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« La Grande Magie » d’Edouardo de Filippo & « Pur » de Lars Norèn à La Comédie Française

 - Comme d’un coup de baguette, « La grande Magie » d’ Eduardo de Filippo semble avoir revivifié l’histoire d’Amour entre La Comédie-Française et l’exigence, parfois velléitaire, de la critique parisienne.

Difficile, en l’occurrence, de trouver un grincheux qui viendrait écorner le plébiscite pour sa superbe troupe, la mise en scène inspirée de Dan Jemmett, la scénographie pirandellienne de Dick Bird et cette édifiante fable entre illusion et métaphysique.

Que l’homme prenne ses désirs pour des réalités, voilà qui semble mettre tout le monde d’accord et, même mieux, élèverait en commun dénominateur, sa défiance des frustrations de la vie.

Entre terrasses, balcons et appartements du Grand Hôtel d’une station balnéaire des années 30, va ainsi se concocter une vraie fête du Théâtre.

En faisant disparaître Marta (Coraly Zahonero), l’épouse de Calogero, le magicien Otto (Hervé Pierre) exécute un tour de commande que celle-ci et Mariano (Michel Favory), son amant, mettent à profit pour disparaître quatre années durant lesquelles le mari éconduit cherchera à dénier son abandon.

Feignant d’admettre, selon les propos du mage sommé de s’expliquer, que Marta est enfermée dans un petit coffret dont elle ne pourrait sortir saine et sauve que si elle bénéficie de la foi indéfectible du mari en cette auto-persuasion, celui-ci retarde l’instant décisif jusqu’à ce qu’une concomitance fortuite implique un doute généralisé sur ce qu’il lui faudrait croire ou pas.

Prenant le public à témoin, la mise en scène brouille brillamment les cartes des certitudes, en multipliant les points de vue en trompe-l’oeuil, grâce à des plans scéniques plus ou moins rapprochés.

Ainsi de tours de passe-passe en convictions trahies, les espoirs déçus se transformeraient en sublimation du destin et par conséquent, à travers cette allégorie des tribulations conjugales de Calogero (Denis Podalydès) incitant la folie à se sauver d’elle-même, pourrait se profiler une métaphore de l’histoire de l’Homme.

Photo © Cosimo Mirco Magliocca

LA GRANDE MAGIE -

Theothea.com - de Edouardo de Filippo - mise en scène : Dan Jemmett - avec Isabelle Gardien, Judih Chemla, Alain Lenglet, Hervé Pierre, Claude Mathieu et Denis Podalydès...- Comédie Française / Salle Richelieu -
  
 

- De l’emménagement au déménagement, la schizophrénie du duo s’est jouée de l’espace vide où le temps unit et désunit l’homme et la femme qui pensaient l’habiter.

Du projet à la rupture, l’enfant de leur union a maintenant disparu de leur perspective conjugale et ainsi, il ne reste à la pensée qui envisageait son existence, que de ressasser, désormais, sa disparition.

L’image du passé semble se superposer à celle du présent en confondant le couple d’hier avec celui d’aujourd’hui faisant et défaisant selon des gestes symétriques, les cartons d’emballage interchangeables.

De Pur I à Pur III, en deux temps devenus caduques et trois mouvements chorégraphiques de valse hésitation, l’histoire d’une famille va se résoudre au néant dans le miroir où les ombres passent et trépassent.

Lars Norén a mis en scène, au Vieux Colombier, sa propre écriture qu’il a composée selon l’essence des personnages et qu’il a voulu modifier selon l’incarnation des comédiens.

De l’homme (Christian Cloarec) et la femme (Catherine Sauval) jusqu’à « il » (Alexandre Pavloff) & « elle » (Françoise Gillard), le temps ne fait rien à l’affaire, tant l’amour et la passion, remontant le cours de son flux, vont se retrouver à tourner en rond dans une pièce d’un blanc nuptial vain.

Les mots cisèlent la langue de Norén jusqu’à lui faire atteindre la pureté diamantaire qui tombe, tel un couperet, sur tout espoir transcendant.

Mais soudain figés, comme des morts-vivants, les acteurs inspirés se renvoient la petite musique d’une danse dans l’au-delà pouvant se contempler ad vitam aeternam.

PUR -

Theothea.com - de Lars Norèn - mise en scène : Lars Norèn - avec Catherine Sauval, Alexandre Pavloff, Françoise Gillard & Christian Cloarec - Comédie Française / Vieux-Colombier -

 

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« La Grande Magie » d'Edouardo de Filippo & « Pur » de Lars Norèn à La Comédie Française

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