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L’Opéra-bouffe d’Hervé “Les chevaliers de la table ronde” du Palazzetto Bru-Zane

Vous êtes morose ? Le contexte économique vous chagrine, votre mari vous ennuie et vos enfants vous agacent ? Un remède sain et sans coup férir : l'Opéra-bouffe d'Hervé “Les chevaliers de la table ronde”, deux heures de divertissement absolu, bonne humeur garantie !

Le spectacle “Les chevaliers de la table ronde” de Hervé est organisé en tournée en France et à Venise par le Palazzetto Bru-Zane, interprété par l'incomparable compagnie théâtrale “Les Brigands”.

Les Chevaliers de la Table ronde est la première des grandes opérettes d’Hervé, lequel inaugure avec cette pièce le cycle de ses quatre chefs-d’œuvre (L’Œil crevé, Chilpéric et Le Petit Faust) qui seront prochainement représenté par le Palazzetto Bru-Zane.

L’ouvrage est un vaudeville chanté proposant une version farfelue du quotidien de nos chevaliers de la table ronde, une fois leur quête finie, dans un univers plein d'anachronismes : Lancelot et ses compagnons sont devenus très popotes et Merlin l'enchanteur (le fils du Grand) est devenu le maî tre d'école de la fille du duc, pour le citer : « Nous consommons un nombre affreux de blondes et de brunes ; Si l’on nous appelle des preux, Ce n’est pas pour des prunes. ». Nos preux chevaliers sont vêtus en joueurs de football au quotidien et en armure pour les grandes occasions, parlent comme nos banlieusards ou nos joueurs de football : on a l'impression de voir Marcel Duchamp dessiner une jolie moustache à la Joconde.


L’action confie aux dames un poids particulier : la fée Mélusine, Totoche et Angélique se partagent la vedette en caricaturant les caractères prétendument féminins que sont l’amour, la jalousie, la cupidité et la sensualité. De leur côté, le duc Rodomont, Roland et Merlin donnent des vertues chevaleresques une image bien édulcorée.

Voici ce que nous en dit le metteur en scène Pierre-André Weitz : “il s'agit d'un opéra s.g.d.g.c'est à dire “sans garantie du Gouvernement”. Note d’intention en clé de fa qui pourra être résumée en une simple petite phrase. Il est d’une importance vitale (pleine de vie), d’une importance cruciale (plaine de cru) de monter Les Chevaliers de la Table ronde du maestro Hervé adoré, du maestro Wagner, chef-d’œuvre de 1866. Pourquoi ?

Monsieur le Directeur, Monsieur Jean-Paul Belmondo, chère âme pure,

L’histoire, enfin le propos, se passe entre le Moyen-Âge et nos jours. Un samedi soir. Ou un mardi matin. Mais en aucun cas le jeudi après midi (car il y a la piste aux étoiles le jeudi, tout le monde sait cela). Et donc en costume d’époque, armures et baskets. Le duc Rodomont, prince déchu, offre en premier lot sa fille unique Angélique (sachant lire et écrire) en récompense à un tournoi de chevaliers. Celle-ci en aucun cas ne pourra être rendue ou échangée. Mélusine, fameuse ensorceleuse, aime Roland de Ronceveau (surtout sa grosse trompe) qui aime Angélique, qui aime Médor, qui aime la musique, qui aime Merlin (le second du titre pas le vrai), qui aime la Duchesse Totoche (deux livres au kilo), qui aime Sacripan le secrétaire du Duc (pas le meuble), qui aime Lancelot du Lac (eh oui le vrai), qui aime les chandeliers et les bougies Dyptique®. Et entre nous aussi Amadis des Gaules le bien nommé...

Imaginez une baraque de fête foraine en bois, un château en quelque sorte. Un entresort rayé où le zèbre est totémique et les apparences trompeuses car tout est illusion au théâtre. Sauf les claques des portes qui claquent. Sont bannies de cette éclectique esthétique : vidéo micro porno et lavabo. Un monde ethnique une vraie proposition éthique.Voilà en quelques mots brossés sur la croupe d’un poney au galop la situation. D’où l’importance de jouer cet opéra politique et social ancré dans une réalité purement bretonne. N’ayons pas peur de le dire, il y a aura du beurre dedans, et pas allégé mais bio et donc équitable. La légende du Graal n’est pas si loin. Cet opéra n’est en aucun cas, vous l’avez compris, un divertissement mais une réflexion profonde sur la réalité et le réel de notre époque. Il faudra y lire en filigrane l’échec du monde libéral, la souffrance des banlieues ainsi que la guerre en Syrie et un peu de football. Pour ce faire les chanteurs vous prouveront par leur jeu minimaliste forcené d’une belle intériorité exacerbée (cérébrale) leur engagement et leur... sincérité. Mais attention. Toute ressemblance avec des personnages ou des situations serait fort truite et volontaire. Voilà, j’ai tout dit de l’inavouable.”

Voilà qui annonce la musique !


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