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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La chèvre ou Qui est Sylvia ?

La chèvre ou Qui est Sylvia ?

A l’affiche du Théâtre de la Madeleine, à Paris, une pièce écrite par l’auteur de "Qui a peur de Virginia Woolf ?", Edward Albee ; ce texte aborde les relations amoureuses, et le moment où chacun peut estimer qu’on sombre dans l’inacceptable.

Cette pièce réunit :

- un type brillant avec une apparence de normalité : sa mémoire lui joue des tours classiques et il semble perdre depuis quelque temps ses repères, son succès professionnel ne lui tourne pas la tête, il a l’habitude d’appeler sa femme "mon p’tit" (et pas son fils), il ne désirait pas les autres femmes (les bimbos aux gros seins), il aime son fils mais il a du mal depuis qu’il le sait "gay"...

- une femme qui avait tout prévu dans sa vie et dans son mariage, sauf ça : avoir comme rivale une chèvre. Une femme qui, peut-être, n’a pas su regarder son époux comme il aurait aimé qu’on le regarde.

- un père et un fils qui se sont ratés toute leur vie, parce que leurs corps respectifs ont compliqué leur relation.

- un ami qui, lui, est tellement dans la norme qu’il ne sait pas comment aider son copain qui dérape. Et cela paraît banal que lui, cet ami, ait trompé sa femme avec une autre femme qui porte le même prénom, et que cette similitude ne l’ait même pas frappé (une femme pour une autre, dans le fond, quelle importance) ...

- une chèvre...

L’auteur aborde sur le ton de la comédie la déviance sexuelle qui détruit les couples et qui, pourtant, ne sera jugée par la société que si elle se sait et s’affiche.

Nous sommes allés à plusieurs voir cette pièce choisie avant sa sortie pour son affiche annoncée : André Dussollier et Nicole Garcia. Ils sont tous deux excellents, offrant des personnages ciselés qui perdent pied dans leurs réalités. Juste un bémol : au dernier rang, quelques mots ou intonations échappent. On sort de ce spectacle abasourdi. La pièce fait parfois rire, mais dérange, et nous force à réfléchir car nous, spectateurs, sommes plusieurs fois confrontés dans ce théâtre à l’évocation de l’insoutenable.


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