Je ne passe pas mon temps à relever toutes les contrevérités que publie le Nouvel Obs, mais je me souviens avec quelle légèreté ils ont écrit, en 2007, que Rachida Dati, à peine désignée porte parole de Nicolas Sarkozy, était la fille d‘un harki. L’ancienne garde des sceaux avait alors essuyé toutes les insultes possibles de la part de la communauté maghrébine, « vendue », « arriviste », « traitres de père en fille », etc, alors que c’est sa mère qui est algérienne, et non son père.
Je n’oublierai pas non plus le dossier truffé de ragots et de mensonges que cet hebdomadaire avait publié sur Freud, un dossier de plusieurs pages confié à une seule journaliste, une journaliste proche justement des détracteurs de la théorie freudienne. Leur Une avait été d’ailleurs consacrée à cette campagne de diffamation sans précédent.
Quand Grégoire Leménager, journaliste au Nouvel Obs, m’a appelé, je pensais qu’il allait me parler de l’écrivain Youcef Dris. Au lieu de quoi, il m’a d’emblée branché sur l’antisémitisme de Yasmina Khadra. Mais là où il m’a achevé, c’est lorsqu’il m’a fait remarqué, à deux reprises, que le plagiat que je dénonçais, je ne le dénonçais qu’à « demi-mot. »
Voici ce que j’écrivais dans ma note :
M. Leménager, lui, hésite encore : « le livre n’a pas grand-chose en commun avec Ce que le jour doit à la nuit », écrit-il dans un article absolument sans le moindre intérêt, où il est question de la petite taille de l’écrivain, de sa parano, de ses mensonges, et en le comparant à Marc Lévy, ce qui, à mon avis, est plus qu’exagéré.
Je ne sais pas trop ce qu’il faut de plus pour M. Leménager. Peut-être aussi aurais-je dû faire le boulot à sa place, en détaillant les passages qui se ressemblent. Ils sont trop nombreux pour les citer tous. De mémoire, voici seulement ceux qui sautent aux yeux :
Et les ressemblances ne s’arrêtent pas qu’au texte. A la fin du récit Les amants de Padovani, il y a quatre photos, des daguerréotypes que Youcef Dris avait retrouvés chez sa mère dans une vieille caisse, dont celle de la femme au chapeau :

Nous ne nous trouvons là ni dans une espèce de « plagiat psychique » dont sont pourtant copieusement accusés certains auteurs dans les colonnes du Nouvel Obs, ni dans une affaire de « singerie » ou encore de « parasitage », dénoncées par ailleurs dans ce même journal. Avec Yasmina Khadra, on est carrément dans la farce. Rappelons que le livre de Youcef Dris n’a jamais été vendu en France et qu’il est très difficile à trouver aujourd’hui même en Algérie.
Dans le récit de Youcef Dris, « Les amants de Padovani », l’histoire vraie est inspirée de faits réels. Il s’agit du cousin de l’auteur lui-même, Dahmane, et d’Amélie Lemoigne.
Pourquoi tous ces drames et faits divers que Yasmina Khadra a raconté dans ses autres livres seraient-ils inspirés de faits réels, et pas l’histoire qu’il raconte dans Ce que le jour doit à la nuit ?
Quant aux dissemblances, j’en ai relevé une, la plus choquante, elle réside dans la personnalité même des deux héros : dans le livre de Youcef Dris, l’Arabe, bien qu’il change d’identité, est débrouillard, courageux et téméraire, et surtout prêt à affronter le père d’Amélie pour vivre son amour. Un vrai Algérien avec une tête d’arabe comme je les aime. Dans le livre de Khadra, l’Arabe est aussi un faux Arabe, passant de Younes à Jonas, mais blond, des yeux bleus, poli, non violent, cultivé (tellement cultivé d’ailleurs qu’il deviendra pharmacien sans faire d’études, par la grâce de dieu), et surtout effacé, lâche, qui n’ose rien, qui a peur d’aimer, qui laisse tomber Emilie en ne s’autorisant pas à accepter ses avances, bien qu’il soit fou d’elle du début jusqu’à la fin. Tout le contraire d’un Algérien !
Pour répondre à ces accusations de plagiat, Yasmina Khadra est intervenu sur le blog de l’écrivain Alain Belle. Hélas, pour affirmer une chose et comme d’habitude aussitôt son contraire : « Les similitudes dont il est question sont parfaitement récurrentes dans l’ensemble de ces histoires d’amour », suivie par « Mon roman n’a rien à voir avec ces histoires d’amour. » Alors que son éditeur et la presse y ont vu d’abord une histoire d’amour. Il y a quelques jours encore Frantz-Olivier Giesbert l’a d’ailleurs rappelé à l’écran, devant l’auteur, qui n’a pas moufté. Avec Yasmina Khadra, on ne peut s’empêcher de penser à la formule de Tomasi di Lampédusa : « Pour que rien ne change, il faut que tout change. »
J’avais dit à Youcef Dris que je ne parlerais qu’une seule fois de cette affaire. Eh bien ça en fera deux.
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Les droits d’auteurs de Youcef Dris cédés aux enfants cancéreux.
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J’ai dû relire le livre de Yasmina Khadra (Ce que le jour doit à la nuit) après avoir (...)
21/11 15:12 - bouboulelemagicienBonjour Lisa Sion, et merci pour votre commentaire, ô combien juste. C’est amusant car (...)
11/02 09:43 - Karim Sarroubmr Sarroub, c’est très dur pour les fan de Yasmina Khadra ! En tout cas, merci pour (...)
30/01 11:26 - madara75016Bonjour, Moi je mettrais ça plutôt sur le compte de l’incompétence du journaliste, plutôt (...)
30/01 11:04 - sarahb99Bonjour KS, le nouvel obs cur...le fait de déjouer le plagiat et la contrefaçon pratiquées (...)
30/01 10:19 - Lisa SION 2
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