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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’image numérique et le monde de l’art

L’image numérique et le monde de l’art

L’image se fabrique aujourd’hui essentiellement sur les bases de procédés numériques qui, en une décennie, viennent d’envahir toutes les formes d’expression de façon vraisemblablement durable et quasi-exclusive. Et pourtant, les institutions de l’art rechignent à prendre en considération cette révolution technologique et à lui accorder une place proportionnelle à son utilisation dans notre quotidien. L’art numérique reste le parent pauvre aussi bien de la critique, que du marché et même de l’éducation.

« Nombre de responsables d’institutions culturelles, relayés par une certaine intelligentsia française, se demande encore si l’art numérique est bien de l’art ou simplement de la technique » (Couchot. Hillaire L’Art numérique- Flammarion)

Les raisons en sont nombreuses et profondes. Les technologies numériques sont en effet la remise en question de tous les fondements de l’art, depuis la création jusqu’à la perception, sans oublier la valeur marchande.

Depuis l’Antiquité et jusqu’à la fin du XIXe siècle, un artiste (ou artisan) est un professionnel à l’expérimentation reconnue, acquise après une longue formation le plus souvent très spécialisée. L’idée dominante est que la maîtrise parfaite d’une technique est indispensable à une bonne création. Cette opinion vole en éclat au début du XXe siècle et l’art contemporain se nourrit d’un état de crise de la représentation pour s’attacher au concept, davantage qu’au produit fini. Tendance déjà ébauchée depuis Léonard de Vinci, l’artiste devient aujourd’hui un intellectuel pur, mais qui rejette le savoir-faire, inhibiteur de sa création spirituelle. L’objet n’a de sens qu’en fonction de l’idée qui le génère.

Le numérique semble marquer le retour de ce savoir-faire tellement décrié. Mais un savoir-faire qui, avec l’entrée des ordinateurs dans les foyers, devient aujourd’hui accessible à tous. Avec un minimum de formation et d’habitude, le numérique permet de s’affranchir de la technique pour se concentrer sur l’idée. Il est, de ce point de vue, totalement en phase avec l’art contemporain. Les préceptes de Fluxus, dans les années 60, d’un art produit par chacun de nous deviennent réalité quarante ans plus tard.

Mais, comme souvent quand une théorie se concrétise, on en perçoit brutalement les travers et cela dérange : n’importe qui pouvant s’improviser artiste, la production artistique n’est plus entre les mains d’un petit cercle reconnu d’initiés. On reprend soudain conscience que la valeur de l’art est liée à la rareté des œuvres, mais aussi à celle des artistes. Un créateur a besoin aujourd’hui d’être identifié, médiatiquement. Le public ne peut pas reconnaître plus que ce qu’absorbe sa mémoire. La multiplication des artistes sonnerait la fin du caractère marginal et romantique du créateur. En le rendant anonyme, elle le priverait de son aura, liée à une image publique qu’il entretient tacitement avec la société.

L’œuvre elle-même a, jusqu’au XXe siècle, toujours été matérielle et le fruit d’un « effort musculaire » comme dit Régis Debray, si réduit soit-il. Pour la peinture, comme pour la sculpture, un acheteur acquiert un objet qui possède d’autant plus de valeur qu’il est rare et unique. La photographie, la vidéo et le cinéma ont bousculé cet ordre des choses par leur procédé engendrant la multiplication. Le marché de l’art, après plusieurs décennies, a absorbé les deux premiers en fabriquant artificiellement de la rareté par la limitation et la numérotation des tirages. Le cinéma, quant à lui, a choisi une voie divergente en créant ses propres réseaux de distribution, s’assurant par là une totale autonomie. Il a toutefois remis l’œuvre d’art en question en la rendant immatérielle : on paye au cinéma pour une représentation sans son support, pour une illusion qui dure le temps de la projection. Comme pour le théâtre mais Hegel, dans son Esthétique, ne le compte pas parmi les arts alors qu’on parlera très tôt de Septième Art pour le cinéma, à partir de 1912, 17 ans seulement après la première séance publique des frères Lumière. Notons que la technique de l’image numérique au cinéma est la seule qui aujourd’hui semble intéresser aussi bien la critique que les institutions officielles.

L’image numérique s’affranchit de son support sans toutefois posséder les espaces sociaux de ses représentations, comme les salles de cinéma ou les chaînes de télévision. Comment dès lors parler de valeur pour une création immatérielle qui glisse sur le net ? En clair que vendre à un acheteur potentiel habitué à un échange de matière contre monnaie sonnante et trébuchante ?

Il se trouve que le marché de l’art fonctionne encore sur les bases de la peinture, c’est-à-dire avec une œuvre concrète et unique. On voit mal comment les marchands réussiront à introduire de la rareté dans un monde désormais accoutumé à la gratuité, à la copie et à la diffusion d’internet. Cela implique une importante remise en question, en inventant une économie qui dissocierait la valeur de la rareté. Le cinéma devrait montrer l’exemple en tirant, lui, son profit de la grande diffusion.

La numérisation entraîne le décloisonnement des techniques ou encore, pour employer un vocabulaire plus actuel, elle opère une hybridation des arts, déjà préconisée par Duchamp en 1920. Le matériau photographique, lié jusqu’à présent à un procédé particulier d’halogénures d’argent, se trouve aujourd’hui sur le même plan que toutes les autres matériaux graphiques. A partir du moment où une image est « pixellisée », peu importe qu’elle soit d’origine photographique (une certaine réalité objective) ou le fruit de l’imagination d’un concepteur (entièrement virtuelle). Le numérique permet même le mélange du bitmap et du vectoriel et ouvre ainsi la porte à l’utilisation simultanée de tous les logiciels graphiques. Non seulement les procédés perdent leur distinction, mais la séparation réel/virtuel est rendue obsolète. Pour résumer, la photographie, en tant que média particulier et indépendant, risque fort de disparaître du domaine de l’art. Dans la mesure où l’image photographique utilise les mêmes moyens que les autres représentations graphiques, on cessera très vite de la distinguer et elle se fondera dans un ensemble que l’on appellera « images numériques  » puis « images » tout court sans plus se soucier de leur part d’objectivité ou de leur substance. Ceci est vrai pour les autres arts graphiques : « Le numérique a une tendance irrépressible à déplacer les arts traditionnels sitôt qu’il les pénètre et à altérer peu à peu la pureté de leurs spécificités originaires. » (Couchot. Hillaire Ibid).

Tout comme la photographie a peut-être libéré la peinture de la représentation du réel, l’image numérique risque fort de libérer la photographie de son statut de preuve et d’objectivité pour la transformer en matériau de base, à malaxer, à façonner, au même titre que la peinture sur la toile, mais à la différence essentielle près que la notion de trace a disparu au profit du calcul. C’est ce qui gêne le plus les théoriciens et les critiques d’art : l’absence d’auteur remplacé par l’ordinateur. On retrouve là les mêmes réticences que celles du XIXe siècle vis-à-vis de la photographie : perte de la main, de l’imagination, de l’esprit critique. Notons tout de même que le numérique, appliqué à la musique, n’a jamais fait débat et qu’il fut d’emblée accepté par l’ensemble du monde musical.

L’image numérique rejoint pourtant Maurice Denis et sa définition : « Une peinture est, avant tout, une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ». Elle s’affranchit de ses ambiguïtés avec le réel pour devenir création à part entière. Bref, elle suit le même chemin que la peinture, un siècle et demi plus tard, mais sans avoir de remplaçant pour prendre le relais de la représentation du réel. Cela peut entraîner que notre rapport au réel change lui aussi et que l’opposition avec le virtuel perde rapidement son sens. Une nouvelle ère de la représentation est peut-être en train de s’ouvrir avec le numérique. Il est temps que les institutions officielles et les « détenteurs » du marché de l’art en prennent pleinement conscience, qu’ils sachent, au lieu de l’ignorer, lui trouver la place qui lui revient dans la mesure où l’art, en France du moins, passe inévitablement par les institutions et les marchés. L’absence de reconnaissance actuelle risque en effet de creuser encore un peu plus le fossé qui sépare le public de l’art officialisé, tout en occultant une évolution majoritaire et fondamentale du XXIe siècle.

Illustration : Patrick Gonzales - sans titre


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51 réactions à cet article    


  • RilaX RilaX 17 janvier 2008 10:17

    Bonjour, je ne suis pas tout a fait d’accord avec certaines affirmations de cet article :

    "Mais un savoir-faire qui, avec l’entrée des ordinateurs dans les foyers, devient aujourd’hui accessible à tous."

    Je ne comprends pas le sens qu’a voulu donné l’auteur a cette phrase. Insinue t’il qu’avec un ordinateur, tout le monde peut faire de l’art (numérique) ? Peut etre, mais avec un pinceau et une toile tout le monde peut aussi faire de l’art. Ce ne sont que des outils. Après il faut une inspiration, un don ou je ne sais quoi ; et ca qu’on ait un ordinateur ou pas, un pinceau ou pas, tout le monde n’en a pas. En gros, ce n’est pas l’outil qui fait l’artiste, pas plus l’ordinateur qu’un autre moyen d’expression.

    Avec un ordinateur, tout le monde peut ecrire, mais tout le monde ne peut pas devenir ecrivain (ni journaliste).

     

    "Avec un minimum de formation et d’habitude, le numérique permet de s’affranchir de la technique pour se concentrer sur l’idée."

    D’apres mes divers experiences (ratés), un minimum de formation sur des logiciels de creation graphique, c’est de la technique. Ca s’apprend. Ce n’est pas beaucoup plus differents que d’apprendre a bien peindre sur une toile, ou bien dessiner, ou bien sculpter. Oui avec un ordinateur il est facile de prendre un cadre blanc et de le remplir de bleu. Est ce beaucoup plus compliqué avec une toile vierge ?

     

    Comme je l’ai deja dit, l’informatique n’est qu’un outil et ne transforme personne en artiste.

     

    "n’importe qui pouvant s’improviser artiste"

    Ce n’etait pas deja le cas avant ? On a deja vu des vaches artistes (tableaux peint avec sa queue), et d’autres originalités dans ce gout la. L’informatique n’a rien changé. De ce point de vue.

     

    Tout le reste de l’article semble bon a mes yeux de neophytes. La question de la reproductabilité a l’infinie et le prix que l’on peut estimer donner a une oeuvre semble ne pas etre une question facile a resoudre. Comme pour la musique finalement.


    • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 11:13

      Je comprends vos réticences : un outil reste un outil effectivement, mais certains outils sont plus difficiles à manier que d’autres. Avez-vous déjà essayé de sculpter par exemple ? Je crois que la technique du dessin ou de la peinture est nettement plus difficile à acquérir que celle de photoshop et Illustrator (pour ne citer qu’eux). De plus, aucun investissement nécessaire, pas de toile, d’huile ou d’acrylique, pas de lieu dédié à son travail (atelier aux odeurs nauséabondes) et surtout... chacun peut diffuser sa création sur le Net. Il suffit de fabriquer un blog, ou un site, le tout gratuitement, et de se faire un peu de pub pour être vu et peut-être même être découvert par un public assez large. C’est, de toute évidence, une grande démocratisation de l’art à laquelle on assiste avec l’image numérique. Non, n’importe qui ne pouvait pas s’improviser artiste, pas pour des raisons techniques puisque la technique a été mise au ban de la création, mais parce qu’il fallait trouver les moyens de sa diffusion et que c’était très difficile quand on n’appartenait pas au sérail de la mode culturelle.

      L’ordinateur n’est certes qu’un outil mais il permet, je crois, davantage de s’exprimer et je pense que beaucoup de gens, pour ne pas dire tout le monde, possèdent en eux un talent, une expression à faire valoir. Je ne pense pas être trop idéaliste en disant cela.


    • RilaX RilaX 17 janvier 2008 13:18

      La, je ne suis pas d’accord.

      - Pour l’investissement, il faut quand meme l’aquerrir l’ordinateur, et puis les logiciels, il faut les payer (si on est honnete), sans parler de la tablette graphique (ca doit pas etre le plus cher cela dit). Ce n’est, selon moi, pas moins d’investissement que pour d’autres outils ; pour le lieu de travail, je pense (en toute ignorance) que tous le monde commence chez soit, avant de se lancer dans la location d’un atelier, si on finit par etre reconnu.

      Ce n’est pas parcequ’un outil est moins contraignant qu’un autre que le résultat a moins de valeur (esthetiquement et pecunierement)

      - La diffusion n’a selon moi rien à voir avec le fait d’etre ou ne pas etre artiste. Beaucoup d’oeuvres ne sont pas diffusées, elles n’en sont pas moins oeuvres d’art. Beaucoup de creations numériques sont largement diffusées, ca n’en fait pas des oeuvres (et encore moins d’art). Il en va de meme pour leur créateurs.

      - Quant à la difficultés comparés de l’utilisation des outils comme le pinceau, le burrin ou le logiciels, permettez moi de ne pas vous suivre. Je ne me permettrais pas d’affirmer qu’apprendre a manier l’un de ces instruments est plus facile qu’apprendre a en manier un autre. Certains ont des facilités, d’autres pas. Certains ont une "fibre artistique", d’autres pas (parceque pour moi talent ne rime pas avec art : voir "incroyable talent"). Je n’ai jamais essayer de sculpter, mais j’ai essayé de faire des trucs sous photoshop. Ca n’a rien donné, pourtant je maitrise l’informatique (techniquement parlant). Je sais que je ne ferai pas mieux avec un burin, un marteau et une pierre, ni avec un pinceau et une toile. Grace a photoshop, je peux faire facilement un carré bleu dans un triangle vert, ce n’est pas plus une oeuvre que si je fait un trou dans une pierre avec l’atirail du sculpteur.

       

      Pour en finir avec cette histoire d’outils, je vois un cas flagrant ou 2 personnes sachant maitriser les même outils, pouvant largement s’exprimer sont des artistes, ou pas (toujours selon moi) : l’ecrivain, et le journaliste.

       

      Je vous rejoint sur ce dernier point : l’ordinateur (et surtout internet), peut permettre de découvrir plus facilement les talents artistiques. Et pas seulement les artistes numériques pour le coup : photographe, peintre, sculpteur, ecrivain, dessinateur ... un appareil photo, un ordinateur, une connection internet et n’importe quelle oeuvre peut etre diffusé.


    • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 13:39

      Oui mais définir l’art est un exercice bien difficile. Il se trouve qu’on le juge (sûrement à tort) en rapport avec le marché et que sans diffusion il n’y a pas de marché. Maintenant, concernant le bon ou le mauvais art, le beau et le laid et toutes ces notions subjectives je crains que le débat ne soit plus de notre époque. On peut le regretter mais tout critère esthétique est périssable et donc il n’y a pas de règles comme on l’ a cru pendant longtemps (nombre d’or et tutti quanti). Pour l’art contemporain, tout dépend du discours qu’on colle à l’objet, mais je crois que le numérique est en train de faire évoluer les choses.


    • TToon 18 janvier 2008 11:28

      L’auteur affirme tout de go

      "Je crois que la technique du dessin ou de la peinture est nettement plus difficile à acquérir que celle de photoshop et Illustrator (pour ne citer qu’eux)." 

      Quel crédit apporter l’auteur si lui même ascène de telle vérité. Photographe, je puis vous dire que l’utilisation d’un logiciel tel que photophope est très ardue et demande beaucoup de savoir faire. Je ne vois absolument pas en quoi cette difficulté serait moindre que celle recontrée en peinture.

      D’expérience, partagé par tous les photographes de ma connaissance, le traitement d’image numérique est tout sauf une technique démocratique. 

      Il serait bon pour votre propre culture numérique de naviguer par exemple sur les sites de partage photographique pour vous en convaincre.

      D’ailleurs saviez vous qu’il existe des formations universitaires d’infographistes. Il serait leur faire injure que de prétendre leur talent et savoir faire moins développés que ceux d’un étudiant des beaux arts.

      Vous dénoncez un conservatisme du milieu de l’art français, tout en vous en faisant finalement un ardent défenseur.

      Par ailleurs, votre méconnaissance profonde de la photo numérique vous fait ignorer les formats des images numériques et notamment le format RAW, équivalent numérique du négatif argentique. Je vous laisse donc en tirer les conséquences.

      Si le fond de votre article est interessant, celui-ci se voit gaché par des affirmations à l’emporte pièce, qu’une connaissance très minimale de l’art photographique permet de déceler sans difficulté.

      Dommage.

       

       


    • Philippakos Philippakos 18 janvier 2008 16:07

      Bon, alors on va dire qu’un commentaire comme celui-là c’est de l’humour : « Par ailleurs, votre méconnaissance profonde de la photo numérique vous fait ignorer les formats des images numériques et notamment le format RAW, équivalent numérique du négatif argentique ». Alors, quand on dit ça, on regarde le profil de l’auteur de l’article, sa profession, sa formation, et on se rend compte que c’est un pro de la photo numérique et qu’il ne comprend pas ce que le format RAW vient faire dans le débat. Alors, pour information, il faut savoir que le format RAW n’est pas un format comme les autres, qu’il est brut de décoffrage comme du N&Bl qui serait séparé en trois couches (BVR) et qu’il n’est pas utilisable sans une transformation qui lui donne sa couleur (pour rester simple). En quoi j’encense le monde de l’art alorsd que je dénonce son conformisme pendant tout l’article ? Et puis, dans un commentaire suivant (à lire donc histoire que sa critique ait un peu de poids) je dis que je ne dois plus me rendre compte de la difficulté de Photoshop compte tenu que je l’utilise chaque jour, comme le format RAW d’ailleurs... Alors sans rancune mais un peu de renseignements avant de trop vite critiquer ne fait pas de mal.


    • ptrik 13 mars 2008 22:13

      Bonjour, votre article est illustré avec une de mes oeuvres et je suis surpris de la voire ici sans mon autorisation.

      Vous dites que l’art numérique tout le monde peut le faire, je partage votre avis mais aussi c’est comme la peinture avec des gens ayant un talent et d’autre pas.

      Pour ma part je suis un artiste peintre qui utilisait la peinture a l’huile et j’ai changé d’outil simplement.

      Les raisons sont économiques (je suis au RMI et le matériel beaux-arts coûte horriblement cher) mais aussi pour aller rapidement dans l’exécution afin de suivre ma pensée du moment et vendre des oeuvres a un prix démocratique.

      L’art numérique c’est comme dans la peinture il y a tous les niveaux d’artistes, vous devriez essayer et je suis convaincu que demain vous ne créerez pas le chef d’œuvre.
      Si vous ne savez pas peindre ou dessiné, je ne vois pas comment vous pourrez le faire avec le pinceau ou le crayon de Photoshop.

      Si vous combinez un passage de filtre photoshop sur une image et ensuite la considérer comme étant de l’art, vous serez la énième personne qui fait cela et qui n’est pas crédible aux yeux des artistes numériques.


      Vous pouvez consulter mon site à cette adresse : http://www.patrickgonzales.net


       


    • ptrik 13 mars 2008 22:13

      Bonjour, votre article est illustré avec une de mes oeuvres et je suis surpris de la voire ici sans mon autorisation.

      Vous dites que l’art numérique tout le monde peut le faire, je partage votre avis mais aussi c’est comme la peinture avec des gens ayant un talent et d’autre pas.

      Pour ma part je suis un artiste peintre qui utilisait la peinture a l’huile et j’ai changé d’outil simplement.

      Les raisons sont économiques (je suis au RMI et le matériel beaux-arts coûte horriblement cher) mais aussi pour aller rapidement dans l’exécution afin de suivre ma pensée du moment et vendre des oeuvres a un prix démocratique.

      L’art numérique c’est comme dans la peinture il y a tous les niveaux d’artistes, vous devriez essayer et je suis convaincu que demain vous ne créerez pas le chef d’œuvre.
      Si vous ne savez pas peindre ou dessiné, je ne vois pas comment vous pourrez le faire avec le pinceau ou le crayon de Photoshop.

      Si vous combinez un passage de filtre photoshop sur une image et ensuite la considérer comme étant de l’art, vous serez la énième personne qui fait cela et qui n’est pas crédible aux yeux des artistes numériques.


      Vous pouvez consulter mon site à cette adresse : http://www.patrickgonzales.net


       


    • Philippakos Philippakos 14 mars 2008 07:56

      Vous avez raison d’être surpris et je vous prie de m’excuser pour ne pas vous avoir demandé l’autorisation, mais j’ai trouvé cette photo sur "Google image" en cherchant à "Photo numérique" et ces documents-là sont généralement libres de droit. En revanche, je n’ai pas oublié de vous citer. Concernant les utilisations sur Internet, je suis toujours surpris de voir mes articles repris intégralement sur d’autres sites (Parti Socialiste de l’ïle de Ré par exemple) sans que personne ne m’en ait informé. Je crois que cela fait partie du média Internet et qu’il deviendra à l’avenir très difficile de faire respecter les droits d’auteurs.

      J’avais le choix, pour cet article, entre mettre une de mes images ou la création d’un autre. Je n’ai pas souhaité me faire de la publicité (ce qui n’est pas accepté dans les articles d’Agoravox) et j’ai donc utilisé votre photo à qui je reconnaissais beaucoup de qualités. Je ne pensais pas vous faire du tort et pensais même plutôt participer à votre reconnaissance en tant que créateur. Après consultation de votre site je suis convaincu que vos images méritent d’être diffusées. Si vous êtes intéressé, je vous enverrai quelques une de mes expériences numériques si vous acceptez de me donner votre E mail.


    • brieli67 17 janvier 2008 10:49

       

      « Sexe, mensonges et DVD, le poker politique enflamme le gouvernement » titrent la plupart des quotidiens grecs ces jours-ci, dessins détaillés à l’appui, pour retracer ce qu’ils appellent déjà « le scandale le plus juteux de l’histoire du pays ».

      http://www.lefigaro.fr/international/2008/01/10/01003-20080110ARTFIG00345-un-scandale-eclaboussele-gouvernement-grec.php

      hors sujet peut-être ... mais presque rien dans notre presse.

      Qu en est il vraiment ? au plaisir de vous lire.


      • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 11:48

        La presse grecque fonctionne, comme de plus en plus la française, sur un base de scandales, de potins et de people. Cette affaire comporte les trois ingrédients qui permettent de faire prendre la mayonnaise : une personnalité (Zachopoulos, secrétaire général du ministère de la Culture et habilité à délivré les permis de construire sur zones archéologiques), un DVD limite porno et donc une histoire sexo-sentimentale, un chantage, un suicide presque réussi (finalement la victime sera sûrement sauvée), un célèbre patron de presse enrichi brusquement. Bref, tout cela ne fait pas une bonne pub pour la Grèce si j’en crois les commentaires de l’article du Figaro que vous citez. Toutefois, puisqu’on est dans la culture, quand on sait que les responsables du musée Paul Getty ont acheté pour des millions de dollars d’antiquités en sachant fort bien qu’elles provenaient de fouilles clandestines italiennes, traîte-t-on les USA de pays corrompu à la limite du sous-développement pour autant ?


      • Charles Bwele Charles Bwele 17 janvier 2008 12:32

        @ l’auteur

        Un article hautement intéréssant pour le designer multimédia (web,PAO,3D,infomerciaux) que je suis.

        Je confirme la plupart de vos dires. En effet, l’usage de Photoshop/Illustrator facilite la création graphique. Par ailleurs, bon nombre de débutants en école d’infographie/webographie ne sont guère des passionnés du dessin ou de la peinture.

        Dans mon cas, je dessinais énormément à la main et adorait parallèlement l’informatique avant de me lancer dans l’infographie.

        Toutefois, nos ex-professeurs ont remarqué que seuls leurs élèves déjà férus de dessin/peinture/photographie combinait leur passion et leur vocation professionnelle. En plus clair, sur une promo de 20 en infographie, seuls 4 ou 5 continuaient dans les arts visuels classiques ou numériques, la publicité, l’infographie pure, la presse ou l’édition. Ils avaient également plus de facilités en matières d’idées, car c’est le plus important n’était pas dans la tablette graphique mais dans le bulbe.

        Néanmoins, 3 ou 4 autres se découvraient une passion directe pour l’infographie mais prenaient ensuite des cours classiques de dessin/peinture/photo pour étendre leurs bases voire s’améliorer.

        Ceci était du au fait que très souvent "l’infographie incite le plus souvent à faire avant de penser...ou à faire en pensant, et vice-versa". Nos camarades de la photo/vidéo numérique et du DJing/turntabling/MAO (musique assisté par ordi) vivaient les mêmes scénarios. Des fois, ça ne ressemblait à rien, d’autres c’était très prometteur.

        Dans mon article "la marche du Terminatrix" publié ici sur AV, j’expliquais que l’être humain peaufine constamment ses outils et ses armes depuis la pierre taillée de Homo Faber, l’ordinateur et le robot n’étant que la continuation de cette quête d’amélioration. Il en de même pour ses outils de création artistique depuis les grottes de Lascaux, la plume et aujourd’hui Photoshop et la tablette graphique.

        On oublie très souvent le poids visuel d’une entreprise comme Adobe dont les logiciels (Photoshop, Illustrator, Acrobat, InDesign Premiere, After FX, Flash) sont devenus des normes dans l’édition littéraire, la presse, la publicité, l’information et la création web, utilisé par le vidéomonteur californien et par les "pagemakers" congolais avec leurs PC chinois dans leurs échoppes en bois.

        L’art numérique est aujourd’hui le parent pauvre de l’art - les classiques ne jettent jamais un oeil au remarquable festival infographique Imagina - parce qu’il s’est diffusé beaucoup trop rapidement, aussi vite que le téléphone mobile et l’Internet. Or, dans les populations plutôt vieillissantes d’Amérique du nord, d’Europe, du Japon et d’Asie du S-E, les moeurs sont plutôt conservatrices dans encore pas mal de domaines. Très souvent, les moeurs évoluent nettement moins vite que la technologie...

        Amicalement



        • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 18:30

          Merci pour ce commentaire fourni et pertinent. Oui, dans le domaine de l’art qu’on pourrait croire un des moins conventionnels qui soient, le conformisme est malheureusement souvent de rigueur, surtout quand des masses d’argent considérables sont en jeu et que ceux qui détiennent le pouvoir n’ont aucun intérêt à ce que les choses changent. Le monde de l’art est comme les autres, finalement... même s’il se donne des airs de marginalité.


        • Charles Ingalls Charles Ingalls 17 janvier 2008 14:32

          (L’auteur) "Pour résumer, la photographie, en tant que média particulier et indépendant, risque fort de disparaître du domaine de l’art."

          Je ne suis pas vraiment en accord avec vous sur ce point.

          Quid d’Anne Geddes, d’Eadweard Muybridge, de Doisneau et du Groupe des XV ? Et bien d’autres encore...

          (Ps : J’ai pris volontairement des photographes aux styles bien distincts...)

          Malgré la(les) retouche(s) et la diffusion de masse via internet, ne pensez vous pas que la qualité artistique d’une photographie est subordonnée à l’instant, au moment , et à l’idée qui l’accompagne ?


          • Charles Ingalls Charles Ingalls 17 janvier 2008 14:41

            Oups...j’oubliais, excellent article...


          • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 18:16

            Vous citez des noms célèbres de la photographie argentique que personne n’oubliera mais on ne pourra pas faire éternellement de la photographie en numérique comme on en faisait en argentique. Je ne suis pas sûr que l’image liée à l’instant, la photographie de reportage à la Bresson, Doisneau, Capa puisse encore subsister quand elle commencera à devenir suspecte, c’est-à-dire quand on se demandera si ce n’est pas un montage (on se le demandait déjà en argentique et certaines images très connues paraissent d’impossibles coïncidences, je pense aux deux paires de jumeaux de Doisneau dont une marche sur les mains et l’autre endimanché la regarde du trottoir d’en face). Je crois que le procédé modifie l’expression de manière irréversible.


          • brieli67 17 janvier 2008 16:18

            L’image numérique rejoint pourtant Maurice Denis et sa définition : « Une peinture est, avant tout, une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ».

            Techniquement cette image sera différente. Tout d’abord les illusions d’optiques tendre vers du 3D La couleur ne sera plus lié à de la chimie. Et on pourra faire travailler les cellules de la rétine ensemble ou découplées.... cônes et bâtonnets.

            15 minutes de pénombre ou au noir donc en bâtonnets puis devant le retable d’Issenheim ..... votre rétine flashera.

            Aux artistes de jouer avec nos écrans.... et avec nos rétines


            • Philippakos Philippakos 17 janvier 2008 18:23

              Je voulais dire avec la phrase de Maurice Denis que l’image ne s’occupera plus trop de réalisme et qu’elle deviendra « une surface plane couverte de pixels en un certain ordre assemblés ». Oui, cela implique de nouvelles possibilités par rapport à la peinture, le 3D, jouer sur la persistance rétinienne en sont des exemples en effet.


            • teralmat teralmat 17 janvier 2008 19:05

              très bonne réflexion, avec les réserves, déjà émises, à propos des outils, du coût des outils et de l’outil qui ne fait pas l’artiste... il n’est pas du tout plus simple de manier tous les outils graphiques informatiques que le crayon ou le pinceau et, comme il a déjà été dit, savoir manier les crayons et les pinceaux est un signe annonciateur de plus grande facilité dans l’obtention de résultats esthétiques plus probans.

              quant à la non reconnaissance par le marché et critiques de l’art, c’est tout à fait vrai. il y a moins de problèmes de reconnaissance pour la musique, puisque, depuis toujours, elle s’est développée dans l’immatériel. mais comme support de diffusion le numérique est incontestablement un moyen dont les plus conservateurs même des musées ne se passent plus et il est presque un jeu d’enfants, avec les blogs, de donner à connaître ce que font les artistes plus classiques que les jongleurs de numérique. mais il faut du temps pour apprendre tout ça... et, sans professeurs, une volonté à toute épreuve ! sans oublier un investissement conséquant em matériel informatique... et les logiciels, les pro, ne sont pas donnés. alors un art à la portée de tous, je n’y crois pas. j’en ai fait l’expérience, je sais de quoi je parle !

              aujourd’hui je maitrise la chose mais, sans une formation préalable en arts platiques, je ne serais même pas en mesure de savoir à quel résultat je voudrai parvenir... avec une auto-formation à l’utilisation des TIC et comme pour n’importe quelle autre technique artistique il faut faire et expérimenter, sans arrêt, pour dépasser le juste assez bon. beaucoup de travail ! un peu de connaissance de l’histoire de l’art, pour savoir se situer dans le temps sans prendre ce qu’on fait pour la dernière découverte du siècle, et un peu de sens esthétique, c’est le minimum !

              mais l’article est bon. merci.

               


              • socribe 17 janvier 2008 21:43

                Je trouve cet article très intéressant, parce qu’il soulève en effet des questions importantes. En fait à mon sens, c’est vraiment une remise en question complète de nos conceptions artistiques. J’ai l’impression que l’art numérique, c’est plus des créations d’univers. Ce que je trouve formidable, c’est que ça ouvre des espaces, et là ou avant il fallait beaucoup de place pour exprimer sa créativité, on peut explorer des tas de possibilités ! C’est illimité...

                 


                • socribe 17 janvier 2008 23:05

                  Pour ce qui est de la facilité, je ne pense pas que ce soit plus facile. C’est différent, c’est un outil. Mais c’est vrai que ça permet à des personnes qui n’auraient pas forcément osé s’impliquer dans une activité créative, de le faire, parce qu’elles auront des aptitudes plus en adéquation avec l’informatique. Ce que je trouve positif, parce qu’après tout, il y a un nombre important de gens qui ont un univers riche, et inhabituel que les conventions esthétiques ou sociales brident.

                  Je pense aussi, avant toutes choses, que c’est une question de passion. Une personne passionnée par ce qu’elle fait, s’impliquera vraiment dans la découverte de ces outils informatiques, qui ne sont en effet pas toujours évidents à manier, qui nécessitent un temps important d’apprentissage, surtout quand on est auto-didacte, mais qui permettent d’établir des correspondances inédites.

                  Cela agrandit considérablement le champ d’expériences qui est un des propos de l’art, à mon sens. C’est une rencontre possible et compactée, de plusieurs formes artistiques, qui ouvre de nombreuses perspectives, si on ne se limite pas à appliquer les mêmes techniques et habitudes acquises avec les autres arts. Mon impression, c’est que nous créons des outils, et ces outils en retour nous ouvrent des potentialités. Ces potentialités étaient sans doutes en nous, mais elles sont révélées par l’outil me semble t’il.

                   

                   


                • Philippakos Philippakos 18 janvier 2008 08:13

                  Il est vrai que je dois être un peu déformé quant à la facilité d’utilisation des outils informatique vu que je les manie du matin au soir et qu’ils font partie de mon quotidien. Mais pour un photographe à la formation classique que je suis, ces outils représentent une extraordinaire ouverture à l’utilisation nettement plus aisée qu’avec la photographie argentique. Des bidouillages qui coulent de source aujourd’hui représentaient des heures de travail et un nombre considérable de ratés avec l’argentique (une incrustation par exemple). J’ai vraiment eu le sentiment avec les outils numériques qu’un monde nouveau arrivait et qu’il n’avait pas de limite. Excusez-donc mon enthousiasme qui est à relativiser pour un néophyte, je le concède...


                • Kookaburra Kookaburra 17 janvier 2008 22:15

                  Comme toute citation hors de contexte, le sens du bon mot de Maurice Denis n’avait pas tout à fait le sens que vous voulez le donner. Il visait seulement l’art académique, jugé trop anecdotique. Mais il savait bien que cette formule ne suffirait pas pour produire un œuvre d’art. D’autre part votre relativisme vis-à-vis de la valeur d’un œuvre d’art me semble excessif : les peintures de Manet, par exemple, sont bien meilleurs que ceux des rapins qui étaient avec lui à l’atelier de Couture pendant six ans. Avec le relativisme on dira que Tintin vaut bien Tintoretto, que Mickey vaut bien Michelangelo. Est-ce votre conviction ? Mais mis à part ces objections votre article est très intéressant.  


                  • Philippakos Philippakos 18 janvier 2008 08:05

                    Pour être franc, je ne vois pas où j’ai écrit que tout se vaut. S’il est incontestable que certaines créations sont supérieures à d’autres, parler de chef-d’oeuvres pour tout et n’importe quoi a un petit côté énervant, surtout quand on constate qu’avec le temps peu de chefs-d’oeuvres résistent bien et que beaucoup se démodent (je parle de contemporains). Toutefois, je reste persuadé que chacun d’entre nous a quelque chose à exprimer et que s’il peut avoir l’opportunité de le faire c’est tant mieux. Et il est vrai aussi que je suis assez favorable à la désacralisation de l’oeuvre d’art, mais ce n’est pas très original... La notion de chef d’oeuvre est tout de même relative à une époque et sa sensibilité, rien d’universel là-dedans, sinon pourquoi autant de "redécouvertes" et autant d’artistes tombés dans l’oubli ? P. S. Je ne nie pourtant pas que Michelangelo, par exemple, soit universel mais il y a là une dimension historique qui est prépodérante et qui va au-delà du goût.


                  • Cascabel Cascabel 18 janvier 2008 20:47

                    Le premier qui tente de désacraliser Liszt je lui envoie la mafia !


                  • Cascabel Cascabel 18 janvier 2008 02:04

                     Espérons que les institutions ignorent le plus longtemps possible la création numérique. Laissons les officiels avec leur "art conceptuel" , creux, ennuyeux, bureaucratique et prétentieux. L’ère du numérique ouvre je crois un boulevard aux vrais "artistes" ou créateurs de tout poil. Grâce au net la dictature des galeries tombe à l’eau. Chers amis une nouvelle ère est née, buvons à sa santé !


                    • biztoback 18 janvier 2008 15:32

                      Bon, personnelement, je me sens beaucoup plus à l’aise devant mon photoshop qu’avec un pinceau et une toile... L’apprentissage n’est pas vraiment le même.

                      Mais l’inspiration reste la même pour les toutes les techniques, il faut tout de même un peu de talent (les faux modeste appele ça la fibre artistique...) mais si avec peu de moyen (un pc moyen et 2 logiciels craké, pas la peine d’être honnête avec la suite Adobe) on peut créer des oeuvres (pas des chefs)... alors oui je suis pour la démocratisation de l’art.


                      • Kookaburra Kookaburra 18 janvier 2008 19:31

                        Pilippakos, Je ne cherche pas querelle avec vous mais je ne suis pas d’accord quand vous dites :

                         La notion de chef d’oeuvre est tout de même relative à une époque et sa sensibilité, rien d’universel là-dedans, sinon…

                        Pour éclaircir notre différence parlons de la photographie : Cartier Bresson par exemple. C’était un photographe exceptionnel.  Avez-vous jamais tenté de « faire un Cartier Bresson » ? Passionné de la photographie depuis mon enfance je l’ai souvent essayé, mais je ne suis jamais arrivé à faire une photo comparable au maître. Ses photos sont exceptionnelles. Quelques une mériteraient le titre de chef d’œuvre, mais puisque vous êtes allergique à ce terme restons avec le mot exceptionnel. Elles appartiennent à une autre époque, mais le message passe toujours. C’est cela un chef d’œuvre, un œuvre d’art qui traverse les époques et les siècles sans prendre une ride comme la musique d’un Purcell ou d’un Bach, comme la peinture Jan van Eyck ou de Velasquez, comme les pièces de Shakespeare ou Molière. Non, ce n’est pas leur valeur historique qui les immortalise mais leur valeur artistique.

                         


                        • Philippakos Philippakos 18 janvier 2008 19:49

                          C’est un intéressant débat : y a-t-il des valeurs universelles ? Pour l’esthétique j’ai du mal à le penser, pour la morale peut-être. Mon travail me fait relativiser la notion de chef d’oeuvre. La plupart des sculptures de la Grèce antique que nous admirons comme des chefs d’oeuvres universels étaient peintes de couleurs pétantes avec un assortiment de nuances qui nous paraîtrait aujourd’hui kitchissime. On les admire pour la pureté de leur marbre blanc alors qu’on ne voyait pas de blanc qui restait sous la peinture... et qu’on rajoutait même des accessoires en métal comme des couronnes, des parures etc... Que penser d’un bon goût universel après cela ? Pour Cartier Bresson, c’est un peu tôt pour dire (du coup on ne peut plus rien dire pour la photographie à ce train-là). On ne peut pas trouver foncièrement mauvaise une oeuvre de la Renaissance. D’autres critères que le goût prédominent. De plus, que dire du goût des citoyens de la Renaissance ? Un tableau n’avait sûrement pas le même sens que pour nous... tout comme une statue pour un Grec de l’Antiquité.


                        • Cascabel Cascabel 18 janvier 2008 20:40

                           

                          La bourgeoisie coincée du 19 ème siècle c’est mis dans la tête que la couleur était laide et vulgaire. Il fallait du blanc cassé, du sépia, du discret. L’idéal du bon goût c’était les ruines. Assez mortifère finalement.

                          Autrement, de tout temps la couleur était recherchée. Qu’il s’agisse du 17ème siècle de la renaissance, du Moyen Age ou de l’antiquité, toujours on a aimé la couleur. Le numérique, avec les images de synthèse, nous permet d’apprécier à nouveau et sans complexe la couleur. Pourquoi ? Parce qu’on la retrouve dans la nature de façon éclatante. Donc non je ne suis pas d’accord avec vous au sujet de l’Antiquité. Le cinéma nous permet de nous immerger de façon spectaculaire dans les temps anciens, et quand on revit en couleurs ces époques là elles nous emblent encore plus belles et merveilleuses. .

                           Existe-t-il pour autant une dimension universelle pour l’esthétisme ? Peut-être bien que oui, nous touchons-là à un des plus grands mystères de l’humanité. Par exemple certains savent dessiner et d’autres pas, pourquoi ? Mystère et boulle de gomme....

                           


                        • Philippakos Philippakos 19 janvier 2008 05:20

                          Seulement quand on demande à des peintres, ils disent tous que s’il y quelque chose qui s’apprend c’est le dessin. C’est une technique comme une autre. Ces mêmes peintres disent aussi que « la couleur ça ne s’apprend pas » : une phrase bien énigmatique sans doute mais qui peut vouloir dire que chacun possède sa propre sensibilité et qu’il n’y a pas de règle. Pour ma part, je crois pourtant que les règles concernant les complémentaires sont assez vérifiées.


                        • socribe 19 janvier 2008 00:54

                          Ce que je trouve intéressant justement, par rapport aux sculptures de l’antiquité, c’est qu’on les trouve belles, alors qu’elles ont subit les outrages du temps, qu’elles ont été soumises aux intempéries et aux épreuves, et que malgré cela, on les trouvent toujours magnifiques, même dépouillées de leurs couleurs éclatantes.

                          Je pense que chacun a une sensibilité qui lui est propre, et que chacun peut trouver ce qui lui parle le plus dans l’immensité de l’expression artistique. Certaines oeuvres sont plus parlantes que d’autres, ou parlent au plus grand nombre, parce qu’elles réunissent un certain nombre de symboles, qui sont communs à beaucoup de gens.


                          • Christoff_M Christoff_M 19 janvier 2008 10:50

                             je suis d’accord avec l’auteur, travaillant dans l’image numérique, je vois bien une dégradation des docs numériques qui nous sont fournis dans le prépresse, quand ce ne sont pas des tirages papiers fournis en rvb sur des imprimantes de merde !! les auteurs cités chez les photographes réputés sont de la génération argentique...

                             le numérique rend avec l’APN la photo accessible à tous et on voit le massacre.... si de belles couvertures sont imprimées ceci est du au travail du photograveur, du pré presse ou de l’agence et dans nos rangs les gens doués pour la retouche couleur et la chromie sont rares sur la place de Paris, la quantité et le rendement ainsi que des calculs automatiques de conversion ayant pris le pas sur le talent et la traduction de l’image par des chromistes chevronnés....je pense que ce métier passant par les techniques de scan et le traitemant numérique de l’image m’a apporté un oeil pour l’image et la couleur plus qu’un photographe en réalisant la décomposition mathématique, couches, densités, pourcentages, et valeurs en rvb ou ymck....

                            donc un oeil et un sens de la couleur plus aguérri qu’un photographe tradi, si bien que je pense me lancer dans la photo et la retouche à mon compte....


                            • Kookaburra Kookaburra 19 janvier 2008 19:00

                              Philippakos, félicitations pour la sélection « best of » ! Cela me donne l’occasion de poursuivre la discussion.

                              La photographie numérique est à l’opposée de celle d’un Cartier Bresson qui détestait retoucher une photo. Il préférait l’objectif 50 mm et rechignait même à couper pour recadrer. Un puriste, il trouvait le noir et blanc plus expressif. Le numérique c’est le contraire : la prise n’est qu’un départ – le travail principal se fait sur l’ordinateur.

                              Vous posez la question si le numérique est un art. Je dirais sans hésitation oui, avec les procédés numériques on peut faire des œuvres d’art.

                              A partir de là nous avons approfondit la discussion sur l’art en générale, sujet qui m’intéresse particulièrement car au centre de ma vie (études aux Beaux Arts, enseignement Arts plastiques, activité artiste-peintre). En réponse à certaines questions dans les commentaires je dirai :

                              N’import qui peut apprendre le dessin. Les uns l’apprennent plus facilement que les autres mais tous peuvent y arriver. Comme tous peuvent apprendre la guitare – les uns facilement, les autres avec beaucoup de persévérance. La couleur est plus difficile, beaucoup plus difficile ! On peut apprendre les principes, mais rien ne remplace la sensibilité. Et la sensibilité est en partie innée, en partie acquit. Quand j’entre dans une expo de peintures je reconnais le plus souvent aussitôt si le peintre est une femme. C’est la subtilité des harmonies de couleurs qui le signale. Oui, en générale les femmes ont un sens de couleur plus fin que nous les hommes. Pour moi-même la couleur est une lutte exaspérante.

                              Valeurs esthétiques universelles ?  C’est un gros mot, j’hésite, mais spontanément je dirai oui, et j’avais donné des exemples : la musique de Bach, la peinture de Vermeer. Oui les goûts changent avec chaque époque, comme vous dites, mais les grands œuvres restent. Ils traversent les époques avec leurs goûts et les siècles. Mais, direz vous, les Papous de la Nouvelle Guinée ne comprennent rien à la musique de Bach. Soit, mais ils pourraient y accéder. Probablement la bonne moitié de l’humanité n’apprécie pas Bach, mais cela ne diminue en rien sa grandeur. Bien entendu sa musique est accessible seulement aux initiés, mais est-ce une preuve de non-universalité ? Que serait une preuve d’universalité ?

                              Vous dites que vous acceptez plus facilement l’universalité des valeurs morales. Je suis d’accord avec vous mais la position n’est pas moins périlleuse. Aujourd’hui il est de bon ton de proclamer la relativité des valeurs morales (ce qui n’empêche de les universalisées quand cela convient, par exemple pour l’avortement ou la peine de mort etc. etc.) Mais c’est un autre débat.

                               


                              • teralmat teralmat 19 janvier 2008 19:53

                                comme les critères moraux, les critères esthétiques évoluent mais plus vite et heureusement ! j’ai essayé, toute ma vie de me liberer de tas de choses et plus particulièrement des critères esthétiques pour regarder les oeuvres. je vole en éclats (expression personnelle pour exprimer ce qui me touche profondément) en regardant une peinture rupestre, comme une gravure de Dürer, une toile de Van Gohg, les portes de Chisto à Central Park ou encore les 77 mil. paintings de Brien Eno (bien que, le générateur y soit pour beaucoup, grande question dans l’art numérique). je peux très bien imaginer les statues de l’acropole recouvertes de couleures bariolées ça ne change rien pour moi.

                                par contre, il y a dans les pratiques artistiques actuelles, comme anciennes d’ailleurs, beaucoup de déchets... les ouvres qui passent l’épreuve du temps, avec des exceptions, je ne le nie pas, s’imposent comme des références et le publique s’acroche à ces références en impechant la reconnaissance de nouvelles ouvres et artistes. le marché de l’art ne fait que suivre cette logique, là encore avec des exceptions que, comme toujours, confirment les règles ! non ?


                                • teralmat teralmat 19 janvier 2008 19:56

                                  bonne fin de semaine !

                                  dans ce lien il y a une petite expérience numérique :


                                • Philippakos Philippakos 20 janvier 2008 07:50

                                  Je crois que le lien ne fonctionne pas, hélas... Une remarque pour l’universel et l’antiquité : à force de travailler sur des sculptures antiques et de me poser des questions sur leur impact j’en suis venu à penser que l’esthétique n’était pas, jusqu’au début de l’époque hellénistique, la qualité principale demandée à une oeuvre. Quand on remarque que l’arrière des sculptures de fronton d’un temple (qui n’a aucune chance d’être jamais vu) est travaillé de la même façon que l’avant, on se dit que le sculpteur ne pense pas à celui qui verra la sculpture mais que c’est l’idée de la représentation qui prime... et peu importe le spectaculaire. C’est en cela qu’il est difficile de juger une oeuvre en étant placé dans un autre contexte historique (l’époque actuelle pour nous). La peinture jusqu’au XIXème siècle est essentiellement informative. Il n’y a pas d’autres images et une grande partie de la population est analphabète. On l’oublie souvent aussi.


                                • teralmat teralmat 20 janvier 2008 15:25

                                  les sculteurs de la Grèce antique faisaient des oeuvres cohérentes, des pièces d’art et non des plâtres ou du trompe-l’oeil décoratifs... non ?

                                  la question de la saufgarde du numérique est encore un défit que les sculteurs de numérique ont à relever... trouver des présentations qui intègrent quelques différentes étapes du même objet créé.

                                  sans prendre, ce que vous n’avez pas pu voir à partir du lien - je suis un peu distraite et je l’ai mal tapé - pour la découverte du siècle ni pour un chef-d’oeuvre, c’est juste un exemple de ce qu’on peu faire avec des logiciels de traitement d’image et de son, un blog et une aplication en ligne, il y a environ 50 images travaillées avec diférents logiciels et pas mal d’entre elles sont, justement, des étapes différentes d’une même image numérique de départ, ces images ne sont pas générées par l’application en ligne que en rajoute juste un peu de randomisation. juste un exercice !

                                  ne soyez pas trop cruels : http://kaleidikon.blogspot.com


                                • Philippakos Philippakos 21 janvier 2008 08:43

                                  Eh bien Teralmat, il n’y a pas de crainte à avoir quant à la cruauté ! Ces expériences sont bien intéressantes, souvent émouvantes et illustrent bien ce que j’ai dit dans l’article. Merci de les avoir mis en ligne. Pour les créations intermédiaires, c’est une des caractéristiques du numérique de ne jamais être achevé. On peut toujours corriger, modifier. Il vaut mieux enregistrer les versions intermédiaires, histoire de ne pas avoir de regret. C’est la même chose pour un texte, chaque fois qu’on le relit on change un petit quelque chose, parfois une virgule seulement, mais il faut savoir s’arrêter...

                                  Alors dans les consciences cela pose un problème une oeuvre en friche, jamais définitive, qu’on peut remodeler à l’infini. On n’est pas habitué et ça déroute.

                                  Pour vos créations, j’aimerais bien en voir un peu plus.

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