• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La jeune fille au scarabée

La jeune fille au scarabée

Ceci n’est pas un article, mais une nouvelle inédite écrite il y a quelques années. En cette période de forte actualité politique et économique, un petit dérivatif aux polémiques m’a semblé avoir sa place dans la rubrique loisirs d’AgoraVox...

La soliste avait des grands pieds. Je m’en suis aperçu dès qu’elle est entrée en scène, malgré la longue robe rouge de concert qui lui tombait sur les chevilles. Sur le coup, ça m’a amusé ; puis j’ai détaillé son visage d’adolescente brune au regard vif, ses bras charnus, son cou orné d’un scarabée de vermeil, ses mains de virtuose aux ongles fuchsia. La fille, une jeune polonaise en tournée avec une formation universitaire de Cracovie, était plutôt jolie, et pas du tout impressionnée, malgré son jeune âge – dix-sept ans à peine –, de s’attaquer au redoutable concerto pour violon de Brahms. À sa place, j’aurais été mort de trouille, incapable de sortir le moindre son harmonieux de mon instrument. Il est vrai que j’ai toujours été émotif.

Pris par le concert, j’ai oublié cette histoire de pieds pour me concentrer sur la musique...

 

Trois semaines se sont écoulées depuis le concert. Ce jour-là, un vendredi, j’ai quitté mon atelier d’ébénisterie un peu plus tôt que d’habitude pour suivre à la télé un match de Coupe de la Ligue : Toulouse-Auxerre. J’adore le foot. Je l’ai moi-même pratiqué durant de longues années avant qu’un arrachement des ligaments croisés du genou droit ne me contraigne à abandonner mon sport favori.

J’étais confortablement installé dans mon fauteuil avec une boîte de Heineken lorsque, peu avant 18 h 30, la sonnette a retenti. Les Toulousains venaient d’obtenir un coup franc bien placé, légèrement sur la droite des buts adverses. Les yeux rivés sur l’écran, je n’ai pas bougé d’un poil. La sonnette a retenti à nouveau, beaucoup plus insistante. Le coup franc tiré, je suis allé ouvrir en pestant contre l’importun, bien décidé à l’éconduire, à moins qu’il ne s’agisse d’une superbe nana, genre Monica Belluci ou Pénélope Cruz. Comme je le pressentais, il n’y avait pas plus de Monica que de Pénélope sur le seuil de mon appartement, mais un grand blond dégingandé frisant la quarantaine. Deux pas derrière lui se tenait un jeune mec de type méridional à la mâchoire puissante. Le grand blond m’a mis sous le nez une carte barrée de tricolore.

─ Capitaine Lagadec. Et voici le lieutenant Angelkovic. Je vous prie de bien vouloir nous suivre, monsieur Bizien.

─ Mais... je... Que se passe-t-il ?

Un hurlement de joie, soutenu par les accents graves d’une corne de brume et les accords approximatifs d’une trompette, a envahi la pièce : le score venait d’être ouvert.

─ Désolé pour votre match, monsieur Bizien, mais nous avons absolument besoin de votre témoignage. Veuillez nous suivre à l’Hôtel de Police.

─ Je présume que je n’ai pas le choix ?

─ Je crains que non.

Quatre heures plus tard, privé de ma ceinture et de mes lacets, j’étais placé en garde à vue dans une cellule grillagée. Le cauchemar commençait...

 

Penchée sur ses notes, la juge d’instruction pianotait d’un doigt nerveux le rebord de son sous-main. Il régnait dans le bureau un silence de plomb, seulement troublé par la ventilation du PC de la greffière. La magistrate s’est rejetée en arrière dans son fauteuil.

─ Bien, a-t-elle dit en triturant son stylo, récapitulons : le dimanche 5 juin, en fin de matinée, un couple de promeneurs découvre près de la fontaine Saint-Ivy, au lieu-dit Le Stang, le corps d’une jeune fille de 16 ans, Aurélie Jézéquel. Ses vêtements en désordre et sa culotte déchirée paraissent accréditer la thèse d’une agression à caractère sexuel. La victime n’a pas été violée. Au cours de la lutte qui l’a opposée à son agresseur, elle semble avoir été projetée contre la fontaine où sa tête a violemment heurté un angle de granit. Il est résulté du choc un enfoncement de l’os pariétal droit. La malheureuse ne s’en relèvera pas. D’après le médecin légiste, le décès est intervenu dans la soirée du samedi aux environs de 22 heures.

─ Tout cela est bien triste, mais...

─ Vous parlerez lorsque je vous donnerai la parole, Maître !

Mon avocat s’est tassé sur sa chaise en grommelant. La magistrate a repris la parole :

─ Commence alors une enquête difficile, faute de preuve matérielle et de témoin direct. Un point est toutefois établi avec certitude par les gendarmes : à l’heure de l’agression, une voiture bleue, de marque indéterminée mais étrangère à la commune, est aperçue en différents lieux par trois personnes du voisinage. Cette voiture roule à faible allure sur la petite route qui mène à la fontaine Saint-Ivy. Elle est conduite par un homme brun pouvant avoir entre trente et quarante ans... Je vous rappelle, monsieur Bizien, que vous possédez une Ford Mondéo bleue – bleu cosmos très précisément –, que vous êtes brun et que vous avez fêté vos trente-sept ans le mois dernier. Jusque là, je vous concède que ça ne fait pas de vous un meurtrier...

─ Je ne vous le fait pas dire, madame la juge ! s’est exclamé mon avocat en ouvrant les mains dans un geste théâtral.

─ Certes, mais tout se complique, Maître Carval, lorsqu’on découvre parmi la vingtaine d’objets collectés par les enquêteurs aux abords de la fontaine un porte-clés aux armes de la ville de Dubrovnik : l’enquête démontrera qu’il a été offert à votre client par son neveu Tanguy au retour d’un voyage en Croatie... Ce porte-clés est accablant, monsieur Bizien : il prouve que vous connaissiez la fontaine Saint-Ivy. Dans un premier temps, vous le niez, avant d’admettre l’évidence. Vous arguez alors d’une visite effectuée au cours du mois de mai à la chapelle Saint-Michel dont vous souhaitiez voir, pour un projet professionnel, les... les...

─ Les entraits sculptés, madame la juge ; et plus précisément les engoulants.

─ En effet, monsieur Bizien, les « engoulants ». La visite effectuée, vous faites quelques pas dans le sous-bois jusqu’à la fontaine Saint-Ivy, toute proche de la chapelle Saint-Michel. C’est alors, dites-vous, que vous perdez par mégarde le porte-clés de votre neveu. Malheureusement pour vous, il ne sera trouvé là qu’après le meurtre d’Aurélie. Ajouté à la voiture bleue et à la description du suspect, ça commence à faire beaucoup... Mais ce n’est pas fini car les policiers découvrent, en enquêtant dans votre entourage, qu’à plusieurs reprises, notamment lors de banquets, vous avez importuné, et pas seulement verbalement, des jeunes filles...

─ J’avais bu.

─ Ivre ou pas, et bien qu’il n’y ait pas eu dépôt de plainte, il ressort de ces agissements, confirmés par votre ex-concubine, que vous avez toujours eu un goût très marqué pour ce qu’elle nomme « la chair fraîche »...

─ Accusation de femme jalouse, a lancé Maître Carval en levant les bras au ciel.

Indifférente à l’interruption, la juge a poursuivi :

─ Je ne vous cache pas, monsieur Bizien, que l’ensemble de ces éléments constitue un dossier à charge d’autant plus accablant que vous êtes incapable de fournir un alibi pour la soirée du 4 juin. Vous affirmez avoir assisté ce jour-là à un concert classique à la cathédrale, autrement dit à soixante kilomètres du lieu du drame. Je ne demande qu’à vous croire. Hélas ! pour vous, personne ne se souvient vous avoir vu : ni les deux femmes préposées à la caisse, ni les spectateurs qui ont pu être entendus suite à l’appel à témoins...

─ Bon sang, je vous répète que j’y étais, madame la juge ; j’étais assis au 8e rang à gauche, juste à côté d’un gros pilier. Je me suis même levé quelques minutes durant la pause, entre la symphonie de Wranitzky et le concerto de Brahms, pour chasser les fourmis de ma jambe gauche.

─ En supposant que cela soit vrai, comment expliquez-vous que personne ne vous ait remarqué dans une assistance pourtant clairsemée ?

─ Je n’en sais rien, madame la juge. Si ce n’est que le public était plutôt âgé comme c’est presque toujours le cas lors des concerts classiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis mis un peu à l’écart : je déteste être mélangé aux vieux, ça me fiche le bourdon. Ajoutez à cela que j’ai un physique tout ce qu’il y a d’ordinaire : le genre de type qui passe toujours inaperçu, quoi qu’il fasse et où qu’il aille.

─ Eh oui, c’est bien là le problème. Cela dit, vous n’êtes pas non plus très observateur, monsieur Bizien. En un peu plus d’une heure et demie, vous n’avez pas remarqué le moindre spectateur, pas noté le plus petit détail susceptible d’accréditer votre version...

─ Mon client a été interpellé trois semaines plus tard, madame la juge ! En trois semaines, le souvenir des détails s’estompe très vite.

─ Il n’empêche que cette amnésie est regrettable, Maître Carval. Car enfin, tout ce dont votre client se souvient tient en deux choses : le scarabée de la jeune soliste et la présence d’une altiste asiatique dans la formation polonaise. L’ennui, c’est que l’altiste et son faciès oriental étaient très visibles sur l’affiche du concert. Et plus encore la violoniste dont le buste, imprimé en médaillon, montre parfaitement le scarabée. Je vous rappelle, Maître, que l’affiche a été placardée un peu partout dans le département plus de deux semaines avant le concert ; votre client a largement eu le temps de s’en imprégner... Monsieur Bizien, n’avez-vous vraiment aucun autre souvenir de cette soirée, et notamment des musiciens puisqu’il semble que vous n’ayez pas prêté la moindre attention au public ?

─ Qu’est-ce que voulez que je vous dise ? Je me suis repassé cent fois le film du concert dans ma tête. Il en ressort qu’un flûtiste avait les cheveux en bataille et que la soliste avait des grands pieds. La belle affaire ! Pour le reste, j’ai beau fouiller mes souvenirs jusqu’à la migraine, aucun incident notable ne me revient en mémoire.

─ Désolée pour vous, monsieur Bizien, mais il va falloir fouiller encore. Je vous donne une dernière chance de me prouver de manière indiscutable que vous étiez à la cathédrale le soir du concert. Vous disposez de trois jours. Passé ce délai, je signerai l’ordonnance de renvoi devant la Cour d’Assises, du chef de meurtre précédé de tentative de viol sur la personne d’Aurélie Jézéquel.

 

J’ai vécu trois nuits d’enfer à la maison d’arrêt. Trois nuits de cauchemar, peuplées de parties civiles haineuses, de magistrats impitoyables, de jurés aux yeux injectés de colère, pointant sur moi un doigt vengeur. Trois nuits d’horreur où le spectre de la victime venait, après de longues séances de tortures, me trancher la tête d’un coup de sabre avec une extrême jubilation.

 

J’avais le teint pâle et les yeux cernés en pénétrant dans le bureau de la juge. Libéré des menottes, j’ai pris place en face d’elle, Maître Carval à mes côtés. Fidèle à elle-même, la magistrate était impassible. Dans quelques instants, la greffière allait me donner lecture de l’acte de renvoi. J’étais résigné : on ne lutte pas contre la fatalité ! C’est alors que les choses ont pris un tour inattendu.

─ Pourriez-vous me décrire le vêtement que vous portiez le soir du concert, monsieur Bizien ?

Interloqué par la question, j’ai mis quelques secondes à répondre.

─ Je... je crois que c’était un polo de coton... Oui, c’est bien ça, un polo avec des rayures verticales rouges et noires.

─ J’ai là, monsieur Bizien, les témoignages des musiciens obtenus dans le cadre d’une commission rogatoire en Pologne. Au vu de votre photo, aucun d’entre eux ne se souvient de vous. À une exception près : l’un des deux clarinettistes, Jerzy Boniek, déclare avoir observé quelqu’un de ressemblant à proximité d’une colonne. Le musicien, peu sûr de lui concernant le visage, est en revanche formel sur le vêtement : l’homme portait une chemisette rayée verticalement de rouge et de noir. À la question : « Êtes-vous absolument certain d’avoir vu des rayures rouges et noires ? », monsieur Boniek répond : « C’est même à cause de ça que j’ai remarqué cette personne : ce sont les couleurs du club de foot de mon village natal, près de Katowice. »

J’étais abasourdi, incapable d’émettre le moindre son. Un léger tremblement agitait mes mains. Naturellement, mon avocat s’est précipité dans la brèche :

─ Eh bien, voilà qui change tout, madame la juge.

─ C’est également mon avis, Maître Carval, d’autant plus que l’histoire des pieds de la soliste me turlupinait. J’ai donc fait procéder à une vérification. Le résultat est arrivé de Cracovie par fax il y a moins de deux heures : Milena Zelenkova, la jeune violoniste, chausse du 43 ½ pour une taille de 1 m 68. La soliste avait bel et bien des grands pieds et personne n’avait remarqué cette particularité. Sauf votre client...

La juge a désigné un document sur son sous-main.

─ ... En conséquence de quoi j’ai signé juste avant cette audition une ordonnance de non-lieu... Vous êtes libre, monsieur Bizien.

 

Illustration : Patricia Kopatchinskaja, la violoniste moldave aux pieds nus (photo : Marco Borggreve)


Moyenne des avis sur cet article :  3.55/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • jack mandon jack mandon 9 février 2012 10:04

    Bonjour Fergus,

    C’est vrai qu’il est acrobatique, donc dangereux ce concerto aux accents déchirants.
    De temps en temps il est bon de varier les plaisirs entre l’art et la politique.
    Vous avez beaucoup de flexibilité en vous et vous passez d’un genre à l’autre
    avec dextérité...angoissant le poste de police.
    Merci


    • Fergus Fergus 9 février 2012 10:42

      Bonjour, Jack.

      Merci pour ce commentaire. Oui, il est particulièrement difficile à jouer, ce concerto, au point que, comme je le rappelle dans « Les grands concertos pour violon », le chef d’orchestre Hans Von Bülow a pu écrire à l’époque qu’il s’agissait d’un « concerto contre le violon ». Cela dit, il en est d’autres tout aussi difficiles à interpréter, et notamment le concerto de Tchaïkovski que j’ai pu entendre en concert à La Folle Journée de Nantes, interprété non par la jeune fille de la photo, Patricia Kopatchinskaja - elle était présente à Nantes -, mais par l’excellente violoniste franco-roumaine Sarah Nemtanu. Un vrai plaisir !

      Cordiales salutations.


    • Imhotep Imhotep 9 février 2012 10:07

      Le pied, non ?


      • Fergus Fergus 9 février 2012 10:44

        Bonjour, Imhotep.

        La musique, c’est toujours le pied, lorsqu’elle est bien interprétée. Et la justice aussi, lorsqu’elle est indépendante, efficace et équitable.


      • brieli67 9 février 2012 10:11

        En Auvergne n’est ce pas Fergus y avait Pompe Hidoux

        « Pomp Pomp... Pidou...OooUuuHhh !!!!!!! »
         Marilyn Monroe

        .

        A grande pompe qu’il devra nous quitterle Nabot ! au jolie moi de May !!

        N’est ce pas ?

        Pas de jouvencelle à l’horizon commise d’office Pompe Funèbre ?? 

        Désolé faudra se rendre à l’isoloir aufs Schusters Rappen


        • Fergus Fergus 9 février 2012 11:01

          Bonjour, Brieli.

          Bien qu’Auvergnat, je ne voue pas le moindre culte à ce graznd bourgeois de Pompidou ; en réalité, je ne lui reconnais qu’une réelle qualité : sa grande culture, aux antipodes de l’actuel locataire de l’Elysée.

          A propos de Marylin, connais-tu l’excellent film Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu avec Sophie Quinton en Marylin jurassienne ? Si non, bande-annonce.

          Rien de nouveau du côté des pompes funèbres. Et je vais toujours voter pédibus.
           
          Cordialement.


          • Jason Jason 9 février 2012 14:06

            Comme quoi on ne peut plus aller au concert sans être accompagné d’un huissier, et si possible de 3 ou 4 gardes du corps susceptibles de témoigner en votre faveur.

            La juge n’a fait que suivre le code (nouveau) de procédure pénale qui fait de tout quidam un coupable qui s’ignore.

            Récit amusant, qui doit nous rappeler qu’il y a en France 400 à 500 erreurs judiciaires avec incarcération chaque année.


            • Fergus Fergus 9 février 2012 15:44

              Bonjour, Jason.

              Effectivement, il subsiste trop d’erreurs judiciaires dans notre pays, le plus souvent au détriment de justiciables de condition modeste. A cet égard, les comparutions immédiates sont une aberration entretenue par la volonté de la Chancelerie pour des raisons politiques.

              Cela dit, il faut également reconnaître, et c’est heureux, que la grande majorité des magistrats exerce sa fonction dans le respect des personnes incriminées.

              Reste les incarcérations provisoires ou préventives, encore trop nombreuses elles aussi, et souvent abusives en l’absence de danger réel pour la société, et en l’absence de nécessités liées à l’enquête.


            • Fergus Fergus 9 février 2012 15:55

              Bonjour, Bleuton Laurie.

              Merci à vous. Oui, la liberté d’une personne tient parfois à peu de choses, et c’est en filigrane ce que j’ai voulu montrer dans cette nouvelle. En l’absence d’éléments concernant le vrai coupable, une personne peut, en France, être renvoyée aux Assises sans preuves mais sur ce que les magistrats appellent « un faisceau de faits graves et concordants ». Il y a là indiscutablement matière à erreurs judiciaires, comme l’a malheureusement démontré en plusieurs occasions dramatiques l’histoire pénale de notre pays.


            • Antoine 9 février 2012 23:21

              L’aspect musical est trop mince pour l’évoquer mais par contre, et c’est marrant, le raisonnement ci-dessus échappe totalement à vos neurones quand vous tapez sur dsk...


            • Fergus Fergus 9 février 2012 23:37

              Bonsoir, Antoine.

              Je n’ai jamais « tapé sur DSK » en tant qu’agresseur sexuel présumé, bien qu’il existe effectivement de fortes présomptions, et que je penche plutôt pour la version de Nafissatou Diallo, mais sans avoir jamais affirmé quoi que ce soit. En conséquence de quoi, j’aurais souhaité que le procureur Vance, faisant abstraction de son propre intérêt carriériste, ait le courage d’aller au procès pour qu’une vérité judiciaire soit établie, vérité à laquelle je me serais rangé, quelle qu’ait pu en être le résultat.


            • Antoine 9 février 2012 23:47

              Bonsoir Fergus,

              C’est bien ce que je dis, votre ordinateur mental, qui n’est pas à une contradiction près, beugue lorsque vous tapez sur les touches d s k !


            • Fergus Fergus 9 février 2012 23:50

              @ Antoine.

              Je vous laisse à vos idées fixes.

              Bonne nuit.


            • Antoine 9 février 2012 23:57

               ... fixes peut-être, cohérentes certainement !


            • Fergus Fergus 10 février 2012 09:02

              Bonjour, Antoine.

              La cohérence dans l’erreur n’est qu’une perversion de l’esprit !


            • Antoine 11 février 2012 00:47

              Belle formule et non moins belle introspection !


            • wesson wesson 9 février 2012 23:39

              Bonsoir Fergus,

              mais c’est qu’il a du talent, l’animal !!

              Moralité : lorsque vous allez à un concert, ayez une quinte de toux ou raclez-vous la gorge pendant un solo difficile, mouchez-vous bruyamment ou dans les tentures, en bref, faites-vous remarquer smiley


              • Fergus Fergus 9 février 2012 23:52

                Bonsoir, Wesson.

                Merci pour ce commentaire. Je retiens le conseil sur le moyen de se faire remarquer en concert. Encore qu’il y a encore plus moderne : laisser sonner son portable. L’effet est garanti !

                Cordialement.


              • Tall 10 février 2012 00:52

                Illustration efficace de ce que serait une justice qui inverserait la charge de la preuve.


                • Fergus Fergus 10 février 2012 09:21

                  Bonjour, Tall.

                  En matière pénale, particulièrement criminelle, aucun système n’est parfait. Il est toutefois primordial que la charge de la preuve reste du domaine de l’accusation face à un justiciable présumé innocent, précisément jusqu’à preuve du contraire.

                  En France, où la Justice criminelle fonctionne plutôt bien, quoi qu’on en dise, le problème le plus aigu tient aux conditions du renvoi en Cour d’Assises sur des faisceaux de présomptions concordantes qui, par accumulation, tiennent lieu de preuve indirecte. Un renvoi qui, au procès, peut déboucher sur une condamnation en l’absence de preuve irréfutable. C’est bien entendu inacceptable. Il semble toutefois que les acteurs de la Justice soient conscients de ce problème et désormais beaucoup plus circonspects,


                • Tall 10 février 2012 11:16

                  Pas si simple cependant ... car il faut voir la nature précise et la force du faisceau de présomptions. Car il y a une toute une série de gradations dans la probabilité que ce soit vrai.

                  Pas facile à objectiver.

                  En réalité, si on devait appliquer réellement le principe de la preuve matérielle absolue, 80% des coupables échapperaient à la justice. Et contrairement à ce qu’on raconte, histoire de faire des beaux discours faciles, il vaut mieux prendre le risque d’avoir parfois quelques innocents en prison. Sinon, le système ne pourrait pas résister à la criminalité. Ce serait une passoire.

                • Fergus Fergus 10 février 2012 12:56

                  @ Tall.

                  La preuve absolue n’étant pas toujours disponible, il est vrai qu’il est nécessaire parfois de s’en remettre aux seules présomptions pour déférer un mis en examen et parfois le condamner. Encore faut-il que ces présomptions portent sur des éléments concordants pouvant déboucher sur une très forte probabilité de culpabilité. Mieux vaut toutefois ne pas en arriver là, car contrairement à vous, l’idée qu’un innocent croupisse en prison m’est insupportable.

                  Bonne journée.


                • Yohan Yohan 10 février 2012 13:10

                  Bonjour Fergus.
                  Bon dérivatif, dont Avox aurait plus souvent besoin. Il faut s’aérer. Pour le coup, comme je vais sandwicher tout à l’heure, je vais faire en sorte de me faire remarquer en disant du mal du sauciflard...on ne sait jamais smiley


                  • Fergus Fergus 10 février 2012 23:06

                    Bonjour, Yohan.

                    Introduire des dérivatifs dans la longue litanie des articles économiques et politiques m’a semblé utile, et je suis content de constater que les modérateurs ne s’y sont pas opposés.

                    On s’amuse de cette utilité de se faire remarquer à toutes fins utiles, mais il est vrai que chacun d’entre nous peut, un jour ou l’autre, se trouver confronté à une situation chauchemardesque. Pas de quoi tomber dans la paranoïa : le risque est heureusement infime.

                    Cordialement.


                  • Richard Schneider Richard Schneider 10 février 2012 20:11

                    Bonsoir Fergus,
                    Beau petit conte.
                    Comme vous le savez, j’aime bien me « rafraîchir » les idées avec des textes qui parlent d’autre chose que de politique. De plus, vos non-dits sont très éloquents ...
                    Amicalement,
                    RS


                    • Fergus Fergus 10 février 2012 23:10

                      Bonsoir, Richard.

                      Merci pour votre commentaire. Je suis naturellement content que cette nouvelle, très éloignée de nos préoccupations du moment, vous ait intéressé. D’autres suivront peut-être dans l’avenir...

                      Cordiales salutations.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires