• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La jeunesse entre espoir et désespoir

La jeunesse entre espoir et désespoir

Le révolutionnaire allemand Karl Liebknecht écrivait : "La jeunesse est la flamme de la révolution prolérarienne"

Il s'agissait pour lui de montrer que cette jeunesse généreuse, enthousiaste était prête à changer le monde. Il suffisait pour cela qu'elle trouve des adultes responsables et avides de changer le monde et de ne pas servir ses propres intérêts.

Aujourd'hui la jeunesse dans cette société libérale où seul compte le profit de quelques uns doit échapper à deux dangers principaux, la "débrouille" personnelle et l'intégrisme sous toutes ses formes... Les mobilisations actuelles montrent à tous ceux qui pensent qu'elle a changé que cette jeunesse est détentrice d'espoir.

Le roman de Mathias Enard nous fait rencontrer ces différentes jeunesses et nous propose une réflexion sur le sens de la vie.

La place qu'il donne au livre comme outil éducatif essentiel ne peut que ravir tous les passionnés de lecture.

JPEG - 7.5 ko

« Rue des voleurs »

roman de Mathias Enard

Editions Acte Sud

août 2012

250 pages

21,50 €

Entre deux chemins

Le héros, jeune marocain de Tanger aspire à la liberté dans une société contrainte, où face à un régime autoritaire, la seule alternative possible est représentée par l'islamisme à moins que le « printemps arabe » qui pointe ouvre des perspectives.

La route sera longue, difficile et les religieux veillent et s'organisent tandis que le gouvernement royal sait naviguer pour ne garder que l'essentiel.

Avide de lecture, plutôt des polars mais ce sont avant tout des livres, il se cherche et essaye de se construire seul ou sous la férule d'un « guide », les deux prétendants font le commerce des livres... L'un, vieux et érudit lit et vend tout livre, l'autre s'adonne au prosélytisme religieux et à l'action.

Aujourd'hui il doit choisir, d'autant plus que, surpris dans une relation interdite avec sa cousine, il est frappé durement par son père et quitte le foyer familial pour aller d'errances en errances.

Il est comme un chiot : « ...je comprends surtout l'absence du maître, qui fait que nous errons tous à sa recherche dans le noir en nous reniflant les uns les autres, perdus, sans but. »

Evidemment, il lui reste le rêve de partir, de s'exiler vers l'Europe pour accéder au Paradis ?

Dans son périple, il fait beaucoup d'expériences, certaines douloureuses, d'autres plus douces mais plutôt éphémères celle ci.

En Espagne, il trouve un champ de bataille avec « l'insurrection des indignés », le refus massif de l'austérité, les manifestations réprimées, l'espoir d'une jeunesse.

Il assiste à ces mouvements, y participe certes mais il poursuit surtout sa quête difficile vers le bonheur avec comme compagnon, l'amour de l'écrit.

Les démons que l'on croit partis peuvent un jour nous rejoindre, nous tenter ou nous dégoûter à tout jamais.

C'est ainsi qu'il retrouve son copain d'adolescence et son ancien maître dans la rue des voleurs de Barcelone.

Que préparent-ils ?

Vont-ils perpétuer les méfaits criminels d'hier ?

Ce roman, au style vif plonge le lecteur dans cette société en crise , où une partie de la jeunesse populaire, première victime du libéralisme se trouve face à deux chemins : la débrouille et le « vol » ou l'enfermement dans l'intégrisme et ses dangers mortels.

L'auteur montre en filigrane l'importance que revêt l'éducation et l'accompagnement des adolescents et jeunes adultes pour qu'ils ne sombrent pas sur des voies dangereuses.

 

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • spartacus spartacus 6 octobre 2012 14:59

    Une erreur dans le texte

    La société libérale où seul compte la liberté.

    • JL JL 6 octobre 2012 15:16

      spartacus,

      Quand on corrige, on le fait bien.

      Dans le libéralisme perverti que nous connaissons, seule compte la liberté des spéculateurs, oui, en effet, aussi.

      Et c’est ainsi qu’on peut dire, en accord pour prolonger l’article :

      Le problème n’est pas l’argent mais le profit. L’argent n’est qu’un médium, un by I Want This">moyen, un outil, comme les autres. Si le profit est l’apanage des prédateurs, l’argent est notre bien commun à tous, hommes libres.

       

      La différence entre la spéculation et l’investissement, c’est que l’investissement a pour objet la création de richesses, qu’importent les profits ; à l’inverse, la spéculation a pour seul but le profit, qu’importent les conséquences.

      Sinon spartacus : ce n’est pas la peine de vous demander un avis sur cet article que vous n’avez lu que jusqu’à y trouver un prétexte pour y déposer votre pissette ?


    • walden walden 6 octobre 2012 23:58

      la liberté de se vendre à un patron pour payer ses factures,
      vive la liberté de la femme de ménage, du larbin, de l’ouvrier !
      mais de quoi parlez-vous ?


    • FERAUD 6 octobre 2012 18:39

      spartacus aurait besoin de soutien

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès