• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La fin de la littérature ? - A propos de "Premier bilan après (...)
54%
D'accord avec l'article ?
 
46%
(26 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

La fin de la littérature ? - A propos de "Premier bilan après l’Apocalypse" de Frédéric Beigbeder

 Frédéric Beigbeder est horripilant, très agaçant, parfois pénible. « Né coiffé », il a bénéficié des privilèges que lui offrait son milieu pour s'y épanouir et faire ce qu'il veut quand il le veut : lire, beaucoup, écrire, beaucoup, sortir, beaucoup, boire, beaucoup, faire un boulot qui fait rêver les filles et la société consumériste, s'amuser. C'est une tête à claques télévisuelle, un parangon de la connivence dite germanopratine, dont il est conscient, qu'il assume, qui règne dans les milieux culturels en général, et littéraires en particulier, où tout le monde se connait, se coopte, se dispute pour de rire, où l'on couche les uns avec les autres, où les polémiques les plus dures sont en fait des farces grotesques que l'on joue au gogo pour lui faire plaisir.

image prise ici

Et surtout, surtout, Beigbeder est un dilettante à qui tout semble réussir sans qu'il n'ait à trop se fatiguer.

Voilà son crime aux yeux des bonnes gens qui jalousent plus la réussite matérielle de cet auteur que sa culture littéraire authentique et profonde.

Car ce qui sauve ses précédents romans, et Beigbeder lui-même, c'est qu'il aime les livres passionnément.

Actuellement, on n'aime pas beaucoup la littérature, les prophètes d'un monde nouveau, prêt à éclore selon eux, les circonstances préludant à cette éclosion différant selon l'idéologie qu'ils ont à vendre. Ces prophètes, la plupart de temps de malheur, ils promettent l'enfer et la dévastation à qui ne suit pas leurs recettes miracles qui passe la plupart du temps par la destruction de toute littérature qui ne sert pas leur cause.

Dans la tyrannie des imbéciles qui se profile dangereusement à l'horizon, la littérature est considérée comme inutile, obsolète. Beaucoup de cuistres affirment ne pas lire de romans mais des « livres sérieux », comme si la faculté de créer des mondes avec des mots, comme si l'imagination, comme si ce don consistant à exprimer la joie, la peine, la colère, la réflexion, ce n'était pas vraiment sérieux.

Beigbeder fait aussi dans son bilan des choix extrêmement subjectifs, parfois agaçants encore, il place par exemple des copains dans son bilan, (après tout on lui pardonnera de défendre ses amis), mais en bon littéraire il ne prétend pas à la sagesse omnipotente, et invite le lecteur à faire comme lui.

Dans la tyrannie des imbéciles l'on prétend à l'objectivité, on fait mine de se placer au-dessus de la mêlée. Autre pointe d'agacement que l'on ressent, c'est quand l'auteur de ce bilan parle de son expérience d'éditeur et de son enthousiasme pour « Hell » de Lolita Pille, qu'à l'entendre il aurait traité comme tous les autres manuscrits qu'il reçoit, ou pour Simon Liberati, le deuxième écrivant certes mieux que la première, maintenant recluse chez sa mère, surendettée et abandonnée par le milieu de rebelles à mèche mondains qu'elle fréquentait auparavant, mais tous deux étant des compagnons de virées pas toujours « tziganes » de Beigbeder.

Beigbeder fera hurler sur le net et ailleurs les défenseurs du livre numérique censé être moins cher, plus indépendant, et moins enclin à favoriser le clientélisme, le copinage, le népotisme, et en plus être écologiquement plus admissible, plus correct. Les défenseurs du livre traditionnel sont traités de « fétichistes », de réactionnaires nostalgiques d'une époque où la culture était réservée à une oligarchie.

Si personne ne conteste le copinage et le fait que les manuscrits qui parviennent à un éditeur sont surtout lus par des stagiaires débordés qui se contentent de les parcourir distraitement, tout écrivain non édité n'est pas forcément un génie méconnu qui mérite de plus l'être.

De plus, il y a une différence majeure entre la lecture sur papier et la lecture sur support électronique, plus diffuse, plus superficielle, moins concentré quoi que l'on en dise. Enfin, les livres ont une âme, une histoire, quelque chose qui les relient directement au lecteur, ils ont une odeur, une sensualité, totalement absente d'un écran impersonnel, celui-ci si perfectionné soit-il.

par Amaury Watremez (son site) lundi 3 octobre 2011 - 72 réactions
yahoo
54%
D'accord avec l'article ?
 
46%
(26 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Christophe Certain (xxx.xxx.xxx.174) 4 octobre 2011 12:23
    Christophe Certain

    He oui le monde change, et à chaque nouveauté le concert des pleureuses se tord les bras en pensant à ces vieilles technologies qu’on enterre, au lieu de penser à se réjouir de ce qu’on va pouvoir faire avec les nouvelles. Beigbeider se donne une posture en vieillissant on dirait. Il finira par briguer un siège à l’académie.
    Déjà, l’invention de l’imprimerie fut très mal vue par les érudits et les moines copistes de l’époque. Eh oui, la qualité du graphisme de ces misérables patins en bois était loin d’égaler le délié magistral de leur plume ! Et je ne vous parle pas des enluminures... Quelle inqualifiable perte de qualité, même si les premiers imprimeurs n’eurent de cesse dans les premiers âges typographiques d’imiter l’écriture manuscrite, qui était seule le signe de la qualité véritable. Et divulguer tous ces écrits à des personnes qui n’ont pas été préparées à les lire... Tout cela devait mal se terminer.
    Pour avoir été moi-même un lecteur obsessionnel compulsif jusqu’à une vingtaine d’années, je me rappelle surtout de ces livres de poche à la typo style "univers" compressée et cradingue, de ces marges étiques où le texte étouffait, de ces papiers torchecul, de ces dos carrés collés prompts à rendre l’âme après quelques manipulations et à semer les pages au vent.
    Eh oui, je n’avais pas l’argent pour acheter de "beaux" livres, et je me foutais totalement du fétichisme livresque dont il est de bon ton de se gargariser. Tel le drogué en manque - et eu égard à mon misérable budget - je devais me contenter d’éditions de mauvaise qualité, et non, je ne regrette pas ces livres-là, que lisent la plupart des gens !
    Je préfère largement lire sur ma tablette de la marque à la pomme pour ne pas la citer, qui me permet de trouver autre chose qu’une mise en page massacrée et un texte illisible, choses qui me gênent beaucoup plus que le fait que la tablette ne sente pas le papier ! A vrai dire j’aurais bien aimé pouvoir lire Dostoïevski là-dessus, avec des centaines d’autres livres que je ne pouvais pas me payer.
    Si Beigbeider était né au XIXe il aurait peut-être été un grand écrivain, mais il né au XXe et il est devenu publicitaire, parce que le XIXe était le siècle du roman et le XXe restera sans doute dans l’art de l’écriture comme celui de la publicité. Le roman c’est fini, qui restera dans l’histoire parmi les gens qui écrivent aujourd’hui des romans ou assimilés en France ? Le piteux Houellebecq ?
    Les gens qui ont du talent en 2011 font autre chose que d’écrire des romans, car personne ne lit plus de romans, à part peut-être ceux qui les écrivent, et une petite minorité bourgeoise ou enseignante cultivée. Eh oui, quand il n’y avait pas la télé, pas de console, et pas internet, les livres bon marché c’étaient les nouvelles technologies, tout le monde lisait, il n’y avait rien d’autre à faire. Aujourd’hui on fait autre chose.
    Il y a donc bien des choses intéressantes à faire avec les livres numériques, comme de lire les articles d’Agoravox par exemple, ce qui est typiquement une utilisation que ne permet pas de faire le livre, et l’intérêt c’est qu’en plus on peut écrire à l’auteur et parfois il répond !

  • Par Peachy Carnehan (xxx.xxx.xxx.54) 3 octobre 2011 22:37
    Peachy Carnehan

    Kalki, rassures-moi, tu es suivi par un psy ?

  • Par symbiosis (xxx.xxx.xxx.106) 4 octobre 2011 10:23
    symbiosis

    Comment ce bouffon de Beigbeder peut-il se soucier de la fin à venir du livre papier, lui qui a tant fait, par ses écritures de tête de gondole pour précipiter sa disparition ? Beigbeder est un oxymore.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox