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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La culture geek

La culture geek

Quand les entreprises d'électronique et d'informatique se sont massivement installées en Californie pour y trouver un cadre de vie agréable, elles étaient loin de penser qu'elles allaient créer un phénoméne culturel majeur. En concentrant ingénieurs, scientifiques et technicien au sein d'une petite zone géographique, elles ont permis l'émergence d'une contre-culture qui fut longtemps confidentielle. Depuis l'arrivée d'Internet, cette culture a une influence de plus en plus grande sur le monde au point de ne pouvoir être ignorée.

Cela vient d'où ?

A l'origine la culture geek est un phénoméne californien qui s'est produit dès les années 70, soit bien avant l'internet pour les masses. La californie est le premier endroit du monde où une concentration suffisante d'ingénieurs et de techniciens a été atteinte pour qu'une véritable culture commune puisse émerger. Cette nouvelle culture, née parmis les pionniers qui bricolaient des ordinateurs dans leur garage va à la fois aider à l'intégration de nouvelles recrues dans la profession, et participer à un changement technique, social et culturel de grande ampleur.

Or, si les médias parlent souvent des merveilles technologiques issues de ces ingénieurs, ils oublient leur principale création. Une culture originale, au départ "underground", mais qui, contre toute attente a eu une influence énorme sur la culture des sociétés occidentales.

La culture geek, pour les nuls !

Tout d'abord il faut rappeler que tous les membres d'une même culture ne sont pas des clones, et que par exemple tous les français ou tous les catholiques ne sont pas similaires. L'exposé qui va suivre sera donc forcément incomplet ou ne collera pas forcément parfaitement aux personnes que vous connaissez, mais les grandes lignes sont là.

La culture geek est fortement influencée par les sciences et la technique et par l'idée qu'elles peuvent rendre le monde meilleur. C'est une conséquence directe de leur profession. Or, le principal obstacle à la pratique des sciences et de la technique est l'abscence d'informations. Dans la plupart des cas, le fait technique est moins merveilleux une fois que l'on sait comment il fonctionne mais cette information n'est pas toujours de notoriété publique et l'obtenir pouvait être difficile. En clair, le monde pourrait être meilleur si l'information circulait librement ce qui permettrait aux gens d'avoir des connaissances (la version maîtrisée de l'information) et de l'utiliser pour améliorer l'état de l'art des sciences et techniques.

Et on en arrive donc au dogme principal de la culture geek : La circulation de l'information doit être la plus libre, la plus efficace et la moins chère possible. L'opposition au droit d'auteur et la défense d'une certaine gratuité sur internet viennent de là. Le piratage est simplement un moyen plus efficace de faire circuler la culture. Mais ce dogme vient se connecter à un autre dogme, universellement reconnu dans la société américaine : La défense de la liberté d'expression sans aucune limite. Et cela permet de connecter cette nécéssité technique (la circulation de l'information à but utilitaire), à divers principes philosophiques. Le logiciel libre procède du même phénoméne : La circulation des sources est pour ainsi dire plus "efficace" que le modéle de développement avec des sources fermées. Mais là aussi, des personnes influentes comme Richard Stallmann ont créé un cadre moral qui justifie pourquoi le logiciel doit être libre.

Ce dogme étant posé, revenons aux conditions initiales de cette population d'ingénieurs. Ils étaient à l'origine relativement isolés et pris pour des fous excentriques par le reste de la population. Et dans le même temps on leur reprochait de ne pas obéir à certains codes sociaux dont ils ne voyaient pas l'intérêt. Le reste de la population justement enseignait ces codes sociaux a ses enfants (par exemple mettre un costume, avoir un diplôme, connaitre les notables de la ville, etc...) et leur enseignait que la maîtrise et le respect des codes sociaux leur permettrait de réussir et d'avoir pouvoir et argent dans la société. Pour la population de geeks, au contraire, une autre version des faits est venue combler leur manque de maîtrise des codes sociaux : "Peu importe les codes sociaux, avec des connaissances, tu pourra accomplir des miracles et tu aura alors le pouvoir, peu importe ta tenue vestimentaire, ta race ou ton orientation sexuelle". C'est exactement comme cela que cela s'est passé. Les entrepreneurs de la Sillicon Valley tombent le costume. Et ils disent au monde : On a réussi parce que l'on a la meilleure technologie. (Même si derriére, il y avait parfois de vrais businessmens qui faisaient cela par calcul).

De là est venue une certaine dérive, puisque certains ont commencé à considérer que le monde devait être une méritocratie jugée sur les seules connaissances. En clair votre "valeur sociale" dépendrait de vos connaissances et compétences (souvent au strict sens technique du terme). La réussite prodigieuse de certains entrepreneurs malgré leurs handicaps initiaux ont offert de combler la mythologie. Lorsque l'on voit les internautes français célébrer la sortie de Free Mobile, ils ne célébrent pas que des prix. Martin Bouygues et sa métaphore des "romanichels sur la pelouse" a fait le reste. Free est l'histoire d'un autodidacte entouré d'une équipe de geeks qui a secoué l'ensemble de la pyramide sociale et déboulonné une noblesse de diplômes grâce à ses compétences.

Les geeks sont-ils politisés ?

Il n'est pas question d'assigner ici un parti politique au geek, ceci n'existe pas. Certains sont de gauche, d'autre de droite. Par contre, deux mouvements politique que tout sépare en apparence ont eu une influence très importante sur cette culture. Et même les geeks qui ne se réclament pas de ces mouvements politiques (voire les détestent) ont été influencés par eux.

Tout d'abord le marxisme et en particulier l'idée que la structure de la société est liée à son avancement technologique. Car le dogme principal comme quoi la technique améliorerait le statut social de l'homme est bel et bien un des pilliers du marxisme ce qui explique en partie l'important investissement de l'URSS dans la science et la technologie. Au-delà du rôle de la technique, le communisme promouvait une idéal du partage et de la connaissance que l'on retrouve dans de nombreuses réalisations. Le refus du monde marchand que l'on trouve dans une partie de la communauté vient probablement de ces origines marxistes.

Mais si le marxisme a largement influencé les geeks, le libertarianisme en apparence totalement opposé au marxisme a eu un rôle encore plus grand. Cette philosophie politique est profondément ancrée aux USA via les textes des pères fondateurs de la nation américaine. De fait, même si elle n'est plus représentée en tant que telle dans le jeu politique américain, un pourcentage de la population allant jusqu'à 20% se dit libertarien.

Parmis les geeks qui s'affirment libertariens, on trouvera entre autres : Eric Raymond (théoricien du mouvement Open Source), Jimmy Wales (Wikipedia), Peter Thiel (Facebook, Napster, Paypal).

La premiére chose à savoir c'est que beaucoup étaient libertariens car le libertarianisme était compatibles avec leurs valeurs comme la défense à tout prix de la liberté d'expression. Dans le même temps, les régulations imposées par l'état étaient vu comme des freins au développement de la technique ET des freins à la circulation de l'information. Par exemple, bricoler un émetteur radio était à la portée de n'importe qui mais il fallait une licence pour émettre. Là aussi, le refus de toute intervention de l'état par le libertarianisme ainsi que le fait que cette philosophie politique se refuse de juger les citoyens d'un strict point de vue moral ont fait qu'elle était très compatible avec les geeks. Cela explique la sur-représentation du libertarianisme dans la population de geeks américains.

Les geeks, le partage et l'altruisme

Pour les non initiés, le monde geek est étrange. L'open-source est censé permettre la gratuité mais des gens comme Linus Torvalds sont millionnaires. En fait, la plupart des développeurs d'open-source sont rémunérés pour leur travail et ils le sont à des niveaux de salaires souvent peu différents de celui auquel ils seraient payés s'ils travaillaient pour un éditeur de logiciel équivalent. La notion de partage n'est donc ici pas économique. En fait le business y est plus que toléré.

Faire de l'argent n'est pas vu comme mal si celui ci n'est pas réalisé grâce à une protection indument accordée par l'état. En clair, faire de l'argent avec le droit d'auteur en bloquant l'accès à l'information est vu comme mal, mais violer le droit d'auteur et faire de l'argent en se financant par la publicité (megaupload) n'est pas vu comme mal par une grande partie de la communauté. Mais si quelqu'un trouve un moyen d'utiliser le site en bloquant les pubs, ce n'est pas non plus considéré comme mal.

Cet altruisme est étrange et n'en est pas vraiment un : Avec l'Open Source, les geeks ne sont pas pénalisés financiérement. On a toujours besoin de quelqu'un pour écrire la premiére version d'un programme et pour le maintenir. Et ce quelqu'un continuera de toute façon à être payé. La libre circulation du code rendra son travail plus efficace et lui évitera de réinventer la roue. Cet altruisme se fait en réalité aux dépens de tous ceux qui vivaient sur la reproduction des programmes sans être programmeurs eux mêmes. Mais comme dans la méritocratie geek, ceux-ci n'ont pas de connaissances et donc peu de valeur, ce n'est pas forcément vu comme un mal. Avocat, Businessmens et service marketing sont souvent vus comme des gens improductifs qui ne doivent leur statut social qu'à une protection indument offerte par l'état (droit d'auteur ou droit des brevets). Là encore, on retrouve l'influence du libertarianisme et du marxisme : La connaissance technique est le bien (elle permet de produire des biens selon le marxisme), la protection accordée par l'état est mauvaise (libertarianisme).

Quand la culture geek rencontre la culture mainstream

Au départ la culture geek est très underground. Elle est l'apanage uniquement des ingénieurs de certaines disciplines (principalement électronique et informatique) et se rencontre autour des grands campus universitaires. A ce moment, ce que faisaient ces ingénieurs concernait la sphère du travail et de la productivité. Pas de quoi intérésser l'ensemble de la société.

Mais dans les années 90, le fruit de leur imagination prend le monde par surprise : Internet et tout ce qui va avec sont là. Il est impossible d'y résister. Du téléchargement de musique en peer to peer, aux sites de rencontres et messagerie, de nombreuses personnes jusque là non touchées deviennent un peu "geek" sans le vouloir. Lorsqu'elles partagent de la musique ou publient sur des blogs, elles adoptent naturellement l'idée que "toute information doit être libre". 

Les excentricités de la "nouvelle économie" donnent quant à elles l'image d'un monde où effectivement la connaissance est le pouvoir. Et cela continue après l'éclatement de la bulle. Prenez par exemple Mark Zuckerberg, il n'était pas destiné dans l'ancien monde à devenir PDG d'une multinationale. Mais il l'est devenu. Son image et ce qu'elle véhicule comme idée du pouvoir passe dans la culture contemporaine au travers du film "The Social Network". Plus récemment, l'arrestation de Kim Dotcom (Megaupload) a montré l'image d'un informaticien obèse, fan de jeux vidéo aux commandes d'un réseau dont le chiffre d'affaires était estimé à 150 millions de dollars. Le côté controversé et sulfureux de cette arrestation participe à la légende : Un combat moderne de David contre Goliath ou Goliath est l'ancien système de droit d'auteur et David passe pour un maffieux un peu glamour qui utilise la technologie là où d'autres utilisaient des fusils. En effectuant une mission de robin des bois, il prive les ayants droit d'un monopole jugé injustifiable. Et comme expliqué plus haut, le fait qu'il fasse de l'argent n'est pas vu comme un grand mal. Il est "utile" car il facilite la circulation de l'information et sa publicité tant que ceux qui savent peuvent la bloquer n'est pas vue comme une contrainte.

Au niveau géopolitique, les révolutions arabes accréditent l'idées que le pouvoir de la technologie permet au peuple d'être plus fort que les tyrans. L'utilisation de la technologie comme force motrice du changement social vient de rentrer dans les livres d'histoire. Cette vision où la technologie et la connaissance donne le pouvoir n'est alors plus que l'apanage des utilisateurs du réseau, certes nombreux. Elle concerne maintenant l'ensemble de la société.

Il est également très intéressant de constater l'excellente prestation de Ron Paul aux primaires républicaines et son score particulièrement important parmi la jeune génération. Le libertarianisme, qui était enraciné dans la culture américaine mais absent du débat politique depuis 50 ans revient en force véhiculé par une population jeune, et fortement connectée.

La plupart des changements sociologiques intervenus depuis la fin des années 2000 sont ainsi liés à cette collision entre la culture geek et la culture dominante des pays occidentaux. Cela produit un stress social énorme et déstabilise des institutions parfois centenaires comme le droit d'auteur. Ces institutions souvent bien connectées politiquement réagissent avec une grande violence, ce qui explique les tentatives malheureuses de législation sur le droit d'auteur et les réponses comme Anonymous. Avec l'arrivée d'une génération qui a toujours été connectée dans la vie active, des conflits arrivent également dans l'entreprise ou les DRH se plaignent de la difficulté de travailler avec "la génération Y" (la population née après 1980). Avec des repères sociaux et politiques complétement différents, cette génération qui a absorbé souvent inconsciemment de nombreux points de la culture geek ne comprend plus l'ancien monde, alors que les politiques ne comprennent pas le nouveau. Faute de médiation rapide, des conflits sociaux d'une nature nouvelle sont inévitables.


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28 réactions à cet article    


  • Whackangel whackangel 2 février 2012 12:27

    Bravo pour cet article !

    Je me permets de faire ici ma pub pour mon dernier papier, qui prolonge, si l’on veut, le votre, surtout au niveau du titre :)

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-ere-du-geek-109074

    Merci !


    • dom y loulou dom y loulou 2 février 2012 14:13

      on dirait qu’on ne parle vraiment plus qu’aux bouchés de service ici

       Chapelier sait très bien écrire n’est-ce pas ? Il est pourtant très précis dans le choix de ses mots et vous arrivez encore à le lire à l’envers pour plaire à votre état d’esprit déplorable de vouloir prétendre être un autre donc on peut lui arracher l’esprit gratos et pisser sur ses efforts, c’est tout, dix ans que vous pratiquez cela ouvertement avec l’aide de tout le système merdiatique qui ne raconte plus que folies et prises de position du cervelet incapable d’aucune générosité ni de créativité propre. 

      Donc vous avez besoin de piller les oeuvres et de démolir la littérature qui n’est elle, et de loin pas, le fruit des « puissants » comme vous dites. Comme si l’esprit était assis à un banquet d’actionnaires ou claironnait à Davos se baignant dans le caviar. on ne peut produire des armes high tech, organiser des génocides et avoir le temps d’écouter la mémoire des fleurs et de l’eau. C’est antinomique. Les êtres ne se dissolvent pas dans une bouillabaisse glaque et indifférenciée, ce n’est pas là l’ordre harmonique de l’univers, mais l’univers des pilleurs de tombes.

      Il parle du respect absolu que les lecteurs devraient avoir devant une oeuvre qui leur est soumise. Non de vomir sur l’auteur ni de déféquer sur son travail en prétendant que n’importe qui peut le faire et donc que sa valeur intrinsèque n’existe pas, tout comme la valeur des individus n’existe pas ni de défigurer son oeuvre ni de la piller pour en faire des monstres répugnants. 

      SI vous l’aimez vous la respectez, si vous la détestez idem. Vous n’avez aucun droit particulier « de nature » sur ce qui ne vous appartient pas, sur ce qui n’est pas du fruit de vos efforts personnels. Mais va expliquer cela à des mentalités de colons. 

      Et vous n’êtes pas un « mouvement » quel qu’il soit, vous êtes l’affirmation du pillage de la propriété intelectuelle qui est le fruit d’un travail et, comme anonymous, vous ne faites que reproduire ce que Hollywood fait en grand depuis longtemps. 

      Première carte du jeu des illuminati = 1. Reécrire l’histoire. 11 septembre 2001 qui voulait donner une finalité à une idée qui venait juste de germer. Une « finalité » qui avait elle été prévue des siècles-même auparavant en guise de piège à cette idée. Il n’y a qu’à plier le billet de 20 dollars pour y voir les deux tours flamber.

      Même les mythes des peuples et même les contes de fées sont ainsi dépossédés de leur âme populaire par les corporations de montagnes d’images faussées, pour se faire noyer dans un aplatissment de l’être, sans vergogne, dans une non-culture sans respect aucun envers une honnêteté intelectuelle quelle qu’elle soit. L’oeuvre littéraire devient une pièce de viande entre deux tranches de pain. Le Guernica de Picasso un pot de crème à café.

      Oui on partage, l’auteur partage avec vous son laborieux travail de clarifier l’esprit, c’est ça qui vous dérange ? 

      Et si c’est cela que vous aimez de quoi vous plaignez-vous ? 

      De devoir débourser douze euros pour les imprimeurs ? 

      Est-ce-là votre TRES étrange manière de le remercier de vous clarifier l’esprit ou du moins, de vous permettre de gagner SA perspective et de glaner les fruits de SON esprit ? 

      Cela vous pose problème que les êtres aient un esprit ? Ils ne sont plus assimilables à la grande mélasse si jouissive de ’irresponsabilité complète et supposée des êtres ? Tout faux encore et vous l’apprendrez sans doute à vos dépens. Grand bien qu’elle vous fasse la mélasse du NWO... supportez que les auteurs authentiques n’y voient que littérature mise en chiottes et tortures psychiques contre l’humanité et sa mémoire collective. 

      mais on partage l’effort aussi, est-ce le cas pour une oeuvre littéraire ? Qu’y avez-vous apporté pendant les mois de digestion et les veilles d’écriture ? Quoi ? QUi ? Où ? Comment ?

      Non, vous n’y avez pas contribué en aucune manière, il est donc juste que vous donniez quelques centimes à l’auteur pour le rétribuer, personne n’aurait songé à lire Victor Hugo sans lui rendre quelque chose pour son travail de nourrir notre esprit de ses vues PERSONELLES ni personne ne pourrait-il réécrire ses poèmes sans les massacrer et pourrir ainsi l’héritage qu’il nous a laissé.


      ce n’est plus un site dit « citoyen » du tout mais une officine qui se croit investie d’un devoir divin de nous manipuler comme le restant des merdias et d’y claironner des « évidences » absolument contre-nature.

      alors, chers lecteurs, on ne peut plus l’utiliser puisque tout s’y voit immédiatement déféqué dessus au nom de la liberté d’expression comme d’autres clament que la liberté est celle de torturer les gens psychiquement , émotionellement et pysiquement durant des décennies et que c’est bien « normal » pour des gamins du XXIe, voilà bien ce que les merdias enseignent depuis dix ans aux gosses. L’individu on peut le pourrir à l’envi, son esprit nous appartenant. 

      Ben voyons, ce n’est pas vous qui vivez sa vie, sinon vous auriez écrit son œuvre, mais c’est bien l’autre qui la frémit pour vous. Apprenez donc à le remercier avant de réclamer des droits sur son oeuvre.

      à chacun de voir s’il veut rester un être digne ou pas, en pillant une oeuvre pour la déformer on s’en rend absolument indigne. Du vil négationisme des efforts d’autrui, oui, là on peut faire le parallèle puisque c’est de la vérité d’un autre qu’il s’agit qu’on voudrait gommer des consciences, du plus haut crime contre l’être qui soit.


      ce site n’est donc plus une référence sur aucun plan, il participe maintenant de la lobotomie usuelle des merdias colonisateurs de nos esprits avec leur propagande unilatérale qui dit tout le temps « le monde est noir et obscur et il ne s’y passe que des horreurs et l’homme est une bête qu’on a bien raison de massacrer ». Pourquoi ne déchirerait-on donc pas son esprit aussi ? hein dites ?

      On peut s’y montrer n’importe comment, emprunter des visages et des noms, usurper des identités à l’infini ou s’en inventer, pourrir les gens sans distinction, comme les moutons ils seraient tous le même et absolument irresponsables de ce qu’ils font et son esprit indifférencié dans la pensée unique du système qui vise la sublime dépopulation, puisqu’on est tous des monstres autant nous liquider. Voilà en substance ce que les merdias martèlent sur des tons plus ou moins amusants et avox est devenu aussi l’un de leurs bras allongés. Un beau théâtre de polichinels oui.

      heureusement qu’il y a la propriété intelectuelle, sinon la littérature n’existerait plus depuis longtemps et les oeuvres toutes falsifiées.

    • focalix focalix 2 février 2012 13:31

      Victor Hugo était encore plus clair :

      « Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n’est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous. »

      Discours d’ouverture du Congrès littéraire international, 7 juin 1878


      • dom y loulou dom y loulou 2 février 2012 14:38



        vous ne dites pas ce qui précède ni ce qui suit cette citation, qui donc veut absolument SACRIFIER l’un ou l’autre ?

        oui on essaie de maintenir le prix du livre au prix que réclament les imprimeurs,

        pour qu’il soit aussi accessible que possible, vous leur nieriez le droit de vivre à eux aussi on dirait... 

        trouvez donc un imprimeur qui bosse gratuit et on recause

        ... alors les fruits et légumes aussi devraient être gratuits pour vos grandes âmes déjà éclairées et sans besoin aucun de paysans ... honte sur vous

        et bien justement, votre « sublime calvaire mental » ... vos sensations de lèse-majestés, sur les libertés que VOUS aimez prendre CONTRE les autres, prennent fin ô grands égos de ce monde, parlez-vous donc entre vous dans vos studios, on ne vous lira même plus, trop vous nous prenez pour des cons.



      • Emmanuel Aguéra LeManu 2 février 2012 14:52

        A propos, où en sont les imprimeurs du procès intenté par les moines-copistes ?


      • focalix focalix 2 février 2012 16:09

        A dom y loulou et aux zotres ossi,

        Pour la citation de mon précédent message, je vous avais donné la référence du contexte, voici un lien tout frais pêché pour vous dans gougoule :
        Discours d’ouverture du Congrès littéraire international, 7 juin 1878
        C’est moi qui fais tout ici !

        Bien avant Pascal Nègre (le Thénardier du Phonographe) et Richard Stallman (le pasteur suprême du logiciel libre), il avait tout pigé notre immense copain Victor Hugo !

        Pour le reste, en écrivant, à partir d’une citation, que j’entends affamer les imprimeurs, mettre sur la paille les cultivateurs de fruits et de légumes, et que je prends mes contemporains pour des sots, vous extrapolez mon cher !


      • Marc Bruxman 2 février 2012 19:40

        « oui on essaie de maintenir le prix du livre au prix que réclament les imprimeurs,

        pour qu’il soit aussi accessible que possible, vous leur nieriez le droit de vivre à eux aussi on dirait... 

        trouvez donc un imprimeur qui bosse gratuit et on recause »

        Si c’est juste pour le problème de l’impression, passez donc au écrans eInk. Le coût de duplication d’un livre est alors non mesurable et virtuellement nul.


      • dom y loulou dom y loulou 2 février 2012 22:13

        car l’intérêt public est notre préoccupation unique


        clairement Hugo s’exprime là pour les auteurs et leur devoir de transmettre et je partage entièrement ce point de vue, du droit donc des autres de bénéficier de leur pensée et non pas l’inverse, celle de lecteurs s’emparant de son oeuvre pour en faire des mickey ou des charly, ce n’est pas du tout ce qu’il dit, le plagiat reste un crime comme la dénaturation d’une oeuvre, on ne balaffre pas un tableau d’un coup de couteau parce que l’on se trouve aussi très artiste, n’est-ce pas ?.

        inversion complète franchement

        oui Marx bruxman, je parlais ici du livre papier qui est bien plus agréable et n’abîme pas les yeux comme de lire sur des écrans, il est aussi moins périssable au cas où toute électricité venait à disparaitre, on ne sait jamais et on ne peut s’appuyer uniquement sur la toile internet pour sauvegarder la culture.

        n’en déplaise aux mystiques, la littérature est bien notre notre manne d’esprit (tant que nous n’aurons pas l’humilité de simplement écouter chacun le chant de l’eau qui dit toutes les pensées déjà... mais la perversion n’y existe pas, elle st donc imposée par des malins qui en remplissent notre monde par mégaphones interposés. 

        et de voir autant de pensées DIFFERENTES semble bien être ce qui embête tant ceux qui voudraient pouvoir malaxer ou réécrire les ouvrages comme cela leur chante, après tout ils n’en sont pas à leur tour d’essai pour imposer la pensée unique du système ni de remplacer des beautés par des terreurs.

        mais puisque j’ai aussi ce souci que , justement, la pensée appartient à tous, et bien une version e-book a été faite aussi où l’auteur, sur les 1.30 euros demandés ma foi, ne lui apportent que 50 malheureux centimes et si des malins trouvent encore trop donné pour les efforts sur quarante ans et bien tant pis pour eux, ils déboursent des centaines d’euros ou des dizaines de milliers pour des bagnoles et des combinaisons de ski, alors qu’on cesse ce cirque autour de la rémunération des auteurs. Demandez-vous aussi des voitures gratuites ? non ? ok alors on tourne la page et on paie un ptit quelque chose pour se nourrir l’esprit avec une pièce de littérature, c’est aussi simple que cela. 

        excuses pour le quart d’heure de pub ;)

        mais c’est assez cocasse quand même de voir des gens qui acceptent de payer des taxes carbonne sur un réchauffement inexistant et qu’ils veuillent s’approprier sans autre les efforts d’esprit ou l’histoire-même d’un autre sans que cela leur pose là un problème. Cocasse et inhumain si vous voulez le fond de ma pensée. 

        et puis si tout le monde s’en foot de mon THEMES ce n’est pas plus grave voyez-vous, j’ai fait mon devoir d’auteur, transmettre aussi bien que je pouvais bien des perles qui attendaient d’être dites. Le flux constant de l’esprit, lui, EST entièrement gratuit et chacun semble bien en faire absolument ce qu’il veut, non ? Et c’est très bien ainsi. Là aussi l’honnêteté intelectuelle regarde chacun lui-même de ce qu’il ne fait ou pas. Mais c’est ce qu’un aom exprime et es quelques pensées sensées qu’il puise dans l’incroyable tourment de l’esprit qu’il faut voir, c’est cet effort que vous livre un auteur et c’est ce qu’il est car personne ne maitrise l’esprit dans sa totlaité, que chacun comprenne bien cela, bien des êtres ont un coeur qui s’exprime et ils ne fonctionnent pas du tout à l’unisson ni ne marchent en rangs serrés deux par deux ni ne sont-ils tous parqués à l’enseigne haldimann.

        Et les droits d’auteur, ou dits propriété intelectuelle sont appelés ici faussement, car ce sont les droits de l’oeuvre de perdurer telle qu’elle fut écrite. 

        et même si mon THEMES ne revendique pas d’être un chef d’oeuvre il demande que les vérités qu’il contient soient préservées, c’est le droit des lecteurs justement d’avoir accès à une oeuvre qui leur est destinée et que les éditeurs officiels n’ont pas daigné vouloir publier. 

        Encore une fois internet apparaissait comme le dernier bastion de la LIBRE EXPRESSION des concepts et des idées  et ce n’est pas Hugo qui le renierait, lisez son titan et vous comprendrez bien des éléments de notre temps aussi. Et ce furent bien les droits d’auteur qui servirent le fait qu’on puisse encore le ire aujourd’hui son titan et tel qu’il l’avait écrit.

        Son titan vous pouvez le lire parce que après 50 ans de sa mort les « droits d’auteur » sont suspendus et on ne doit qu’aux efforts des amoureux de la littérature que les textes soient préservés ensuite.

        sinon je suis le premier à dire que dans le fond un livre ne devrait même pas comporter le nom de l’auteur, je suis d’accord sur ce point, comme ça on éviterait d’abattre des forêts entières pour des pantomimes de littérature, comme c’est trop souvent le cas ou des « comment j’ai vaincu le stress » sans intérêt quand des maîtres de littérature nous ont devancé sur des banalités aussi affligeantes en y livrant leur plus profonds secrets depuis des lustres et u’on les oublie, subergés que nous sommes par l’infini verbiage de la babylonie.

        Après tout, sortir quelques sous pour nourrir son esprit n’est pas cher payé quand vous pensez que les auteurs eux écrivent en général de leur sang et de leurs souffrances (pensez à Dostoïevski par exemple) pour transmettre les quelques maigres compréhensions qu’ils ont pu glaner de leur réalité et s’efforcent d’en livrer les fruits. 

        je sais je me répète. ;) c’est l’heure d’arrêter donc de blablater aussi pour moi. C’est pour cela qu’on écrit un livre, pour fixer une bonne fois les pensées toujours fluctuantes, toujours changeantes et d’en préserver l’essence-ciel.


        quand à ceux qui continuent de dire qu’ils sauraient bien mieux parler pour un autre que lui-même... et bien qu’ils soignent donc leur schizophrénie ravageante ou... qu’ils écrivent eux-mêmes, ils découvriront alors un prodigieux outil pour canaliser la folie naturelle de l’esprit et ainsi verront-ils enfin que ce n’est pas tâche aussi aisée de dire LEUR vérité qu’ils le prétendent et en s’appuyant constamment sur les efforts d’un autre. Cela ne va pas du tout et est très malsain pour eux-mêmes et ne devrait être encouragé d’aucune manière que ce soit.

        C’est mon avis et je le partage, c’est votre droit d’y avoir accès en effet et si on doit se faire traiter d’ordure pour cela et bien c’est pas très grave, on est honnête avec soi et les autres ou pas, j’ai choisi de l’être.

        à bons entendeurs mes hommages  ;)

      • dom y loulou dom y loulou 3 février 2012 00:04

        Lgcontact


        je ne vois pas le rapport et vos masques d’anonymous sont plus proches de la manière d’opérer de Monsanto que les petits écrivaillons comme moi qui tentent seulement d’honorer l’intérêt public et de participer au « ça voir » universel et très ouvertement quoi que vous en pensiez et cela malgré une censure opaque et impériale qui sévit depuis longtemps en occident.

         non mademoiselle, l’esprit est à tout le monde oui et donc il doit aussi atterrir dans la conscience des autres aussi clairement que possible depuis ses sources et c’est la valeur d’un ouvrage littéraire et la bonne foi d’un auteur que d’y tenter du mieux qu’il peut.

        Sinon, amalgamant de plus les personnes avec des entités corporatistes, ce serait comme de réduire l’histoire de l’humanité à un long film d’horreur uniquement et de lui dire ensuite, « vous voyez que vous êtes un monstre ? » c’est inepte et monstrueusement réducteur. 

        et pour me comparer à la multinationale monsanto ( mon dieu que d’inepties !!) manifestement vous n’avez pas lu mon livre, car sinon je penses que vous l’aimeriez beaucoup. Voilà, bonne vie mademoiselle.


      • dom y loulou dom y loulou 3 février 2012 00:06

        lire


        ...

        Sinon, amalgamant de plus des citoyens oppressés par ce système avec des entités corporatistes...

        merci bien

      • dom y loulou dom y loulou 3 février 2012 04:00

        et puis ajoutons, excusez de ces tartines indigestes, mais je parles ici uniquement de mes oeuvres qui sont simplement accessibles en étant sur le net et non des grandes firmes multinationales qui veulent rendre tout le web payant


        face à des multinationales qui font des milliards avec un public constant en salles ce n’est pas le même débat Eux n’ont pas particulièrement besoin d’internet pour révéler leur travail ni même pour le rémunérer, n’est-ce pas ? 

      • Mycroft 2 février 2012 13:58

        Il est assez réducteur de considérer que la « culture geek » est née en Californie, dans les garages des entrepreneurs.

        L’apparition de cette culture est également, en grande partie, due à la séparation active qui a longtemps eu lieu entre les « nerds » (ie les bons élèves) et les cancres (car aux USA, il a été possible d’être à la fois cancre et dans une bonne université, pour peu qu’on joue bien au foot ). Cette exclusion, cette marginalisation des têtes pensante (notamment les têtes pensantes des milieux scientifiques, qui ne permettent pas vraiment de briller dans les diner mondains) a provoqué la création d’une communauté d’exclus. Comme, suite à la 2ème guerre mondiale et à la guerre froide, nos marges de progrès technologiques étaient large, cette communauté étant brillante par définition, son utilité s’est révélé, et ils ont donc techniquement gagné en influence. Mais Cette influence n’est pas l’explication de la culture geek, simplement de sa « popularisation » qui est assez récente. Le fait, en effet, de savoir qu’en général, les « geeks » peuvent se montrer utile fait qu’on les discrimine moins de nos jours (même s’il reste des extra terrestre pour bon nombre). Cependant, l’origine de cette culture est bien plus dans la marginalité. Cette marginalité a pour origine la libéralisation morale des écoles occidentale (ie le fait que, les profs ne pouvant plus faire la pluie et le beau temps, les élèves fassent la loi, notamment les plus populaire, qui sont rarement les bons éléments).

        Si la culture geek est clairement scientiste, elle n’est par contre pas particulièrement obnubilé par les principes de libertés (même si certains geek le sont de fait, car on peut être libertarien et geek, ). Les Geeks, en entreprises, sont souvent les premiers à vouloir mettre en place des règles strictes et des restrictions (notamment ceux qui bossent sur la sécurité informatique). Ils sont par contre farouchement opposés aux restriction n’ayant pas une source techniques. J’aprouve vos propos quand vous dites qu’ils cherchent en effet une efficacité croissante dans les domaines du transfert de l’information, je pense que vous vous fourvoyez quand vous dites qu’ils cherchent une liberté maximale de la transmission de l’information. Ils sont bien plus obnubilés par les aspect de logique et de cohérence. Le monde du logiciel libre est en effet un (et seulement un) des aspect de cette recherche d’efficacité et de cohérence. Un geek sait en effet que limiter l’accès à une ressource qu’on peut multiplier à l’infini n’a, du point de vu de l’intérêt collectif, absolument aucun sens. Il lutte donc contre ces restriction. Pas pour lutter pour la liberté, mais pour lutter contre la bêtise.

        Vous semblez opposer le geek avec le diplômé. C’est une erreur grave. Le geek est régulièrement diplômé (il y a bien sur des exception) tout simplement parce qu’il est passionné de technique et qu’il réussi donc avec énormément de facilité à surmonter les épreuves académiques, souvent très techniques. Regardez où sont les geeks en écoles d’ingénieur (en France) ou dans les universités (ailleurs), vous les verrez dans le haut du panier.

        S’il est vrai que le geek n’est pas particulièrement doué dans les domaines des conventions sociales, ce n’est pas par opposition avec les convention « académiques » mais avec les convention « de la mode ». En effet, le geek ne s’intéresse que très rarement aux effet de mode et aux choses « populaires ». Souvent, ses besoins en matière de simulation intellectuelle sont trop élevés pour que ce qu’il aime puisse plaire à des non geeks.

        Au passage, rien (à part peut être sa passion pour les echecs) dans la biographie wikipedia de Peter Thiel ne semble le désigner particulièrement comme « geek ». Comme mécène de chose qui plaisent au geek, à la rigueur (et encore, Facebook ne plait pas aux geek). Votre article n’étant pas sourcé, j’aimerais bien que vous explicitiez ce point.

        Au final, votre article, je le crains, est écris sous un prisme subjectif, celui d’un libertarien qui voit dans la culture geek un reflet de lui même. Je tombe sans doute dans le même travers dans cette réponse. Mais il me semblait nécessaire de présenter ce point de vue. Quand on demande a un geek de se définir, les mots qui reviennent sont plus dans le registre du technique (ou du fantastique et du rêve, d’ailleurs, qui est complètement absent de votre article alors qu’il a une part énorme dans la culture geek, dopé aux jeux de rôles, aux mondes virtuels et autre ouvrage de science fiction ou de fantasy) que dans le registre de la liberté. Sauf éventuellement le logiciel libre, qui est finalement assez « encadré » par des règles restrictives (mais bien pensées).


        • Marc Bruxman 2 février 2012 19:17

          Bonjour Mycroft,

          Merci pour ce commentaire constructif. 

          Je suis d’accord avec vous concernant l’exclusion initiale des geeks aux USA et je l’ai effectivement cité dans l’article. Concernant le fait que les geeks peuvent se montrer utile je ne pense pas que cela soit la seule raison du fait qu’ils sont beaucoup moins discriminés. Certains aspects de leur mode de vie qui pouvait faire passer pour un frappadingue ne serait ce qu’au début des années 90 se sont banalisés. Et même s’il y a toujours une différence geek / non geek, elle tend à se réduire. Le but de mon article était justement d’insister sur le fait que cette culture née dans la marginalité comme vous le dite a été pour partie adoptée dans la culture « mainstream ». Cela a des conséquences à la fois pour les geeks mais également pour les non geeks.

          Concernant les principes de liberté je ne suis par contre pas vraiment d’accord avec vous. Effectivement la recherche de liberté a souvent une source qui est la recherche de l’efficacité mais elle est souvent vantée en tant que telle. Concernant les restrictions imposées « pour raisons de sécurité » sont avant tout à but technique. Pour garantir la libre circulation de l’information, il faut garantir la sécurité de l’infrastructure sous-jacente. Comme vous le dites, ces restrictions ont souvent une origine technique pas philosophique.

          Et c’est la que l’on revient au point de vue libertarien que vous me reprochez de trop mettre en avant. Les libertariens n’ont jamais dit qu’il ne fallait pas de lois et se démarquent en ce sens des anarchistes. Ils reconaissent en général l’existence d’un monopole de la violence légitime tenue par l’état. Ils jugent par contre que toute loi doit avoir pour objet de garantir les libertés individuelles et ne doivent pas être pris au détriment de la liberté d’une autre partie de la population. Le fait de mettre des régles que ce soit pour la sécurité du réseau et/ou des biens ou de créer des régles autour du logiciel libre (puisque la GPL est une licence restrictive) sert juste à garantir la liberté de l’ensemble des personnes.

          "Un geek sait en effet que limiter l’accès à une ressource qu’on peut multiplier à l’infini n’a, du point de vu de l’intérêt collectif, absolument aucun sens. Il lutte donc contre ces restriction. Pas pour lutter pour la liberté, mais pour lutter contre la bêtise."

          Il y a effectivement une dualité entre l’utilitarisme et le coté moral. Ceci me semble omniprésent dans la culture geek.

          Concernant l’opposition entre le geek et le diplomé, je me suis mal exprimé. Les geeks ne récusent pas les diplomes, ils en ont effectivement beaucoup. Ils récusent par contre l’utilisation du diplome comme outil de ségrégation sociale. Un autodidacte sera généralement bien vu dans la communauté tant qu’il a acquis la maîtrise technique et scientifique que l’on attend de lui. Et il y a de nombreux cas ou cela se passe mal pour eux dans le système scolaire qu’ils jugent souvent ennuyeux. Mais plus on monte dans la hiérarchie des études, plus l’environnement leur devient favorable.

          Je ne suis par contre pas d’accord avec vous sur le fait que Facebook et/ou Apple ne seraient pas populaire chez les geeks. Il y a effectivement des geeks qui méprisent ces deux entreprises probablement parce qu’elles permettent à monsieur-tout-le-monde de faire facilement ce qu’ils fesaient déja depuis des années. Mais il y a aussi beacuoup de fanboys d’Apple dans la population geek et même beaucoup d’utilisateurs de facebook. Disons pour simplifier qu’il existe des courants et que cette population n’est pas homogéne (et heureusement). 

          Concernant Peter Thiel, son statut de mécéne suffit à en faire quelqu’un d’important pour la communauté. Ainsi même si j’ai pu écrire que les avocats étaient souvent vus comme nuisibles par cette communauté, je pense que la plupart des geeks ont une très bonne opinion de Lawrence Lessig et qu’ils le considérent comme un des leurs.

          Enfin, je n’ai effectivement pas parlé (et j’aurais du) du registre du rêve et de la place du virtuel qui est effectivement une part importante de cette culture. Et j’ai surement oublié beaucoup d’autres choses, difficile de tout traiter dans un article.


        • Mycroft 3 février 2012 11:37

          Pour explicitez mon propos, à propos du courant libertarien, ce courant a justement une focalisation massive sur la défense des libertés. Cette défense est un but en elle même. c’est même LE but. Les libertariens, contrairement aux anarchistes, comprenne l’absolu nécessité d’un état, mais ont divers à priori vis à vis de ce dernier, qu’on ne retrouve pas dans la culture geek dans son ensemble (même si on ne retrouve pas non plus le courant inverse). Le libertarianisme est un courant politique, alors que la culture geek est une culture apolitique.

          Je n’ai pas l’impression que ça soit LE but de la communauté geek. Comme vous le dite, le geek a un coté utilitariste, voir même scientiste. Le scientisme me parait d’ailleurs plus proche de l’idéologie geek. Il peut se rejoindre avec le libertarianisme, dans une lutte contre les modèles anciens.

          Mais le débat « privé/publique », cher au libertarien (qui on tendance à défendre massivement l’entreprise privé par rapport à l’entreprise publique), ne trouve pas un écho marqué chez les geeks en général. De fait, nombre de geek sont septiques vis à vis de l’efficacité des entreprises privés. Et nombre de geek sont aussi septiques vis à vis de l’efficacité des entreprises publiques. De fait, ils sont surtout septiques vis à vis des directions à hiérarchie non technique. Et la seule solution de la concurrence libre et non faussé ne trouve pas un écho particulier dans cette communauté. En effet, les geeks étant très impliqués, le plus souvent dans le domaine de l’informatique, domaine dans lequel la concurrence a engendré une diversité source de lourdes complications, ils sont tous conscient que, quand elle est réalisé pour des raisons techniques, l’uniformisation est une bonne chose. 

          Pour résumer, j’ai plus l’impression que dans ce mouvement, la recherche de l’efficacité, de la logique et de la cohérence prime sur la recherche de la liberté.

          Pour Apple, je ne peux nier qu’il a ses aficionados dans la communauté geek, qu’il fait partie du lot. Pour Facebook, c’est plus contestable. C’est un système informatique, mais son utilisation n’est pas particulièrement marqué dans le milieu geek. J’aurais tendance à dire que la proportion de geek dans la société est plus importante que la proportion de geek sur Facebook. Surtout maintenant, quand la nouveauté est passée.Mais j’avoue que c’est plus une impression qu’un fait avéré.

          Au passage, être respecté par la communauté geek ne fait pas de celui qui l’est un geek. Tolkien, technophobe assumé, est par exemple très apprécié dans cette communauté, alors qu’il n’ai pas vraiment geek lui même.


        • Marc Bruxman 3 février 2012 17:27

          A relire cette discussion, je crois qu’on se focalise justement un peu trop sur le libertarianisme. Je l’ai cité, au même titre que le marxisme comme ayant eu une grande influence sur la culture geek. En aucun cas je n’ai dit que tous les geeks étaient ou devaient être libertariens. Je ne suis pas d’accord avec vous quand vous dites par contre que la culture geek est apolitique. Que vous preniez slashdot ou de nombreux sites communautaires fréquentés par les geeks, les discussions autour de sujets politiques sont fréquentes : Brevets logiciels, ACTA, Hadopi, ...

          La politique n’est clairement pas le but de la communauté, mais cela fait maintenant longtemps que celle ci a pris en main la défense de ses droits via des associations comme l’Electronic Frontier Foundation (qui intervient directement dans le champ politique). Même si la motivation primaire reste le coté utilitariste ou scientiste, c’est un agenda politique.

          Et de même que les geeks n’ont pas absorbés la totalité du marxisme, la totalité du libertarianisme n’est pas absorbé dans leur culture, je parle d’influence majeure, pas d’adoption. Vous pouvez par exemple avoir lu « Le Capital » et avoir trouvé ce bouquin génial sans pour autant être marxiste au sens orthodoxe du terme. Si vous trouvez que le capital décrit bien le système économique capitaliste mais que le marxisme y apporte les mauvaises réponses vous avez été influencés par le marxisme sans pour autant être marxiste.

          Il en est de même pour ma référence au libertarianisme : Il y a influence du mouvement, pas adoption de toutes les valeurs de ce mouvement. Et il me semble avoir écrit (et donc être d’accord avec vous) que les valeurs libertariennes étaient la avant tout car elles étaient compatibles avec les dogmes primaires (recherche d’efficacité, scientisme). J’ai dit que le fait que le libertarianisme soit compatible avec ces idéaux expliquaient sa sur-représentation parmis les geeks américains.

          Pour terminer sur le sujet du libertarianisme, ce n’est pas non plus parce qu’une valeur est présente dans une communauté qu’elle est respectée. Même lorsque la France était un pays catholique, il y avait nombre de gens qui commétaient des péchés. En fait, la majorité ne se comportait pas bien si l’on s’en référe aux saintes écritures. Pourtant, la culture de ces gens étaient catholique. Mais être d’une culture ne vous oblige pas à obéir à tout. Cela façonne juste votre façon de penser.

          Concernant le coté sceptique vis à vis des directions à hiérarchie non technique je suis d’accord avec vous. Elles sont vues comme source d’inefficacité et planque à incompétents.

          "Au passage, être respecté par la communauté geek ne fait pas de celui qui l’est un geek. Tolkien, technophobe assumé, est par exemple très apprécié dans cette communauté, alors qu’il n’ai pas vraiment geek lui même."


          Tolkien n’était pas vraiment technophobe, il mettait en garde contre des technologies qui pourraient nous rendre esclaves. Il est plus à rapprocher d’un Neil Postman que d’un Jacques Ellul par exemple.

          Or, si les geeks sont volontiers scientistes et technophilles vous les verrez souvent réagir lorsque l’on parle d’utilisation de la technologie à but policier. Ils comprennent mieux que quiquonque le potentiel de la technologie et savent que sa mauvaise utilisation peut être mauvaise y compris pour eux. Même si il y a un coté défi : « Le gouvernement peut bien déployer ceci, on le cassera », je ne vois jamais des hourras d’applaudissement lorsque la NSA, Facebook ou je ne sais quel organisme déploie des technologies de fichage. De même Apple n’est pas aimé car il verrouille ses appareils via des dispositifs technologiques. De même pour les DRM, etc,etc, ...

          En ce sens, le focus sur la liberté est d’ailleurs le vrai garde fou et régulateur de la culture geek. Le coté scientiste poussé à l’extréme engendrerait une auto-destruction du système. A l’inverse, ce focus sur la liberté vient contrebalancer certains excés de la technologie.

          Cela permet également de rendre la culture geek plus forte en alliant des gens de l’ancienne société à la cause. Si des gens comme Eben Molgen ou Lawrence Lessig n’avaient pas d’une certaine façon rejoint ce mouvement culturel, sa soutenabilité aurait été largement plus limitée. Le logiciel libre n’existe que parce qu’une licence permet de le défendre. Cette licence existe dans le framework de l’ancien monde, à l’intérieur du droitEE d’auteur et c’est ce qui fait sa force.

          Pour terminer, n’oubliez jamais qu’une culture finit toujours par dépasser ses créateurs d’origines. Je ne suis pas sur que Jesus ait envisionné le Vatican quand il est venu sur terre ;) D’ailleurs, il n’aurait peut être pas aimé. Une fois que le message initial est lançé, d’autres gens vont adopter cette culture, la rejoindre et la faire évoluer. Pour ce qui est de la culture geek ceci est déja largement commençé. Et c’est ce qui va lui permettre de perdurer dans le temps.


        • L'enfoiré L’enfoiré 2 février 2012 14:33

          Max,
           Il y a aussi les « geeks fastoches »


          • easy easy 2 février 2012 14:45

            je trouve que votre regard manque de recul.


            Depuis son invention, le microphone est devenu le sceptre du pouvoir.
            Or, pour la première fois de l’Histoire, si dans les premiers temps de cette invention ce sceptre était bien dans les seules mains du roi, il s’est très vite montré accessible aux mains de tous.

            Et on se retrouve avec un sceptre que n’importe qui peut fantasmer et vouloir saisir, s’il n’est pas timide.

            Jamais les tripoteurs-améliorateurs de ce sceptre technologique et multipliable à l’infini n’ont été animés par un sentiment analogue à celui d’un Darwin, d’un Copernic, d’un Pasteur ou d’un Yersin, encore moins d’un Schweitzer.

            Ce qui fascine les geeks et qui nous fascine tous c’est ce nouvel accès à la canopée pour être exposé au nouveau soleil, celui que forme l’Oeil, le soleil médiatique

            Cette entreprise canopiste n’est pas forcément égoïste. Chacun consent volontiers à partager avec les autres le principe canopiste permettant d’être vu de tous, d’exister aux yeux de tous, d’exister aux yeux du nouveau dieu qu’est l’Oeil mondial. Mais tout partageur que soit un geek, il entend automatiquement se situer un cran au-dessus des autres puisqu’il maîtrise un savoir-faire et des codes sources.

            Il s’ensuit un mouvement d’ensemble de l’humanité vers cette nouvelle obsession qu’a chacun à être visible de l’Oeil, certes, mais au sein duquel les plus doués entendent bien être plus visibles que la masse ou de tenir les manettes de cette visibilité.

            Kim Dotcom, Assange, Gates, Jobs, ont tous contribué au canopisme tout en s’y plaçant au sommet et en y tripotant les curseurs technologiques

            Toutefois, dans cette nouvelle passion, il y a très certainement des geeks qui ne tiennent à exister, à être visibles qu’au sommet d’une canopée restrictive, spécialisée.

            Il y a des gens qui ont envie d’être visibles de l’Oeil général et global quand il y en a qui préfèrent n’être visibles que d’un sous-Oeil spécialisé.




            Cela dit, la technologie canopiste est loin de suffire en elle-même.

            En effet, si dans un premier temps il avait suffi aux premiers équipés de media de diffuser pour être remarqués, la concurrence est devenue telle sur cette canopée que chaque canopiste doit inventer des solutions non technologiques pour être mieux remarqué. Par exemple en jetant au bon moment, sur le bon prince des canopiste, une insulte, une tarte à la crème, une chaussure ou un sac de farine. Ou bien en jetant un avion sur quelque immeuble célèbre et bien en vue.


            Il y a donc certes une émulation et une progression purement technologique qui offre d’atteindre la solarisation mais pour l’atteindre effectivement, chacun doit faire preuve d’inventivité non technologique.

            Il n’avait pas suffit à Steve McCurry de disposer de mille moyens technologiques pour devenir visible. Il lui avait fallu inventer une astuce toute personnelle « à mains nues » pour buzzer avec l’image d’une Afghane aux yeux verts qui n’a jamais rien su de ce que le Monde solariste faisait de son image. Et qui n’a bien entendu jamais profité de la moindre miette de toute cette mousse que Mc Curry et nous avons faite à partir de son image.


            • Mycroft 2 février 2012 16:41

              Soit vous faites du hors sujet complet, soit vous vous trompez massivement sur les geeks.

              Il ne faut pas confondre le passionné qu’est le geek (qui se fout souvent assez royalement de l’avis de la masse et se préoccupe surtout de l’avis de ceux qu’il reconnait comme des geek) et l’utilisateur des technologie de type facebook ou youtube.

              Le geek n’utilise pas ces logiciel, il les programme. Wikipedia est un outil très geek, absolument pas basé sur le buzz, mais au contraire très tourné vers le factuel (même si, bien sur, le 100% objectif est utopique).

              Le geek échappe, en règle général, aux effets de mode, comme tous les passionnés (définition première du geek). Le buzz est un outil d’effet de mode.

              Vous parlez de Kim dotcom, comme un symbole du gars qui cherche la célébrité. Mais qui connaissait simplement son nom avant que le FBI se charge de lui ? Qu’il y ai eu des geeks qui voulait se montrer, c’est un fait (le cas de Jobs vient à l’esprit). Mais c’est tout sauf une composante de la culture. Les plus grandes idoles des geeks sont avant tout connus des geeks eux même, pas des autres. Quand les gens pleuraient Jobs, les geeks pleuraient Ritchie. Qu’ils étaient plus ou moins les seuls à connaitre.


            • easy easy 2 février 2012 17:42


              Vous avez tellement l’habitude de votre vision (très partagée, très commune et très bien vendue) que vous ne comprenez que dalle à quiconque parle de vous dans une autre langue.



              «  »«  Il ne faut pas confondre le passionné qu’est le geek (qui se fout souvent assez royalement de l’avis de la masse et se préoccupe surtout de l’avis de ceux qu’il reconnait comme des geek) et l’utilisateur des technologie de type facebook ou youtube. »«  »

              J’ai effectivement inclus les geeks dans l’univers du microphone, de la tribune, du canopisme (de même que j’incluerais le concepteur de chambres froides et d’ensachage sous vide dans l’univers de la bouffe).

              Or, si dans cet univers du microphone il y a évidemment des Tournesol et des Nimbus tout au fer à souder qui semblent effectivement préférer quelque ombre, d’une part ils sont friands d’une vedettarisation entre eux (je parlais d’Oeil spécialisé) et surtout, ils sont consubstantiels à tout l’univers du microphone, donc à tout ce que les gens peuvent en faire.
              Tout ce que moi je fais du système Microphone, que ce soit geek quand je participe à Wiki (où je suis très soucieux de l’avis de la masse), que ce soit non geek quand je braille sur AVox (où je suis aussi soucieux de l’avis de la masse, la preuve ici), est fruit de geeks

              Ce n’est pas parce qu’un geek bricole des curseurs d’amplis qu’il n’est pas de l’univers du son et sans responsabilité sur ce que les utilisateurs en font (eux, les utilisateurs « aux mains nues » dont j’ai parlé produisant plus exactement la mode)
              Un geek croit se foutre de la mode mais il offre les outils matériels de la mode. Il offre les tissus, les machines à coudre. (Ayant travaillé dans le cinéma, j’ai vu des habilleuses cracher sur le travail du metteur en scène. OK pour la décharge d’humeur. Mais elles faisaient bel et bien partie du film)
               
              J’ai placé Kim Dotcom sur le même listing que Jobs car si contrairement à Jobs, il ne cherchait pas à être vu de l’Oeil global, il cherchait à être très connu d’un sous-Oeil (sinon au travers de sa personne, du moins au travers de son oeuvre). Et son oeuvre, contrairement à ce que vous prétendez, a pleinement participé à notre culture, débats, tiraillements et affrontements inclus.

              Si vous persistez à croire qu’il existe des geeks totalement déconnectés d’un Oeil, sans aucun rapport avec la solarisation, donnez m’en des exemples.


            • Mycroft 2 février 2012 18:47

              Tout d’abord, permettez de ne pas voir en quoi votre première phrase contient ne serait ce qu’une once de pertinence. Quand j’invective quelqu’un, je me permet d’avoir quelque arguments à coté. Or, votre argument principal est plus un mélange des genre assez fumeux (ie fabriquer ou utiliser des micros, c’est la même chose), bien plus qu’un fait
              avéré et incontestable. Un peu de modestie ne ferait pas de mal.

              Si par œil vous entendez « reconnaissance », alors non, je ne connais pas de geek qui ne s’y intéressent pas. De fait, je ne connais pas d’être humain qui ne s’y intéressent pas. La reconnaissance est un besoin humain (un besoin de seconde catégorie, c’est à dire pas nécessaire pour survivre, mais nécessaire pour vivre).

              Si par œil, vous parlez du feu des projecteurs, alors je peux vous dire que oui, la majorité des geeks s’en contrefoutent. Allez dans n’importe quel labo d’informatique (milieux ultra geek s’il en est). Aucun nom connu. Nous avons eu, en 2007, un prix Turing. Qui le connait ? Et c’est le sens de ma réponse : vous négligez justement que les geeks ne cherchent pas une reconnaissance « classique ». Ils en cherchent une autre. Une qui, justement, ne nécessite pas de travestir la science dans des « buzz » grotesque. Une qui juge pragmatiquement, scientifiquement. Les geeks ne cherchent pas ouvertement les buzz.

              Au final, quand le geek interagie avec le non geek, c’est souvent pour des raisons bassement matériels. Qui ne l’intéressent que modérément (voir qui le font particulièrement chier).

              Vous mélangez les producteurs de moyen et les utilisateurs. Ce sont pourtant deux groupes complètement distincts. C’est même justement l’opposition la plus courante de nos jour, celle qui existe entre le producteur technicien et le consommateur.


            • easy easy 2 février 2012 20:34



              «  »«  » Si par œil vous entendez « reconnaissance », alors non, je ne connais pas de geek qui ne s’y intéressent pas. De fait, je ne connais pas d’être humain qui ne s’y intéressent pas. La reconnaissance est un besoin humain (un besoin de seconde catégorie, c’est à dire pas nécessaire pour survivre, mais nécessaire pour vivre). «  »«  »

              Ici vous convenez comme moi que les geeks sont intéressés par l’Oeil (qui les reconnait) Et vous comme moi, convenons qu’il s’(agit là d’un sous-Oeil (celui d’un groupuscule)

              «  »«  »Si par œil, vous parlez du feu des projecteurs«  »«  » Heu, grands feux, petits feux, c’est la même chose. Un sous-Oeil propose une reconnaissance au sein,d’un sous groupe où il y a donc une petite scène et où les projecteurs sont plus petits. Le grand Oeil mondial propose une énorme scène avec d’énormes projecteurs.

              Vous insistez pour vous croire différents, animés par d’autres motivations, ce sont en réalités les mêmes, seuls les périmètres changent.


              «  »«  »« Nous avons eu, en 2007, un prix Turing »«  »« Ce qui prouve bien que vous tenez à une scène (petite en l’occurrence) et à des projecteurs (petits en l’occurrence)
               

               »«  »«  »vous négligez justement que les geeks ne cherchent pas une reconnaissance « classique ». Ils en cherchent une autre. Une qui, justement, ne nécessite pas de travestir la science dans des « buzz » grotesque.«  »«  »« 

              Commle 100% des groupuscules vous vous réclamez de motivations d’essence différente alors qu’elle n’est que de périmètre différent
              Car même dans votre arrière boutique, il vous faut forcément un buzz (entre vous, sans commune mesure avec les buzz du grand Oeil)



               »«  »«  »« vous négligez justement que les geeks ne cherchent pas une reconnaissance »classique« . Ils en cherchent une autre. Une qui, justement, ne nécessite pas de travestir la science dans des »buzz« grotesque. »«  »«  »
              La masse (qui fait la mode donc les grosses manières de buzzer) et le groupuscule des geeks (qui pondent les outils dont se servira la masse) sont interdépendants
               et ne peuvent se passer l’un de l’autre




               «  »«  »« Vous mélangez les producteurs de moyen et les utilisateurs. Ce sont pourtant deux groupes complètement distincts. C’est même justement l’opposition la plus courante de nos jour, celle qui existe entre le producteur technicien et le consommateur.  »«  »«  »"

              Les mélanger pas exactement, les confondre certainement pas mais les associer oui.

              Producteurs de céréales et mangeurs de nouilles sont à associer

              Producteurs de sculpture et amateurs de scultures sont à associer

              Producteurs de drogue et consommateurs de drogue sont à associer

              Kim Dotcom, Jobs et la masse des informatisés sont à associer







            • Pelletier Jean Pelletier Jean 2 février 2012 15:52

              Sur la gratuité, il est difficile de défendre la thèse d’une suppression pure et simple de la propriété intellectuelle. Et il ne suffit pas d’aller chercher des citations de Victor Hugo, hors de leur contexte, pour servir une thèse liberticide.

              Internet rebat les cartes des économies de la culture, remet en cause le principe de financement, donne un nouvel espace à l’accès à la culture …. Mais il est tout de même possible d’imaginer un mode de contribution des acteurs majeurs de l’internet à la culture, que ce soit la licence globale ou tout autre mode de gestion collective des droits sur internet.

              http://jmpelletier52.over-blog.com/

               


              • Marc Bruxman 2 février 2012 19:24

                Le but de l’article n’était pas de débattre du droit d’auteur, mais de tenter d’expliquer pourquoi celui ci devenait une idée saugrenue pour une vaste partie de la population.


              • Switcher 2 février 2012 20:49

                L’article confond les geeks et les nerds.


                C’est un peu dommage. smiley

                • Nicoco Nicoco 3 février 2012 11:00

                  La plupart des geeks que je fréquente ne sont pas contre le droit d’auteur mais contre l’idée de propriété intellectuelle.
                  La nuance est de taille !


                  • franc 5 février 2012 21:26

                    je voudrais dire que j’ai été touché par les deux premiers commentaires de dom y loulou bien que je ne sois pas toujours d’accord avec lui ,ici j’ai trouvé qu’il a été par moment assez sublime quand il parle au coeur avec sincérité

                     

                    je pense comme lui qu’il faut préserver le droit d’auteur qui est différent de la propriété intellectuelle ,car un auteur ou créateur a le droit de vivre de ses oeuvres comme tout travailleur qui mérite son salaire .La pensée même quand elle est exprimée individuellement et remarquablement par un auteur appartient à tout le monde ,néanmoins sa formation par l’auteur dans un travail et avec parfois une certaine peine doit pouvoir être rétribuée d ’une manière ou d’une autre afin de donner non seulement les moyens de subsistence à l’auteur mais encore les moyens matériels de création ,car pour certaines oeuvres comme le cinéma ou la musique il faut beaucoup de moyens pour les créer.Si pour écrire ,il suffit d’un stylo et du papier ,pour faire des films ou de la musique ,il faudra pouvoir payer tous les matériels et les personnels qui concourent à la mise en eouvre concrète .Il va sans dire pour le cinéma ,mais il en est de même pour la musique,car bien que parfois pour certaine chanson il suffit d’un guitare pour d’autres morceaux musicaux même populaire il faudra presque un orchestre symphonique .

                     

                    Par exemple pour le morceau musical « Silence » , chef d’oeuvre de mixage par Tiesto un des papes de la musique trance ,qui dure 14 minutes et élu meilleure composition musicale de la musique trance, il fait intervenir beaucoup de musiciens et une chanteuse comme dans un orchestre symphonique et a dû coûter assez cher je suppose pour la réalisation ,mais alors quelle résultat au final ,sublime . 

                     

                    j’ ajoute quand on aime ,on ne compte pas 


                    • Marc Bruxman 9 février 2012 19:55

                      Bon pour réagir puisque vous aimez la Trance ;)

                      Si vous appréciez un track de Tiesto, sachez que celui-ci (ni aucun autre DJ) ne mixe pas pendant. C’est un travail de studio absoluement pas reproductible entiérement en live (même si la piste de l’orchestre ou de la chanteuse peut être elle refaite en live). Dans de nombreux cas, les DJ n’écrivent pas eux même ces morceaux studios et se content de diriger la « production ». En gros, un producteur (souvent dans l’ombre) comme Joachim Garraud ou Benno de Goeij pend ses inputs d’un DJ (qui a l’instinct pour ce qui marchera ou pas pendant ses sets) et assemble un morceau. Le producteur s’occupe ensuite que l’ensemble soit efficace. Ca c’est dans le meilleur des cas, mais Tiesto fait partie de ce cas la.

                      De toute façon un bon DJ n’est pas la pour produire des disques mais pour faire des setlists en public. S’il produit des disques c’est à but promotionnel mais aussi parce que par son expérience il sent ce qui pourrait animer ses sets. Lorsque Tiesto pose « Traffic » ou toute autre plaque aimée du public, il n’a plus grand chose à faire si ce n’est réfléchir à ce qu’il va passer après et le caler proprement. Ce n’est pas si simple, mais si les gens comprenaient déja cela, ils ne voteraient pas pour n’importe qui au DJ mag top 100 ;) Cela dit, beaucoup de gens arrétent d’écouter des musiques électroniques lorsqu’ils comprennent ce que fait réelement le DJ. Ils ont tort. Peu de gens sont capables de lire une foule pendant 9 Heures d’affilée et de lui faire plaisir sans trop de temps mort. Tiesto fait partie de ces gens la avec Armin, Ferry Corsten, Carl Cox et quelques autres. Mais il y a aussi beaucoup d’imposteurs comme Guetta ou la Swedish House Mafia.

                      Les disques produits par les DJ coutent généralement assez peu cher à produire et sont des outils de promotion plus qu’une source de rentabilité. Il n’est pas dit que Tiesto ait revu sa mise avec « Silence » (mais peut être car Tiesto est à part sur ce marché) mais ce qui est sur c’est que ceci a assuré la promotion de ses DJ sets. Et vu que les cachets pour Tiesto peuvent atteindre 100 000 € pour un gros festival cela justifie de perdre un peu d’argent sur le disque. Les seuls DJ a pouvoir faire un peu d’argent avec le marché du disque sont les superstars et en gros, il y a : Tiesto, Armin Van Buuren, Guetta et la SHM (sans aucun jugement artistique sur la soupe de guetta).

                      Mais la musique Trance et sa vitalité montrent justement que le marché du disque peut se passer de droits d’auteur. A State Of Trance a été largement piraté, cela a assuré la célébrité d’Armin, aucune de ses stars ne fait de très gros revenus avec ses disques mais les cachets sont gigantesques. Après comme pour les autres styles de musique, c’est une pyramide et je serai curieux de connaitre les cachets donnés par ALDA pour un événement comme ASOT 550.


                    • Marc Bruxman 9 février 2012 19:56

                      Au fait, derniérement Tiesto ne produit plus de la Trance ;) Il a changé de style.

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