En accueillant ces quatre jeunes comédiens au Petit Théâtre de Paris autour de l’auteur américain Neil Labute sous les auspices du metteur en scène britannique Adrian Brine, Stéphane Hillel, son directeur fait preuve à nouveau d’intuition et de confiance bien placée envers des noms d’acteurs momentanément à peine connus, Julie Delarme, Marie-Julie Baup, Jérôme Foucher & César Méric, en sachant les entourer et les mettre en valeur grâce à des valeurs sûres.
Alors que ce qui pourrait ressembler a priori à un scénario de sitcom va s’avérer en fait donner prise à un système de relations humaines où, sans en avoir l’air, la crédulité de l’un peut s’offrir en pâture à la manipulation d’une autre, la forme va ainsi s’investir dans le fond des choses au bénéfice d’intérêts humains contradictoires.
S’il devait exister une pièce dont il est indispensable de ne pas révéler le coup de théâtre final, c’est effectivement celle-ci où, au tout début, Evelyn (Julie Delarme) va faire la rencontre d’Adam (César Méric), gardien d’une salle de musée dont elle outrepasse délibérément les consignes de sécurité concernant une statue, avec l’objectif vraisemblable de mettre à l’épreuve le jeune homme.
Mais pourquoi agit-elle donc ainsi ? Tout concorde à ce que ce soit le jeu du flirt et de l’amour naissant qui inspire un tel comportement de provocation pour déclencher en retour l’intérêt certain du garçon, mais par ailleurs assez peu sûr de lui.
Néanmoins entre étudiants, ils se comprennent rapidement à demi-mot et débutent ainsi une liaison amoureuse dont la jeune femme va prendre d’emblée les rênes en essayant de modifier le look, les attitudes, le style de vie et par voie de conséquence d’éclore la personnalité de sa conquête masculine.
Cependant, même Jenny (Marie-Julie Baup) et Philipp (Jérôme Foucher), le couple intime d’Adam, vont finir par s’inquiéter de changements aussi radicaux chez leur camarade au point de déclencher des rancoeurs et des susceptibilités inconnues jusque-là dans leur amitié d’étudiants.
Avec l’aplomb charismatique de Julie Delarme, voilà que de pygmalion au féminin, Evelyn serait en quelque sorte devenue véritable pygma-lionne ayant cannibalisé son amant pour mieux le posséder et en faire sa chose. Cette résultante d’une relation dominant-dominé dans le cadre d’un amour passion serait en effet suffisamment habituelle pour crédibiliser cette situation de paroxysme.
Mais que nenni !... Car l’enjeu va se situer ailleurs, quelque part où le cynisme du monde contemporain tente de faire feu de tout bois.
En effet au-delà des deux couples en présence, c’est bel et bien en toile de fond, l’ensemble du système sociétal que stigmatise Neil Labute en dénonçant le jusqu’au-boutisme cynique que celui-ci aurait sécrété à son insu dans ses motivations à agir.
Voici donc une pièce qui, sous des apparences faussement anodines, soulève des interrogations fondamentales sur une humanité menacée en sa rupture d’éthique.
Visuel affiche
LA FORME DES CHOSES - *** Theothea.com - de Niel Labute - mise en scène : Adrian Brine - avec Julie Delarme, Jérôme Foucher, Marie-Julie Baup & César Méric - Petit Théâtre de Paris -

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Merci de nous avoir signalé cette inversion de nom pour les 2 rôles masculins. Il faut en (...)
12/02 23:51 - Theothea.comje pense qu’une erreur c’est glissée dans cet article : César Méric n’est pas (...)
12/02 12:36 - cookyNe serait-ce que pour Marie-Julie Baup, courez voir cette pièce !...
12/02 02:56 - ernst