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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Dame de la mer » La Brochet se joue de Weber au Montparnasse

« La Dame de la mer » La Brochet se joue de Weber au Montparnasse

Lorsque les détracteurs s’abattent en vrille sur une mise en scène d’un nouveau venu sur les planches, en l’occurrence celles du Théâtre Montparnasse, cela pourrait paraître provocant voire présomptueux de s’inscrire en faux face au lynchage critique.

Et pourtant cette Dame étrange et fascinante à la fois, attirée par les flots de la haute mer afin de s’y laisser engloutir par l’amour récurrent à l’égard d’un être venu d’ailleurs, possède toutes les vertus aptes à déclencher l’intérêt du spectateur adepte d’Ibsen.

Lorsque de surcroît, c’est Anne Brochet qui s’est emparée de ce rôle, digne du mythe romantique allemand de la fameuse Lorelei qui elle, à l’inverse, attirait dans ses filets tous les jeunes hommes la croisant au détour des méandres du Rhin, l’étrangeté se fait ici incarnation jusque dans les conséquences ultimes à éprouver l’absence de limites au sentiment passionnel du libre consentement.

Face à elle, Jacques Weber, en mari soucieux de protéger son épouse de tous les tourments mentaux qu’il pense à la source d’un tel dérèglement des affects, se pare, avec sa bonhommie coutumière, d’une distanciation à soi-même, en gage de ressentiments étouffés mais trahis néanmoins par le souffle court de la voix.

Les deux jeunes filles d’un premier mariage, leur précepteur, un jeune homme rescapé d’un naufrage et un trublion de circonstances complèteront la tribu des intimes enclins à jouer les garde fous de cette cellule familiale menacée d’implosion viscérale.

Mais voilà, l’étranger ne cesse de réapparaître dans l’imaginaire que la Dame fomente autour d’elle et c’est donc en raison de ce fantasme de plus en plus tracassant que les amarres devraient être définitivement rompues d’avec ce mari paradoxalement tant aimé.

Mystère et mythomanie feignent alors de pouvoir accepter librement toute destinée tracée par des signes précurseurs, fût-elle éminemment destructrice !

La messe serait donc dite ! Et pourtant, si cette nouvelle adaptation d’Eric-Emmanuel Schmitt n’épuise pas, à elle seule, les ressorts de la fatalité illustrée par Ibsen, Jean-Romain Vesperini y recompose les sortilèges du carcan idéologique norvégien en octroyant à cette écriture, l'inspiration romantique d’y transgresser le mauvais sort.

photos © Theothea.com

LA DAME DE LA MER - **.. Theothea.com - de Henrik Ibsen - mise en scène Jean-Romain Vesperini - avec Jacques WEBER, Anne BROCHET, Jean-Claude DURAND, Ninon BRÉTÉCHER, Chloë CHAUDOYE, Laurent FERNANDEZ, Jean-François LAPALUS & Antoine QUINTARD - Théâtre Montparnasse

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