !

                                En somme, colons et guerriers incontrôlables garantissaient un état de guerre quasi-permanent.

                                De part et d’autre il y avait des hommes de bonne volonté -on parle souvent de la ’Piste des Larmes’ des Cherokees, mais on oublie que leur expropriation fut ordonnée illégalement par le président Jackson qui, passant outre à la rebuffade de la Cour Suprême, a déclaré ’le Juge Marshall a pris sa décision, maintenant qu’il l’applique !’ Même Bush n’irait pas jusque là (je pense...).

                                Fait qui pour moi infirme totalement la comparaison avec l’hitlérisme : les Indiens ont toujours bénéficié d’un certain prestige auprès des blancs : il n’était pas déshonorant d’avoir du sang indien, certains ont même atteint des grades élevés dans l’armée (l’aide-de camp du général Grant, par exemple, le général Parker, sachem iroquois à 100 pour cent).

                                Et il n’y a jamais eu de plan d’extermination, sauf dans la tête de quelques malades. On sait que la fameuse phrase de SHeridan (et non de Custer) ’un bon Indien est un Indien mort’, fut prononcée lors d’un échange verbal avec un chef belliqueux qui avait dit, quand on lui reprochait ses déprédations, ’je suis un bon Indien, moi’. En fait, la politique de terre brûlée que Sheridan appliqua aux Indiens des Plaines ne différait en rien de celle qu’il avait infligée aux habitants - blancs - de la Vallée du Shenandoah pendant la G. de Sécession. Ce qui n’enlève rien à sa cruauté.

                                En revanche, je ne nie pas une volonté d’assimilation à l’outrance pour faire de ces nomades des cultivateurs sédentarisés. De plus, l’inconscience qui consiste à laisser des profiteurs sans scrupules répandre l’alcoolisme, ou bien partager les terres tribales en lopins individuels dont les détenteurs (comme les Russes avec leur coupons de p’articipation’) se sont empressés de les vendre à vil prix à des spéculateurs.

                                Comme pour l’esclavage, dont on a dit qu’il y a eu deux crimes fondamentaux, l’esclavage lui-même et la manière dont il a été supprimé, le sort des Indiens a été marqué par deux injustices - la spoliation, et la façon de laisser les Indiens, devenus citoyens américains, sans aucune préparation dans un univers de capitalisme darwinien.


                              • custerwest custerwest 12 novembre 2007 18:46

                                Nous y voilà... En fait, il ne s’agit pas d’histoire, de politiquement correct ou même de simple logique, mais des Etats-Unis. Si c’était un article sur la France, on prendrait des pincettes et on refuserait le politiquement correct et le folklore. Mais comme ce sont les Etats-Unis, et que l’antiaméricanisme fait recette, on accepte les clichés et les mensonges. Tuer des guerriers indiens n’est pas un crime. C’est un acte de guerre entre deux peuples (Romains/Gaulois, Germains, Français/Indiens, Anglais/Indiens, Zoulous etc.). Cela s’appelle l’histoire brute.

                                Cet article est tout simplement sérieux et il bouscule 30 ans de lavage de cerveaux de post-hippies qui ont lancé une jihad contre tous les gens qui voulaient étudier sérieusement une époque coloniale. Le seul fait que vous vouliez le censurer est qu’il dérange votre propagande du « bon sauvage ».


                              • custerwest custerwest 13 novembre 2007 15:21

                                Hello furtif

                                Pour ce qui est de la longueur de l’article, je plaide coupable. Je ne voulais pas trancher à vif dans l’article de Mathieu.

                                En ce qui concerne la discussion, s’il y a eu malentendu, j’en suis désolé.


                              • moebius 11 novembre 2007 21:40

                                ..trop long certainement et on n’a le bizarre sentiment que les colons ne sont pas dans ces guerre tribales d’autre tribus ou d’autre groupe dont les intéréts divergeaint et qui parfois se combattaient entre eux. Comme s’il y’avait chez les indiens le sentiment d’appartenir a une unité nationale et comme si cette unité nationale (toujours trés relative) était déja du coté des colons réalisée et pas en voie de formation


                                • raki 11 novembre 2007 23:06

                                  avant l’arrivé des espagnols,le nombre d’amerindiens sur tout le continent était estimé à 10-12 millions d’individus,à la fin du 19 eme ils n’étaient plus que 1 million,décimés par les massacres,les maladies importés d’europe (surtout la petite variole logé dans les couvertures qu’on offrait graçieusement aux tribus) il me semble que l’on peut parler de génocide qui ressemble à tout les autres génocides shoa, arméniens, rwandais...Iraquiens ?qui peut donner un chiffre de victimes 500000 ?700000 ?un million ? Quand aux prestiges vertueux de l’armée américaine,j’ai entendu un grand pére« dineh »raconter de son propre grand pére comment les soldats découpaient les seins de femmes navahos vivantes,parce que s’étaient flasque et qu’ils se les envoyaient comme un ballon de rudby !!!!!!!c’était drôle ! Géronimo apache jiracillas effectivement considerer comme le ben-laden de l’époque massacraient colons femmes et enfants isolés,mais il avait également subit d’abord le même sort sa femme est ses enfants avaient été massacrés. Mais de nos jours ce génocide continue à l’ombre de l’information,en Guyane par exemple l’administration française laisse les chercheurs d’or brésiliens pollués les eaux avec le mercure qui empoisonne peut à peut les tribus locals probablement dans l’espoir de récuper les territoires qui leurs sont appartis.Ou encore à la frontiére Colombienne et vénézualienne vit une tribu (Wayuu) de 2000 personnes ,des compagnies privées américaines et vénézulienne exigent d’exploiter leurs terres alors comme ils refusent le déplacement vers les villes, hop ! on découpe à la tronçoneuses une cinquantaine de personnes d’un village surtout les femmes et les enfants car c’est se qu’ils y a de plus sacrées chez wayuu.On pourrait parler des yaquis,et des tarahumaras du nord du Mexique qui sont abbatus régulierement par des propriétaires agraires qui voudraient s’accaparer les territoires sacrées,on peut aussi parler de la stérilisation sans leurs consentement de 60000 milles amerindiennes dans les années 70 aux états-unis,parce qu’ils se reproduisent « comme des lapins » et ne consomment pas...Et aujourd’hui avec la privatisation des prisons américainnes comment on incarcérent pour des délits mineurs amerindiens,mexicains pour une main-d’oeuvre à trés bas côut Mais le plus étonnant c’est qu’il semble difficile pour certains de concevoir que certaines tribus ameridiennes ( se quereller sans doute) ne se sont jamais battues,il en ai de même pour certaines tribus aborigénes d’australie,certaine n’ont jamais connue la guerre. Enfin comme disait napoléon « l’histoire n’est qu’une grande farce écrite par les vainqueurs », mais ceux qui se présentent comme des historiens qualifiés,objectif blah blah !!! lisez des autobiographies d’amerindiens comme : nino cochise mes 100 premieres années, élan noire parle, de mémoire indienne,de lamme deer foolcrow l’homme medecine des sioux il y en a beaucoup d’autres. C’est interressant d’entendre l’autre versant de l’histoire.


                                  • Rapetout 12 novembre 2007 00:56

                                    Le furtif : « Y-a-il ici trois raisons rédhibitoires pour que l’équipe émérite des modérateurs... »

                                    Émérite... chaque fois que je vois ce mot je ne peux m’empêcher de penser à éviscéré et de l’imaginer construit sur le même modèle.


                                    • jg 12 novembre 2007 03:15

                                      regardez tout en bas du fameux site d’ou vient cet article et vous verrez ... des mains qui prient devant une croix en disant « je supporte la democratie en Irak » et la boucle est bouclée ! comment justifiez les soldats d’aujourd’hui ? en justifiant ceux d’hier !

                                      quand j’entends « histoire sans idées recues », ca me fait penser aux « sceptiques » du déréglement climatique ...

                                      enfin merci Armand de nous rappeler que les gentils soldats étaient pour là pour « contraindre (les Indiens) à regagner les réserves » ... as tu penser aux conditions de vie dans ces réserves ? et encore aujourd’hui, ils battent les records en taux de suicides chez les adolescents

                                      jg


                                      • armand armand 12 novembre 2007 11:52

                                        Je n’ai jamais dit le contraire. Et Custer lui-même affirmait que s’il était Indien il préférerait vivre libre sur les Plaines qu’enfermé dans une réserve. Le témoignage d’un de ses soldats montre qu’eux aussi n’aimait pas la tache qu’on leur imposait. Avisant le corps d’un guerrier tombé près des lignes de défense, il va jusqu’à exprimer sa tristesse, car ce brave était mort en défendant ’le peu qu’il avait, sa famille et un petit tipi en peau’ (mémoires du soldat Taylor). Pourtant Taylor avait vu ses camarades hachés menu sur le même terrain !

                                        De même, le général Miles s’est battu inlassablement pendant des années pour obtenir un dédommagement en faveur des rescapés sioux de Wounded Knee.

                                        Ce qui est tragique, c’est qu’aucun des deux peuples n’imaginaient qu’ils pouvaient coexister pacifiquement. C’était l’un ou l’autre qui devait l’imposer. Et pendant longtemps, à la différences des grandes civilisations méso-américaines, les Indiens ont été en mesure de disputer pas à pas la progression des blancs, infligeant régulièrement d’importants revers. De même, la politique des administrations US (comme de nos jours...) a été souvent incohérente, tendant la main un jour, brisant les traités le lendemain.

                                        Mais cela n’en fait pas des SS assoiffés de sang pour autant.


                                      • custerwest custerwest 12 novembre 2007 15:59

                                        « regardez tout en bas du fameux site d’ou vient cet article et vous verrez ... des mains qui prient devant une croix en disant »je supporte la democratie en Irak« et la boucle est bouclée ! comment justifiez les soldats d’aujourd’hui ? en justifiant ceux d’hier ! »

                                        jpg... Et hop, une petite théorie du complot... Lier les Indiens d’Amérique et les soldats de Saddam Hussein est complètement grotesque. Vous êtes vraiment ridicule.

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