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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Dame de chez Maxim » de Georges Feydeau au Théâtre de l’Odéon

« La Dame de chez Maxim » de Georges Feydeau au Théâtre de l’Odéon

Lendemain de fête pour Feydeau où les restes d’une nuit de champagne et de paillettes chez Maxim laissent, au coeur des pétales de l’amour, une situation maritale portant à confusion.

De la maîtresse à l’épouse, un charivari sociétale va entraîner monsieur Petypon dans un engrenage de quiproquos où il semblerait que rien, ni personne et encore moins l’auteur, n’aient envie que cette nuit d’ivresse se termine au petit jour.

Au comble de la palette grimaçante, Nicolas Bouchaud y exprime une exaltation à fleur de peau ; la môme crevette, Norak Krief, star de ce vaudeville, rend à Arletty ce que la bourgeoisie attend, avec délice et profusion, d’une cocotte du Moulin Rouge ; quant à Nadia Vonderheyden, c’est non sans un voile sensuel dans la voix éraillée, qu’elle abonde, sans limite, la bonne volonté de l’épouse constamment contrariée.

C’est dans le brassage des convenances et de l’étiquette que va se concocter une analyse en coupe, de l’art de vivre à la belle époque... si proche de la contemporanéité.

« Et allez donc, c’est pas mon père !... ».

Avec ce gimmick, n’ayant, a priori, l’air de rien, Georges Feydeau va porter au fer rouge, le comique de répétition qui, sous gage d’une tournure populaire dissimulant un conflit des bonnes manières, va joindre allègrement le geste à la parole.

Réussissant à faire adopter sa formule lubrique à l’intelligentsia provinciale toujours en retard d’un métro sur le tout Paris, la môme crevette va se faire entraîneuse d’une farandole mettant cul par dessus chaise, la hiérarchie bienséante du « larbin » à la « Duchesse ».

La mise en scène de Jean-François Sivadier parie sur une abstraction conceptuelle de portes qui claquent, alors que celles-ci, soutenues par des cordages tombant du haut des cintres de cour à jardin, jouent au théâtre de marionnettes avec des clones en contreplaqué.

Tels à guignol, vociférants à tout va, les acteurs se relaient sur le ring de l’Odéon, pour y faire pétarader un feu d’artifices où

l’Archange Gabriel et autres revenants illuminés s’allient à une chaise extatique pour faire gober le pouvoir de l’invraisemblable, à la pensée ingénue incarnée au meilleur de ses formes.

En régisseur zélé de ce carnaval, Gilles Privat n’aura de cesse de mettre tout ce beau monde aux pas cadencés du Général Petypon du Grêlé.

L’unique retransmission en directe sur Arte aura su être fidèle à l’emballement des coeurs et des esprits, ayant eu le privilège d’être placés in situ de mai à juin.

C’est pourquoi, après trois heures quarante de représentation et au-delà des applaudissements et des bravos, la scène de l’Odéon jonchée de pétales rouges conserve encore les stigmates d’une tornade festoyante, témoignage résiduel d’une direction d’acteurs ayant sublimé le ravissement de doux dingues à accompagner, sans réserve, le temps béni de l’enivrement et de ses fulgurances :

« Et allez donc, c’est pas mon père ! ».

Photo © Theothea.com

LA DAME DE CHEZ MAXIM - **** Theothea.com - de Georges Feydeau - mise en scène : Jean-François Sivadier - avec Nicolas Bouchaud, Cécile Bouillot, Stéphane Butel, Raoul Fernandez, Corinne Fischer, Norah Krief, Nicolas Lê Quang, Catherine Morlot, Gilles Privat, Anne de Querioz, Nadia Vonderheyden, Rachid Zanouda, Jean-Jacques Beaudouin & Christian Tirole - Théâtre de l’Odéon


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