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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La Corse, eldorado du 7e art !

La Corse, eldorado du 7e art !

La production audiovisuelle et cinématographique n’a jamais été aussi importante en Corse. Les paysages sont de véritables sources d’inspiration pour les auteurs. La Commission du film corse et Corsica pôle tournage favorisent et facilitent les tournages dans la région.

Ajaccio. Une place bordée de palmiers. Une fontaine étincelante. De vieilles dames bavardent sur des bancs. Une petite fille aide un passant à traverser et lui souhaite une bonne journée. L’homme sourit, retire son chapeau en guise de remerciement. Une chaleur accablante et suave s’abat sur la ville. Les habitants s’agitent, sortent des chaises pliantes, se rafraîchissent près de la fontaine. Soudainement, le ciel s’assombrit, il commence à neiger, l’asphalte est rapidement recouvert d’un grand manteau blanc. La confusion règne et pourtant, nous sommes toujours dans la Cité impériale. Cette scène, totalement surréaliste, est la séquence d’ouverture du nouveau court métrage de Jacques Alphonsi, étudiant et jeune créateur : "L’époque est une représentation imagée de mon enfance, pardonnez-moi, mais j’ai tendance à rendre burlesque le passé. Ajaccio n’est pas aussi venteux et neigeux, mais les paysages insulaires, les rues, les villes corses laissent vagabonder notre imagination". Un environnement naturel qui permet, à l’île de beauté, d’être un véritable eldorado pour les artisans du 7e art.

Tino, Wayne, Jeunet et les autres

Le tout premier film à avoir été tourné dans l’île remonte à l’époque du cinéma muet. Les Ombres qui passent (1924), d’Alexandre Volkoff, met en scène un couple russe : Nathalie Lissenko et Ivan Mosjoukine, une histoire d’amour lyrique et bouleversante. Plus tard, les films avec l’artiste ajaccien, Tino Rossi, font entrer la Corse dans un mythe baignant dans les folklores et les clichés : c’est le temps des chanteurs de bal, des jeunes premiers, des œuvres à l’eau de rose, et Ajaccio est le théâtre de rêveries sentimentales. Mais dans les années 60, les ombres de la guerre n’épargnent pas le cinéma, et la Corse est une nouvelle fois le lieu idéal aux reconstitutions historiques. La production du film Le Jour le plus long (1962) exploite les rivages, les falaises de l’île de beauté, notamment dans la fameuse scène du débarquement en Normandie. Ca ne s’invente pas, le cinéma se joue avec la réalité, et les côtes normandes s’exportent en Corse.

Tant qu’il y aura des... films

En 2003, l’île s’est hissée au quatrième rang - derrière la région parisienne, Rhône-Alpes et PACA - des endroits ayant accueillis le plus grand nombre de jours de tournage. Cette vitalité cinématographique est notamment due au travail de la Commission du film corse qui veille au développement de la production et de la création audiovisuelles en Corse. En devenant un interlocuteur privilégié de tous les partenaires concernés par la création audiovisuelle et cinématographique, cette commission rassemble les structures professionnelles représentatives du paysage audiovisuel. Un bureau d’accueil cinéma a également été créé à l’automne 2002, Corsica pôle tournage informe et met à disposition des professionnels, des fichiers recensant les techniciens, les comédiens, les demeures à louer. Cette structure importante pour l’économie insulaire, guide les auteurs et les sociétés de production dans leurs demandes de subventions. Corsica pôle tournage a déjà collaboré avec une vingtaine de production, et a travaillé sur des films comme Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet et Le Silence d’Orso Miret. Par le biais de ces structures, la Corse jouie d’une bonne image dans le milieu du 7e art et de l’audiovisuel, comme en témoigne l’année 2005 avec 6 longs métrages, 14 courts métrages et 29 documentaires tournés. L’histoire d’amour entre les secteur audiovisuel et l’île de beauté va encore nous faire vivre de très beaux moments, et Jacques Alphonsi nous promet de continuer à faire tomber de la neige, en plein été, sur la cathédrale d’Ajaccio. It’s a wonderfull life !


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7 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 13 août 2007 12:13

    Pas étonnant que le jour le plus long a été tourné en Corse ! smiley


    • La Taverne des Poètes 13 août 2007 12:26

      Cher ami corse, par un hasard de la programmation deux îles sont à l’honneur aujourd’hui ! Ainsi les lecteurs peuvent se réjouir de l’évocation de l’île de beauté et admirer une dame de beauté ici :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=27830

      Merci d’avoir évité de parler du film « L’enquête corse » qui eut gâté l’article. Le film de Jean Jeunet méritait mieux cet hommage.


      • Falcu 10 juin 2008 13:32

        Si le ton caricatural de "L’enquête corse" est passé plus ou moins auprès du public insulaire c’est sans doute parce surtout que ce film était avant tout une comédie. En revanche, l’image méprisante des corses véhiculée par "Un long dimanche fiançailles", qui lui était un drame [ forcément cela fait une différence !], a atteint le summum. Le personnage corse du film, un vulgaire maquereau, enrôlé durant la Grande guerre, y est dépeint comme un traître et un lâche. La polémique de "Un long dimanche fiançailles" aurait pu être évitée avec son lot procès fait par des associations corses, en particulier celle des anciens combattants et le conseil général de haute corse, à Jean Jeunet. Celui-ci à eu beau jeu de s’excuser le mal a été fait et bien fait. Petite précision : il faut savoir que le film de Jean Jeunet est l’adaptation d’un roman dont le personnage était en fait un italien et non un corse. Dans le film, Jean Jeunet, pour des raisons connues de lui seul, a changé ce personnage italien en corse...


      • haddock 13 août 2007 13:50

        Une chaleur accablante et suave s’abat sur la ville. Les habitants s’agitent, sortent des chaises pliantes, se rafraîchissent près de la fontaine. Soudainement, le ciel s’assombrit, il commence à neiger, l’asphalte est rapidement recouvert d’un grand manteau blanc.

        Savoureux comme description , danke schoen .


        • Philippe Martinetti 13 août 2007 21:10

          Merci pour ces commentaires, en effet je n’ai pas voulu parler de « l’enquête corse », la couverture médiatique fut assez conséquente ( et puis le film est parfois amusant mais surtout terriblement ennuyant) Il me semble utile de parler de l’ile de beauté loin des caricatures et autres clichés !


          • ep2a 21 août 2007 17:36

            La Beauté sauvage de la Corse au service du 7ème art ! Sujet très intéressant. Ile subjuguante. J’ignorais qu’« Un long dimanche de fiançailles » avait été tourné en partie ici. Je regarderai ce film différemment. 23 04 1979 ?


            • Falcu 9 juin 2008 23:06

               

              Bonsoir.

              "Les ombres qui passent" n’est pas le premier film tourné en Corse. On peut citer par exemple "L’Epervier de Tredono", d’Henri Vorins, un film muet sorti le 29 août 1919. Mais d’autres films ont été tournés bien avant 1919.

              A la lecture de l’histoire de "L’Epervier de Tredono", force est de constater que l’on est pas très éloigné de celle de "L’enquête corse".

              Jugez-en vous par même : "Un contrebandier prend le maquis pour assouvir une vendetta contre les Vivancos. sa fille et le fils Vivancos s’aiment. Le bandit blesse le jeune homme avant d’être tué dans une battue. Les amoureux peuvent s’épouser".

              Depuis 100 ans de très nombreux films ont été tournés en Corse. C’est désopilant de constater que tous n’ont traité la Corse que sous un même angle étroit, celui des bandits, des vendette, des gangsters, des terroristes bon teint, etc. A croire que la Corse n’inspire que ce type de caricature aux producteurs et aux cinéastes. D’autant plus que la Corse possède une culture forgée par 8 000 ans d’Histoire. La rétrécir à un rang de caricatures ou de folkores est à se demander si cela ne tient pas à de la mauvaise volonté ??? En tout cas les questions demeurent à la lecture des scénarios tourné en Corse depuis 100 ans et qui s’inscrivent dans la lignée de "L’enquête corse".

              "L’enquête corse", n’a pas fait l’unanimité parmi les corses, très loin de là. Comme ses prédécesseurs, pour ne citer par exemple que des films comme "La force de vie", René Leprince en 1920, "Amour et vendetta" de René Norbert. en 1923, ou bien encore des films comme "La vendetta" de Jean Chérasse en 1961 (avec Luis de Funes) ou de "L’âne de Zigliara" de Jean Canolle en 1969, et bien d’autres du genre qui ont tous prétrendu en leur heure voir "Etre un grand film pour la Corse", "L’enquête corse" n’aura fait que participer à tier l’image de la Corse vers la bas plutôt que de la mettre réellement en valeur.

              "L’enquête corse" s’est plantée, et c’est fort dommage, d’abord pour les corses.

              < La Corse, eldorado du 7e art ! > ??? La Corse et les jeunes corses soucieux de travailler dans ce domaine dans leur êile le souhaiteraient, ne serait-ce que pour apporter un souffle économique à une île qui manifestement sur ce plan est depuis des décennies maintenue sous "perfusion". Désolé mais la réalité cinématographique insulaire vient contredire cette affirmation car le cinéma est un d’abord une industrie qui ne peut se passer d’un développement économique local pour pouvoir exister. Hors cette économie étant inexistante en Corse... Nulle doute que "Corsica Pôle Tournage" et Monsieur Vincenti, résponsable du secteur cinéma à la Collectivité Territoriale de Corse, devraient revoir considérablement leur copie à la baisse.

              Merci de m’avoir lu. 


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