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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La collection Cordier à Rodez

La collection Cordier à Rodez

« En amateur éclairé, épris de liberté et d’anticonformisme, Daniel Cordier s’est intéressé à des artistes appartenant aussi bien aux avant-gardes qu’à l’art brut tout en faisant très tôt une place aux arts premiers ; l’exposition du musée Denys-Puech propose une sélection de plus de quatre-vingts œuvres illustrant l’esprit singulier de la collection Cordier et reflétant sa grande diversité. » (présentation officielle de l’exposition).



Initialement prévue jusqu’au dimanche 8 novembre 2015, l’exposition se prolonge heureusement jusqu’au dimanche 24 janvier 2016 à Rodez. Rodez, c’est aussi le Musée Soulages que j’évoquerai un peu plus tard.

Il est des expositions artistiques comme de certains livres, une rencontre à l’improviste, le croisement du hasard qui fait rassembler deux univers. C’est très fortuitement que j’ai su que le Musée Denys-Puech recevait, du 8 mai 2015 au 24 janvier 2016, une partie de la grande collection Cordier en partenariat avec les Abattoirs-FRAC Midi-Pyrénées de Toulouse où beaucoup d’œuvres de la donation Cordier sont entreposées ou exposées.

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Cordier ? Daniel Cordier ? Je connaissais le nom de Daniel Cordier (95 ans) parce qu’il a été le secrétaire de Jean Moulin pendant la Résistance et qu’il a voulu témoigner de cette période trouble. Je savais aussi qu’au lieu de s’investir dans la politique après la guerre, comme beaucoup d’autres résistants, il a pris le chemin d’une carrière artistique comme peintre et surtout comme galeriste à Paris, à Francfort et à New York, de 1956 à 1964, découvreur de nouveaux talents et qu’il a finalement su acquérir de nombreuses peintures, sculptures et autres objets artistiques qui ont pris de la valeur (Hartung, Dubuffet, De Staël, Soutine, Braque, etc.). Dès 1973, il participa à l’acquisition des collections du Centre Pompidou. En 1989, comme il n’a pas d’héritier, il a fait une donation au Centre Pompidou de plus de cinq cents œuvres très diverses (peintures, dessins, sculptures, photographies, objets ethnographiques, etc.) et certaines de ces œuvres sont donc en exposition pour encore deux mois à Rodez.

Daniel Cordier n’avait aucune culture artistique quand, à 19 ans, il s’est embarqué pour Londres en juin 1940 puis quand il a rejoint Lyon en août 1942. Collectionneur de Picasso, Delacroix, Renoir et Van Gogh, Jean Moulin avait pour couverture la profession de galeriste et Daniel Cordier fut donc officiellement secrétaire d’un galeriste. C’est au contact de Jean Moulin que Daniel Cordier a appris ce qu’était l’art et plus précisément, ce qu’était l’art contemporain : « J’avais 24 ans lorsque je découvris le monde immobile des tableaux, cette rencontre transforma mon existence en aventure. ». Durant une quarantaine d’années, Daniel Cordier a donc encouragé de nouveaux talents, au risque d’être incompris. Il recherchait l’art "autre". Son ouverture d’esprit est allée même au-delà de l’art jusqu’à des objets culturels étrangers, ou même des objets naturels rapportés de loin (comme des racines d’arbre à l’aspect …joli).

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Pour moi, visiter une partie de cette collection, c’était faire un pèlerinage dans cet art contemporain parfois troublant, certainement sensible, mais où les frontières entre l’artistique et l’escroquerie ne sont pas très éloignées. C’était pour moi l’occasion de m’en faire une idée sans aucun préjugé d’origine.

C’était l’occasion de connaître une sélection de ce qu’est l’art contemporain. On peut évidemment ne pas apprécier, préférer le classicisme et l’académisme mais il faut aussi se rappeler que tout art nouveau est révolutionnaire, a ses détracteurs, comme ce fut pour les impressionnistes (descendus par les critiques), et même en littérature où des écrivains comme André Gide dérangeaient par leur innovation. Aujourd’hui, un peintre comme Picasso est au contraire tellement "classique" que la moindre exposition cherche à tout prix à y glisser son nom dans le titre pour attirer le maximum de visiteurs.

Très bel hôtel particulier en plein centre de Rodez inauguré en 1911, le Musée des beaux-arts Denys-Puech n’est pas très grand. Deux étages accueillent la collection Cordier, l’étage supérieur et le sous-sol. À ceux qui en ont la possibilité, je me permets de les convier très vivement à s’y promener et aux autres, je vous propose cette petite déambulation sans prétention avec un choix très personnel de quelques œuvres qui m’ont marqué dans cette exposition.

Les premières œuvres qui m’ont happé l’œil sont des yeux, "Les Yeux" (1984-1986) réalisés en trois parties par Georgik Braunschweig dit simplement Georgik (58 ans), dessinateur, peintre, à la fois anatomiste et "psychanalyste" du corps humain (il a exposé à la galerie Hus, à Paris, "Contrepied", du 6 mai au 30 juin 2015). C’est un artiste qui n’a pas suivi l’apprentissage traditionnel et qui s’est inventé son propre style. L’ayant découvert en 1978, Daniel Cordier a expliqué en 2006 ce qui l’avait frappé : « Depuis toujours, je suis curieux d’images insolites parce qu’elles illustrent l’ordre secret d’une âme (…). Avec Georgik, je fus comblé. Dès son premier dessin, je reconnus un visionnaire fabriquant les icônes du désir et de la frustration. Elles avaient la violence d’un suicide. Comment ne pas s’en émouvoir ? ». C’est une de ces œuvres qui illustre l’affiche de l’exposition.

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Ensuite, ce fut un assemblage de peintures et de collages qui m’a intrigué, "Marché de Buci" (1961) de Bernard Réquichot (1929-1961), huile et illustrations de magazine découpées et collées sur contreplaqué. Daniel Cordier avait connu « ce grand garçon silencieux, plein d’humour, sentencieux » en 1948 dans la même école d’art. Bernard Réquichot, qui a fait l’objet de nombreuses études, en particulier de Roland Barthes (1915-1980), s’est défenestré à l’âge de 32 ans : « Réquichot, c’est ce génie précoce tombé du ciel et s’écrasant dans la rue pour rejoindre les grands créateurs dont il est le pair. Il a laissé une poignée d’œuvres aux techniques diverses et à l’inspiration unique, qui font de lui un des peintres exemplaires de l’art actuel. (…) Avec ses dessins, il torture la spirale jusqu’à lui faire cracher cette sculpture-montage qui germe dans notre chair comme une plante lunaire. (…) Reviendra-t-il jamais dans nos âmes pour nous aider à déchiffrer ses poèmes à la gloire de la nature et de la mort ? » (Daniel Cordier en 1964).

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Pas loin des beaux yeux de Georgik trônent des sortes de grenouilles, de poussins, de papillons. Tous ces tableaux sont l’œuvre d’Eugène Gabritschevsky (1893-1979), peintre russe découvert par Jean Dubuffet mais aussi biologiste (sur la mutation des abeilles et des mouches), que Daniel Cordier a rencontré en 1959, et qui a laissé quatre mille œuvres : « Œuvre magistrale, puisque son auteur a été interné durant trente ans [pour schizophrénie], et cependant celle d’un artiste qui ne doit pas à son aliénation les qualités qu’il révèle. (…) Sa représentation oscille entre une réalité minutieusement rendue (fleurs, oiseaux, poissons), des surfaces ornementées que l’on pourrait qualifier d’abstraites, et une troisième direction purement imaginaire (visages hallucinés, foules compactes, paysages et scènes fantastiques). (…) Malgré la rapidité de l’exécution et la pauvreté des moyens, la poésie est partout grâce à la pluralité des intentions qui renouvellent indéfiniment les thèmes. » (Daniel Cordier en 1964).

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Dans le même voisinage, "Der Zauberfisch (Le Poisson enchanté)" (1954) de Friedrich Schröder-Sonnenstern (1892-1982), un des peintres les plus importants de l’Art Brut, en crayons de couleur sur carton, apporte une marque colorée dans la zoologie picturale : un poisson jaune dans une mer rouge, une vie à l’intérieur mais aussi à l’extérieur avec un ballon d’oxygène puisé dans le ciel.


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C’est en 1946 que Daniel Cordier a acheté sa première toile, une œuvre abstraite de Jean Dewasne (1921-1999) exposée au Musée Denys-Puech, "Peinture n°1" (1946), huile sur toile. Dewasne fut l’un des maîtres de l’abstraction constructive, d’un caractère très indépendant et original, il fut élu au siège de Hans Hartung à l’Académie des beaux-arts en 1991.

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C’est donc pour Daniel Cordier une œuvre "historique", celle de son histoire personnelle, et c’est donc un bien joli cadeau de permettre au visiteur de partager cette première émotion : « Jean Dewasne fut le premier peintre que je connus ; il représentait à lui tout seul tous les artistes et toute l’esthétique, c’est-à-dire tous les sortilèges. Très vite, il m’initia aux enchantements de la peinture "construite" qui paraissait à beaucoup trop élégante et trop froide. Ce théoricien rigoureux a su y introduire les rêves tourmentés d’un Piranèse et garder une sensibilité exubérante au sein de la plus sévère des contraintes. La peinture géométrique est froide ; il l’a baroquisée. Dewasne a rejeté les facilités techniques de la peinture traditionnelle. Il a inventé des moyens nouveaux qui ne trichent pas avec la surface, la couleur, le spectateur, et traitent les problèmes sans les nier ou les éluder. Il refuse le tableau-spectacle qui reproduit le monde, pour affirmer les exigences du mur, de la surface, et créer des expressions neuves qui ne doivent qu’à la pensée (non à l’œil) leur pouvoir. » (Daniel Cordier en 1964).

Au fond de la salle du premier étage, on peut admirer une large fresque de Jean Le Gac (79 ans), "Story Art (avec fantôme des Beaux-Arts)" (1986), peinture à la caséine, fusain, pastel sec sur toile et projecteur de cinéma. Une sorte de mise en abyme de l’artiste très impressionnante. Jean Le Gac, proche de Christian Boltanski (71 ans), un peu lassé par les nouveaux conformismes, a tenté de renouveler les méthodes traditionnelles en y incluant des objets qui complètent la peinture : « Je ne parviens plus à croire comme certains que l’art moderne fait encore question. Pour moi, l’histoire de l’art moderne a été vite plébiscitée. C’est aujourd’hui une vieille dame assez conformiste qui ressasse ses souvenirs. » (Jean Le Gac).

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Parmi les plus importantes œuvres exposées à Rodez, il y a ce tableau de Hans Hartung (1904-1989), "Sans titre" (1947), crayon gras sur papier préparé. Très apprécié par Pierre Boulez (90 ans), Hartung fut sans doute l’un des plus grands peintres de l’abstrait du XXe siècle, qui a résumé ainsi ses motivations : « Ne plus rien figurer, ce que j’aime faire, c’est agir sur la toile. » pour en donner partiellement une explication : « Divisez une ligne en deux parties égales : vous obtenez l’ennui. ». Reconnu jusqu’à se faire élire à l’Académie des beaux-arts en 1977, Hartung fut, comme beaucoup d’artistes, obsédé par la mort : « L’art me paraît être un moyen de vaincre la mort. ».

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Un peu plus loin, le visiteur tombe sur une œuvre de Marcel Duchamp (1887-1968), un "ready made" (objet tout fabriqué). Marcel Duchamp fut célèbre pour son urinoir qui était surtout une démonstration ironique pour fustiger l’art moderne dont il était l’un des acteurs. L’exposition montre l’un à côté de l’autre deux petits objets très mignons, "Male and female (ready made)" (1959), couple de tabliers, où l’on voit le "tablier" mâle laissant sortir un petit cylindre blanc et rose représentant le sexe masculin et le "tablier" femelle laissant apparaître une petite touffe représentant le gazon féminin. C’est assez naïf, presque puéril et finalement, il en ressort une sorte de candeur tout simple et synthétique.

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Le tableau de Simon Hantaï (1922-2008), peintre découvert par André Breton (1896-1966), "Peinture" (1950), représente une étrange créature très caractéristique, une sorte de lézard moine : « C’est à Simon Hantaï, à qui font cortège les êtres fabuleux que son souffle a doués de vie et qui se déplacent comme nuls autres (…) dans la lumière du jamais vu. » (André Breton). Simon Hantaï s’inspira une quinzaine d’années plus tard d’Henri Michaux qu’il aimait citer : « Tout, véritablement est à recommencer par la base : par les cellules, de plantes, de moines, de proto-animaux : l’alphabet de la vie. (…) Le visage, autre évadé, il faut qu’il rentre en cellule. Tout de suite. La cellule peut encore sauver le monde, elle seule, saucisse cosmique sans laquelle on ne pourra plus se défendre. C’est pourtant assez visible. » (Henri Michaux en 1962). Plus tard, Simon Hantaï travailla avec plusieurs philosophes dont Gilles Deleuze (1925-1995) et Jacques Derrida (1930-2004) avant d’arrêter définitivement la peinture vers 1985 et même de détruire certaine de ses œuvres afin de garder les meilleurs et surtout pour protester contre la marchandisation de ses tableaux qu’il ne contrôlait pas.

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Daniel Cordier fut aussi le vendeur d’Henri Michaux et de Jean Dubuffet qui sont représentés au Musée Denys-Puech, ainsi que de Dado.

Une œuvre en encre de chine sur papier d’Henri Michaux (1899-1984), "Sans titre" (1962) qui donne un aspect de foule avec tous ces personnages qui s’agitent dans tous les sens. Daniel Cordier a expliqué : « Faut-il que les mots soient insuffisants pour que Michaux, au comble de la colère ou du désespoir, les lamine ou les pulvérise, et nous les serve éventrés dans de déflagrantes peintures qui sont un geste, un aveu et des chefs-d’œuvre. (…) Il réinvente la nature : visage et foule, les deux hantises de ce solitaire aristocratique, sanglé dans une intelligence brûlant celui qui l’approche. » (1964).

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Il y a aussi un autre tableau de Michaux, "Sans titre" (vers 1954-1955).

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Deux œuvres de Jean Dubuffet (1901-1985) ont été exposées à Rodez. Il y a d’abord "Bum de Bowery" (1952), aquarelle et encre sur papier. Pour Daniel Cordier, qui l’a rencontré en décembre 1952, Dubuffet fut une révélation : « Lors de ma visite rue de Vaugirard, je fus intrigué par une série de tableaux constitués par de terribles empâtements balafrés de cicatrices. Dubuffet célèbre le sol pour mieux avilir l’homme, dont toute son œuvre est un impitoyable procès. Toutes les ressources de son intelligence et de sa technique sont mobilisées pour une fête cannibale qui le venge de son enfance trop sage, d’une famille trop sévère, d’une jeunesse ratée. Cet artiste, bloqué dans ses humeurs insupportables et une haine généralisée, a bâti en vingt ans le plus exemplaire des hommages à la solitude de l’homme. (…) La production de Dubuffet, recherchée aujourd’hui à des prix élevés, n’intéressait personne quand elle était à des prix abordables. C’est pour moi dans les "Corps de Dames", les "Sols et Terrains" et surtout dans l’austère série des "Matériologies" que je trouve le génie propre de cet homme dont l’intelligence, la méchanceté et l’ambition se sont alliées pour édifier une des œuvres les plus discordantes de l’art contemporain. » (Daniel Cordier en 1964).

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Autre œuvre, de petite taille, ce "Pisseur en face I" (1961), encre de chine sur papier, qui, s’il est dessiné presque comme un dessin d’enfant, montre toute l’émotion du personnage à soulager sa vessie dans un mouvement général qui montre la grande sensibilité de Dubuffet.

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Plusieurs œuvres de Dado (1933-2010) sont également exposées. J’ai choisi "Icare" (1955), encre et mine de graphite sur papier, qui pourrait presque être associé au "pisseur" de Dubuffet même si le contexte est très différent. Orphelin très tôt et quittant le Monténégro sans rien en poche, sans connaître personne ni la langue française, pour aller s’installer à Paris, Miodrag Djuric dit Dado supportait mal de vivre à Paris : « Dans le chaos qu’est une grande ville, personnellement, je me suis trouvé complètement éclaté, déchiré. Je ne voyais plus rien, vraiment, je marchais dans la rue mais en pièces détachées, carrément. De la m*rde. Je pataugeais dans une espèce de m*rde, je ne voyais rien. » (Dado).

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Par l’intermédiaire de Dubuffet, Daniel Cordier a rencontré Dado en 1957 et l’a épaulé jusqu’à lui trouver une petite habitation éloignée de Paris : « Je étais, je suis toujours, déconcerté par ce petit bonhomme barbu, débraillé, à la voix douce, au langage châtié, à la fois moqueur et triste, vivant dans un désordre irrémédiable, entouré de hiboux, de chats, de moutons et d’enfants. Chaque dimanche, durant mes week-ends, j’allais voir Dado. Il travaillait sur trois ou quatre tableaux simultanément, dont les esquisses me paraissaient explicites et achevées. J’enrageais quand, le dimanche suivant, elles étaient détruites ou méconnaissables. Souvent, il abandonnait l’image abîmée, crevée, dans un coin d’atelier, ou il la repeignait à l’excès dans une pâte fatiguée et inopérante. L’art de Dado est celui de la sérénité au-delà du désespoir. Univers concentrationnaire où l’homme déchu rejoint ses origines animales ; monde de catastrophes atomiques où le génie de quelques-uns n’aura servi qu’à corrompre l’esprit et mutiler le corps de tous les autres ; drame de l’accouchement dont les résidus innombrables, les défécations, les organes épuisés, transforment le monde en un formidable hôpital où les êtres s’efforcent dans la douleur et dans la honte. (…) Si cette peinture de cataclysme, qui est une accusation, m’apparaît le décor naturel de mes pensées, c’est peut-être parce que l’horreur est mon confort. » (Daniel Cordier en 1964).

Un tissu de cérémonie pour rois et reines (Ntshak) datant d’environ 1920 est présenté parmi d’autres objets ethnographiques. Il est issu du peuple Kuba, de la province du Kasai, en République démocratique du Congo. Il y a d’autres objets ethnographiques et aussi des "curiosités" rassemblés dans une grande vitrine où se côtoient divers objets dont une tête de poulpe : « Il n’y a rien à comprendre, il y a tout à voir. » (Daniel Cordier).

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Enfin, je termine mon petit et modeste tour par Pierre Bettencourt (1917-2006), avec ses "Papillons de Colombie" (1961), un tableau confectionné par le collage d’ailes de papillons (ce qui, il faut bien le faire remarquer, est assez cruel pour les animaux). Pierre Bettencourt fut à la fois peintre, écrivain (des poésies mais aussi des romans érotiques) et éditeur (il édita des œuvres de Francis Ponge, Antonin Arthaud, Henri Michaux, Jean Dubuffet, etc.), et il était le frère de l’ancien ministre André Bettencourt (1919-2007) et donc le beau-frère de Liliane Bettencourt (93 ans), l’unique héritière d’Eugène Schueller (1881-1957), le fondateur le 30 juillet 1909 de L’Oréal (23 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013, 3 milliards d’euros de bénéfice en 2013, et employant près de 73 000 salariés en 2015).

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Cette visite de l’exposition Cordier a eu un caractère assez exceptionnel par sa grande diversité. Ce fut une plongée dans l’histoire de l’art contemporain d’une cinquantaine d’années que j’ai essayée de présenter ici. Il est clair qu’on peut ne pas apprécier certaines œuvres qui parfois déconcertent ou agacent, mais il paraît cependant évident qu’elles reflètent la sensibilité de leur auteur.

Par sa passion, Daniel Cordier a contribué à faire connaître de nombreux artistes contemporains qui sont aujourd’hui reconnus internationalement et dont les œuvres sont très recherchées dans le monde. On dit parfois que le marché de l’art peut être découplé de la qualité des œuvres, c’est possible d’autant plus qu’en littérature, cela peut fonctionner aussi de cette manière. Néanmoins, si ces œuvres contemporaines ont plu à tant de public dans le monde, c’est qu’il y a bien une raison autre qu’un simple mimétisme si cher à René Girard qui vient de disparaître cette semaine.


Informations pratiques :

"Daniel Cordier, L’œil du collectionneur"
Jusqu’au dimanche 24 janvier 2016.
Commissaire de l’exposition : Sophie Serra.

Musée Denys-Puech
Place Georges-Clemenceau
12000 Rodez
Tél. : 05 65 77 89 60.
museedenyspuech@agglo-grandrodez.fr

Ouvert du mercredi au dimanche de 14h00 à 18h00.
Fermé les 25 décembre et 1er janvier.
Entrée libre.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (6 novembre 2015)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Daniel Cordier.
Boulez à Paris.
La collection Cordier à Rodez.
Soulages à Rodez.
Claude Lévêque à Rodez.
Caillebotte à Yerres.
Goya à Paris.
Brueghel à Paris.
Chagall à Paris.
Dali à Paris.
Van Gogh à Paris.
Hiroshige à Paris.
Manet à Paris.
Rembrandt à Paris.
Boltanski, artiste contemporain.
Boltanski au MacVal.

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1 réactions à cet article    


  • colere48 colere48 7 novembre 2015 14:33

    Ouaiiis..... de la belle drouille

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