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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La leçon de cinéma de Quentin Tarantino au 61e Festival de Cannes

La leçon de cinéma de Quentin Tarantino au 61e Festival de Cannes

 Hier a eu lieu ce qui constitue toujours un des temps forts du Festival de Cannes à savoir « La leçon du cinéma » créée en 1991 et dont le principe est de faire intervenir un cinéaste de renommée internationale.

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Après Martin Scorsese l’an passé, c’est cette année Quentin Tarantino qui a fait un flash-back passionné et passionnant sur son parcours de cinéphile et de cinéaste devant un nombre impressionnant de caméras et devant un auditoire conquis d’avance, certains spectateurs ayant même attendu 4 h 30 à l’extérieur, sous la chaleur, pour pouvoir entrer et assister à cette leçon de cinéma unique ! Après la présentation du non moins exalté et passionné Thierry Frémaux (voir vidéo ci-dessous), la leçon de cinéma a débuté sans préambule, Quentin Tarantino étant venu à Cannes spécialement pour la leçon de cinéma. C’est, comme l’an passé, Michel Ciment qui a interviewé Quentin Tarantino avec un professionnalisme sans failles.

1294731847.jpgQuentin Tarantino a commencé par évoquer ses influences : Brian De Palma, Martin Scorsese, Sergio Leone ainsi que le cinéma d’horreur. Il a précisé avoir arrêté ses études au lycée puis avoir étudié pour être acteur, selon lui la meilleure manière d’apprendre l’écriture, davantage qu’en suivant des cours de réalisation. Il a d’ailleurs précisé utiliser beaucoup de " trucs d’acteurs" lorsqu’il écrit ses scénarii. Il a ensuite ajouté que la meilleure école de cinéma consistait à faire son film soi-même, ce qu’il a fait. Ainsi lorsqu’il a fait l’atelier de réalisateurs à Sundance, Reservoir Dogs était déjà en préparation.

La première séquence, magistrale de maîtrise, du film qui renouvelle le genre du polar Reservoir Dogs avec ses plans circulaires, vertigineux, enveloppant les acteurs et les spectateurs, a ensuite été projetée. Un extrait et un film d’ailleurs de nouveau fortement inspiré de De Palma. Tandis que l’extrait défile sur l’écran, Quentin Tarantino, de dos au public, face à l’écran et ces images gigantesques (alors dans tous les sens du terme) qu’il a créés, esquisse un sourire en réaction aux rires du public, illustrant magnifiquement cette complicité que crée le cinéma et qu’évoquait Manuel de Oliveira lors de son hommage il y a quelques jours.

Il a ensuite évoqué son amour du langage, certes très différent par exemple de celui de Mankiewicz, d’autant plus que cet amour du langage va de paire avec l’amour de l’action. Un deuxième extrait de Reservoir Dogs mettant en scène Harvey Keitel est ensuite projeté, un extrait qui exprime toute la douleur, la violence et, en même temps, la tendresse du cinéma si singulier de Tarantino. Quentin Tarantino avoue même pour cet extrait avoir emprunté une réplique de Sean Penn dans un film de Brian de Palma.

C’est ensuite un extrait de Pulp Fiction (palme d’or 1994) qui a été projeté, un plan séquence avec la profondeur de champ qui caractérise aussi le cinéma du cinéaste, qui allie de nouveau humour et tension, à la fois empreint de drôlerie et de tension latente qui explosera... ou pas. Quentin Tarantino fait alors de nouveau référence à Sergio Leone qui maniait si bien scènes "théâtrales et dramatiques".

Il a ensuite évoqué son départ pour l’Europe après Reservoir Dogs, il voulait "savoir ce que c’était que de vivre en Europe".

Interrogé par Michel Ciment sur l’importance de la musique dans son cinéma, mais aussi sur l’utilisation constante de musiques préexistantes, Quentin Tarantino a répondu qu’il aimerait savoir faire comme Clint Eastwood à savoir composer ses propres musiques, ce que ce dernier a fait pour L’Echange présenté en compétition officielle à Cannes, et qu’il ne faisait pas confiance aux compositeurs. Il a ensuite évoqué ce que pour lui représentaient les musiques de films lorsque les vidéos n’existaient pas : une manière de se remémorer des scènes de films, de les imaginer en achetant et écoutant la musique qui les portait.

Il est ensuite revenu sur la définition de son cinéma dans lequel "même les scènes dramatiques tendent vers la comédie", "créant" ainsi "une nouvelle sorte de comédie". Il a ensuite évoqué le rire suscité par l’excitation de choses qui ne sont normalement pas drôles qui unissent alors les spectateurs.

Il a enfin distingué ses films en deux catégories : ses films plus classiques et ses "films filmiques" que regarderaient les personnages de ses films comme Kill Bill, par exemple.

Et puis... et puis j’aurais aimé continuer à suivre cette leçon de cinéma d’un des maîtres du cinéma, mais à Cannes, dans la réalité comme sur les écrans, une actualité en chasse une autre et je devais filer, coupable, pour un autre rendez-vous, encore porté par l’enthousiasme débordant, la passion communicative de Quentin Tarantino.

Je précise que les vidéos de cette leçon ont été prises avec un appareil photo rudimentaire d’où leur mauvaise qualité. Pour ceux qui voudraient suivre cette leçon de cinéma dans son intégralité vous pouvez la retrouver ici sur TV Festival de Cannes.

Aujourd’hui à mon programme : La Frontière de l’aube de Philippe Garrel, première vraie controverse du festival entre ceux qui l’ont trouvé poétique et ceux qui l’ont trouvé anachronique, caricatural (retrouvez bientôt ma critique ici) le huant lors de chacune de ses projections hier et Il Divo de Paolo Sorrentino dont je reconnais avoir été totalement allergique à son précédent film également en compétition à Cannes, L’Ami de la famille. A suivre sur "In the mood for Cannes" !

Cet article est extrait du blog en direct du 61e Festival de Cannes : "In the mood for Cannes" (http://inthemoodforcannes.hautetfort.com )

Sandra.M


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14 réactions à cet article    


  • morice morice 23 mai 2008 11:03

     A mourir de rire : en résumé, je n’ai jamais su faire un film, faites-donc comme moi !!! Tarantino, ce faiseur, raconte qu"il n’aime évidemment pas le montage numérique, car faut bien qu’il se situe ailleurs de ce qui se fait aujourd’hui partout. Ensuite qu’il faut prendre des cours de théâtre : et là on comprend sa frustration évidente : lui qui fait des films façons COMICS pour gamins de 5 ans ou plutôt pour trentenaires à mentalité de 5 ans aimerait bien avoir une culture qu’il n’aura jamais. Alors il s’en invente une... la meilleure analyse de l’"œuvre" de ce comique troupier qui s’ignore, c’est ici. Et là, le gamin qui ne sait pas faire de film à scénario en prend plein la figure pour pas un rond. Ça ne peut lui faire que du bien, il aura fait assez de mal au cinéma comme ça. La trash culture ce n’est PAS une culture. Tarantino n’a pas de leçons à donner : il n’en a jamais eues, d’idées.

    extrait :

    "Kill Bill, c’est la caricature du film sans idées : tout, des scènes aux séquences, est piqué, mais remonté avec talent. Patchwork habile, Quentin est un bon couturier, mais pas un créateur. C’est comme la TNT : des tuyaux numériques performants pour un contenu risible". 

    Moi, je dirais même pas bon au montage... je serais plutôt d’avis "tout ce que touche Tarantino se transforme en merde promotionnelle pour une Amérique exsangue à la dérive esthétique".

    Conclusion de la dame : "Glorifier l’adultère dans la presse (voir Cosmo ou Biba), glorifier la violence au cinéma, c’est faire de l’argent avec la destruction des structures mentales des plus fragiles, celles des mômes omnigobeurs. "

    Hier, Tarantino a donné des leçons à ceux qui le gobent. Grand bien leur fasse. Passons donc à un vrai réalisateur... à idées, celui-là.


    • Zalka Zalka 23 mai 2008 11:33

      Encore à dire des conneries, Lerma ?

      Ah tient ! Ce n’est pas Lerma, c’est Morice ! La mentalité, haine de l’autre, est la même. Avant de donner des leçons, apprenez à respecter les goûts de autre.

      Avec un résistant comme vous, Sarkosy et son camps ne sont pas prêt de déguerpir...


    • cpt.kirk cpt.kirk 23 mai 2008 12:21

      Belle argumentation :

       

      J’aime pas donc c’est un réalisateur de merde parce que j’ai raison.

       

      Et les gros nuls du jury de Cannes 1994 présidé pat Clint EASTWOOD qui lui ont donné la palme sont des incultes.

       


    • biztoback 23 mai 2008 12:25

      De toute façon, si c’est pas un James Bond avec des méchants terrroristes, Morice il aime pas.


    • biztoback 23 mai 2008 12:29

      Rien à voir, mais j’ai remarqué que les clochards avaient disparut pendant le festival, serais t’ils en train de monter les marches ? Ou virer par la mairie ?


    • cpt.kirk cpt.kirk 23 mai 2008 12:36

      Pour en revenir à l’article, j’imagine l’intérêt que présenter un cours de cinéma par un cinéphile tel que Mister Tarentino


    • Vincent Frédéric Stéphane 23 mai 2008 14:24

      Morice, je vais essayer de te faire changer de jugement sur ce GENIE qu’est Tarantino.

      Je me bornerai à évoquer PULP FICTION, où plutôt ma relation à ce film.

      La première fois : un soir de décembre nonante et des, j’entre voir ce film sur la base des photos à l’affiche. Ca démarre gentil, puis brusquement une violence qui me choque, quand le gamin allongé sur le sofa reçoit une balle, gratuitement. Et la violence monte, monte, à en devenir dérangeante jusqu’à ce qu’on arrive à la scéne où le boxeur, ayant récupéré sa montre, percute le mafieux noir, que les 2 se retrouvent complètement sonnés mais que leur réflexe est encore d’essayer de se buter l’un l’autre. Là, je percute et j’éclate de rire. La seul à rire dans la salle comble. Je comprends que la violence n’est qu’un vecteur de l’humour. Je continue à me marrer, de moins en moins seul cependant.

      Par la suite, j’ai vu ce film une quarantaine de fois et à chaque fois y ai découvert un message nouveau.

      Regarde bien ce film Morice. Tu finiras par avoir le déclic. Sinon, on le verra ensemble et je te le commenterai.

       

       


    • morice morice 23 mai 2008 16:22

       "Par la suite, j’ai vu ce film une quarantaine de fois et à chaque fois y ai découvert un message nouveau". ce qui prouve bien que vous n’avez pas vu l’étendue du pillage...  "Violence vecteur de l’humour " ? Vecteur de connerie avant tout ! Tarantino n’a auceune culture autre que celle des séries Z qu’il vendait en vidéo. C’est dire le niveau : au moins "l’invasion des fourmis géantes" (des monstres attaquent la ville) c’était drôle... lui, pas. Pour avoir de l’humour, faut être cultivé. Tarantino ne peut pas avoir d’humour : c’est un bourrin de première. Ras des pâquerettes. Américain moyen type. Rien d’autre. Abonné aux Marvels Comics. Degré zéro de la réflexion. La vitesse comme modèle. Les poings comme façon de dialoguer. Et en plus, n’est pas foutu de faire un plan correct. Et il voudrait donner des leçons de cinéma ? Qu’il engage d’abord un responsable de l’image et des éclairages.  Obsédé des pieds, on rappelle. Ça signifie quelque chose... on verra ceux des soldats de "Inglorious Bastards"... sans l’ombre d’un doute... et obligatoirement. Là, on risque de rigoler... la seconde guerre mondiale racontée par des godillots...


      • biztoback 23 mai 2008 16:47

        Des preuves, parce que là c’est du grand n’importe quoi.


      • Vincent Frédéric Stéphane 23 mai 2008 23:52

        T’es buté-borné Morice ! J’te répète que j’ai pas attendu l’engouement d’la critique pour découvrir le génie de ce mec.

         

        Génie.

        Il réalise ses rêves de gamin tout en le faisant mieux que tous les autres.

        Ses œuvres utilisent les travers pervers des films en les magnifiant et en les détournant de l’objet qui est le leur dans ces mêmes films. La violence est pour lui un vecteur de l’humour et pour la dénoncer, il lui suffit de la montrer, à l’intérieur même de ses propres œuvres, comme les autres la montrent.

        Les cons ne veulent qu’intrigues qui ne correspondent pas à leur vie de chaque jour ? Il te leur en donne et pas de la camelote ! Et en plus, il te fait passer des messages sur sa conception du monde, du rapport à Dieu, des différences homme femme, d’à quoi cela tient la vie, de la relativité générale.

        Il se permet même de donner des avertissements à ses acteurs à leur propre insu. Regarde PULP FICTION et regarde le encore et encore, et tu comprendras, toi que je ne peux citer, que connaître les secrets de Dieu sans chercher à les partager n’est pas la voie que Quentin te recommande.

         

        Quentin Tarentino :


      • morice morice 23 mai 2008 17:40

         regardez le film cité. Tarantino, fan des films de série B et Z, y paraît... enfin si on a le courage de regarder un seul Tarantino..

        "pointez-vous dans la salle une bonne heure après le début du film, avec plein de pop-corn, et rigolez grassement avec votre voisin. C’est sans doute de cette façon que Quentin veut que son film soit vu. Et n’espérez pas les fausses bandes-annonces : elles n’y sont pas."


        • jamesdu75 jamesdu75 23 mai 2008 20:44

          Avec un argumentaire different de Morice. J’avoue moi aussi ne pas être fan de Tarantino et je ne suis pas seul

          Pour plusieurs raisons que je vais argumenter. Donc les click a commentaire non constructif vous vous le foutez au c** mes fanboy debiles.

           

          Bref si on excepte Pulp Fiction, dans toute sa filmo. C’est uniquement des remake d’autres film. Polar, backexploitation, Hong Kong des années 70 ou Z. Le soucis, c’est qu’il n’innove pas. Kill Bill était pas mal, si le film n’avait pas été en deux parties (le gout commercial oblige). Boulevard de la mort était vraiment moyen et le public ne s’est pas trompé. Il a été boudé. Kill bill a gagner pas mal de dollars mais le second était vraiment navran (ou le 1er trop long). Jacky brown est long pour rien, amputé d’une heure il aurait été meilleur. Et quand on fait cette critique, on s’apperçoit que le dernier réalisateur qui a été traité de la sorte c’était Kubrick.

           

          C’est faire hommage a Tarantino ? mais non. c’est plus le fait que tarantino, fait des films de buzz, des films que les fanboy d’une 20e d’années qui vont prendre leurs billet dés la premiére séance. Tarantino ca fait vendre même si c’est de la merde qui l’entoure (au même titre que Spielberg et bien d’autres). C’est le fait qu’il n’y a jamais aucune réelle invention du réalisateur tant convoité . Tout n’est qu’hommage comme le gamins sur le net qui font des court métrages et pour cacher que leurs idées n’est pas d’eux. Ils disent que c’est un hommage. Il est suréstimé et il y croit (remarque il n’a pas tort).

           

          Le seul réalisateur qui a critiqué Tarantino est Gondry, qui déjà a trouvé qu’il faisait constamment de la violence gratuite. Et en faisant "Soyez sympas rembobiner", il a vraiment prouvé qu’être fan, c’est d’abord dire qu’on sait faire des choses et ensuite on parle de son amour des films. Et non pas on réadapte a notre sauce des films qui n’ont jamais marqué les esprits. Exemple, quand Kill Bill est sortit, tout le monde essayé de savoir de quel film chaque scéne est tiré. Alors que plus des trois quart ne depenseraient jamais un € a le louer ou un Ko de bande passante a la telecharger.

          Sinon le coté hyper promo de Kill bill, sortit en 2 parties avec d’abord le 1 sortit en DVD et l’obligation d’acheter le 1 pour avoir le 2 en a refroidis plus d’un.

          Enfin pour finir, sous couvert de faire un soit disant en marges d’hollywood (demander a Lloyd Kaufeman patron de tauma ce qu’il en pense), il ne fait que des remake avec des pretentions, mais des remakes quand même.

           

          Bref voila ma critique moin vivace que Morice certes, mais si vous marquez que ce n’est pas constructif, c’est que vous ne savez pas lire. Il y a marqué commentaire constructif ? oui xx non et non pas j’aime ce que dit cette personne a ecrit oui xx non.

           

          .

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