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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’orchestre d’harmonie est-il passé de mode ?

L’orchestre d’harmonie est-il passé de mode ?

Ils faisaient autrefois la joie des petits et des grands autour des kiosques à musique dans les parcs et jardins. Jadis très populaires, les orchestres d’harmonie ont malheureusement déserté les écrins de verdure de nos espaces verts. Que sont-ils devenus ? 

La plupart des sources semblent d’accord sur ce point : l’orchestre d’harmonie est né en 1764. Cette année-là, les responsables de la musique du régiment des Gardes Françaises* ont en effet décidé d’adjoindre des instruments de la famille des bois aux cuivres et percussions qui composaient jusque-là la traditionnelle fanfare militaire héritée des troupes du Grand Siècle. Une initiative prise dans un double but : enrichir les sonorités de la formation et permettre aux musiciens d’étoffer leur répertoire. Si l’on en croit le musicologue Philippe Gumplowicz, l’orchestre d’harmonie des Gardes Françaises issu de cette mutation historique était alors composé de 16 instruments : 6 clarinettes, 3 bassons, 2 cors, 1 trompette, 1 flûte, 1 serpent, 1 cymbale et 1 grosse caisse.

Cette évolution de la fanfare vers l’orchestre d’harmonie, caractérisée par l’entrée en force des instruments à anche, était inscrite dans l’ordre des choses. Les progrès réalisés au cours du 18e siècle par les facteurs d’instruments dans la fabrication des flûtes, des bassons des clarinettes et des trombones, offraient en effet aux compositeurs et aux interprètes une palette de timbres et de nuances d’une richesse inédite. Outre les marches militaires traditionnelles, l’orchestre d’harmonie pouvait, en cette fin du 18e siècle, non seulement puiser dans les musiques de réjouissance écrites, parfois des décennies auparavant, par des compositeurs comme Marc-Antoine Charpentier, Michel-Richard de Lalande, Jean-Baptiste Lully et bien sûr Georg-Friedrich Haendel, mais aussi interpréter les nombreuses œuvres de circonstances qui ont marqué les fêtes et célébrations dont la Révolution française était si friande.

Dès le début du 19e siècle, l’orchestre d’harmonie, détrônant définitivement la fanfare, s’est imposé comme la formation musicale militaire de référence, en grande partie grâce à l’action de Bernard Sarrette, fondateur quelques années plus tôt de la musique de la Garde nationale, ancêtre de la Garde républicaine. Et cela avant même que le facteur d’instruments belge Adolphe Sax, non content d’avoir enrichi la clarinette et créé le saxhorn en améliorant les bugles existants, ne dépose en 1846 le brevet d’un nouvel instrument appelé à connaître un vif succès dans l’orchestre d’harmonie et plus tard dans le jazz : le saxophone. Curieux instrument, soit dit en passant, que cet instrument à vent, cousin trapu de la clarinette basse : un cuivre doté d’une anche et, de ce fait, classé dans la famille des bois**.

Quelques années avant, en 1833, avaient été créés par Guillaume-Louis Bocquillon, dit Wilhelm, les orphéons, des chœurs d’homme dont le succès s’est rapidement étendu à tout le territoire national, au point qu’il en existait plusieurs milliers quelques décennies plus tard, pour le plus grand plaisir des populations. Enrichis, durant la 2e moitié du 19e siècle, par la collaboration avec des orchestres d’harmonie, ces orphéons ont progressivement donné leur nom à l’orchestre lui-même, une appellation qui a perduré jusqu’entre les deux guerres du 20e siècle avant de tomber en désuétude, hormis dans quelques sociétés musicales de province. Mais à ces quelques exceptions près, c’est bien l’appellation « orchestre d’harmonie » qui s’est durablement imposée.

 

Des musiciens issus des classes populaires

Très répandus jusque dans les années 50, les orchestres d’harmonie, victimes des profondes mutations dans les modes de vie et surtout de la diversification des loisirs dès les années 60, se sont progressivement raréfiés. Ils n’ont toutefois pas disparu, loin de là. Fidèles à la tradition militaire, ces formations sont encore bien présentes dans les armées de l’Air, de Terre et dans la Marine nationale, sans oublier la Gendarmerie, la Police nationale, la Garde républicaine ou les Sapeurs-Pompiers de Paris. Il existe également d’excellents orchestres d’harmonie dans des grandes entreprises, principalement publiques, telles EDF, la RATP ou la SNCF, ainsi que dans des centaines de villes de province, des plus grandes comme Paris, Lyon, Marseille ou Bordeaux jusqu’à de beaucoup plus modestes comme Bapaume, Challans, Imphy ou Nissan-lez-Ensérune.

Dommage que ces orchestres d’harmonie soient devenu si rares sous le dôme des kiosques à musique de nos parcs. Écouter sous les frondaisons des arbres ou dans la suavité printanière des parfums de bosquets en fleurs les suites de Water Music ou des Royal Fireworks Music de Haendel était naguère un ravissement par les spectateurs. Et cela d’autant plus que, comme la majorité des spectateurs, les musiciens appartenaient pour la plupart d’entre eux aux classes populaires, la formation musicale des bourgeois étant orientée vers les instruments nobles comme le piano et les cordes plutôt que vers les cuivres et les percussions, largement réservés aux ouvriers et employés en raison d’un coût d’achat moindre des instruments.

Les orchestres d’harmonie ne se limitaient évidemment pas à Haendel et aux musiques de fêtes héritées d’un lointain passé. Et c’est avec un grand plaisir que le public accueillait les transcriptions d’œuvres classiques spécialement écrites pour ce type de formations, du concerto pour deux trompettes d’Antonio Vivaldi à l’ouverture des Vêpres Siciliennes de Giuseppe Verdi en passant par le concerto pour trompette de Johan Nepomuk Hummel, la célèbre Romance de Ludwig van Beethoven ou les incontournables danses hongroises de Johannes Brahms, pour ne citer que quelques œuvres du répertoire. Présentes également, les musiques spécialement écrites pour l’harmonie, à l’image de la Grande symphonie funèbre et triomphale d’Hector Berlioz (1840) et des nombreuses compositions qui ont vu le jour depuis cette époque. Sans oublier bien sûr les musiques de film ou les morceaux de jazz les plus prisés du public comme les ragtimes de Scott Joplin ou les compositions de Sidney Bechet (Petite fleur, Les oignons, Dans les rues d’Antibes).

Mis à part lors des manifestations comme le 14 juillet ou les fêtes communales, les orchestres d’harmonie ne se produisent plus guère en extérieur, et les kiosques à musique sont trop souvent orphelins de ces musiciens dont les uniformes désuets, pour les sociétés qui n’y ont pas renoncé, prêtent parfois à sourire avec leurs brandebourgs ou leurs casquettes de soldats d’opérette. Voir, écouter et, si la musique est bonne, applaudir l’orchestre d’harmonie est pourtant l’occasion de passer un agréable moment dans un cadre verdoyant. Mesdames et messieurs les responsables de sociétés d’harmonie, pensez à ces nombreux spectateurs qui n’aspirent qu’à être à nouveau séduits par les prestations de vos interprètes pour, au moins le dimanche, tourner le dos aux insipides programmes de la télévision. Mais peut-être l’orchestre d’harmonie est-il définitivement passé de mode ? Ce serait vraiment dommage...

 

Unité d’élite, ce « régiment » était directement attaché à la « Maison du Roi ». Il était formé de 6 bataillons comprenant chacun 5 compagnies (1 de grenadiers et 4 de fusiliers). Considérées comme une survivance monarchique, les Gardes-françaises ont été dissoutes en septembre 1789.

** Les instruments à vent fonctionnant avec une anche (simple ou double) étaient jusque-là construits en bois.

 

Quelques pièces d’harmonie :

Danse hongroise n°1 (Johannes Brahms) – Orchestre d’harmonie de la Flotte de Toulon

Marche slave (Piotr Ilitch Tchaïkovski) – Orchestre d’harmonie de Clermont-Ferrand

L’Arlésienne (Georges Bizet) – Orchestre d’harmonie La Renaissance (Paris)

Concerto d’Aranjuez (Joaquin Rodrigo) – Orchestre d’harmonie de Corfou

Ballade irlandaise (?) – Orchestre d’harmonie de Lannilis

Petite fleur (Sidney Bechet) - Orchestre d’harmonie La Renaissance (Paris)

Rabbi Jacob (Vladimir Cosma) – Orchestre d’harmonie de Calais

 


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49 réactions à cet article    


  • Jean Keim Jean Keim 6 mars 2014 09:53

    De nouveau un chouette article, merci Fergus. 

    Dans ma bonne ville il y a un jardin, celui de l’ancien archevêché, au milieu trône un kiosque et il a une acoustique incroyable, le moindre bruit est totalement réverbéré sans que l’effet soit perceptible de l’extérieure, les musiciens n’ont pas besoin de HP pour le retour du son. Il accueillait « jadis » divers orchestres tant classiques que militaires et encore actuellement il reçoit des petites formations folks ou modernes qui font danser les berruyers et les touristes quand le soleil est de la partie. Les spectateurs peuvent consommer des rafraîchissements sur des tables disposées tout autour comme un hommage aux gambettes qui s’agitent sur le parquet.
    Bonne journée.

    • Fergus Fergus 6 mars 2014 11:07

      Bonjour, Jean.

      Adossé à la superbe cathédrale Saint-Etienne, ce jardin est superbe, et je ne doute pas que les Berruyers aient pu (ou puissent encore) prendre beaucoup de plaisir à y écouter de la musique. Bourges est, en termes de jardins, particulièrement bien dotée si l’on considère que cette ville peut également se vanter de détenir avec les Prés Fichaux un autre espace vert de grand intérêt.

      Une pensée pour la tarte bourdaloue et pour l’infortuné prédicateur qui lui a donné son nom ainsi qu’à un pot de chambre.

      Amical salut aux Berrichons.


    • Dwaabala Dwaabala 6 mars 2014 10:21

      Comment ne pas penser à :
      − L’orchestre militaire, au milieu du jardin,
      Balance ses schakos dans la Valse des fifres :
      − Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ;
      Le notaire pend à ses breloques à chiffres.

      et à :
      Le long des gazons verts ricanent les voyous ;
      Et, rendus amoureux par le chant des trombones,
      Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious
      Caressent les bébés pour enjôler les bonnes...


      • Fergus Fergus 6 mars 2014 11:10

        Bonjour, Dwaabala.

        Voilà une série d’images qui ont effectivement prévalu dans les parcs durant quasiment tout le 19e siècle et jusqu’à la veille de la Grande Guerre. De nombreux romans et nouvelles de cette époque décrivent cela, et notamment les idylles nouées entre les nounous et les séduisants bidasses en uniforme. 


      • brieli67 6 mars 2014 10:39

        ballade à Strasbourg

        le kiosque vit toujours

        • Fergus Fergus 6 mars 2014 11:14

          Bonjour, Brieli.

          Merci pour ce lien. A Rennes aussi il existe un superbe kiosque, récemment restauré, dans le superbe parc du Thabor. Des formations musicales s’y produisent de temps à autre, mais hélas trop rarement.


        • claude-michel claude-michel 6 mars 2014 10:44

          Une bien belle époque disparue..comme tant de choses pour laisser place à la modernité...décadence de l’humanité.. ?


          • Fergus Fergus 6 mars 2014 11:19

            Bonjour, Claude-Michel.

            La multiplicité des sollicitations en termes de loisirs, et - pour les mêmes causes - la disparition de nombreuses sociétés d’harmonie sont sans aucun doute à l’origine de la désaffection du public pour les musiques de kiosque. C’est d’autant plus dommage que beaucoup de gens des classes populaires pouvaient naguère, grâce aux concerts d’harmonie, accéder à la musique classique en surmontant leurs complexes.


          • ZenZoe ZenZoe 6 mars 2014 10:55

            Bonjour Fergus,
            J’apprécie toujours les sujets qui sortent des sentier battus. Celui-ci en est un, et vous l’avez bien traité.
            Ce que vous dites est juste hélas. Les orchestres d’harmonie sont devenus gentiment désuets. J’ai eu l’occasion de m’occuper d’un tel orchestre il y a quelques années, et j’ai pu constater que les tempes des joueurs grisonnent et que ce type de formation n’attire pas ou peu les jeunes, plus tournés vers l’électro, les percussions africaines et brésiliennes ou le pop rock. En plus, les jeunes ne veulent surtout pas êtres vus en train de jouer de la trompette au monument aux morts ou défiler dans les ruelles du village à l’occasion d’une fête nationale, c’est trop ringard ! Cest pourtant ce qui fait vivre ces orchestres.
            A mon avis, ce qui pourrait les sauver serait un coup de jeune sur leurs répertoires, leurs costumes et de ne plus se cantonner aux fêtes « officielles ». Beaucoup s’y emploient d’ailleurs et avec un réel succès. Dans d’autres pays, les OH ont envahi les stades, les foires et autres carnavals et font un tabac. Exemples à suivre si on veut garder ces musiciens pleins de talent et d’enthousiasme.


            • Fergus Fergus 6 mars 2014 11:44

              Bonjour, Zenzoe.

              Merci pour votre commentaire. Je partage complètement votre opinion sur la question. A noter que les orchestres d’harmonie et les fanfares ont connu en Grande-Bretagne un nouvel essor grâce au magnifique et très émouvant film « Les virtuoses » consacré au Brass Band d’une petite ville de mineurs confrontée à la fermeture de ses puits à l’époque de Thatcher. Pour le plaisir, deux extraits de ce film : Concerto d’Aranjuez et Ouverture de Guillaume Tell (à l’Albert hall)

              En France, de nombreuses sociétés ont compris que leur survie dépendait du renouvellement du répertoire et s’emploient à travailler des musiques plus diversifiées. De la même manière, elles sont conscientes que les uniformes à l’ancienne sont devenus « ringards ». Le retour des jeunes vers les orchestres d’harmonie passe évidemment par ces deux évolutions, mais aussi, comme vous le soulignez avec justesse, par des participations à autre chose qu’à des commémorations officielles empesées.


            • rocla+ rocla+ 6 mars 2014 11:25

              Un  de mes plus anciens souvenirs d’ enfance .


              Haguenau petite ville alsacienne Bas-Rhinnoise , 

              Mon père nous emmène dans le parc mes frères et moi . 

              Et là l’ incroyable se produisit ( j’ avais jamais encore entendu un 
              instrument de musique en vrai )

              Dans le kiosque du parc des gens en uniforme soufflaient dans des 
              embouchures et miracle de chez comment ça se fait ? c’ était plus 
               que joli . L’ expression « ils prenaient leur pied  » n’ existait pas . 
              Mais ils le prenaient .

              Comme nous les spectateurs , printemps , beau temps on respirait 
              le jardin du parc pendant que nos oreilles se remplissaient de sons 
              mélodieux . 

              La vie s’ annonçait sous les meilleurs auspices . 

              De bonheur et de bonne humeur .

              Bonjour Fergus , Chef d’ Orchestre d’ article musical .

              • Fergus Fergus 6 mars 2014 11:56

                Bonjour, Capitaine.

                Merci pour ces souvenirs. Je garde moi-même un souvenir ému de ces concerts de kiosque où les gamins découvraient la musique et où les parents goûtaient un moment de détente au terme d’une semaine de travail souvent rude.

                Puissent ces orchestres d’harmonie connaître un renouveau !

                Au fait, il existe toujours un orchestre d’harmonie à Haguenau. Le voici en concert.


              • rocla+ rocla+ 6 mars 2014 11:29

                Le kiosque est toujours vivant 65 ans après ….


                • JL JL 6 mars 2014 11:41

                  N’en déplaise à ceux qui voudraient ne voir que des fonctionnaires morts, ce ne sont pas ceux-là qui font vivre les kiosque.

                  Mais j’imagine que si on les laissait faire, les requins nous feraient payer pour assister aux concerts qui s’y donnent.


                • JL JL 6 mars 2014 11:38

                  Bonjour Fergus,

                  La ville a récemment restauré le très beau kiosque du Thabor.

                  S’il n’y a pas souvent d’orchestres d’harmonie, en revanche il est encore assez souvent utilisé par des associations diverses.


                  • Fergus Fergus 6 mars 2014 12:00

                    Bonjour, JL.

                    J’ai fait allusion au kiosque du Thabor un peu plus haut. Peu d’harmonies en effet, mais des évènements musicaux assez régulièrement. Je connais d’autant mieux ce kiosque et le parc du Thabor que j’ai habité durant 5 ans à deux pas de là, sur la place Hoche. L’avantage du kiosque du Thabor, c’est que l’on peut écouter la musique tout en prenant une consommation juste à côté, à la buvette. 


                  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 mars 2014 12:30

                    Ouvrez le ban ! ...Fermez le ban ! ...souvenirs ...
                    Môme j’étais tambour ,fait les repètes et les défilés avec ’ l’harmonie municipale ",sans uniforme mais une casquette trop grande sur la tête . J’ai même joué sur le parking du café de ma mère , parce que lors des deux ducasses annuelles on défilait et l’on s’arretait devant tous les troquets du bourg .Les adultes avaient droit à un coup ,et après quelques haltes devenaient cramoisis , jouaient un peu vite ,voir parfois faux . smiley


                    • Fergus Fergus 6 mars 2014 13:18

                      Bonjour, Aïta.

                      Ah ! les ducasses. Voilà qui sent bon le Ch’Nord, la Jeanlain, le géant Bailleul, les moules-frites et les chansons de ce bon Roul de Godewarsvelde (La carette à quiens, Sur la route de Sainghin, En revenant d’Marquette).

                      J’imagine en effet qu’après quelques étapes aux terrasses des estaminets, la musique devait prendre un caractère plus expérimental.


                    • rocla+ rocla+ 6 mars 2014 17:26

                      Aïta qui fait des ra et des fla 


                      ziboum…. smiley

                    • Fergus Fergus 6 mars 2014 17:37

                      @ Rocla.

                      Des ra et des fla devant avec le tambour, et d’autres sons par derrière avec le proutophone si lingots de la Lys au menu du midi.


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 mars 2014 17:40

                      Pour Fergus :http://dai.ly/x7w1qz.
                      Comme plus haut on parle du concerto d’Aranjuez ,et en hommage à Paco ,pour le capt’ain :http://youtu.be/RhO5OSLZjl8.


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 6 mars 2014 17:42

                      Et le son des baguettes tapées entre elles ...


                    • Fergus Fergus 6 mars 2014 17:56

                      @ Aïta.

                      Merci pour ce lien sur ce bon Raoul. A chaque fois que j’écoute cette chanson, je me « pisse aux brages », comme on dit en Auvergne. La chanson, c’est comme cela que je l’aime le mieux, chantée par des gars qui ni la grosse tête ni des envies de gros comptes en banque. Et Raoul de Goewarsvelde, c’était un Ch’ti comme je les aime, nature et sincère.

                      Merci également pour le concerto d’Aranjuez interprété par Paco di Lucia. Bien que je ne sois pas un fan de ce style de guitare truffé d’appogiatures, il faut reconnaître que son jeu était au top du genre.


                    • rocla+ rocla+ 7 mars 2014 10:11

                      oui , le proutophone est l’ instrument à vent  joué dans le 

                      monde entier , même à la gendarmerie avec le Commandant 
                      Prouteau .

                      Catégorie instrument à hanche vers l’ arrière … smiley

                    • Vipère Vipère 6 mars 2014 13:23


                      Fergus

                      Si ces kiosques à musique existent encore architecturalement, leur âme musicale s’en est allée, on sait où ?

                      Sans doute que la gratuité des concerts qui s’y donnaient n’a plus court dans nos sociétés où tout monnaie...

                      • Fergus Fergus 6 mars 2014 13:31

                        Bonjour, Vipère.

                        La gratuité n’est effectivement plus dans l’air du temps. Ajouté aux difficultés économiques des communes qui subventionnent les sociétés d’harmonie, ceci explique peut-être en partie cela.


                      • Vipère Vipère 6 mars 2014 13:25

                        se monnaie (désolée, les touches bloquent)


                        • Kookaburra Kookaburra 6 mars 2014 16:47

                          Bonjour Fergus. L’orchestre d’harmonie existe encore un peu en Suisse, mais sa disparition progressive est liée, bien sûr, au goût de notre époque, qui préfère la techno, la sonorisation, le bruit. Même au cinéma, je trouve le niveau du son souvent pénible


                          • Fergus Fergus 6 mars 2014 17:04

                            Bonjour, Kookaburra.

                            Dommage que le nombre des orchestres d’harmonie soit en diminution en Suisse car il en existait d’excellents. Souhaitons que ceux-là perdurent, ce qui ne devrait pas poser de réel problème tant ils sont encore prisés d’une population qui reste très attachée à ses traditions. Exemple : le concerto pour trompette d’Arutunian par l’Orchestre d’harmonie de Fribourg, une très jolie ville, soit dit en passant, et une fondue locale au vacherin qui est une pure merveille.

                            Pour ce qui est du volume sonore au cinéma, je n’ai pas trop de problèmes dans la mesure où je préfère les films plutôt liés à l’humain aux films d’action.


                          • brieli67 6 mars 2014 22:11

                            Leur spectacle - le Kiosque -la fanfare oubliée ( que j’ai vu il y a 8 ans à Nice)

                            à vous de voir !

                            • Fergus Fergus 6 mars 2014 22:51

                              @ Brieli.

                              Je ne les ai jamais vu et entendu ailleurs que sur des vidéos, mais s’ils passaient près de chez moi, je ne manquerais pas d’aller à leur rencontre. Ces gens-là sont à la fois originaux et talentueux.

                              Bonne nuit.


                            • Antoine 6 mars 2014 23:32

                              Pas très étonnant que ce type de « concert » soit tombé en désuétude à une époque où presque tous se mettent des cochonneries saturées dans les oreilles, où ceux qui veulent écouter de la Musique disposent d’une foultitude d’enregistrements de haut niveau, et que les fanfouilles d’amateurs en général défigurent laborieusement des transpositions. Malgré cela, c’est à déplorer puisqu’il vaut toujours mieux jouer de la musique qu’en écouter et que finalement ces musiciens constituent le gros des troupes des amateurs relativement éclairés. Cela dit, lorsqu’elles sont bien réalisées et exécutées, les transpositions pour vents donnent parfois des résultats particulièrement séduisants : j’ai assisté il y a quelques années à un Cosi fan tutte avec la partie orchestrale transcrite pour vents, un résultat tout à fait savoureux !


                              • Fergus Fergus 7 mars 2014 09:11

                                Bonjour, Antoine.

                                Effectivement, la raréfaction des orchestres d’harmonie contribue à la diminution du nombre des instrumentistes. A moins que ce ne soit l’inverse ? Toujours l’histoire de l’œuf et de la poule. Quoi qu’il en soit, c’est dommage car ces formations peuvent encore jouer un rôle didactique auprès des classes populaires.

                                Pour ce qui est du niveau de jeu, les meilleures formations peuvent réussir à interpréter de très belle manière des transpositions de qualité d’œuvres classiques. J’ai moi-même assisté au Luxembourg (il y a fort longtemps) à une superbe interprétation du concerto pour trompette de Haydn. Il est vrai que le travail de transposition y était nettement moindre que pour Cosi Fan Tutte dans la mesure où la partition du soliste restait inchangée. Autre souvenir fort en matière d’harmonie : la Gran Partita de Mozart, mais là aucune transposition, le génial Amadeus ayant directement écrit pour les 13 instruments à vent. L’une de mes œuvres préférées du répertoire.


                              • Antoine 7 mars 2014 23:37

                                Non, non, Fergus dans le Cosi il y avait la partie chant par des chanteurs et seule la partie orchestrale était transposée pour vents seuls. Le tout d’une très haute tenue, avec Johannette Zomer entr’autres et l’Ensemble à Vents des Pays Bas. 


                              • Fergus Fergus 8 mars 2014 08:53

                                @ Antoine.

                                J’avais bien compris que les chœurs n’étaient pas concernés par la transcription. Comment aurait-il pu en aller autrement sans trahir l’œuvre ? D’une certaine manière, le résultat revenait à faire renaître les orphéons d’autrefois, certains pouvant comprendre plus d’une centaine d’interprètes entre choeur, vents et percussion.

                                Bonne journée.


                              • brieli67 7 mars 2014 22:55

                                willkommen ! Bienvenüe !


                                regardez admirez contemplez leurs vidéos.

                                Des fois près de chez vous chez Rosché Haddok par exemple.

                                Ne déplaise au joueur de cor au fond du bois.

                                • brieli67 8 mars 2014 00:02

                                  De la Suisse 


                                  d’ailleurs que serait le Carnaval de Bâle



                                  • brieli67 8 mars 2014 03:28

                                    un des klassiks de kiosques



                                    servi par Fabrice Luchini

                                    • Fergus Fergus 8 mars 2014 13:21

                                      Bonjour, Brieli.

                                      Merci pour ces liens.

                                      Je ne connaissais pas Mnozil Brass. En revanche, j’ai déjà eu l’occasion de voir des troupes de Guggenmusik il y a longtemps, une fois à Lucerne, une autre à Interlaken. Je n’en ai plus revu lors de mes derniers voyages en Suisse.

                                      J’avais complètement oublié Rimbaud. Superbe !


                                    • brieli67 10 mars 2014 01:21

                                      le Franz est incontournable dans ce monde-là




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