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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La colère du Tigre » Brasseur & Aumont en quête de Jouvence

« La colère du Tigre » Brasseur & Aumont en quête de Jouvence

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LA COLERE DU TIGRE
photo © J. Stey

Depuis deux mois qu’ils sont en piste au Théâtre Montparnasse, Georges Clemenceau et Claude Monet ne sont pas prêts à troquer la peau de l’amitié pour celle de la notoriété, fût-ce au prorata de l’exposition des nymphéas à l’Orangerie !

Et pourtant, telle est bien l’origine de la colère du Tigre qui s’était porté garant d’un considérable investissement de l’Etat afin de parvenir à réaliser ce magnifique projet artistique alors que concomitamment le peintre impressionniste, lui, se sentait peu à peu perdre la vue, au point de ne plus pouvoir discerner les couleurs.

Face à cette problématique pathologique, l’enjeu ne serait pas tant la fidélité de la parole donnée que le renoncement devant le handicap.

Et donc s’il devait y avoir « colère », celle-ci ne serait que feinte et stratégique car, en définitive, « l’on ne devient vieux que si on le décide ».

Ainsi, Clemenceau n’aurait eu qu’un seul but, celui de maintenir motivé son ami de longue date, en le forçant à admettre que le déni de sa dégradation oculaire pourrait fort bien lui faire retrouver une partie de sa vision potentielle, en tout cas, suffisamment pour terminer la réalisation de ses immenses panneaux attendus, depuis des mois, aux Tuileries.

Et c’est effectivement ce qu’il va advenir en rendant enfin ces deux amis, sereins face aux échéances du grand âge !

Mais avant que de parvenir à l’accomplissement de leur vie, il leur restait à tous deux, le temps de la subtile pièce de Philippe Madral, à parcourir encore quelques étapes de la carte du Tendre, les plus belles, celles où l’abandon des défenses face à l’être aimé ou même simplement celui qui vous écoute, se présente comme le plus beau des cadeaux du ciel.

Deux femmes, en l’occurrence l’une éditrice, l’autre gouvernante, vont constituer ce véritable relais du coeur qui en apprend plus sur les résonances de l’amour que toutes les théories démonstratives généralement admises.

Bref, à quatre comédiens sur la scène du Théâtre Montparnasse, ils vont re-jouer toute la palette des sentiments amoureux lorsque ceux-là ne se trompent point sur le temps décompté qu’il reste pour ressentir cet étrange agrément tellement confus et pourtant si bien partagé par l’espèce humaine.

La mise en scène de Christophe Lidon est à l’unisson de cette belle rencontre au sommet de leur art que Claude Brasseur et Michel Aumont savourent en maintenant un constant détachement dans leur interprétation au point de rendre tangible ce basculement sans cesse possible entre ce qui les rattache aux forces de vie et ce qui tente de les en éloigner.

A leur tour, Sophie Broustal et Marie-Christine Danède incarnent leurs rôles avec un tel naturel confondant que serait débusquée toute tentation saugrenue de posture… en imposture hors sujet.

Dans cette villa vendéenne au bord de l’Atlantique, les quatre comédiens ont rendez-vous chaque soir avec cet impressionnisme rendant quasiment transparents les sentiments de chacun au sein d’un décor (Catherine Bluwal) pictural imaginaire respirant lui-même, en phase pastel translucide, ce même trouble vertigineux : L’excellence saluée par le public !

photo © J. Stey

LA COLERE DU TIGRE - **** Theothea.com - de Philippe Madral - mise en scène Christophe Lidon - avec Claude BRASSEUR, Michel AUMONT, Sophie BROUSTAL & Marie-Christine DANÈDE - Théâtre Montparnasse


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