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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La décadence de l’industrie phonographique

La décadence de l’industrie phonographique

À moins d’une drastique et douloureuse réinvention d’elles-mêmes, les majors de la musique échoueront inéluctablement dans les sables mouvants de « l’ère du temps ».

Au nom du peer

Selon une étude du CREDOC datant de 2005 (1), un bon tiers des adolescents et une solide moitié des jeunes adultes avouent télécharger régulièrement de la musique gratuite sur les plates-formes peer-to-peer (Kazaa, eMule, Shareaza, BitTorrent, etc.), le verrouillage électronique de la plupart des titres commerciaux y étant pour beaucoup. Par ailleurs, notre système économique n’est-il pas mu par la recherche du moindre coût ? Des études similaires dans plusieurs pays de l’OCDE ont abouti à des conclusions très voisines.

Endiguer le peer-to-peer relèvera d’une mission hautement impossible. Cette technologie a permis aux cybernautes d’engendrer, sans la moindre intervention d’une firme du loisir numérique, une médiathèque en ligne aux essors infinis. Un bond technico-sociétal comparable à l’invention de l’imprimerie. Le P2P suscite également l’adhésion croissante des FAI, des câblo-opérateurs, des éditeurs de logiciels et de jeux vidéo. Dans le secteur scientifique et médical, c’est une solution distributive viable pour le stockage et le téléchargement de volumes colossaux de données. Les réseaux cryptés P2P ad hoc intéressent hautement les laboratoires militaires d’informatique et de robotique. Les dérivations et les synergies de cette icône du distributed computing & networking n’en sont donc qu’à un stade embryonnaire.

Pour les pays du tiers-monde, la combinaison logiciels libres-P2P est une véritable aubaine tous azimuts. Dans les sillages d’un Empire du Milieu diversifiant ses approvisionnements énergétiques intercontinentaux et des entreprenantes diasporas commerçantes chinoises, la firme Huawei inonde les marchés du Sud de téléphones fixes/mobiles compatibles WiFi-Wimax. Corollairement, elle conclut des partenariats technico-commerciaux avec des opérateurs télécoms-FAI locaux afin de développer des réseaux hertziens d’Internet rapide, beaucoup plus économiques et efficaces dans des pays où les infrastructures filaires sont très souvent vétustes, voire inexistantes. À Douala, le joint-venture anglo-franco-singapourien Kolam Partnership installe des bornes WiFi-Wimax à énergie solaire dans les lampadaires stratégiques (axes les plus fréquentés, quartiers densément peuplés, zones commerciales) afin de mailler la métropole portuaire camerounaise en noeuds de connexion Internet sans fil. La Chine, l’Espagne, le Nigéria, la Jordanie et le Qatar ont manifesté un vif intérêt pour cet ingénieux dispositif.

Les bazars d’électronique proposant PC clonés ou recyclés à 200 euros pièce et accessoires informatiques made in China/India, sont pris d’assaut par les classes moyennes urbaines d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie centrale-septentrionale, qui découvrent l’informatique domestique et l’Internet haut débit à peu de frais. Des quartiers entiers de Caracas, de Lagos ou de Djakarta manquent d’eau courante, mais on y trouve les derniers photophones à la mode et des Wintel de troisième main USB-connectés à des mobiles Wimax de manufacture chinoise, mettant à jour leurs versions de Firefox, d’OpenOffice, de eMule, de BitTorrent. Après avoir pris le train de la téléphonie mobile en marche à la fin des 90’s, les nations en développement rejouent apparemment le même scénario avec l’Internet haut débit.

Les consomnauteurs : ces moutons qui chient de l’herbe (2)

L’ère du consomnauteur est aussi celle d’une e-conomie du don et de la réciprocité où la valeur d’usage d’une oeuvre numérique l’emporte sur sa valeur marchande. Pour le programmeur-développeur, le freeware au code source ouvert autorise plus de modifications et d’améliorations [versions personnalisées, patchs, add-on, plug-in] qu’un logiciel propriétaire ; d’où la fantastique adaptabilité du système Linux et le remarquable attrait des logiciels open source. Plutôt qu’un titre commercial verrouillé, l’audionaute préfère nettement le MP3 du podcast/P2P, transférable à volonté sur son PC et sur son téléphone-baladeur 3G. Aux yeux et aux oreilles du virtual DJ, la vraie liberté artistique réside dans des morceaux libres de droits réutilisés, retransformés puis uploadés. Liberté d’autant plus importante que le DJing (turntablisme, sampling, remixage), berceau des musiques électroniques, irradie fortement notre culture instrumentale depuis les 80’s. Ces propensions, quasi inconcevables ou marginales sous le royaume du offline, entrent en éruption dans l’empire du online.

Côté artistes, le podcasting n’est pas seulement le triomphe de la mise en scène de soi (egocasting), il a conféré des caractères de spontanéité et de gratuité à la création-diffusion musicale (democasting) qu’interdisaient les technologies analogiques ou semi-numériques [AAD, ADD]. Les home studios, la musique assistée par ordinateur et les gratuiciels d’édition audio, autrefois confinés à un public professionnel et aujourd’hui utilisés par tous les i-musiciens, accélèrent et fluidifient la chaîne master digital-MP3-Web. Côté audionautes, c’est une féroce addiction au média musical mobile à la carte, qu’on fabrique soi-même grâce au flux RSS. Par bien des aspects, P2P et podcasting, foyers incandescents de l’e-conomie du don et de la réciprocité, ont réhabilité troc, nomadisme, tribus et clans. L’i-génération serait-elle une lointaine fille des âges farouches ?

Réponse : oui. Car, lentement et sûrement, elle a instauré la gratuité généralisée : 2% de titres commerciaux sur 1 milliard de fichiers audio téléchargés dans l’hexagone en 2005 !...Et ceci malgré les succès réels des plates-formes payantes iTunes et Napster (3). Illégale ou pas, il faudra bien qu’Etats et industries du divertissement composent avec cette incontournable réalité. Le marché des baladeurs numériques, des mobiles multimédia 3G et des disques durs externes s’en accommodent fort bien. Jusqu’aux fabricants de chaînes HiFi qui intègrent de plus en plus des entrées USB dans leurs modèles...

Guerre froide

Un immense fossé philosophique sépare infomédiaires et consomnauteurs d’une part, majors de la musique d’autre part.

Les infomédiaires [GYM : Google, Yahoo !, Microsoft, et bientôt Myspace] n’ont qu’une mission : générer autant de trafic que possible sur leurs portails. Raison pour laquelle ils se muent en agrégateurs de contenus (e-mails, actualités, musique, vidéo, voyages, finances, géo-cartographie, weboffice, mobile, etc.) et en métarégies publicitaires. 24 heures de Web sans les GYM, c’est comme une journée de finance mondiale sans Wall Street.

Le podcaster est en quête perpétuelle de métamusique instantanée, collectionnant des flux ultra-personnalisés d’actualisation. L’i-musicien qui vise un horizon plus large que l’égocasting, doit optimiser sa visibilité électronique et/ou la téléchargeabilité de ses oeuvres numériques en mixant habilement les outils du média participatif et du P2P. D’ores et déjà, quelques plates-formes peuvent largement combler leurs attentes : BNflowers repose entièrement sur un e-marketing viral à base de RSS podcast, Jamendo sur le P2P, et Myspace sur le média participatif complet (blog, vlog, podcast, réseau social). D’où la ruée des jeunes talents vers ces ruches pour abeilles i-musicales, parfois rampes de lancement vers le grand public [the Arctic Monkeys, Sandi Thom et Mélanie Pain, pour ne citer qu’eux]. Preuve que gratuité et création artistique font très bon ménage.

Bien avant l’apparition du disque vinyl et de la cassette, l’industrie phonographique réalisait déjà de juteux profits grâce aux spectacles et à la radiodiffusion. De leur apogée à la fin de leur vie, Marlène Dietrich, Louis Armstrong et Tino Rossi vécurent très confortablement. Leurs producteurs et leurs managers aussi. L’hiver dernier, des concerts historiques des Rolling Stones à Rio de Janeiro et à Shangaï, financés par les municipalités et des chaînes TV locales, ont rassemblé plus d’un million de spectateurs. Les auditeurs sont prêts à faire des kilomètres et à payer cher pour « voir en vrai » leurs artistes préférés. La publicité, les subventions étatiques, les contributions des fans et les donations permettront de financer des représentations publiques, dont les bénéfices seront prioritairement destinés aux i-musiciens. La gratuité cyberculturelle ne signe donc point la fin de la culture marchande, camarades. Au contraire, ce n’est qu’un éternel recommencement.

Revenons au fossé philosophique dans notre Web 2.0. On l’a vu, infomédiaires et consommauteurs pensent en termes de flux et d’acteurs (trafic, e-pub, RSS, téléchargements, buzz) traitant et recyclant l’information avec une remarquable habileté, récupérant et adaptant toute innovation netware à leur profit, et apprivoisant efficacement la gratuité. Les multinationales phonographiques, structures fondamentalement industrielles, raisonnent en termes de produits, de clients et de marché de masse, figées qu’elles sont dans une culture managériale qui fit ses preuves durant tout le XXe siècle mais obstrue aujourd’hui leurs capacités de prospective et d’adaptation. Par le jeu des DRM, elles espèrent réintroduire dans les oeuvres immatérielles l’effet de rareté inhérent aux supports physiques (disque vinyl, CD) et rétablir leur assise économique et stratégique d’antan.

Surveiller et punir

Mais, plus que décidées à en découdre avec les audionautes, majors et parlementaires décrètent la loi martiale (cf. DADVSI dans le cas français). Objectifs : réprimer toutes les technologies d’échange et de coopération, fidéliser le client par des méthodes coercitives, réglementer les accès aux contenus et contrôler en ligne leurs usages privés. Outils : spywares, encodages et incompatibilités logicielles, représailles judiciaires. En outre, les firmes phonographiques semblent avoir oublié que plaisir et confort sont à la consommation musicale ce que séduction et charme sont à l’aventure érotique. Truffée de mesures de techniques de protection, l’oeuvre numérique commerciale (acquise légalement !) n’offrira à l’utilisateur qu’un usufruit limité. De fait, l’auditeur sera surtout propriétaire d’une bigbrothérienne épée de Damoclès forgée par les PDG du DRM. Quant au musicien, l’époque où il était universellement audible sera complètement révolue. Foucault, Orwell, réveillez-vous : Ubu a été fait roi de la culture et du divertissement ! Musicien et auditeur devront-ils impérativement recourir à une cour de cassation afin d’obtenir satisfaction ? Un modèle kafkaïen du droit d’auteur se mettrait-il en place ?

Toutefois, la virtualisation donnera encore plus de fil à retordre aux majors. Ce merveilleux procédé transformera systèmes d’exploitation, applications logicielles et oeuvres culturelles en flux permanents inondant la toile grâce aux connexions très haut débit par fibre optique. Un phénomène qui renforcerait d’autant les infomédiaires, pénaliserait gravement le marché des mémoires physiques (CD, DVD, disques durs externes) et bouleverserait radicalement les domaines hardware, software et netware. Microsoft, Intel, IBM, Dell, AMD et Cisco sont déjà sur la voie rapide des network computers, ordinateurs sans disque dur fonctionnant très efficacement avec des systèmes d’exploitation en réseau local ou en ligne [OS web]. Alors, pourquoi pas dans un futur proche des tables de mixage en ligne ou des e-labels reposant sur des architectures computationnelles et/ou connectiques massivement distribuées, à l’image du programme SETI@home, du logiciel de netphonie Skype ou des plates-formes P2P ? Qu’adviendront les superforteresses législatives et technologiques type EUCD, DADVSI et DRM dans cet océan binaire ?

À moins d’une douloureuse et profonde réinvention d’elles-mêmes, les divisions blindées de la musique demeureront donc mécaniquement lourdes, difficilement manoeuvrantes, seront constamment devancées par l’évolution technico-sociétale et chroniquement harcelées par de multiples forces de réaction rapide : infomédiaires, P2Pistes, consommauteurs, cyberpunks, développeurs de gratuiciels (audio)...

Les licences Creative Commons, les plates-formes de musique libre et gratuite, l’univers des podcasts : tout cela forme un audiosystème solaire en pleine maturation, où foisonneront des modèles ouverts et inclusifs de la propriété intellectuelle, plus adaptés aux méthodes créatives et aux pratiques consuméristes de l’Homo Digitalus. Le musicien veut d’abord être entendu, l’auditeur veut d’abord l’écouter ; librement et sereinement. Grâce à l’inclusivité des droits, leitmotiv de la conquête cyberculturelle, l’i-génération ne passera pas à côté des choses simples.

(1) Publiée dans Le Monde du 14 octobre 2005

(2) Howard Rheingold, Foules intelligentes. La révolution qui commence, (M2 Éditions, 2005)

(3) Selon l’Institut GFK. Alternatives économiques, numéro 248, juin 2006.


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65 réactions à cet article    


  • Darkfrogger (---.---.172.177) 7 juillet 2006 13:25

    En effet...

    Par contre je m’étonne de vous voir comprendre ici ce qui ce dit aussi ailleurs, par exemple sur Odebi !???

    A moins d’avoir zapé quelque chose, seule une infine minorité veut abolire sans compensation le droit d’auteur, alors que la majorité souhaite lui donner une nouvelle forme, dont cet article dresse un portrait très interessant !

    En tous cas espérons que les majors saurons comprendre un tel article, car s’il ne le font pas, et persistent dans la voie des DRM, se seront eux les fossoyeurs du droit d’auteurs (ce qu’il on déjà en parti fait avec DADvSI qui les protège bcp trop et moins les artistes...

    Mais une chose est certaines : nous somme devant un choix culturel/civilisationnel majeurs, et un tel choix ne se fera pas sans « heurts » plus ou moins violents...

    Esprons que l’avenir ressemblera à ce que prédit cet article : pour les auteurs, pour les consomateurs, pour la culture, ce ciment qui fait par le partage un socle commun partagé par tous et permet ainsi une vie comune harmonieuse et en paix... C’est bien connu : pour vivre ensemble il faut partager des valeurs communes, et la culture en fait parti ! Alors fesons qu’elle soit partagé par tous et nous quelques riches et permettent de rémunérer, originalement dans l’air du temps les créateurs et autres artistes...

    Que les majors se rassurent : Quand ils aurons redécouvert les vertues de la valeur ajoutée, ils pourrons alors de nouveau trouver un marché avec la chiffre d’affair qui va avec !!!


  • Tinaute (---.---.7.139) 7 juillet 2006 15:47

    Inclusivité des droits mais probablement pas tel que vous l’imaginez mon cher demian. L’auteur de cet excellent article n’en dit mot, à propos de ces droits, et là n’était pas vraiment son sujet principal. J’ai l’outrecuidance que les « droits voisins » seraient même purement et simplement anéantis par cette numérisation de la culture.

    Appréciant fortement jamendo, reconnaissant parfaitement les droits d’auteurs tels que pouvant être représentés dans les licences CC par exemple, je me sents pourtant opposé à ce qui en est fait dans la legislation française avec les dernières turpitudes de notre ministre et ses commanditaires.

    Donc à lui d’apporter la précision sur ces droits d’auteurs : quel est le « noyau dur » inaltérable et admis par tous aujourd’hui des droits que peut avoir un auteur sur sa création ?


  • Darkfrogger (---.---.171.246) 7 juillet 2006 16:44

    Hummm DW, semblerais que finalement la petite lueur d’espoir disparaisse assez vite en vous lisant... Que je sache Odebi n’est pas une structure monobloc où tout le monde pense pareil, et beau jeu aurons certains de dénoncer les droits voisin et une forme du droit d’auteur désuhète tout en défendant le droit des auteurs, car pour vous si ce ne viens de votre bouche c’est forcément que l’on veux simplement abolir (totalement) les droits des auteurs...

    Pourtant ce n’est pas le cas... Apprenez donc à distinguer les courants de pensée, même au sein d’Odebi SVP, cela élèverais enfin le débat d’un certain nombre de niveaux...


  • Mouton (---.---.101.8) 7 juillet 2006 10:30

    Article bien intéressant, qui traite du problème avec suffisamment de détachement pour convaincre des indécis. Je forward ;)


    • Gimmygimmycheak (---.---.4.4) 7 juillet 2006 12:41

      « les firmes phonographiques semblent avoir oublié que plaisir et confort sont à la consommation musicale ce que séduction et charme sont à l’aventure érotique. »

      J’adore ! :)


      • Adolphos (---.---.59.170) 7 juillet 2006 13:26

        Il est clair qu’il faut mettre des moyens repressifs, car les français ne comprennent que la repression, pour lutter contre le piratage. Sans doute, les majors doivent changer de réseau de distribution, mais cela ne peut se faire que lorsque ce probléme de piratage aura été écrasé.


        • Chasseur de Troll (---.---.172.177) 7 juillet 2006 13:32

          Zieg Heil !!!


        • Sran_isback (---.---.145.58) 7 juillet 2006 13:33

          il manquerait plus que ces cons de pauvres puissent profiter de la culture autant que nous les nantis !


        • joë (---.---.28.222) 7 juillet 2006 16:14

          Petit-Adoph, avez-vous raté votre examen aux Beaux-Arts, comme votre grand-papa ?


        • (---.---.35.162) 7 juillet 2006 18:01

          Adolfosse, toujours les mêmes idées communes dans ta fosse ?


        • Adolphos (---.---.59.170) 8 juillet 2006 06:59

          « il manquerait plus que ces cons de pauvres puissent profiter de la culture autant que nous les nantis ! »

          La culture, c’est avant tout du travail, la culture c’est l’école, et pas vos chansons à la cons.


        • Quentin (---.---.56.128) 7 juillet 2006 13:45

          De toute façon, tout a été enregistré par les plus grands virtuoses.

          Personne ne jouera du piano mieux que Rubinstein, du violon, mieux que Menuhin, du violoncelle mieux que Casals, aucun soprano ne chantera mieux que la Calas, aucun chef ne dirigera mieux que von Karajan, par conséquent, l’industrie phonographique peut disparaître sans que ce soit une catastrophe pour qui que ce soit.


          • Jesrad (---.---.20.126) 7 juillet 2006 17:58

            Wow, mon sarcastomètre a explosé !

            Ce qui est clair, c’est que le droit actuel n’assure plus son but, qui est d’inciter à la création d’oeuvres intellectuelles au plus grand profit du public.


          • Zenest (---.---.3.153) 7 juillet 2006 14:27

            @ tous : ne nourrissez pas le troll Adolphos. Si vous voulez aller dans le sens de cet article, autant lui ajouter vos idées constructives plutôt que de perdre votre temps à vous soulager de l’aigreur bien compréhensible que génèrent les propos de l’ami Adolphos.


            • Plus robert que Redford (---.---.219.16) 7 juillet 2006 15:37

              Enfin une lueur d’espoir !

              Si j’en crois cet article, les pays dits « en développement » sont en passe de trouver leurs propres solutions à leurs problèmes : on passe directement à la case « mobile » sans passer par le filaire, on échange les produits on-line sans s’abaisser sous les fourches Caudines des Majors, etc...

              Qu’il en soit de même pour les problèmes d’énergie, d’industrialisation en général, voire de modèle de développement (on peut rêver !)et l’Afrique quittera son statut de sous-continent exploité.


              • hans (---.---.220.12) 7 juillet 2006 15:47

                Les technologies de l’information permettent aujourd’hui aux artistes désirant s’affranchir des « majors » de le faire, et à moindre frais ! J’attends patiemment que les esprits soient prêts à diffuser et consommer « autrement » les produits culturels... A quand un groupement autonome d’artistes roulant pour eux mêmes ?.................


                • minijack minijack 7 juillet 2006 18:07

                  Tout à fait d’accord, mais à quand un moyen de rémunérer « en juste proportion de la jouissance de leurs oeuvres » ces artistes qui joueraient le jeu ?

                  Actuellement les licences CC ne permettent aucunement cette rémunération sauf par une contribution volontaire du téléchargeur, ce qui revient pour l’artiste à « faire la manche ». Les artistes musiciens doivent-ils se résoudre à vivre de la charité publique ? Aucune vie sociale ne peut se bâtir là-dessus !

                  Et qu’en est-il des « auteurs » ou compositeurs, (non interprètes) qui ne font pas de représentation publique ? Les écrivains notamment ?

                  Oui, l’ère des dinosaures de l’industrie phonographique est terminée, mais pour que l’homo-creatus trouve sa place individuellement dans la société en renouveau, il faut encore que l’évolution lui offre l’opportunité de s’assumer individuellement... La charité publique ne permet pas cela. Une Licence Globale forfaitaire et imposée non plus. Entre des artistes fonctionnarisés et des mendiants, il devrait être possible de trouver un juste milieu.

                  .


                • Jesrad (---.---.20.126) 7 juillet 2006 18:17

                  Pourquoi pas un accord de paiement au préalable par les futurs consommateurs ? Par exemple il existe des initiatives où les futurs spectateurs de films proposent de financer un scénario de leur choix par une promesse d’aller le voir au cinéma (en simplifiant).

                  C’est ce que les Médici faisaient pour la Renaissance : commissionner des artistes.


                • Jesrad (---.---.20.126) 7 juillet 2006 19:00

                  N’importe quoi !

                  Je ne cherche pas à contrôler les artistes, JE SUIS ARTISTE (violoncelliste et ténor avec 12 ans de performances publiques et deux participations à des CDs, en plus de mes métiers de graphiste et programmeur).

                  Je suis aussi minarchiste, alors vos discours de soit-disant autoritarisme tombent complètement à plat. Je respecte les droits du public, « propriétaire » ultime de toute oeuvre intellectuelle. C’est à lui de fournir l’élan, de choisir et d’appeler les oeuvres, pas à nous de nous servir sur chacun de ses achats de médias numériques à coups de redevances mal justifiées et de lui imposer des restrictions ubuesques sous forme de DRM. Vous n’avez pas envie qu’on vous le dise, mais je vous le dirai quand même, cher confrère : vos « droits » actuels empiètent sacrément sur ceux des autres. Alors qui est autoritaire ?


                • Tanvalacruchalo (---.---.35.146) 7 juillet 2006 19:09

                  MDR... le DW n’en rate pas une.


                • fb (---.---.57.197) 7 juillet 2006 19:40

                  « Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous »

                  Victor Hugo, Discours d’ouverture du Congrès littéraire international, 17 juin 1878


                • (---.---.255.53) 7 juillet 2006 20:28

                  Si un artiste souhaite faire dont d’une oeuvre à la société, c’est son droit le plus total. Si l’oeuvre s’avère importante pour la société, c’est son devoir de le rétribuer.


                • fb (---.---.57.197) 7 juillet 2006 21:16

                  Demian,

                  Si vous croyez que mépriser les droits du public est la solution (à quel problème d’ailleurs ?) vous êtes mûr pour un poste de « stratège » dans une major, genre héritier spirituel de George Armstrong Custer.

                  Votre monde est mort, c’est ainsi.


                • minijack minijack 8 juillet 2006 03:50

                  @ Jesrad

                  Je respecte les droits du public, « propriétaire » ultime de toute oeuvre intellectuelle. C’est à lui de fournir l’élan, de choisir et d’appeler les oeuvres...

                  Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? Vous vous dites artiste, certes, vous êtes violoncelliste, mais êtes vous auteur ou compositeur ? En tant qu’instrumentiste vous sentez-vous « propriétaire » d’une oeuvre de Mozart au prétexte que vous l’interprétez ?

                  Le « public » n’a AUCUN DROIT sur une oeuvre QUE CEUX QUE l’AUTEUR LUI ACCORDE, c’est à dire d’en JOUIR. Spécialement sur une oeuvre enregistrée, en numérique ou pas.

                  Une oeuvre jouée en « live », c’est encore autre chose. On « se l’approprie » par l’écoute, mais l’original reste la propriété de l’auteur toujours.

                  Par contre, et là vous avez raison, les DRMs sont inacceptables, puisqu’ils empêchent le public d’en jouir comme l’auteur lui en accorde le privilège que des intérêts industriels limitent.

                  C’est donc bien de la différenciation entre les intérêts industriels d’une part, et le droit d’auteur d’autre part (dont licence accordée au public par l’auteur -seul propriétaire de l’oeuvre-) que pourra venir une solution.

                  Qu’ensuite, le public « choisisse » ou « appelle » telle ou telle oeuvre, c’est ce qu’on appelle le succès. C’est un autre problème, qui devrait n’être lié qu’au talent (et non aux schémas industriels de diffusion), et qui n’a rien à voir avec le « Droit ».

                  .


                • Adolphos (---.---.59.170) 8 juillet 2006 07:04

                  « le droit de l’esprit humain »

                  Bon, ca va, parce que l’Esprit Humain, et ses droits, c’est de la pure abstraction, donc ca ne coute rien.


                • ebar (---.---.140.74) 13 juillet 2006 21:45

                  Merci a vous pour cette réflèxion. En effet le coeur du problème n’est pas tant le contrôle d’accès ( ce qui est différent des DRM ) , puisqu’il est assez facile de voir qu’il éxiste et qu’il est accepté, par éxemple dans les chaines de TV cablées et autres bouquets satellites mais plutôt comme vous le faites remarquer la possibilité pour les artistes d’avoir une vie sociale. Un artiste « mendiant », hors la vie, ne pourra pas créer et encore moins enrichir l’offre de création disponible. Les modèles de diffusion gratuite " pas de problème, dès lors que l’artiste le souhaite. Ce qui me gène et que je n’entends pas souvent, c’est la distinction entre une pratique « amateur » de loisir qui doit pouvoir se diffuser facilement et la démarche professionelle.


                • FredleBorgne (---.---.44.172) 7 juillet 2006 16:07

                  Excellent article.

                  Sérieux, documenté, le ton juste, engagé comme il faut.

                  Le raisonnement est excellent.

                  Juste une petite pirouette sur un sujet : Mes droits d’auteurs qualifiés « inclusifs » et pas trop explicités.

                  Mais ainsi, ceux -ci ne sont nullement niés par un cyber piratage autorisé et leur règlement est assuré par différentes méthodes en fonction de leur lieu de diffusion (podcast, plate-forme légale, payés par la publicité...) sensés être suffisants pour « contenter » l’artiste.

                  Je dirai personnellement « facile à contenter » car si il n’y a pas les major à « goinfrer », le coût d’une oeuvre diffusé largement est minime, tout en pouvant être supérieur à ce qui est versé à un artiste aujourd’hui. On peut aussi faire baisser ce coût en supprimant les sacem et autres dont les frais de fonctionnement font jeu égal avec une répartition à des ayants droits ayant dépossédé un artiste initial pour spolier le monde artistique.

                  Un régal. Félicitations à l’auteur .


                  • LST (---.---.157.224) 7 juillet 2006 18:24

                    A propos des majors, ce qui me sidère, c’est leur retard idéologique. Ce qu’elles critiquent, on le connait depuis bien plus longtemps. Dans les années 80-95, le sport préféré des jeunes, pour autant que je me réfère à me propre experience, comme à celle de certains membres de ma famille et de mon entourage, plus agés que moi, les échanges de cassettes audio ou video, le pret des disques etc existent depuis le début.

                    Que je sache l’industrie phonographique a fait plus qu’en profiter. Lorsque Mickael Jackson a sorti Thriller, on en a parlé et reparlé, c’était une révolution, tout le monde en a parlé, les jeunes s’échangeaient les disques, copiaient sur des cassettes et il a pourtant vendu plus de 50 millions de single/album (il en même entré au Guiness Book pour cela)... Alors même que la copie était florissante.

                    Alors respecter les droits d’auteurs, oui, mais l’industrie du disque tombe dans le piège de checher l’argent au lieu de fournir un contenu musical de qualité, ça va se retourner contre eux, les jeunes qui ont un tant soit peu de culture phonographico-historique, qui ont des membres de leur famile qui ont moins de trente-cinq ans vont le faire payer aux majors, le piratage va s’en donner à coeur joie, ce sera leur faute.

                    Qu’ils arrêtent de prendre les gens pour une pompe à fric, une pompe-à-dividendes-pour-actionnaires, 16 euros le cd, 22 euros le DVD, c’est du vol, surtout lorsque l’on sait que les droit d’auteurs représentent (les français sont privilégiés) de 5 à 7% du prix (HT pour autant que je sache). Ce sont les majors et l’état (via la TVA) qui s’en mettent plein les poches. Le risque ? Les majors se plantent, comme le dit l’auteur de l’article, Internet perme aux artistes potentiellement poplaires de ce aire connaître, le risque qu’ils se targuent de prendre, c’est devenu un mensonge. Il n’y a plus de risque. A bien sur avec une certaine télé réalité, le risque devient réel, mais il faudrait qu’ils reviennent sur terre. Ils on la tête dans leur porte monnaie, leurs oreilles tintent, ils n’entendent plus la musique, comment veulent-ils l’apprecier ?...


                    • (---.---.71.67) 7 juillet 2006 20:00

                      Loooool ! J’avais mal lu le titre. J’avais lu :« La décadence de l’industrie pornographique. » et je m’étais dit :« Drôle de sujet... »....


                      • Tinaute (---.---.63.161) 9 juillet 2006 03:30

                        Le droit d’auteur est seulement le cache sexe des droits voisins. Le petit orphelin que l’ogre souhaite abrèger ses soufrance en le mangeant et en implorant le public de cesser sa soufrance.


                      • pitoulefou (---.---.196.144) 8 juillet 2006 05:47

                        öc#est le meilleur article que j’ai lu sur le fameux web 3.0 et ses enjeux. Pour rebondir sur les propos de ce cher monsieur, je dirais que nous avons affaire ici a un probleme de transition entre un systeme bancal mais qui a marche pendant quelques dizaines d’annees et la galette ultime telechargee sur bittorrent en 2012 avec toute la musique du 20eme siecle sur la face A. Laissons ces messieurs legiferer ce qui ne peut l’etre.


                        • Passe par là (---.---.241.2) 8 juillet 2006 12:56

                          Excellent article en effet. Comme quoi une objectivité minimale et de l’intelligence débouchent souvent sur le consensus... Les médias « traditionnels » pourraient en prendre de la graine.

                          Le passage de l’article concenant la fuite de audionautes des plates formes légales pour cause d’abus de verrous et de manque de confort d’utilisation est confirmé par deux faits récents. Le premier, c’est la baisse des ventes de musique en ligne au premier trimestre. L’autre fait est narré dans un article de ratiatum : http://www.ratiatum.com/news3272_Les_etudiants_preferent_le_piratage_a_la_g ratuite.html

                          DADVSI est là, mais les consommateurs seront les décideurs finaux.


                          • Internaute (---.---.130.33) 8 juillet 2006 14:43

                            Simplifions le langage. Cette propfusion de préfixes e ou i n’apporte rien. S’est-on mis à parler de s-écrivains lorsqu’on a inventé le stylo à plume et de b-écrivains lorsqu’on a inventé le stylo à bille ? Non alors pitié.

                            Vous mélangez deux aspects. L’évolution technique permet une communication plus facile entre les gens. C’est trés bien. Elle permet aussi une copie pirate d’oeuvres commerciales qui ont été produites uniquement dans le but de gagner de l’argent tout au long de la chaîne, du chanteur à Vivendi Universal et dont on casse le business. C’est trés mal.

                            Il faudra quand même qu’un jour on fasse la part des choses. Si vous voulez chanter pour le plaisir et en faire profiter gratuitement les internautes c’est votre droit et je vous en félicite. Si votre attitude met en difficulté les chanteurs payants car vous avez plus de succès qu’eux cela s’appelle de l’optimisation d’avantage compétitif dans un marché ouvert. Maintenant lorsque vous volez l’oeuvre de celui qui s’est fatigué à chanter pour gagner sa vie et du commercant qui a investi pour produire quelque-chose de vendable alors vous êtes un voleur et rien d’autre. La facilité de faire une mauvaise action n’est en aucun cas une justification pour la commettre.


                            • AntiMouton (---.---.175.37) 8 juillet 2006 19:47

                              Pffff mais quand arrêtera t’on enfin de parler de VOL ??? c’est une notion qui disparaîtra quand les jeunes d’aujourd’hui en auront 40, ceux qui ont été élevés et auront apprivoisés notion de NUMERIQUE. Une baguette de pain = bien PHYSIQUE Un morceau de musique = bien VIRTUEL Vous allez comprendre ça ? Télécharger = voler est une parabolle rapide et fausse : elle ne tient pas compte du manque à gagner ... si le gars qui télécharge n’engendre pas de bénéfice, ça ne veut pas dire qu’il entraine une perte ... contrairement au vol

                              Par ailleurs, les 3 études universitaires sur le sujet montrent clairement que LE TELECHARGEMENT NE NUIT PAS AUX VENTES ... D’une part les minauds de 15 ans qui téléchargent 10 Go par mois n’auraient pas dépensés 3000€ ... (si si je vous jure) D’autre part la majorité des gens utilisent le téléchargement comme ouverture culturelle, pour connaître ou se faire un avis sur un artiste. Et ceux la achètent toujours, QUAND ILS EN ONT LES MOYENS. La baisse des ventes s’explique très simplement :
                              - baisse de la qualité des produits vendus (DRM entre autre)
                              - baisse du pouvoir d’achat
                              - hausse du prix des CD Que l’on arrête de mettre des pertes financières sur le dos des nouvelles technologies. Et surtout que l’on arrête d’opposer les artistes à leur public...


                              • Internaute (---.---.72.40) 8 juillet 2006 20:55

                                Ce que vous dites n’est pas tout à fait faux puisqu’il n’y a pas à proprement parlé retrait d’un bien à autrui.

                                Comparons plutôt la copie pirate au non respect d’un brevet. En matière de commerce, les inventions sont brevetées, ce qui assure à leurs auteurs une exclusivité commerciale pendant un certain nombre d’années, en général 20. Pour les droits d’auteur la limite est de 72 ans ce qui est beaucoup trop.

                                Les majors pourraient réagir en mettant en ligne, comme l’a fait Apple, les CD copiables à des prix trés bas pour tenir compte justement des faibles coûts de production avec cette méthode.


                              • (---.---.59.170) 9 juillet 2006 01:16

                                Voila, c’est comme si des centaines de milliers de gens se baladaient avec tes diplomes pour se faire embaucher à tas place, ca ne serait pas un vol et ne te causerait aucun dommage. Quoique..


                              • Tinaute (---.---.63.161) 9 juillet 2006 03:26

                                Sauf que télécharger ce n’est pas pour « être signé » ou prendre les royalties de l’auteur dans ce cas.

                                Cessez les comparaisons oiseuses sans queue ni tête pour justifier à tout prix un pseudo-vol manifeste. Si les notions de rivalité et d’exclusivité des biens vous dépassent, épargnez nous ces commentaires.


                              • (---.---.81.33) 9 juillet 2006 08:53

                                « Le concept d’oeuvre immatérielle [...] »

                                Par oeuvre immatérielle, on entends des oeuvres qui ont besoin d’un décodage pour être. Un film, n’existe que quand il est décodé par le projecteur ou par le lecteur DVD.

                                L’oeuvre n’est pas la matière elle même, (comme une sculpture) l’oeuvre c’est le contenu... indépendamment du support matériel.

                                Ces oeuvres sont copiables à l’identique et transmissible sans surcout et sans altération ni déplacement de l’original.

                                Voila les critères objectifs qui font d’une oeuvre une oeuvre « immatérielle »

                                Pour savoir si une copie est un vol, il faudrait d’abord savoir si ce qu’est un vol.

                                Dans une copie il y a création de richesse (puisque là ou il n’y en avait qu’un il y en a désormais deux). Personne n’est « dépossédé ». Le copié conserve son bien.

                                Difficile de comparer cela à un « vol »... Le copié aura du mal à dire « on m’a volé quelque chose que j’ai encore dans la main ».

                                Ou alors il s’agit un vol d’une matérialité beaucoup plus subtile...

                                Ce que Di-Deubeulliou omets de dire...

                                Alors que cette notion de subtilité ne lui échappe pas quand il s’agit de la « matérialité ».


                              • (---.---.81.33) 9 juillet 2006 12:13

                                Votre notion du « vol » peut s’appliquer au vendeur...

                                Vol : Léser sciemment quelqu’un, lui faire perdre de l’argent, lui faire payer trop cher quelque chose — Commerçant qui vole ses clients.

                                Mais ça aussi vous l’oubliez sciemment...
                                Vos définitions sont à géométrie variable...
                                Elles évoluent en fonction de vos besoins...
                                Elles ne valent pas grand chose.


                              • Hecatonchire (---.---.228.7) 9 juillet 2006 17:25

                                Demian,

                                Le caractère immatériel d’une oeuvre numérique, n’est pas comme vous semblez le penser, dénuée de tout fondement. Il est facile, comme vous le faites, d’en critiquer la polysémie pour prétexter son non sens. Ca Monsieur, cela s’appelle un effet de manche. La mauvaise foie quand elle est patente comme ici, confine à la balourdise.

                                En l’occurrence, une oeuvre immatérielle à une définition précise sur le plan juridique français. Restons donc dans le débat. Voler un objet sur une chaise ou dupliquer une oeuvre numérique sur le Net ne relève pas du même préjudice.

                                Dans le premier cas, son propriétaire perd réellement l’usage de l’objet volé. Dans le second cas, il n’en perd ni l’usage ni la possibilité d’en tirer un futur profit.

                                C’est de l’économie de base donc facile à comprendre. Il n’y a pas vol mais simple duplication d’une oeuvre de l’esprit. Hors je rappelle que toute création même breveté (idée, oeuvre ou invention technique) est copiable tant qu’on en tire pas un profit commercial au dépend du détenteur des droits. Et ce pour une bonne raison. Depuis l’âge des temps, le progrès s’est construit sur le partage de toutes les oeuvres de l’esprit (inventions techniques et culture).

                                Il a été dit par d’autres ici, que des études (indépendantes) montrent que les ventes n’ont absolument pas eu à pâtir de la copie numérique massive mais qu’il faut chercher ailleurs le rétrécissement du marché du disque. Donnez vous la peine de les lire, elles sont abordables même par vous. Et cessez donc d’arguer un manque à gagner hypothétique au nom du sacro-saint respect de l’esprit créateur. Ce problème n’est pas étique et est encore moins une insulte aux Lumières. Vous prônez simplement l’économie de la rareté en vertu du principe que ce qui est rare est cher et a donc de la valeur. On voit les résultats (non assumés) d’un matraquage idéologique ultralibéral qui n’a aucun rapport avec le schmilblick.

                                En vérité (et ODEBI s’en est fait l’écho) on montre également que les compositeurs auraient tout à gagné d’un système les rétribuant directement. De nombreuses solutions ont été proposées. Les seuls perdants dans cette reconfiguration des circuits marchands sont les Majors du disque et dans une moindre mesure les distributeurs.

                                Honnêtement, qui va pleurer sur le sort de quelques centaines de spécialistes du marketing répartis dans le monde. Ce sont les effets d’un monde que vous avez appelé de vos voeux et dont vous glorifiez habituellement le tout puissant principe de réalité : Le pragmatisme. Soyez cohérent, ne soutenez pas vainement une structure marchande que le monde globalisé a déjà jugé obsolète.

                                Car je vous en fais la promesse en tant qu’humble informaticien. Il n’y a absolument aucune possibilité pour que qu’on puisse un jour empêcher ou même contrôler la copie des oeuvres numériques. Si vous connaissiez comme moi, cet autre principe de réalité qu’est l’ingéniosité sans limite des joyeux informaticiens libristes, vous en seriez également convaincu.

                                Faites vous une raison, et aidez les forces progressistes à trouver une politique redistributive pour assurer aux créateurs une rémunération juste même si il est probable qu’il y aura des gagnants et des perdants. Pour le reste, faites une croix dessus.

                                Hécatonchire

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