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« La Clef » de Guillaume Nicloux : une âpreté ostensible et ostentatoire

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Hier, devant un de mes cinémas de prédilection, j’ai hésité entre les deux films que je n’ai pas encore vus, scrutant longuement les deux affiches pour me décider : entre Si c’était lui d’Anne-Marie Etienne et La clef de Guillaume Nicloux. Entre l’une sur laquelle Carole Bouquet est hilare. Et l’autre sur laquelle Guillaume Canet semble poursuivi par le diable et sur laquelle est écrit « Un fils doit-il payer pour les fautes de son père ? », laquelle affiche me rappelait d’ailleurs étrangement celle de Ne le dis à personne (rappelez-vous il était déjà poursuivi par le diable), l’affiche n’est d’ailleurs pas le seul point commun entre ces deux films. J’ai hésité entre l’ombre et la lumière. Entre un film peut-être réussi, mais dont le dénouement était prévisible (pas une critique, c’est simplement le principe même de la comédie romantique, qu’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), et un film dont l’âpreté l’était tout autant. Allez savoir pourquoi, la noirceur et son ambivalence m’ont davantage attirées.

Pour avoir vu un des deux précédents films de Guillaume Nicloux constituant cette « trilogie policière », je savais un peu à quoi m’attendre. Un fils doit-il payer pour les crimes de son père donc ? Le fils, c’est Eric Vincent (Guillaume Canet) dont la femme (Marie Gillain) aimerait justement en avoir un (fils donc). Un inconnu (Jean Rochefort) l’appelle pour qu’il vienne récupérer les cendres de son père qu’il n’a jamais connu. Tandis qu’un père, détective privé de son état déjà présent dans Une affaire privée, François Manéri, (Thierry Lhermitte) recherche sa fille (Vanessa Paradis) la seule à pouvoir le sauver de sa maladie incurable, laquelle va justement se retrouver sur la route périlleuse d’Eric Vincent. A cela s’ajoute, trente ans plus tôt, l’enquête de Michèle Varin (Josiane Balasko), commissaire de police, protagoniste d’Une affaire privée, qui enquête sur un brutal assassinat dont la naissance non moins brutale d’Eric Vincent s’avérera être la conséquence... et autour de laquelle tourne la clef du mystère.

J’ai lu çà et là que l’intrigue était incompréhensible. Non. Elle mêle juste les temporalités par une habile (dé)construction. Le montage et la structure scénaristique sont d’ailleurs selon moi le grand atout de ce film, outre le fait qu’il confirme ce que nous savions déjà : Guillaume Canet adore courir dans les films. Accessoirement, il confirme qu’il est aussi un des meilleurs acteurs de sa génération. La caméra à l’épaule de Guillaume Nicloux, au plus près des visages, au plus près de l’angoisse, au plus près des stigmates du temps pour d’autres (les visages sont filmés sans artifices, aucun acteur n’a été maquillé... c’est parfois cruel), ne pardonne rien. Si certains jugent cette intrigue incompréhensible, c’est que nous sommes de plus en plus habitués au confort hypnotisant des récits formatés, cadenassés, ordonnés, habitués à zapper quand cela sort des sentiers battus et balisés. Seulement, au cinéma, on ne peut pas zapper. La caméra impitoyable de Guillaume Nicloux nous emprisonne avec Guillaume Canet, et ne nous laisse aucun répit. En refusant un père et un fils, Eric Vincent va se retrouver avec les deux, écartelé entre son passé et son avenir, plongé dans une obscure histoire dont il ne soupçonne pas être la clef.

D’après les dires des acteurs qui tournent avec lui, Guillaume Nicloux a une méthode assez radicale, par exemple, il ne dit ni moteur ni action et il impose, par ce biais et par d’autres, une certaine tension, palpable à l’écran tant les acteurs semblent souffrir au-delà de leurs rôles. A force de vouloir nous plonger dans un univers obscur, à force de demander à ses acteurs d’avoir l’air paumé, à force de les rendre méconnaissables pour qu’ils ressemblent le moins possible à des acteurs qui jouent, mais le plus possible à des êtres ordinaires, rongés par le temps et l’angoisse, à force de noirceur et de souci de réalisme surlignés, Guillaume Nicloux montre (trop) ostensiblement ses intentions.

Reste que Guillaume Canet nous transmet son angoisse d’homme ordinaire plongé dans une étrange et extraordinaire affaire, que Vanessa Paradis est une nouvelle fois d’une fragilité et d’une justesse saisissantes, que Marie Gillain est très crédible en épouse rongée par son désir d’enfant, et aveuglée, que Jean Rochefort est impérial, comme toujours. Thierry Lhermitte joue à être méconnaissable. (un petit air de Michael Douglas dans King of California non ?), Josiane Balasko à être déprimée et à ne surtout pas sourire. Un film qui oscille entre le ridicule de l’ostentatoire et l’angoissant. Le ridicule de la violence abjecte (corps calciné, bébé volé dans le ventre de sa mère, ventres lacérés) et des visages filmés sans artifices. Le ridicule de la noirceur par l’odeur de la mort omniprésente (deux malades incurables pour un seul film ça fait beaucoup non ?). L’angoisse par cette caméra oppressante.

Comme s’il voulait justifier la forme par le fond, Guillaume Nicloux fait dire à Eric Vincent que « ce n’est pas le but, mais le chemin qui compte ». Chemin inégal, sinueux et... malgré tout captivant. Un thriller sur la paternité et sur les vicissitudes du destin, aussi (non, non Guillaume Nicloux ne lorgne pas, mais alors pas du tout, du côté de Lelouch, les hasards et coïncidences ne suffisent pas à établir un parallèle, ceux de la scène de l’hôpital, là au contraire pas surlignés, sont au passage plutôt réussis) dont la clef n’est effectivement pas ce qui importe, mais plutôt le chemin pour la trouver... Ce chemin-là, en tout cas, ne vous laissera probablement pas indifférents. Si vous n’avez pas peur de devoir attendre les 2 heures que dure le film pour revoir la lumière dans les reflets de la chevelure dorée de Vanessa Paradis, plus éclatante, après cette plongée nocturne, pourquoi ne pas vous y hasarder, et puis, qui sait, peut-être se marièrent-ils (ah, non ils le sont déjà au début) et eurent-ils un fils ?

Je vous aurai prévenus. Sinon, vous pouvez toujours aller voir Si c’était lui...

Sandra M.


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4 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 28 décembre 2007 11:06

    Franchement encore un article de publi-reportage sur un navé.

    Je vous conseille plutot de passer un bon moment avec HITMAN qui est un très grand film d’action.

    Pour les plus jeunes ,« IL ETAIT UNE FOIS » une belle comédie musicale avec une belle actrice.


    • judel.66 28 décembre 2007 19:01

      sans intéret


      • Theothea.com Theothea.com 30 décembre 2007 02:57

        De « ostensible » à « ostentatoire », l’apreté semblerait osciller entre pléonasme et crescendo... une simple question de degrés, par exemple du premier au second, qui permet ainsi de comprendre à demi-mots, la pensée dialectique de Sandra... smiley Bonnes fêtes !....


      • Polaire 29 décembre 2007 00:30

        ca veut dire quoi une apreté ostensile et osten...ta..quoi déja ? trop long, le titre n’annonce pas la couleur clairement (faut un peu trop réfléchir sur le qui-quoi-donc alors qu’on est censé lire un article loisir-divertissement) et l’article trop long pour les meme raisons.

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