La symbolique du vent a pris des sens différents en poésie comme en chanson. Les grands de la chanson française ont utilisé ce thème et la chanson moderne perpétue la tradition. "J’veux écrire une chanson dans le vent, un air gai, chic et entraînant pour faire danser dans les soirées de Monsieur Durand", chantait Balavoine. Mais ici, c’est plutôt le vent de la chanson que nous allons aborder.
Cet article, ce n’est pas du vent. Il ne va pas aux quatre vents chercher la bonne chanson mais il reste ici en France pour en faire une belle moisson.
Le vent chez les grands de la chanson française :
Eole
Avec le Plat pays de Jacques Brel, on a un bon exemple des différents symboliques données au vent. Ici chaque couplet est attribué à un des quatre vent. Quatre directions cardinales, quatre couplets et à chaque vent une signification particulière. Extraits :
"Avec le vent de l’est écoutez-le tenir le plat pays qui est le mien"
"Avec le vent d’ouest écoutez-le vouloir le plat pays qui est le mien"
"Avec le vent du nord écoutez-le craquer le plat pays qui est le mien"
Et la note d’espoir du 4ème et couplet final :
"Quand le vent est au rire, quand le vent est au blé
Quand le vent est au sud, écoutez-le chanter
Le plat pays qui est le mien."
Bien entendu, chez Georges Brassens, le vent est le plus souvent fripon (on connaît l’animal). Ainsi, avec sa chanson intitulée simplement "Le vent" (paroles ici).
"Dans l’eau de la claire fontaine" : dans cette chanson polissonne, le vent est le complice idéal du poète et, à la fin de l’histoire, de sa jolie victime, de sa muse qui se joue du vent et s’en fait finalement un allié.
Toujours taquin le vent du chapeau de Mireille. Sur cette vidéo, Le chapeau de Mireille est chanté par son auteur, Marcel Amont, accompagné par Georges. Un des intérêts de la chanson, c’est l’énumération des vents : zéphyr, aquilon, mistral et la divinité Eole. Il est rare qu’un succès comporte autant de références qui d’ordinaire feraient fuir le public. Brassens a eu du nez en choisissant cette chanson dans le répertoire de Marcel Amont.
Chez Léo Ferré, le vent prend un tour plus grave. Adaptant un poème très ancien, "Pauvre Rutebeuf", il fit une de ses plus belles chansons. Le vent est ici l’ennemi et inspire une complainte au poète Rutebeuf (à lire ici).
Extrait de ce si beau texte :
"Que sont mes amis devenus
Qua j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L’amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta"
Léo ferré rendit aussi un hommage personnel au vent :
Le vent (extrait) :
"Vous qui êtes en croix sur la rose des vents
Vous qui tendez les bras au larron du printemps
Vous dont les fauves gris font patte de velours
Vous qui faîtes la pluie comme on ferait l’amour
Comme un oiseau dans l’infortune
S’en va boire un verre de lune
Le vent qui n’a plus rien à lui
S’en va boire un verre de pluie
Comme un oiseau dans l’infortune
S’en va boire un verre de lune"
Enfin, Charles Trénet, le père de ces trois-là, et qui était avant tout poète composa de fort belles strophes au vent : "Si le bon vent". Sur cette vidéo des archives de l’INA, Charles Trénet "Chante le vent".
Ici, Joe Dassin à ses débuts reprend "Freight train" et en fait "Je change un peu de vent". Peu convainquant ! La version originale est d’Elisabeth Cotten, une grande dame du blues (1895-1987) qui jouait de la guitare à l’envers, ce qui en fit une quasi centenaire : vidéo archive ici. Le titre Freight Train fut repris notamment par le groupe Peter, Paul and Mary, Bob Dylan et, malheureusement, par Joe Dassin.
Bob Dylan justement composa "Blowing in the wind" qui donna en français "Ecoute dans le vent", ici interprétée par Georges Chelon, et que chanta aussi Richard Anthony. Mais c’est Hugues Aufray qui est l’auteur des paroles françaises. Hugues Aufray fut en effet le premier Français à découvrir Bob Dylan et à en adapter les chansons. Mais la version originale est plus engagée, elle évoque de manière poétique la lutte pour les droits civiques (voir sur Wikipedia). Succès mondial immédiat pour une chanson écrite en dix minutes ! Ici une vidéo de Bob en son jeune temps interprétant ce tube, guitare et harmonica comme à la bonne époque.
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singing in the rain la gadoue de Jane toute la pluie tombe sur moi de Sacha le lundi au soleil de Cloclo
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La chanson de Noir Désir en version studio est vraiment super, très très belle chanson, en version live c’est bien aussi mais je trouve que la vidéo qu’ils ont faite de la version studio n’est pas formidable au niveau du thème choisi, par contre les images et les couleurs sont tout de même très belles.
Cette nuit à France -Inter vers les quatre heures une magnifique émission concernant Claude Nougaro et Serge Gainsbourg , leurs rapports éphémères , nés la même année ils ont tous les deux approché du génie .
Sans-doute on doit pouvoir pod-caster cette heure jubilatoire .
On y entend entre autre Nougaro chantant La Javanaise .
certes "freight train" par Joe Dassin, c’est un peu dommage, mais n’empêche que c’est grâce à lui et dans cette chanson que j’ai découvert le finger picking que je me suis approprié avec toute la passion aveugle de l’adolescence. Grâce te soit rendue, oh, Joe, dans ton paradis des musiciens. (et puis, il y a eu aussi Marie Jeanne, qui a elle toute seule lui valait au moins 10000 ans d’indulgence !)
Par kitamissa(xxx.xxx.xxx.101)1er septembre 2009 00:09
vachement ,et je ne m’en lasse pas !
la symphonie pour un plat de flageolets d’Arpajon ,ou bien un concerto au Chili Con Carne(ça dépayse),et pour faire dans le régional,un récital au cassoulet de Castelnaudary !